‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 447 sur 832 · Le véritable auteur de la ruine de Nlnlve · texte numérisé non relu

Le véritable auteur de la ruine de Nlnlve

— Ecce (go... Ce verset réitère la menace divine, qui est exprimée de nouveau avec une grande ▼igtiour. — Le nom Dominiis exercituum convient iinrticiilièrement bien dans la circonstance pré-ento, inl-^qu'll est question de lutter contre l'empire gu-rricr par excellence. — Succendam... ad fumum... Les chars de guerre de Ninivc seront brûlés et s'en iront en fumée. — Nuntiorum... Le prophète donne ce nom aux of liciers assyrienn qui traversaient les pays conquis, en réclamant brutalement et tni><>lijiiimoiit le tribut. Cf. IV Rfg- xviii, 17; XIX, 9, 23, etc. Lenr voix va devenir s.ilencleu8C.

i III. — Lea causes et le ^^ractire immuable de Li sentence de Sliiifc. III, 1-19.

Nahu;n icv.ent encore sur la terrible catas- »«)phe, pour insister sur son motif h on point

de vue qu'il n'a pas encore signalé, et sur son résultat dt-ûnltlt.

1» Les crimes de Ninive sont la raison de s» ruine. III, 1-7.

Ces crimes sont de deux sortes, la soif du sang et des ronquêoes, puis la détKinche. A 1» cité conquérante et homicide on prédit le carnage qui aura lieu dans son propre sein (versets 1-3) ; à la cité dissolue on prophétise l'ignominie (vers. 4-7).

Chap. III. — 1-3. Le sang coulera à flots dans la ville sanguinaire. — Vee. Particule très menaçante. Cf. Is. X, 1, 6 ; xviii, 1 ; Am. vi, 1, etc. — OttH/as sanguinum (pluriel expressif). Peu de villes ont mérité cette éplthète autant que Ninive. Qu'on lise les aunalcs de ses rois, que l'on contemple les scènes de barbarie sculptées sur ce qui reste de ses monuments, et l'on pourra se faire quelque idée du sang répandu par elle. Voyez VAtl. archéol., pi. Lxxi, flg. 1; pi. utxii, flg. S, 7; pi. xci, flg. 3; pi. xai, flg. 9 , 10 , pi. XCIII, flg. 2, 4, 5, 6, 8; pi. XCIV, flg. 1-3. — Universa (mot accentué)... mendaciL.. Hébr. : (Elle est) toute mensonge ( c.-à-d. fraude), pleine de violence. — Son recedet... Hébi. : Elle ne discontinue pas la rapine. L'histoire entière de.» Assyriens est une histoire de violences et de vols brutalement accomplis par eux : vols de provinces, de cités, d'habitants, de trésors. Puisqu'ils aiment le sang, 11 y aura du sang versé; mais ce sera le leur (vers. 2-3). La loi du talion leur sera co:iipUHeniont appliquée. Cf. Geii. ix, 6.6. — Vi'x ftayclU... (vers. 2). Autre desrriptlor admirable de l'invaaioa des troupes enaeiulcs

Nah. III, 4-8.

égorgée , et d'une ruine terrible ; le carnage n'a point de fin, et l'on tombe sur les morts

4. C'est à cause des nombreuses fornications de cette prostituée, belle et agréable, qui s'est servie des enchantements, qui a vendu les peuples par ses fornications, et les nations par ses maléfices.

5. Voici, je viens à toi, dit le Seigneur des armées, et je révélerai tes parties honteuses ; je montrerai aux nations ta nudité, et aux royaumes ton ignominie.

6. Je ferai retomber sur toi tes abominations, je t'accablerai d'outrages, et je te donnerai en exemple.

7. Çt alors tous ceux qui te verront s'éloigneront de toi, et diront : Ninive est détruite. Qui branlei'a la tête à ton sujet? où te trouverai -je un consolateur?

8. Es - tu meilleure qu'Alexandrie des peuples , située au milieu des fleuves, et

gravis ruinae; nec est finis cadaverum, et corruent in corporibus suis.

4. Propter multitudinem fornicationum meretricis speciosse, et gratse, et habentis maleficia, quae vendidit gentes in fomicationibus suis , et familias in maieficiis suis.

5. Ecce ego ad te, dicit Dominus exercituum, et revelabo pudenda tua in facie tua , et ostendam gentibus nuditatem tuam, et regnis ignominiam tuam.

