Un ange apparaît à Daniel.— Die... men
Dan. X, 5-8.
mier mois, j'étais près du grand fleuve qui est h Tigre.
5. Et je levai les yeux et je vis : et voici qu'il y avait un homme vêtu de lin, et dont les reins étaient ceints d'or très pur;
6. son corps était comme le clirysolithe, son visage brillait comme l'éclair, et ses yeux étaient comme une lampe ardente; ses bras, et tout le reste du corps jusqu'aux pieds, étaient comme un airain étincelant, et le bruit de ses paroles était comme le bruit d'une multitude.
7. Moi, Daniel, je vis seul la vision; les hommes qui étaient avec moi ne la virent pas, mais une terreur extrême se précipita sur eux, et ils s'enfuirent dans les lieux cachés.
8. Et moi, resté seul, je vis cette grande vision ; aucune force ne resta en moi, mon visage fut tout changé, je tombai en faiblesse et je perdis toute vigueur.
sis primi, eram juxta fluvium magnum, qui est Tigris.
5. Et levavi oculos meos, et vidi : et ecce vir unus vestitus lineis, et renés ejus accincti auro obrizo ;
6. et corpus ejus quasi chrysolithus, et faciès ejus velut species fulguris, et oculi ejus ut lampas ardens; et brachia ejus, et quœ deorsura sunt usque ad pedes, quasi species œris candentis ; et vox sermonum ejus ut vox multitudinis.
7. Vidi autem, ego Daniel, solus visionem ; porro viri qui erant mecum non viderunt, sed terror nimius irruit super eos , et fugerunt in absconditum.
8. Ego autem relictus solus, vidi visionem grandem hanc ; et non remansit in me fortitudo, sed et species mea immutata est in me, et emarcui, nec habui quidquam virium.
fis primi. Les trois semaines mentionnées cidessus font maintenant terminées. Le premier mois de l'année juire était celui de nisan, qui correspond à la fin de mars et au commencement d'avrU. L'octave de la Pâque venait de s'achever, puisque cette fête s'ouvrait le 14 nisan au soir. — Juxta fluvium... C'est d'ordinaire l'Euphrate qui est appelé par antonomase a le grand fleuve ». Cf. Gen. XV, 18, etc. Ici ce nom est également donné au Tigre ( hébr. ; Eiddéqel ; voyez Gen. n, 14 et la note). — Levavi...*et vidi (vers. 5).
Riche ceintare d'homme. (Bas -relief de Ninive.)
Autre formule solennelle, qui sert d'introdnctlon immédiate à la vision. — Et ecce vir... Ce personnage est très soigneusement décrit. Quoiqu'il appariât sous la forme humaine , tout, dans son apparence extérieure, marquait une dignité et une nature de beaucoup supérieures à l'humanité. — Vcslitus... Ses vêtements consistaient en nne longue tunique blanche (îi/iels), semblable à celle des prêtres , et en une ceinture d'or très pur. Cf. Ez. IX, 2 (.Atl. archcol., pi. i, flg. 10; pi. cvii, flg. 5, 6, 7). Au lieu do auro obrizo, l'hébrei} dit : en or d" V/âz ; ce qui est peut-être nne erreur de transcription pour Ophir. Voyez Jer. X, 9 et la note. — CorpuB... quasi chryso-
lithus (vers. 6). Hébr.: Son corps était comme le tarais. Pierre précieuse très brillante, ainsi nommée parce qu'elle venait d'Espagne ou du pays de Tarsis. Voyez Ex. xxviii, 2 et la note; Ez. i, 16, etc. — Faciès... et ocuH... Son visage et ses yeux n'étaient pas moins étincelants. — Brachia... et quse... Hébr.: Ses bras et le lieu de ses pieds; c.-à-d., le milieu et la partie inférieure du corps.
— Quasi... (Bris... Hébr. : Comme l'apparence de l'airain poli. — Vox sermonum ejus est un hébraïsme : le bruit qu'il faisait en parlant , le son de sa voix. H prononça donc quelques paroles, que Daniel r.e nous a pas conservées. Cf. vers. 9.
