CHAPITRE IV
1, Et erit : in novissimo dierum, erit mons domus Doraini prœparatus in vertice montium, et sublimis super colles; et flucnt ad eum populi,
2. et properabunt gentes multse, et dicent : Venite, ascendamus ad montem Domini, et ad domum Dei Jacob; et docebit nos de viis suis, et ibimus in se-
l'argent avec lequel Us se bâtissaient de beaux monuments. — In jnimeri&us... (vers. 11). La vénalité des juges, cette plaie honteuse it continuelle de l'Orient. — Sacerdotes. . . in mereede. Vénalité analogue des prêtres , dont, un grand nombre songeaient à tirer des bénéflces de leurs fonctions sacrées. — Docebant. L'explication de la loi mosaïque était un de leurs premiers devoirs. Cf. Lev. x, 11; Deut. xvii, 8-13; Os. IV, 6, etc. — Prophétie... iu pecunia... La vénalité des prophètes. C'était, sur tonte la ligne, l'avarice la plus hideuse.— £t super Dominum... Tout en agissant ainsi, Ils osaient compter sûrement ( requieêcebant, locution pittoresque), tant le sens moral était oblitéré en eux , sur la protection de Dieu pour échapper à tous les maux (Non venimt...). — Propter hoc... (vers. 12). La sentence retentit pour la troisième fols ; nuls ici elle devient gf^nérale et retombe sur toute la ville, qui sera détruite h cause des péchés de ses principaux habitanu (causa vestri, mots accentués). Jérérale raconte, xxvi, 17-19, un épisode qui montre l'Impression profonde que cette prophétie avait laissée dans le pays, et qui explique pourquoi son accompllssonient avait été retardé. Mais elle se réalisa ensuite à la lettre, lorsque les Chaliléens de Nabucho,lono8<>r s'emparèrent de JéruRalem et la détruisirent. Cf. Jer. Ln, 7, 13U. — SUm : la colline de l'ouest, par opposition 6 celle de leet, tur laquelle était b&tl le temple
1. Et voici, dans les derniers temps, la montagne de la maison du Seigneur sera fondée sur ie sommet des monts, et elle s'élèvera au-dessus des collines; les peuples y afflueront,
2. et les nations accouiTont en foule, et diront : Venez, montons à la montagne du Seigneur et à la maison du Dieu de Jacob; il nous enseignera ses
(mons Umpli). Voyez VAtl. géogr., pi. xiv et xv.
— Quasi acervus... Jérusalem devait doix avoir finalement le même sort que Samarie. Cf. i, 6. — Excelsa silvarum. Ce trait se réalisa aussi à la lettre au temps des Machnbées. Cf. I Mach. iv, 38. — La punition de Jérusalem ne pouvait pas être prédite avec plus de précision.
§ II. — Sion glorijlée. IV, 1 - V, 14.
Contraste des plus frappants avec ce qui précède, comme au chap. ii, 12-13. >'.ais ici Michée n'entrevoit pas seulement en passant le bel horizon messianique; Dieu lui permet de le contempler longuement, sous ses principaux aspects, et Il le décrit avec une )o;e qui n"a pas disparu de ses lignes. Le chap. iv traite de la gloire de Jérusalem à l'époque du Messie ; le chap. v, du Messie en personne.
l» Jérusalem centre de tons les peuples et source de bonheur pour le monde entier. IV, 1-7.
Chap. IV. — 1-6. Toutes les nations accour ront un Jour au temple de Jérusalem et prendront Jéhovah pour leur unique maître ; heureuses conséquences qui en résulteront pour elles.
— Et erit... Les versets 1-3 sont à peu près littéralement Identiques il Is. ii, 2-4, le grand prophète les ayant empruntés h Michée, selon toute vraisemblance. Nous renvoyons le lecteur à ce passage (t. V, p. ï78) pour leur explloatk».
MiCH. IV, 3-8.
▼oies, et nous marcîieroiis dans ses sentiers, car de Sion sortira la loi, et de Jérusalem la parole du Seigneur.
3. Il jugera des peuples nombreux, et il châtiera jusqu'au loin des nations puissantes ; ils changeront leurs épées en socs de charrue, et leurs lances en boyaux; une nation ne tirera plus l'épée contre une autre nation , et ils ne s'apprendront plus à combattre.
4. Chacun se reposera sous sa vigne et sous son figuier, et il n'y aura personne pour les effrayer, car la bouche du Seigneur des armées a parlé.
5. Car tous les peuples marchent chacun au nom de son dieu ; mais nous , nous marcherons au nom du Seigneur notre Dieu, jusque dans l'éternité et au delà.
6. En ce jour- là, dit le Seigneur, je rassemblerai celle qui boitait, et je réunirai celle que j'avais rejetée et affligée.
7. De celle qui boitait je ferai un reste, et de celle qui souffi-ait, un peuple puissant ; et le Seigneur régnera sur eux sur la montagne de Sion , depuis ce temps jusque dans l'éternité.
