‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 452 sur 832 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

1. Je me tiendrai à mon poste de garde, et je demeurerai ferme sur le rempart, et je regarderai attentivement pour voir ce qui me sera dit, et ce que je répondrai à celui qui me reprendra.

2. Alors le Seigneur me parla, et me dit : Ecris ce que tu vois , et marque-le sur des tablettes, afin qu'on puisse le lire couramment.

1. Super custodîam meam stabo, et figam gradura super munitionem, et contemplabor ut videam quid dicatur mihi, et quid respondeam ad arguentem me.

2. Et respondit mihi Dominus, et dixit : Scribe visum, et explana eum super tabulas, ut percurrat qui legerit eum.

leurs seules forces. — Sacrijîcabit. Hébr. : Il brûle de l'encens. — Quia in ipsis... Comme d'habiles pêcheurs, qui doivent tout il leurs filets. — Propter hoc... expandit... (vers. 17) : le succès les encourageant à continuer. Variante dans l'hébreu : Videra -t -11 pour cela son fllet, et égorgera - 1 - 11 toujours sans pitié les nations? C.-à-d. : Dieu permettra-t-U au peuple chaldéen de recommencer sans fin son œuvre de

pour mieux se rendre coippte de ce qui se passait au dehors. Cf. II Reg. xviii , 24 ; IV Reg. IX, 17 ; Is. XXI, 6, 8, etc. É\idemment, c'est d'une manière figurée que le prophète annonce qu'il va se retirer sur une hauteur solitaire afin de ne pas manquer la visite du Seigneur et de mieux écouter ses explications. Comp. Is. xxvi, 8. — Quid dicatur... Hébr. : Ce qu'il ( Dieu ) me dira. — , Quid. . . ad argnenfem. Hébr. : Ce que

Pèciio à la seine. ( Peinture égyptienne.)

destruction? Rien n'arrêtera-t-il ses conquêter — Avec les mots et semper interficere , la métaphore cesse et fait place à !a réalité.

5 II. — A leur tour les Chaldéens seront châtiés pour leurs crimes, mais de manière à être complètement anéantis. II, 1-20.

« Les doutes d'Habacuc vont être résolus par la réponse divine. Un jugement sévère est réservé aux péchés de Babylone ; en attendant son exécution, que les justes se confient en Dieu, remplis de foll »

1» Voix du prophète. II, 1.

Chap. II. — 1. Petit monologue dans lequel Habacuc expose ses sentiments intimes. Il a proposé h Dieu SOS objections ; il espère que Jéhovah, dans sa bonté, ne tardera pas à lui répondre, et 11 s'exhorte lui-même à attendre cette réponse dans le recueillement et le calme. — Super eastodlam... munitiorum. On montait sur on liea élevé, ou sur uue tour, sur un rempart.

je répliquerai après ma plainte. Habacuc donne le nom de plainte aux représenfcitions familières et hardies qu'il s'était permis d'adresser au Seigneur. Cf. I, 12 et ss. Il se demande comment 11 pourra bien s'excuser, si Dieu lui adresse des reproches, à ce sujet.

2» Voix du Seigneur, qui prédit la vengeance qu'il est résolu à tirer des Chaldéens. II, 2-5.

La réponse divine ne se fait pas longtemps attendre ; elle est aussi satisfaisante que possible pour le prophète.

2-3. Exorde de la sentence. — Et respondit.^ Cet exorde, grave et solennel, a pour but de mettre en relief l'importance et le caractère inviolable du décret qui va être prononcé. — Scribe... Ce décret est important ; c'ei-t pourquoi Dieu ordonne au prophète de l'écrire bien lisiblement {explana... ; hébr. : grave -le) sur des tablettes de bols, de sorte qu'on puisse le lire sans peine, même en courant (.iit percurral qui...), et. Is. Tin, 1. — Quia adhuc,. (yeta. Z).

Hab. II, 3-6.

3. Quia adhnc visus procnl; et apparebit in finem, et non mentietnr; si moram fecerit, expecta illiim, quia veniens veniet, et non tardabit.

4. Ecce, qui incredulus est, non erit recta anima ejus in semetipso; justus autem in fide sua vivet.

5. Et quoraodo vinum potantem decipit, sic erit \-ir superbus, et non decorabitur; qui dilatavit quasi infernus animam suam, et ipse quasi mors, et non ! adimpletur; et congregabit ad se onines gentes, et coacervabit ad se omues po- | pulos. I

6. Numquid non omnes isti super eum i parabolam sument, et loquelara aenigmatum ejns ? Et dicetur : Vœ ei qui mul- |

3. Car ce qui t'a été révélé est encore lointain ; mais cela paraîtra enfin et ne mentira pas : si cela est différé, attendsle, car cela arrivera certainement et ne tardera pas.