— U:... imdtitudinis. Comme le bruit que fait une grande foule. Cf. Is. xin, 4. — Vidi... solus... (vers. 7). Saint Jérôme rapproche à bon droit ce phénomène de celui qui eut lieu en faveur de Saul sur la route de Damas. Cf. Act. ix, 7; XXII, 9. Daniel seul vit l'apparition et entendit des paroles distinctes ; les serviteurs ou les amis qui l'accompagnaient alors (viri qui... mecum) n'aperçurent rien, et n'entendirent que le bruit formidable de la voix. Effet produit sur eux : terror nimius...; puis, fugerunt... — In absconditum: Petite nuance dans l'hébreu : pour se cacher. — Ego autem... (vers. 8). Daniel raconte avec candeur les impressions par lesquelles il passa lui-même, lorsqu'il fut demeuré seul en faco de ce personnage visiblement surnaturel ivisionem grandem...). Cf. viii, 18. — Nim remansit... Ses forces physiques furent paralysées par l'effroi. — Species... et emarcui. Dans l'hébreu, avec une grande vigueur: Ma beauté fut changée en moi en corruption. C.-à-d. qu'il devint tout pâle de frayeur et que sa physionomie fut comme décomposée. La description est dramatique. — Et audiens... terrx (vers. 9). Variante dans l'hébreu : Et lorsque J'entendis le brait de ses paroles, Je fus engourdi {n\rdâm) sur ma
Dan. X, 9-13.
9. Et audivi vocem sermonum ejus; et audiens jacebam consteriiatus super faciem meam, et vultus meus haerebat terriE.
10. Et ecce manus tetigit me, et erexit super genua mea et super articules manuum mearum.
11. Et dixit ad me : Daniel, vir desideriorum , intellige verba quae ego loquor ad te, et sta in gradu tuo; nunc enira 6um missus ad te. Cumque dixisset mihi sermonem istum, steti tremens.
12. Et ait ad me : Noli metuere, Daniel ; quia ex die primo quo posuisti cor tuum ad intelligeudum ut te affligeresin conspectu Dei tui, exaudita suut verba tua, et ego veni propter sermones tuoa.
13. Priilceps autem rcgni Persarum restitit luihi viginti et uno diebus; et ecce Micliael, umus de princrjnbus primis, veuit in adjutorium meum ; et ego remansi ibi juxta regem Persarum.
9. J'entendis le bruit de ses paroles, et, l'entendant, je gisais sur nja face, consterné, et mon visage était collé à terre.
10. Et voici qu'une main me toucha, et me dressa sur mes genoux ei sur mes mains.
11. Et il me dit : Daniel, homme de désirs, comprends les paroles que je vais te dire, et tiens -toi debout; cai- je suis maintenant envoyé vers toi. Lorsqu'il m'eut dit cela, je me tins debout en tremblant.
12. Et il me dit : Ne crains point, Daniel, car dès le premier jour où tu as appliqué ton cœur à comprendre et à t'affliger eu présence de ton Dieu, tes paroles ont été exaucées, et je suis venu à cause de tes paroles.
13. Le juince du royaume des Perses m'a résisté vingt et un jours ; mais voici que Michel, un des premiers princes, est venu à mon secours ; et je suis demeuré là, près du roi des Perses.
lice, et ma face (était) à terre. Sorte d'éva- D lulssemcnt semblable à celui de viii, 18 (voyez bnote). Quel pouvait bien être ce personnage i|ul produisit une impression si profonde sur Daniel, accoutumé pourtant aux apparitions cé- > lestes? Quelques commentateurs ont pensé au \ Messie, parce que Notre - Seigneur Jésus -Christ Be manifesta plus tard à saint Jean sous des traits semblables (cf. Apoc. 1,13-15); d'autres, à Dieu lui -môme, car, disent -Us, la description tracée dans les vers. 5-6 n'est pas sans analogie avec celle qu'Ézéchlel donne de Jéhovah au début do son livre (cf. Kz. i, 16, 24). Mais aucune de ces opinions n'est vraisemblable. Au vers. Il"», l'Interlocuteur ne dira « envoyé » vers Daniel ; au vers. 13, 11 ajoutera qu'il a eu besoin du secours d'un esprit C(-leste. Ces détails ne conviennent ni à Dieu, ni au Messie. C'est donc, suivant le sentliueiit général des Interprètes, un ange qui apparut alors h Daniel, mais un ange d'un rang supérieur; peut-être Gabriel, qui lui avait déjà transmis deux fols de suite les révélations divines. Cf. VIII, 16, et IX , 20.
