Perditio tua, Israël ; tantummodo in me auxilium tuum
10. Ubi est rex tuus? Maxime nunc salvet te in omnibus urbibus tuis; et
Quasi nuhes... Quatre images, pour symboliser tine destruction totale. Sur les devfx premières, voyez VI, 4 et la note. — Pulirix. Hébr. : j«6?, la menue paille qui enveloppe les graines des céréales. Cf. Ps. I, 4; XXXIV, 5, etc. — Sicut fumus... Voj'ez le Ps. lxvii , 3 et la note. — De /atnarU). Hébr.: de la fenêtre (à la lettre : du* treillis; AU. archéol., pi. xv, 4, 6, 9, U-13). En Orient, les maisons du peuple n'ont pas de cheminées : la fumée s'échappe comme elle peut par les fenêtres grillées.
4-5. Leur ingratitude envers leur divin bienfaiteur.— Ego autem... Contraste. Celui qu'ils ont 8i gravement oflensé leur avait témoigné la plus grande bonté depuis le début de leur histoire (ex terra ^gypti) ; c'était le Dieu unique , leur unique libérateur. — Eyo cognovi : d'une connaissance pratique, accompagnée du plus paternel amour. — In deserto: dans l'affreux désert de Pharan {Atl. géogr., pi. v), où ils auraient Infailliblement péri sans son secours. — Terra soHtudinls. Hébr. : terre d'ardeur, O.-à-d. de sécheresse.
6-8. Ce que Jéhovah, Justement irrité, deviendra pour les Israélites. — Juxta (dans le sens de « secundum ») pa.tcua sua adimpleti... Fortiflés physiquement par une nourriture abondante et délicate, ils n'ont pas tardé à tourner contre Dieu lui-même les dons qu'il avaient reçus de lui, et ils ont regimbé moralement. Comparez les descriptions toutes semblables de Dent, viii, 11-20, et xxxii, 12 et ss. a Le langage du prophète est visiblenient une rémlnisaence de ces deux passages de Moïse. > — Le-
vaverunt cor... Hébraïsme, pour dire qu'ils Be sont enorgueillis. — Et ego... eis... (vers. 7). L'amour divin, si indignement outragé, se changera eu haine et en colère. Cf. Is. lxiii, 9-10. Osée accumule les métaphores énergiques, pour mieux décrire la vengeance du Seigneur. — Quasi lexna. Hébr. : comme un lion. — Pardus in via... D'après l'hébreu : Comme un léopard, sur la route Je les épierai (saint Jérôme, ainsi que les LXX et le syriaque, a lu 'Assur, au lieu de 'â&ûr). Ce trait est parfaitement conforme aux mœurs du léopard. Cf. Jer. v, «; Pline, Eist. Nat., x, 73. — Quasi ursa (vers. 8). L'ourse est particulièrement féroce lorsqu'on lui a enlevé ses petits. Cf. II Rog xvii, 8; Prov. XVII, 12. — /n^eriora jecoj-is. Littéralement dans l'hébreu : la fermeture de leur cœur ; c- ii - d, leur poitrine, dans laquelle l'ourse enfoncera ses griffes puissantes. — Quasi leo. Cette fois , l'hébreu a : comme une lionne.
2° La ruine d'Éphraïm a déjà commen ;é ; elle sera bientôt complète. XIII, 9 — XIV, 1.
9-13. Rien ne saurait sauver le royaume d'Israël. — Perditio tua... Le vers. 9 est très elliptique dans l'hébreu; aussi a-t-11 été diversement traduit. La Vulgate signifie : Ta ruine est venue ; seul , Je pourrai y remédier , et tes crimes m'empêchent de le faire. Les LXX portent: Qui viendra au secours de ta ruine, Israël? Le syriaque : J'e t'ai détruit, Israël ; qui te secourra ? On adopte assez communément aujourd'hui U traduction suivante : (Cela) t'a perdu, Israël', que contre moi (tu t'es dressé), contre ton s©cours: c.>à-d.. contre moi qui étala seul capable
Os. XIII, 11-14.
jiidiocs tui, de quibus dizisti : Da mitii regeru et principes.
11. Dabo tibi regem in furore raeo,et auferam in indignatione mea.
12. Colligata est iniquitas Ephraim, absconditum peccatum ejus.
13. Dolores parturientis venient ei ; ipse filius non sapiens; nunc enim non etâbit in contritione filiorum.
14. De manu mortis libcrabo eos, de morte redimam eos. Ero mors tua, o mors; morsus tuus ero, inferne. Consolatio abscondita est ab ooulis meis.
! tes juges, dont tn as dit : Donne -mc^ un roi et des princes.
11. Je t'ai donné un roi dans ma fureur, et je lôterai dans ma colère.
12. Les iniquités d'Éphraïm sont liées ensemble, son péché est mis en réserve.
13. Les'douleurs de l'enfantement viendront sur lui ; c'est un enfant peu sage; maintenant il ne se tiendra pas debout, lorsque les enfants seront écrasés.