6. Et projiciam super te aborainationes, et contumeliis te afficiam, et ponam te in exemplum.

7. Et erit, omnis qui vident te resiliet a te, et dicet : Vastata est Ninive. Quis comme vebit super te caput? unde quaeram consolatorem tibi?

8. Numquid melior es Alexandria populorum , quae habitat in fluminibus ,

envoyées par Dieu contre Ninive. Cf. n, 1-4. C'est e une dégante lijTiotjT)ose », qnl rerroduit vraiment la scène sous nos yeux. — Eqiti... haHse... Hébr. : Le cheval galope, le char bondit, le cavalier s'élnnce; flamme du glaive, éclair de la lance. — Et multitudinis... (vei-s. S""). Scène d'affreux carnage. Hébr. : Multitude de tués, quantité de morts ; des cadavres sans fln ; on se heurte contre leurs cadavres.

4- . I.a cité corrompue fera profondément humiliée. — Propter multitudiriem... Les rites religieux des Assyriens « étalent caractérisés, comme ceux de Babylone, par une grossière sensualité », et il est probable que Naluim fait Ici allusion à ce trait, universellement connu. Mais 11 y a plus : la seconde moitié du verset ( quiB vendidit...) montre, en effet, qu'il y a aussi de la métaphore dans les mots meretrici.'' speciosse... On a très justement défini Ninive : -< l'égoïsme qui se couvre des vêtements de l'affection, et qui, sous l'apparence de l'amour, cherche la satisfaction de ses propres convoitise?. » Xon moins perfide que lascive, elle n'attirait à elle les nations que pour les trahir après les avoir mises à profit. Cf. Is. xx.vvr, 16-17. — Familias est synonyme de gentes en co passage. — Ecce ego... (verset 5). La menace retentit de nouveau. Cf. n, 13. — Et revelabo... Encore le talion. « La prostituée sera traitée en prostituée, avec le dernier mépris. » Hébr.: Je relèverai tes traînes sur ton visage. Cf. Is. xlvii, 2-3; Jer. xnr, 22, 26; Os. n, 6, etc. — Abominationes (vers. 6). Hébr.:de8 orduics. — la exemplum. D'après l'hébreu : en spectacle. — Et erit (vers. 7). Petite formule de transition destinée à accentuer le détail qui suit. Ninive. ainsi traitée par Dieu, excitera l'horreur et la frayeur de tous les passants. —

Resiliet... On fuira loin de cette ville maudite, par crainte de partager son sort. — Dicet : Vastata... Il n'y aura pas le moindre sentiment de compassion dans cette exclamation. Personne ne plaint, ou ne cherche à consoler un tyran tombé. — Qui eoTnmoveliif...f Ici, geste de sympathie et de tristesse. — Unde quaBram...? Echo d'iaaïe, Li, 19. Cf. Thren. ii, 13.

2» Rien ne pourra protéger Ninive contre la décret divin qui l'a condamnée h la ruine. III, 8-13.

8-10. La cité de No-Amon a péri, malgré tonte la force dont elle jouissait. Rapprochement d'autant plus remarquable, que c'étaient les Assyriens eux-mêmes qui avaient naguère infligé à cette ville égyptienne le traitement décrit par Nahum. La récente découverte des .annales d'Assnrbanipal , fils et successeur d'Assaraddon, a mis ce fait en pleine lumière, en confirmant la parfaite véracité de notre prophète. Voyez F. Vigoureux, Bible et découvertes, t. IV, p. 80 et se. de la 5« édlt. — Numquid me1ior...î D'après le contexte, meilleur sous le rapport de la force matérielle, plus capable de résister à une armée assiégeante. — Alexandria populorum. En hébreu : Nô'-'Ainôn; c.-à-d., habitation d'Amon. La ville était ainsi nommée parce qu'on y rendait un culte spécial an dieu Amon. Comp. .Ter. XLvr, 25, et Ez. xxx, 14, 16, où elle est appelée Nô' par abréviation (dans le texte hébreu). Elle est plus connue sous la dénomination de Thèbes. Il s'agit donc de la célèbre capitale de la Haute- Egypte, dont les ruines gigantesques excitent encore l'admiration de tous ses visiteurs. Voye* l'Atl. géogr.. pi. iv. a Saint Jérôme a traduit (comme le Targum et les rabbins) No-Amon— I par Alexandrie, li savait bien qu'Alexandrie

Nah. III, 9-13.

tout entourée d'eau, dont la mer est le trésor, et dont les eaux sont les murailles ?

9. L'Ethiopie était sa force, ainsi que l'Egj'pte et des peuples sans nombre; l'Afrique et la Libj-e venaient à sou secours.

