‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 410 sur 832 · Et dixit vir ad collegam suum · texte numérisé non relu

Et dixit vir ad collegam suum

Venite, et mitiaruus sortes, et sciamus quare hoc malum sit nobis. Et miserunt sortes, et cecidit sors super Jonam.

8. Et dixerunt ad eum : Indica nobis cnjus causa malum istud sit nobis ; quod est opus tuum? quse terra tua, et quo vadis? vel ex quo populo es tu?

9. Et dixit ad eos : Hebraeus ego sum , et Dominum, Deum cîeli, ego timeo, qui fecit mare et aridam.

10. Et timuerunt viri timoré magno, et dixerunt ad eum : Quid hoc fecisti ? Cognoverunt enim viri quod a facie Domini fugeret, quia indica verat eis.

11. Et dixerunt ad eum : Quid faciemus tibi, et cessabit mare a nobis? quia niare ibat, et intumescebat.

12: Et dixit ad eos : Tollite me, et niittite in mare, et cessabit mare a vobis; scio enim ego quoniam propter me tempestas hœc grandis venit super vos.

7. Et ils se dirent l'un à l'autre : Venez, et jetons le sort, pour savoir d'où nous vient ce malheur. Et ils jetèrent le sort, et le sort tomba sur Jonas.

8. Alors ils lui dirent : Indique -nous la cause qui nous attire ce malheur; quelle est ton occupation? quel est ton liiiys, et où vas-tu? de quel peuple es- tu?

9. Il leur dit : Je suis Hébreu, et je sers le Seigneur, le Dieu du ciel, qui a fait la mer et la terre.

10. Ces hommes furent saisis d'une grande oainte, et ils lui dirent : Pourquoi as -tu fait cela? Car ils avaient su qu'il fuyait de devant la face du Seigneur, parce qu'il le leur avait indiqué.

11. Ils lui dirent : Que te ferons-nous, afin que la mer se calme pour nous ? car la mer s'élevait et se gonflait.

12. Il leur dit : Prenez -moi et jetezmoi dans la mer, et la mer se calmera poui' vous ; car je sais que c'est à cause de moi que cette grande tempête eet venue sur vous.

ne pent-U pas dn moins prier? — 8i forU recogitet... Trait en parfaite harmonie avec les Idées païennes: ce dont un dieu était incapable, un autre le ferait peut-être; le plus sûr était par consénueut d'en Invoquer plusieurs. — Dixit vir... (vers. 7). Uébralsme, comme an vers 5' : Et ils (les matelots) se dirent l'un à l'autre. Entre ce verset et le précédent il faut supposer une pause, durant laquelle l'orage avait constamment grandi. — ilittamu.s sortes. Voyant dans la tempête un signe de la colère di\-lne contre l'un de ceux qui étalent sur le vaisseau, les matelots proposent cet expédient pour découvrir le coupable ; ce qui est très conforme aux mœurs des anciens. Cf. Jos, vil, 14 ; I Reg. X, 20, et xiv, 41 ; Prov. xvi, 33, etc.; Homère, /Z., vii, 177, 182; Josèpbe, .int., ix, 10, 2, etc. — Et cecidit... La main de Dieu conduisit visiblement l'opération.

8 - 12. Jonas avoue sa faute et demande qu'on le Jette ix la mer. — Dlxeniut... Ces païens ne dout(.'nt r*^ que Jonas n'ait commis quelque grand crime, dès là que le sort l'a désigné. Ils l'Interrogent donc pour savoir exactement ce qu'il a fait, ne voulant pas le conilainner sans l'entendre. — Oujus causa..J quod est...t ^«urs questions sont émues, rapides et multlpla^. On sent que leur curiosité est très vivement excitée. — Qiwe terra... et quo...f D'après l'hébreu : D'où viens- tu, et quel est ton paye? — Dixit ad enê (vers. 9). Jonoo n'hésiic pas à faire aussitôt l'aveu complet de m faute. Sa conduite devient tout à coup noble et couragreuse. Le vers. 9 ne nous donne, ainsi qu'il résulte du vers. lO*", qu'an pftie résumé de sa conff-s^lon. Le narrateur jiasbe rapidement sur les détails déjà connus de ses lecteurs. — Hebratu*. (3e nom, qui est employé trentetroU foU dan* l'Ancien TesUment, désigne tou-