14. Je les délivrerai de la main de la mort, je les rachèterai de la mort. Je serai ta mort, ô mort; je serai ta morsure, ô enfer. La consolation a été cachée à mes yeux.
de te secourir. — Ubi... rrx...t Question pleine de sarcasme. Les Hébreux avaient autrefois demandé un roi, pour qu'il pût les conduire au combat et les défendre contre leurs ennemis. Cf. I Eeg. vni, 20. Maintenant que leur existence est en Jeu, que leur monarque vienne donc les sauver : maxime nunc .. in omnibus urbibus... Toutes les villes d'Israël étaient alors menacées. Cf. X, 14; XI, 5. — Et judlces... Ces juges, ou princes, avaient été le compI(hnent r.aturel de .la monarchie. Cf. m, 4; vu, 7 ; vui, 4. — Dabo tibL.. (vers. 11). L'histoire de la iwauté an sein de la nation théocratique explique clairement cette parole. Jéhovah voulait être le roi unique de son peuple ; la constitution mosaïque n'exigeait aucun monarque terrestre. Quand les Hébreux réclamèrent un roi, le Soigneur en fut offensé : il condescendit néanmoins à leurs désirs , à cause de leur faiblesse morale ; mais il mit d'avance sous leurs yeux tous les inconvénitntsde la royauté. Cf. I Ucg. vm, 1-22. Si ces Inconvénients forent moindres dans le royaume de Juda, c'est qu'il se maintint davantage dans l'ordre théocratique; mais ils devinrent monstrueux dans le royaume schismatique des dix tribus, où la monarcliie manquait de « principes préservateurs ». Le peuple dut subir, à cause d'elle, des calamités de tout genre : c'est donc vraiment dans sa fureur que Dieu avait accordé des rois à Israël. C'est aussi dans sa colère qu'il les enlèvera (et auferam...) , puisque leur disparition amènera la ruine de l'État. — Colligata est... (vers. 12) : comme des objets qu'on lie soigneusement, pour les conserver. Cf. Job, xiv, 17; Prov. XXX , 4. — Absconditum a le même sens : mis en réserve. Dieu n'oubliera aucun des crimes d'Éphraïm. — DoUrres parturientis... (vers. 13). Comparaisob fréquente dans la Bible. Cf. Ps. XLVii, 7;l8. XIII, « et XXI, 3; Jer. iv, 31; Bz. XXX, 16 ; Mich. IV, 9 ; I Thess. v, ?, etc. — Ipse... non gapifn.1. On va Imllquer imiuédiatement en quoi consistera ce manque de sagesse. — Non t'a^At... in contritione... D'après la Vulgate : Israël ne subsistera plus, parce que tous ses enfants périront. Variante considérable dans l'hébreu : Car c'est lo temps où II ne devrait pas rester dans le lion où naissent les enfants (c.-i'i-d., dAni le sein maternel ). Au début dn verset, le
prophète a comparé Israël à nne femme qui enfante dans la douleur; ici, 11 se le représente sous les traits d'un enfant qui ne sort pas du sein de sa mère au temps voulu, et qui meurt nécessairement. Cf. IV Rcg. xix, 3; la. xxxvii. 3. Qu'il renaisse au plus tôt par le repentir; autrement, 11 mourra.
14. Et pourtant le Seigneur vent le sauver. — Ce verset a reçu et reçoit encore deux Interprétations très différentes : parmi les commentateurs, les uns (la grande majorité des exégètei catholiques) le regardent comme contenant une magnifique promesse ; les autres (la plupart des Interprètes juifs, au.xquels de nombreux critiques modernes et contemporains se sont ralliés) y voient une menace terrible. D'après ceux - ci . ces lignes, expliquées dans le sens d'une promesse, no cadreraient point avec le contexte, qui est entièrement comminatoire. Si l'on admet leur opinion, il faut donner un tour Interrogatif aux ^eux premières propositions, puis intercaler plusieurs pensées servant de transition, comme U suit : « Les délivrerai -je de la main du S"ôl (du séjour des trépassés)? les rachèterai- je de la mort? ( Non, certes. Je ne les délivrerai pas; car ils ont mérité les châtiments les plus sévères. ) Où sont tes pest^, ft mort? Où est ta destruction, A S^'ôlf (Mettez-les en œuvre pour perdre ce peuple coupable.) Le repentir sera caché à mes yeux (c.-à-d. : Je ne me repentirai jamais de les avoir punis). » Assurément, cette Interprétation est simple et naturelle ; mais l'autre ne l'est pas moins, et elle est en harmonie soii avec le genre abrupt d'Osée, qui s'élance si aisément d'une idée à une autre, soit, et ce point a son importance pour nous, à l'emploi fait de ce passage par saint Paul (I Cîor. xv, 55), qui le cite comme une brillante promesse. Voici nne traduction plus littérale de l'hebrcu, qui a le mérite de ne rien ajouter au texte primitif : < Je les délivrerai de la main du S"6l; Je les rachèterai de la mort. Où est ta peste, 6 mort? où est ta destruction, ô .?"d'.' Le repentir 'c.-<i-d., mon projet de vengeance) sera caché à mes yeux.» On volt que les divergences de la Vulgate sont généralement Insignifiantes. D'après la ilcrnière ligne ( conso'utio...), le prophète annoncerait à se^ oontemporalns qu'en attendant la réalisation de
Os. XIII, 15 — XIV, 3.
i5. Car il séparera les frères. Le Seigneur fera venir un vent brûlant qui s'élèvera du déf^ert, qui séchera ses sources et qui tarira ses fontaines ; et il pillera le trésor et tous les objets précieux.