10. Et cependant, elle aussi, elle a été emmenée captive sur une terre étrangère ; ses petits enfants ont été écrasés i au coin de toutes les rues, ses nobles ont été ' pai tagés au sort , et tous ses grands ont été chargés de fers.

11. Toi donc aussi tu seras enivrée et tu seras méprisée, et tu demanderas du secours à ton ennemi.

12. Toutes tes forteresses seront comme des figuiers avec leurs figues; si on les secoue, elles tombent dans la bouche de celui qui veut les manger.

13. Voici, ton peuple est comme des femmes au milieu de toi ; les portes de ton pays seront complètement ouvertes à tes ennemis, le feu dévorera tes barres.

aquae in circuitu ejus ; cujus divitiae mare, aquae mûri ejus?

9. ^thiopia fortitudo ejus, et JEgyptus, et non est finis; Africa y,t Libyes f uerunt in auxilio suo.

10. Sed et ipsa in transmigrationem ducta est in captivitatem ; parvuli ejus elisi sunt in capite omnium viarum, et super inclytos ejus miserunt sortem, et omnes optimates ejus confixi sunt in compedibus.

11. Et tu ergo inebriaberis, et eris despecta; et tu quseres auxilium ab inim.ico.

12. Omnes munitiones tuse sicut ficus cum grossis suis ; si concussae fuerint, cadent in os comedentis.

13. Ecce populus tuus mulieres in medio tui ; inimicis tuis adapertione pandentur portée terrae tuse, devorabit ignis vectes tuos.

n'existait pas encore à l'époque où prophétisait Nahum ; mais, ignorant où était située la ville dont parlait l'écrivain sacré, 11 supposa que No était une cité antique, bâtie sur l'emplacement où devait s'élever plus tard Alexandrie, ou bien un nom désignant l'Égypte tout entière. » F. Vigouroux, l. c, p. S3 et 84. — Qvse habitat... Mieux, d'après l'hébreu : Qui est assise sur les fleuves (y"ôrim; mot d'origine égyptienne, qui désigne le Nil, le « fleuve » par antonomase pour les Égyptiens, et ses canaux). 4 Thèbes était alors la seule vil!e d'Egypte située au milieu des eaux, la seule qui fût bâtie sur les deux rives du Nil. »TIgonroux, ibid., p. 85. La description donnée par Nahum est donc d'une rigoureuse exactitude. — Cujus divitias... D'après l'hébreu : Celle dont la force est la mer. Par mare II faut encore entendre le Nil, ainsi nommé par hyperbole. Cf. Is. xviii, 2, et XIX, 5. Il servr.it de rempart à Thèbes. — JEth'opia Jortitudo... (vers. 9). A cette force qu'elle tenait de la nature, la ville d'Amon ajoutait celle que lui conféraient ses nombreux et vaillants guerriers. Nous apprenons ésalement par les Inscriptions d'Ass'irbanipal que Thèbes « était défendue par les Éthiopiens d'Urdaman (beau-fils du roi Tharaka), qui comptait aufsi dans son armée des Égyptiens et des Libyens » (.<®9!/piît.'...). — hon est finis... S'^s troupes étaient Innombrables. — Africa et Lybies. Hébr.: lût et Lxihim. Le second dt ces mots désigne certainement la Libye ; le premier doit représenter un peuple des même» parages {Ail. giogr., pi. i). — Sed et ipsa... (vere lu). Malgré tous ces avantages, Thèbes a succombé sons les coups d'un adversaire plus fort qu'elle, et ses habitants ont été déportés au loin, suivant la coutume de ces temps : in transmigratiouem...

— Parvuli... elisi. Barbarie qui n'était alors que trop ordinaire. Cf. IV Reg. viii, 12 ; Is. xiii, 16, etc.

— In cafiite... viarum. C.-âd., dans les carrefours et les places. — Super inclyios... .sortem. Les plus nobles de se? habitants ont été traités comme un butin vulgaire, et distribués au sort. Cf. Jud. V, ."0 ; Joël , ni, 3, etc.

11-13. Nlnive, quoique pareillement très puissante, trouvera la même destinée que No- Amoa.

