CHAPITRE II
1 Et prœparavit Dominus pîscem grandem ut deglutiret Jonam ; et erat Joras in ventre piscis tribus diebus, et tribus DOCtibuB.
2 Et oravit Jonas ad Domimim Deum suum de ventre piscis,
1. Le Seigneur prépara un grand poisson, qui engloutie Jonas; et Jonas fut dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits.
2. Jonas pria le Seigneur son Dieu dans le ventre du poisson ,
Chat. II. — 1. Jonas est englouti par nn grand poisson. — J'rasparavit. Plutôt, d'après l'hébreu : Le Seigneur flxa, c.-à-d. désigna (LXX : npone-3.lv/). Nous retrouverons ce même verbe au chap. rv, à trois rcpris'.s (vers. 6, 7 et 8), prur marquer d'autres opérations analogues de Dieu. Il ne désigne pas une création proprement dite, mais simplement un rdle spécial confié à nn être déjà existant. Dieu envoya donc un poisson
Le rc-quiii.
mprès du navire, comme dit saint Jérôme. — J'iscem grandem. « Nous ignorons à quelle espèce apr^rtenait le poisson qui engloutit Jonas. On dit vulgairement que c'était mie baleine; mais, OQtre qu'elle est très rare dans la Méditerranée, elle a la gueule trop étroite pour avaler un homme entier. Le texte sacré ne détermine rien ; 11 dit simplement dag gâdôl , un grand poisson fLXX, /TiTo;; cf. Matth. xii, 40). Il est vraisemblable que c'était une espèce de requin très vorace, tel que le Sijtialus carchariaa Hnnaei, qui abonde dans la Méditerranée et dévore avidement tout ce qu'il peut calRlr. On a trouvé un cheval dans le ventre d'un de ces poissons, pesant cent quintaux et péché h l'Ile Sainte -Marguerite, en France ; dans celui d'un autre, un homme »vec »on armure... Il est du reste évident que, quoi qu'il en soit de la voracité du requin,... le prophète ne put conserver la vie dans le ventre du monstre que par un miracle.» (Jfan. bibllq., t. a, n* 1090, s»; vojei la suite et VAtl. d'hitt.
nat., pi. Liv, flg. 1, 2). — Tribus dlehu» et... noctilnif. Ce détail est devenu pour nous le point le pins Important du livre de Jonas, à cause de sa relation étroite avec la réstirrectlcn de Notre- Seigneur Jésus -Christ. Voyez l'Introd., p. 452. L'expression est d'ailleurs assez large. Elle ne représente pas trois jours et trois nuits comptés d'une manière intégrale, comme on le voit précisément par l'histoire de la résurrection du Sauveur. Un Jour plein, les deux nuits qui l'entourent, une petite partie du Jour qui précède la première de ces nuits, et une petite partie du Jour qui met fin ;'i la seconde : cela snffit pour vérifier la locution hébraïque <t trois jours et trois nuits ».
Toutes les langues ont de ces formules chronologiques qui deviendraient erronées si on les prenait trop ù la lettre ; par exemple, nos « huit jours », nos « quinze Jours i>. Notre « après demain » correspond assez exactement à ces trois Jours et trois nuits de Jonas. Cf. I Reg. xxx , 12-13; Esth. IV, 16, et v, 1; Tob. m, 10. 12, etc. Il est probable que, durant cet intervalle, Jonas vécut en pleine possession de lui-même, dans des sentiments de repentir et d'espoir.
} II. — La prière de Jonas et sa délivrance. Il, 2-11.
1» Le cantique. II, 2-10.
2. Introduction. — Et oravit. Prière dand le sens large; car, en réalité, c'est une action de grâces d'un bout à l'autre. Cf. I Reg. ii, 1. Le sentiment qui y domine est celui de la plus parfaite confiance en Dieu ; Jonas sait, on effet, que le Seigneur { Dominum Dcum nuum , locution solennelle ici) vent le sauver. De quelle manière aura lieu sa délivrance? Il l'Ignore; mais il est sûr qu'elle viendra. Sous le rapport de la forme, ce cantique est « un spécimen très accompli de la poésie hébraïque ». On y remarque un bel essor lyrique, et, quoique composé en partie île fragments de psaumes (voyez l'Introd.. page 463; le commentaire les signalera un à un ), Il est ausat (raie et aussi vivant que s'il était entièrement