10 -la. Daniel est graduelleiiieni rassuré par le mesfager céleste. — Kcce manus... Cette main qui toucha le prophète et l'aida à se relever, était évidemment celle de l'ange qui vient d'être décrit. Cf. VIII, Ihb. On a sujiposé à tort qu'il s'aKll d'un nouveau personnage. — ErexU 7ne. Littéralement dans l'hébreu : Il me fit trembler •ur mes genoux. C.-ù-d., 11 m'aida, tout trombl*nt que J'étais, k me mettre sur mes genoux. — Siippr arlicuhiH... Hébr.: Sur les paumes de mes mains. ^t dlaH.f... (vers. 11). L'ange continua de rassurer Daniel par quelques paroles atfrctufuscs. — Sur le titre vir dcêiderUn-um , voyez la note de ix, 23. — IntdHge verba... appel pressant à l'attention du prophète. — Hta
in gradu... Daniel, en effet, était encore k g^ noux et appuyé sur ees mains. Cf. vers. 10'>. — Stell trem.en.t.11 réusflt à se lever complètement, mais son trouble était loin d'avoir disparu. — Etait...: Noli... (vers. 12). Autres paroles aimables et réconfortantes. Pourquoi Daniel serait -II effrayé de ce qui était pour lui une marque de la bonté divine et une réponse h sa pilèro? — E.r. die pritno... I^s le premier des vingt et un Jours mentionnés cl -dessus. Cf. vers. 2-3. Les mots ut te affllgeres font allusion aux Jeûnes et au deuil de Daniel. — Posuisti cor (hébraïsmc) ...ad iutelligendum... L'homme de Dieu désirait compreudre plus parfaitement encore quel serait l'avenir do son peuple, et sa prière avait demandé de la lumière sur ce point imporUnit. — Princeps autctn... (vers. 13). Motif pour lequel le messager céleste ne se présentait que maintenant, quoique la prière de Daniel eût été exaucée dès le premier Jour. Le « prince de Perse » (hébr., Parus) n'est nullement un personnage terrestre, comme on l'a dit parfois; Il appartient certainement, d'ajirès tiut ce passage, au monde des esprits, do même que le « prince des Grecs » dont parle le verset 20. Mais ces deux génies, qui protégeaient des réglons païennes, étalent- Ils de bons anges ou de mauvais anges? Les deux opinions ont trou'é des défenseurs, et la seconde semblerait, à première vue, la meilleure, puisque le réelt va nous montrer le prince des Perses en lutte ouverte avec l'ange qui avait apparu h Djinlel, et avec saint Michel. Néanmoins la plupart des Interprètes catholiques anciens et modernes (entre autres, Orlgène,Théodorot, sslnt JérAme, saint Grégoire le Grand, saint ThoiuBs d'Aquin ) admettent qu'il s'agit tinlquement de bons anges dans ces versets, être sentiment est plus en harmonie avec le texte, qui, en dounani
Dax. X, 14-18.
14. Je SUIS venu pour t apprendre ce qni doit arriver à ton peuple aux derniers jours, car la vision concerne encore ces temps -là.
16. Tandis qu'il me disait ces paroles, je baissai le visage contre terre et je me tos.
16. Et voici que quelqu'un, qui avait la ressemblance d'un homme, toucha mes lèvres; et, ou^Tant la bouche, je parlai, et je dis à celui qui se tenait devant moi : Mon seigneur, à ta vue tous mes nerfs se sont relâchés, et il n'est resté en moi aucune force ;
17. et comment le serviteur de mon seigneur pourra -t-il parler avec mon seigneur? Car il n'est resté en moi aucune force, et le souffle même me manque.
18. Celui qui avait la figure d'un nomme me toucha donc de nouveau et me fortifia. Et il dit :
14. Veni autem ut aocerem te quai Ventura sunt populo tuo in novissimit/ diebus, quoniam adhuc visio in dies.
15. Cumque loqueretur raihi hujuscemodi verbis, dejeci vultum raeura ad terram, et tacui.
16. Et ecce quasi similitudo filii hominis tetigit labia mea ; et aperiens osmeum, locutus sum, et dixi ad eum qui stabat contra me : Domine mi, in %'isione tua dissolutae sunt corapages meae, et nihil in me remansit virium;
17. et quomodo poterit servus domini mei loqui cum domino meo ? Nihil enim in me remansit virium, sed et halitus meus intercluditur.