— Et tu. Il y a une grande vigueur dans ces mots. Toi aussi, toi qui te crois imprenable, à l'abri de tout péril. — Inebriaberis. Ninive boira i\ la coupe des vengeances divines, qui l'enivrera et la livrera sans défense aux mains de ses ennemis. Sur cette métaphore, voyez Is. li, 17, 21 ; Jer. XXV, 15 et ss.; Hab. ii, 16, etc. — Eris despecta. Hébr. : Tu seras cachée ; c- ù - d., livrée à l'oubli, inconnue. — Quxrcs atixUium... L'hébren signifie : Tu chercheras une forteresse ( an refuge) contre l'ennemi. — Omnes tnunitiones.., (vers. 12). Comme No-Amon, Nlnive comptera, mais en vain , sur ses fortifications si solides et sur ses nombreux habitants. — Sicut feus... Image saisissante, pour dire que la capitale assyrienne est mûre en vue du châtiment. — Cum grossis... L'hébreu désigne des primeurs, des figues hâtives. Cf. Is. xxvrn, 4. — Populus... mulieres ( vers. 13 ). Les guerriers ninlvitcs seront, au moment du danger, faibles et timides comme des femmes. Cf. Is. xix, 16; Jer. L, 37; LI, 30, etc. — Adapertione pandentur... Hébra'i'sme : Tes portes seront ouvertes au grand large. La locution portes terra... désigne les entrées fortifiées du territoire ninlvite. — Vectea tuos : les énormes barres de bols avec leaquellfs on fermait les portes des vUles.

Nah. m, 14-18.

14 Aquara propter obsidionem hauri tibi , exstrue munitiones tuas ; intra in lutum, et calca, subigens tene lateiera.

15. Ibi comedet te ignis; peribis gladio, devorabit te utbruchns; congregare ut bruchus, multiplicare ut locusta.

16. Plures fecisti negotiationes tuas quara stellœ sint cœli ; bruchus expansus est, et a vola vit.

17. Custodes tui quasi locustse, et parvuli lui quasi locustse locustarum , quœ considunt in sepibus in die frigoris; sol ortus est, et avolaverunt. et non est cognituB locus earum ubi fuerint.

18. Dormitaverunt pastores tui , rex Âssur ; sepelientur principes tui , latita-

14. Puise de l'eao pour le siège, répare tes forteresses; entre dans l'argile, foule-la aux pieds, et fabriques-«n des briques.

15. Lh le feu te consumera; tu périras par l'épée, elle te dévorera comme le hanneton ; entasse-toi comme le hanneton, multiplie - toi comme les sauterelles.

16. Tu as fait plus de trafic qu'il n'y a d'étoiles dans le ciel ; le hanneton a étendu ses ailes et s'est envolé.

17. Tes gardes sont comme des sauterelles, et tes petits enfants sont comme les petites sauterelles, qui se posent sur les haies en un jour de froid ; le soleil se lève, et elles s'envolent, et on ne reconnait plus la place où elles étaient.

18. Tes pasteurs se sont endormis, roi d'Assur; tes princes ont été ense-

3« InutUité de la résistance ; ]ote dti monde en apprenant la destruction de Kiaive. III, 14-19.

14-17. Le feu et le glaive dévoreront Ninlve, qni périra comme un essaim de sauterelles. — Eatiri .., exstrue .., intra... Exhortations pleines d'ironie. Ninlve est invitée à faire des provisions d'eau en vue du siège qu'elle devra soutenir, à fortifier davantage encore sesouvrages de défense, It à fabriquer pour cela des quantités de orlques. Chacun sait que les constructions nlnivltes étaient en briques cuitf s ou sécliées au soleil. — Subigens tene... Hébr. : Consolide le four à briques. Voyez VAtl. arehéol., pi. xlix, flg. 2, 3, 6, 8, 9. — L'adverbe ibi (vers. 15) est très accentué: « au lieu même que Kinlve aura fortifié avec tant de soin , » elle sera emportée d'assaut, pillée tt brtllée. Comp. le vers. 12. — Comedtt... ignis. lies anciens historiens (Hérodote, i. 106 ; Dlodore «e Sicile, ii, 25-28; Justin, Hiat., i, 3; Eusèbe, Chronic, xiv, 3 et xv, 7, etc.) nous apprennent très e.tplloltement que Ninlve périt par le feu, et c'est aussi ce qni ressort de l'état aotuel des mines, parmi lesquelles on a trouvé des traces Ttoibles d'inoendle. — Ul bruehtis. Hébr.: Comme U sauterelle (yéUk, le rongeur; voyez Joël, t, 4 et la note). On sait avec quelle avidité et quelle rapidité les sauterelles dévorent tous les végétaux d'une contrée. Cf. Joël, i, 6 et ss. De môme fera le ^aive en Assyrie. — Congregare... Nnhum ▼• redire à Ntnlve que sa population innombrable De lui sera d'aucun feoonrs au moment du danger (vers. 15*-17). Comp. le vers. 13. — Ut bruehu». Il développe, mais dans un antre setis, sa eomparalson emprunt«5e aux mœurs des sauterelles, pour montrer combien étalent nombreux le« habitants de Ninlve. Cest ii;ir milliards que Ton compterait les Individus fi\il forment un cstalni de CCS Insectes. — Locusta Hébr.: 'arbeh, le mnltlplo. Ce^t le nom le plus habituel de la •antcrelle dans la Bible. — Plurex... quam utellœ (vers. 16). Autre image éloquente iniur niniquer nn grand nombrr. CI. Geu. sv, S; xxii, 17, etc.