8. Et toi , tour du troupeau , ténébreuse fille de Sion, il viendra jusqu'à toi; à toi viendra la puissance première, l'empire de la fille de Jérusalem.
mitie ejus , quia de Sion egredietur lex, et verbum Domini de Jérusalem.
3. Et judicabit inter populos multos, et ccPtripiet gentes fortes usque in longinquum ; et concident gladios suos in vomeres, et hastas suas in ligones; non sumet gens adversus gentem gladium, et non discent ultra belligerare.
4. Et sedebit vir subtus vitem suam et subtus ficum suam, et non erit qui deterreat, quia os Domini exercituum locutum est.
5. Quia omnes populi ambulabunt unusquisque in noraine dei sui ; nos autem ambulabimus in nomine Domini Dei nostri, in seternum et ultra.
6. In die illa, dicit Dominus, congregabo claudicantem , et eam quam ejeceram colligam, et quam afflixeram.
7. Et ponam claudicantem in reliquias, et eam, quae laboraverat, in gentem robustam ; et regnabit Dominus super eos in monte Sion, ex hoc nunc et usque in aetemum.
8. Et tu, turris gregis, nebulosa filia Sion, usque ad te veniet; et veniet potestas prima, regnum filise Jérusalem.
Voyez aassi Zach. viii, 20-23. — Muent populi,... gentes. Dans Isaïe, ces deux mots sont transposés; de même au vers. 3. — Le trait usque in longinquum ( vers. 3 ) est propre à Michée. — Et sedebit vir (vers. 4). Hébraïsme; c.-à-d., chacun. Image proverbiale chez les IJébreux pour marquer un état de paix et de sécurité parfaites, qu'aucun ennemi ne se tent assez fort pour troubler (et non erit...). Cf. Lev. xxvi, 4-6 ; III Rog. IV, 25 ; Zach. ni, 10 ; I Mach. xrv, 12. La vigne et le figuier formaient une des grandes ressources de la Palestine. — Quia os Domini... Sorte de serment divin, pour attester que cette pi"omesse se réalisera certainement. Cf. Is. Lvni, 14. — Quia cmnes... (vers. 6). Le prophète établit une antithèse intéressante entre la triste situation des païens, avant le jour heureux de leur conversion, et les avantages accordés aux Juifs par le Seigneur. A la suite de leurs vaines idoles, les païens s'égaraient; en demeurant fidèles à Jéhovah, les Juifs étaient sûrs de trouver le bonheur {nos autem..., avec emphase). Les contemporains de Michée étalent loin de cette fidélité; il y a donc dans cette réflexion une sorte d'exhortation tacite. Cf. Is. ii, 5.
6-7. Comment Dieu rétablira son peuple après l'avoir puni, et comment il régnera de nouveau snr cet Israël transfiguré. — In die illa : à l'époque appelle plus haut (vers. 1) « la fln des jours ». — Congregabo... L'image du troupeau reparaît (cf. II, 12; au lieu de claudicantem l'bébreu
a : dispersé ). On lui en associe une autre , qui compare la nation théocratlque à une épouse Infidèle, répudiée et châtiée par son époux mystique (et eam quam...). Cf. i, 7, et le commentaire. Tout cela fait allusion au temps de la captivité. — In reliquias (vers. 7). Reste fécond, duquel surgira un peuple puissant (in gentem...). Voyez la note de ii, 12. — Et regnabit... Le rétablissement sera donc complet, de même qu'il sera sans fln : ex hoc nune... Évidemment la promesse s'idéalise et dépasse le monde Israélite ; elle devient chrétienne et n'a reçu sa réalisation que dans l'Église, qui est le véritable royaume de Dieu sur la terre jusqu'à la fln des temps.
2» Avant que ces heureux jour? luisent pour elle,' Sion aura beaucoup à sonffi'ir. IV, 8-13.
8 - 10. Alternatives de gloire et d'angoisse. La gloire : vers. 8, 10'», 12-13. L'angoisse : vers. 9-10", 11. — Et tu. Apostrophe pleine de suavité. Cf. V, 2. — Turris gregis. Le peuple juif vient d'être comparé à un troupeau de brebiî (vers. 6 ; cf. ii, 12 ) ; Sion est tout naturellement nommée sa tour, c.-à-d., son abri tutélaire. Cf. n Par. XXVI, 10 (Atl. archéol., pi. xxxvi, flg. J). — Nebulosa fllia. . . Hébr. : Hauteur ( 'ofel ) d« la fille de Sion. Hébraïsme, pour désigner la colline sur laquelle était bâtie l'antique citadelle de Sion. La Vulgate, avec les autres anciennes versions, a donné à 'ofel le sens de ténèbres, comme s'il figurait les malheurs de Sion. — Usque ad te... Malgré tous les obstacles. Jéru-
MiCH. IV, 9-18.