jours les membres du peuple de D!e€, en tant qu'ils sont opposés aux Gentils. Cf. (îen. xuu, 32 ; Ex. I, 19, et III, 18; I Reg. iv, 9, etc.— Dotninum (hébr.: T'hàvah)... timeo. (3e verbe est pris dans le sons large de vénérer, adorer. — Deum cseli : le Dieu créateur, l'unique vrai Dieu Voyei Dan. II, 19, et le commentaire. Belle profession de foi dans ces quelques paroles de Jonas. — Et timuerutit... (vers. 10). Jusqu'alors la crainte des marins avait été vague et générale, basée sur une simple hypothèse ; Us savent maintenant d'une manière certaine qu'ils sont * poursuivis par la colère divine », et leur effroi s'accroît sans mesure. — Quid hoc...f Hébr, : Qu'est-ce que tu as fait? C'est moins une question qu'une exclamation d'étonuement : Comment as -tu pu agir ainsi ? Autrtf leçon que le prophète de Jéhovah reçi'lt de ces païens, et qu'il raconte avec candeur et humilité. — Cognoverunt enim... Remarque rétrospective de l'historien. Voyez la note dn vers. 9. — Et dixerunt... (vers. 11). Les matelots nous apiianil.ssent sous un Jour vraiment favorable dans tout le cours du récit. Ils comprennent fort bien qu'il faut une expiation pour calmer la colère de Jéhovah; mais, par un sentiment de grande délicatesse, Ils consultent le prophète lui-même, victime toute désignée, sur la nmnière dont Ils devront le traiter : Quid faeiemus...t — Et cessaHt... Littéralement dani l'hébreu : Pour que la mer soit silencieuse. Dt même au vers. 12. Cf. Marc, iv, 39. — ifar« ibat... Hébralsnie très pittoresque, pour dire que la mer était de plus en plus agitée et dangereuse. — Et dixit... (vers. 12). Jouas accepta c<^u rageusement sa destinée en esprit de pénitence. (7e8t sons une Impulsion prophétique, asra* rémaat, «n*ll Indiqua son f enn de mort {toliitu.

JoiN. I, 13-16.

1 3. Ces hommes ramaient pour regagner la terre ; maia ils ne le pouvaient, parce que la mer s'élevait et se gonflait contre eux.

14. Alors ils crièrent au Seigneur et dirent : Nous vous en prions, Seigneur, ne nous faites pas périr à cause de la vie de cet homme, et ne faites pas retomber sur nous le sang innocent, parce que vous, Seigneur, vous avez fait ce que vous avez voulu.

15. Puis ils prirent Jonas, et ils le jetèrent dans la mer; et la fureur de la mer s'apaisa.

16. Ces hommes furent saisis d'une grande crainte envers le Seigneur, et ils immolèrent des victimes au Seigneur et firent des vœux.

13. Et remigabant viri ut reverterentur ad aridam, et non valebant, quia raare ibat, et intumescebat super eos.

14. Et clamaverunt ad Dominum, et dixerunt : Qusesumus, Domine, ne pereamus in anima viri istius, et ne des super nos sanguinem innocentem, qaia tu, Domine, sicut voluisti, fecisti.

15. Et tulerunt Jonam, et miseruntin mare ; et stetit mare a fervore suo.

16. Et timuerûnt viri timoré magno Dominum ; et immolaverunt hostias Domino, et voverunt vota.

et miltite...). — Et cessabit... Ici encore, il parle coinme un prophète divinement éclairé. — Scio... quoniam propter me... Par conséquent, la tempête cessera dès qu'il aura été sacrifié.

13-16. Après avoir vainement tenté de le sauver, les matelots jettent Jonaa dans la mer, qui M calme aussitôt. — Remigaba7it. Â la lettre dans

contre une tempête pareille? — Quia mare... Répétition emphatique. Comp. le vers. lO^. — Clamaverunt... (vers. 14). Contraints enfin d'obéir à Jéhovah, qui exigeait la punition du coupable, ils s'excusent humblement, et prennent Dieu k témoin qu'ils ne font qu'accomplir sa volonté manifeste: quia tM (pronom très accentué)».

Jonas âévoré par le poisson. ( Teinture des Catacombes.)

ITiébrcu : Ils creusaient. Comparez les locutions énuivalentes des auteurs classiques : « Infindere snlcos, secare aqnas. » Durant ce violent ourafan , il n'était pas possible de se servir des voiles ; ï'asseyant donc il leurs bancs, les marins rament avec vigueur, pour essayer de regagner le rivage : ut reverterentur... Ce trait semble supposer que l'on ne s'était pas éloigné beaucoup du continent. L'héroïque désintéressement des compagnons de Jonas a été de tout temps admiré, n Istis Imperatur ut occidnut; mare furit, terapestas Jubet, et proprium periculum négligentes, de aliéna sainte solliclti sunt, » ( Saint .TérÔir.c , m h. l. ) Et celui qu'ils essayent de sauver à leurs propres risques est précisément la cause de leur péril Imminent. — Non valebant... Comment lutter

fecisti. — Stelit ir, are a fervore... (vers. 15). Personnification' expressive, qu'on trouve dans la plupart des langues : « maris ira » (Ovide), «- iratum mare » (Horace), etc. — Timuerûnt viri... (vers. 16). Comme au vers. 10, mais pour un motif de plus. « La fin de la tempête fut si soudaine, qu'ils sentirent que c'était l'œuvre d'un Dieu, qui leur était présent. » Cf. Marc, iv, 45. — Immolaverunt hostias (hébr. : « hostiam »). Ce sacrifice eut lieu sur l'heure; chose facile, car, sur un gi-and navire qui allait si loin, on put trouver sans peine un bélier ou un veau pour l'immoler. — Voverunt vota : promettant d'accomplir telles et telles œuvres de religion en l'honneur de Jéhovah, lorsqu'ils aéraient à terre.

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