JON. TI
3. et il dit : J'ai crié au Seigneur dans ma tribulation , et il m'a exaucé ; du sein de l'enfer j'ai crié, et vous avez entendu ma voix.
4. Vous m'avez jeté dans l'abîme, au cœur de la mer, et les courants m'ont entouré; toutes vos vagues et tous vos flots ont passé sur moi.
5. Et j'ai dit : Je suis rejeté de devant vos yeux; néanmoins je verrai encore votre temple saint.
6. Les eaux m'ont entouré jusqu'à m'ôter la vie ; l'abîme m'a enveloppé , la mer a couvert ma tête.
7. Je cuis descendu jusqu'aux racines des montagnes, les verrous de la terre m'ont enfermé à jamais; et pourtant vous préserverez ma vie de la corruption, Seigneur mon Dieu.
8. Quand mon âme était dans l'angoisse au dedans de moi, je me suis
original. Il se compose d'un court prélude, qui renferme le thème (vers. 3), et de trois strophes (vers. 4-5, 6-7, 8-10), dont chacune, après s'être ouverte par la peinture de l'état terrible où se trouvait le prophète, passe de là au sentiment d'un espoir de plus en plus vif.
3. Prélude du cantique : dans son angoisse, Jonas a Invoqué le Seigneur et a été exaucé. — Les premiers mots, clamaii... ad Dominum, sont peut-être une réminiscence du Ps. xvii, 6; cf. Ps. cxix, 1. Ce cri de détresse s'était échappé du cœur de Jonas, au moment même où il s'enfonçait sons les nots et où 11 était englouti par le poisson. — Exaiidivit me. Le prophète ne dut composer son cantique qu'après avoir séjourné pendant un certain temps dans l'estomac du cétacé; c'est en voyant qu'il conservait la vie en de telles conditions, qu'il comprit que Dieu voulait le sauver. — De ventre ivferi. Personniflcation très expressive du séjourdes morts (hébr.i"ôlX
4-5. Première strophe : première variation sur le thème du cantique. Le suppliant insiste sur les dangers qu'il avait courus, et il les décrit en ternies très dramatiques. — Projeclsti me. Sn vérité, c'était beaucoup plus par la main de Dieu que par celle des hommes qu'il avait été jeté dans les flots de l'abîme (in pro/undum). — In corde maris. Autre personnification très poétique. D'après l'hébreu : au cœur des mers. Ce pluriel marque fort bien l'immensité de la iC2r. — Flumen: les courants sous -marins au milieu desquels Jonas avait été plongé, et qui l'avaient entraîné, entouré de toutes parts (cireumdedit...). — Gurgites... et ^uc<ms. Hébr. .-Tous tes flots et tes vagues. Écho du Ps. xli, 7. — F.t...dixi (vers. 5). La première impression qui s'était emparée du prophète en ce moment affreux, c'est qu'il était chassé loin des divins regards, Irrités contre lui : àbjectus sum... Kérai-
3. et dixit : Clamavi de tribulatione mea ad Dominum, et exaudivit me; de ventre inferi clamavi, et exaudisti vocem meam.
4. Et projecisti me in profundum in corde maris, et flumen circumdedit me; omnes gurgites tui , et fluctus tui super me transierunt.
5. Et ego dixi : Abjectus sum d conspectu oculorum tuorum ; verumtamen rursus videbo templum sanctum tuum.
6. Circumdederunt me aquse usque ad animam ; abyssus vallavit me , pelagus operuit caput meum.
7. Ad extrema montium descendi , terrœ vectes concluserunt me in aeternum ; et sublevabis de corruptione vitam meam , Domine Deus meus.
8. Cum angustiaretur in me anima mea, Domini recordatus sum, ut veniat
niscence du Vg. xxx, 23. Ces fréquents emprunts montrent <r quelles profondes racines les saints cantiques d'Israël avaient jetées dans le cœur de tous les suppliants ». — Verumtamen ')-ursus... Admirable sentiment de confiance, qui avait bientôt succédé au désespoir. Malgré tout, Jonas est sûr de revoir le temple de Jérusalem et d'y offrir à Jéhovah ses hommages (videbo templum...).
6 - 7. Seconde strophe : autre variation sur îe thème. La description du danger recommence et se poursuit jusqu'au- vers. 7''; une seule ligne (vers. 7«) est consacrée à l'espérance. — Circumdederunt me. Le verbe 'afafàni n'est employé qu'ici et au Ps. xvii (hébr., xvm), 5. — Aquse usque ad animam. Image très énergique, qui paraît empruntée au Ps. xlix, 2. Les eaux l'ont entouré de manière à lui enlever la vie. — Abyssus valtavit. Hébr. : L'abîme m'a environné. — Pelagus operuit... L'hébreu est encore plus expressif : Les algues étaient entortillées autour de ma tête, — Ad extrema... (vers. 7). C.-à-d., au plus profond des eaux, à l'endroit où les montagnes sont censées avoir leurs racîr.es. Ct. Ps. xxin, 2. — Terrse vectes. Autre Image très poétique, synonyme de celle qui précède. D'al'rès l'hébreu : La terre, ses verrous (sont) derrière moi. Il n'y a donc plus de possibilité de revenir sur la terre, ses portes ayant été fermées ilerrlère Jonas à tout jamais (in, œternum). — Tout à coup l.a confiance renaît : et ( dans le sens de : et pourtant) sublevabis... Au Heu de corruptione l'hébreu a : de la fosse. C'est la même pensée. — Domine Deus mens. On sent dans cette appellation un sentiment de tendre reconnaissance (« blandientis aflectus, » comme le remarque délicatement saint Jérôme, h. l.).
8-10. Troisième strophe : dernière variation sur le même thème. Mais, cette fois, l'angoissu c>t h. peine mentionnée (vers. 9»); la confiance l'emporte et domine. — Owni aiiguatiarelur.,.