18. Rursum ergo tetigit me quasi visio hominis, et confortavit me, et dixit :
aux protecteurs spirituels de la Perse et de la Grèce le même titre qu'à saint Mirhel, le prolectenr des Juifs, les place par conséquent dans nne seule et même catégorie. Comp. les vers. 13, ÎO, 21 et XII, 1. Quant à la lutte, l'on ne doit pas s'en esagéicr la portée, car elle s'esiiliqne par l'intérêt que prenaient aux nations païennes les anges auxquels Dieu en avait confié la protection. D'autres passages de la Bible ( cf. Ex^ XIV, 19; Num. XX, 16; Jos. v, 14; IV Reg. xix, 35; Zacb. vu, 8, etc.) nous apprennent que le royaume théocratique avait des esprits célestes pour patrons et défenseurs ; celui - ci complète la révélation, en disant qu'il en était de même des empires païens. Il n'y a, en cela, rien qui ressemble à un emprunt tait au pai-sisme. — Reslilit mihi. Comme l'explique saint Jérôme, le conflit avait pour cause la cessation de la captivité des Juifs. L'ange de la Perse, désireux de sauvegarder les intérêts spirituels de cette contrée, qui seraient lésés, il le prévoyait, par le départ du peuple de Dieu, mettait tonte son Influence en œuvre auprès de Cyrus, pour arrêter ou pour retarder l'édit qui permettrait aux Juifs de rentrer en Palestine. — Viginti tt uno... C-k-â., pendant toute la durée de la prière et du Jeûne de Daniel. Cf. vers. 2 et 3. C'est donc cette résistance qui avait eiupêclié le mest-ager céleste de venir annoncer immédiatement au prophète l'heureux résultat de son intercession. Comp. le vers. 12. — Et ecce... Comment la résistance du prince des Perses avait été surmontée. — Michael. Noiii glorieux, qui se déix«mp<'se ainsi : 3/i kâ-'El, Qui (est) comme Dieu? L'archange qu'il représente n'est mentionné que dans ce livre, dans l'épitre de saint Jude, vers. 9, et Âpoc. xii, 7. — De prtncipibu.t primU. C.-à-d.. l'un des premiers des esprits célestes. — Venitin <idjutorium... : po;'rtrii>mpher du prince de ia Perse. Saint Michel était
intéressé à cette victoire , puisqu'il était, d'aprè» le vers. 21*, le protecteur spécial, « le champion spirituel » du peuple juif. — Ego re-nonsi... Le verbe hébreu nôtarti a été traduit de différentes manières. D'après les LXX et Théodotion : Je le laissai lu (l'archange saint Michel). Selon quelques commentateurs : Je fus de reste; c.-i»-d. : Ma présence deviut inutile, puisque saint Michel était là pour résister; c'est pourquoi j'ai pu venir. Selnn d'autres: J'ai eu le dessus. La Vulgâte donne un excellent sens : Je suis demeuré auprès du roi de Perse, pour exercer sur lui uneheureuse influence en faveur d'Israël. — Juxta regem... L'hébreu a le pluriel : Auprès des roisde Perse (Cyrus et ses successeurs». '< Il est à remarquer qu'à partir de cette époque les rois de Perse furent, en somme, favorables aux Intérêts des Juifs. i> — Veni autem... (vers. 14). Le céleste interlocuteur de Daniel lui répète pour la troisième fois (comp. les vers. Il*» et 12'') qu'il est venu tout exprès pour lui, afln de lui communiquer des révélations importantes touchant l'avenir d'Israël. — In Tioi-tssinn>i... Dans l'hébreu, nous lisons l'expression bien connue Valjarlt hayyâmîm, qui désigne toujours d'une manière plus eu moins rapprochée les tempî messianiques. Cf. ii, 28; viii, 17; Gen. xlix, 1 et la note, etc. — Jn dies. La révélation que Daniel allait recevoir (visio} ne devait se réaliser complètement qu'après un temps considérable. — Cumque loqueretur... (vers. 16/. L'écrivain sacré continue de décrire en termes dramatiques sesimpressions et sa conduite. Sa crainte a en grande partie disparu (cf. vers. 12); mais 11 éprouve un sentiment de profond respect en faced'un prince si auguste; aussi se lient -il dans l'attitude d'un humble serviteur (dejeci vriitum...) et n'ose prendre la parole (tacui}. Il était « comme fasciné devant l'apparition '. — Quasi $i7nilitudo.- On serait tout d'abord porté à
Dan. X, 19 — XI, 1.
19. Noli timere, vit desideriorum ; pas tibi ! confortare , et esto robustus. Cumque loqueretur mecum , convalui , et dixi : Loquere, domine mi, quia confortasti me.
20. Et ait : Xumquid scis quare venerim ad te? Et nunc revertar ut praelier adversum principem Persarum. Cum ego egrederer, apparuit princeps Grœcorum veniens.
21. Veruratamen annuntiabo tibi quod expresBum est in scriptura veritatis; et nemo est adjutor meus in omnibus his, nisi Michael , princeps vester.
19. Ne crains point, homme de désirs; que la paix soit avec toi! reprends vigueur et sois ferme. Et, comme il me parlait, je repris des forces et je dis : Parle, mon seigneur, parce que tu m'as fortifié.
20. Alors il dit: Sais -tu pourquoi je suis venu à toi? Je m"en retourne maintenant pour combattre contre le prince des Perses. Lorsque je sortais, le prince des Grecs est apjiaru.
21. Mais je t'annoncerai ce qui est marqué dans l'écriture de vérité ; et nul ne m'aide dans toutes ces choses, sinon Michel, votre prince.