— An lieu de negotiationes , U faudrait le concret : tes marchands. La capitale de l'Assyrie était un centre commercial considérable. Cf. Ez. XXVII, 2;i-24. — Bruchus expunsus est ; en ouvrant ses ailes pour prendre son vol. Le sens du verbe hébreu n'est pas entièrement certain. LXX; wp(i.T|(Ts, il s'est élancé. — Avolavit. Ainsi firentsnbitement les habitants de NlHive,!''S étrangers surtout, lorsqu'ils la virent menacée. Cf. ii, 8*. — Custodes tui (vers. 17). C.-à-d., tes chefs. A la lettre dans l'hébreu : tes couronnés ( tes princes). Les grands personnages assyriens portaient de gracieuses tiares. — Parvuli tui. Hébr. : tes ta/s'rim. Ce mot d'origine assyrienne, qu'on ne rencontre qu'Ici et Jer. u, 27, désigne les officiers sui>érieuP8 de l'armée. — Locustse locuttarum (hébr. : gôb gôbaï ; de la racine gûb, entasser) est une sort* de superlatif : des ninssea de sauterelles. • — Qiise considunt... Les sauterelles sont très sensibles au froid, qui les engourdit et les empêche d'avancer. D'autre part, ellee sont aussi très sensibles ù la cnalenr, et 1! suffit d'un rayon de soleil pour les réchauffer et leur faire re:irendre leur vol : sol f>rtw.<... — Non est cognit'is... (Test avec la même promptitude, et d'une manière aussi complète, que Ninlve disparaîtra. < Le conquérant païen racontait see victoires en ces tenues: Je suis venu. J'ai vn. J'ai vaincu. Le prophète va plus loin, et ajoute, comme résultat final de toutes les conquêtes humaines : J'ai disparu » (tK Pnsey).

18-19. Les pasteurs de Xlnlve se sont endormis et fon peuple s'est dispersé; le monde se réjotiit de sa ruine. — Dormitaverunt.. . rex... C'est maintenant le roi des Assyriens qui est interpellé. Ses p.isteurs ne sont autres que ses princes, se." satrapes, ses officiers multiples. Ils se sont endormis; or, quand les pasteurs dorment, le troupeau se disperse et ne tarde point A périr. Cf. III Reg. XXII, 17. — Sepelientur..., latitavtl. Plutôt , d'après l'hébreu : Tes princes reposent, ton peuple s'est dispersé. — Non est obscurs...

Nah. III, 19.

velis, ton peuple s'est caché dans les montagnes, et il n'y a personne pour le rassembler.

19. Ta ruine n'est pas cachée, ta plaie est mortelle. Tous ceux qui ont entendu parler de toi ont battu des mains à ton sujet ; car sur qui n'a poiut passé sans fin ta méchanceté?

vit populus tuus in montibus, et non eat qui congreget.

19. Non est obscura contritio tua, pessima est plaga tua. Omnes qui audierunt auditionem tuam compresserunt manum super te ; quia super quem non transiit malitia tua semper?

(vers. 19). Litote , pour dire : est visible à tous les yeux. Hébr. : Nul remède à ta blessure ; ta plaie est grave. — Omnes g-ui... Joie de tous les peuples en apprenant la destruction de Ninlve. — Audieruiit auditionem est un hébraïsme : Tous ceux qnl ont entendu la nouvelle de ta «huie. — Compresserunt manum... Ils ont battu

des mains en signe d'allégresse. — Quia super quem...? Motif de cette Joie maligne. Ayant en beaucoup à souffrir de la méchanceté de Ninlve, qui avait passé sur eus (transiit malitia,..) comme un torrent dévastateur, les peuples ne pouvaient que se réjouir de sa ruine. Ce trait &i^ est d'une grande beauté.

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