4. Voici, celui qui est incrédule n'a pas l'âme droite en lui ; mais le juste vivra par sa foi.

5. Comme le vin trompe celui qui en boit, ainsi l'homme orgueilleux ne demeurera pas dans son éclat ; il a dilaté son âme comme l'enfer, il est comme la mort et n'est pas rassasié ; il attire à soi toutes les nations, et réunit auprès de lui tous les peuples.

6. Est-ce que tous ceux-ci ne le prendront pas comme un sujet de fable, de railleries et d'énigmes? On dira ; Mal-

Ce décret est Immuable et se réalisera certainement : le temps où 11 sera exécuté est dé]à fixé (alDEl dit l'hébreu, an Heu de adhne... procul), et, s'il souffre quelque retard, il faudra attendre en toute confiance, car au moment voulu 11 s'accomplira. Remarquez la quadruple répétition de cette pensée : apparebit ( à la lettre dans l'hébreu : Il soupire vers la fin. Belle personnification de la prophétie, qui est supposée haletante «t s'élançant vers son accomplissement malgré tous les obstacles), non mentietur, veniens veniet, non tardabit.

4-5. Le principe et les motifs de la sentence. Les Chaldéens sont mauvais et tendent constamment au mal ; Ils portent donc en eux-mêmes un principe de ruine, tandis qu'Israël a dans sa fol une source perpétuelle de vie. Ce ne sont pas des Idées abstraites et générales qui sont exprimées dans ce passage, mais des faits très concrets, car 11 contient un nouveau portrait des Chaldéens, représentée comme un peuple orgueilleux, débauché, avide, souTerainement injuste. — Ecce qui incredulus... H<'-br. : Toicl, elle (scn âme) s'est enflée. Allusion à l'orgueil démesuré des Chaldéens. Cf. i, 7, 11. — Hon erit recta... Le verbe devrait être mis au temps présent : Son &me n'est pas droite en lui. Celui dont on tient ce langage est donc destiné à périr. — Justua autem... Antithèse frappante. Ce juste représente les Juifs, par opposition aux Chaldéens Iniques. Voyez i, 13* et la note. — In flde.^ vivet. Tandis que les Babyloniens ne s'appuyaient que sur eux-mêmes, i>e supposant Invincibles, les Jnlfs comptaient sur Dieu , sur lui seul et Bor ses promt-eses ; c'est cette fol qui les sauvera et le» fera vivre à Jamais, car elle est un principe de vie. Cf. I8. xxvi, 2-4. L'emploi que saint Paul s fait de cette parole sous le rapport doctrinal est célèbre. Cf. Rom. i. 17; Gai. m, 11. — El qvuimodo... (vers. 6 ). Hébr. : F.t <le plni, le Tlii est tromjicur. Echo possible de Pri.v. xx, 1. C<> trait encore, malgré sa généralité, s'a|>[>llque dlreriomont aux Clialdécns, qui se livraient à i'irrogncrle U plu* ébontde. Corop. QntnteCarce.

V, 1. — Sie.- luperbus, et non... C.-à-d. que cea superbes seront couverts de honte. Hébr. : L'homme superbe ne demeure pas ti^nqullle. En effet, il s'agite sans cesse et se débat dans le vide. — Dilatavit... et non... Habacnc nous montre l'orgueilleux à l'œuvre. On croirait entendre on antre écho des Proverbes (cf. Prov. xxvii, 20, et XXX, 16). Le séjour des morts (Vulg., infernus ; hébr., S"ôO est insatiable, comme la mort même, et réclame toujours de nouvelles victimes. Ainsi en était -il des Chaldéens, que leurs conquêtes réitérées ne pouvaient satisfaire. — Congregabit... omnes... omnea„ Il y a une grande force dans cette répétition. Pour le fait même, voyei I, 6-10, 14-17.

3» Le Seigneur, continuant de faire entendre sa voix , développe sous la forme d'un chant populaire la sentence de mine qu'il vient de porter contre les Chaldéens. II, 6»- 20.

6». Formule d'introduction. — Xumquid n(>n...t Tour interrogatif qui ajoute beaucoup de force à la pensée. La question suppose une réponse affirmative. De même au vers. 7. — Omnes isti... C.-à-d., tous les peuples humiliés et opprirai's par les Chaldéens (comp. la fin du vers. 5). Ils sont censés chanter eux-mêmes les couplets qui suivent (vers. 6'>-20). — Parabolam.„ Hébr.: un mâiâl; c.-à-d., Ici, et en d'autres passages (cf. Is. xiv, 4 ; MIch. n, 4), un chant très sarcastiqne. — Loqrulam tenigmatum. D'après l'hébreu : Un épigramme, des énigmes. Les Orientaux ont ton- Jours goûté beaucoup ce genre de composition poétique, qui leur permet d'exprimer leur pensée à mote couvert», sans s'exposer à trop de périls. — Et dieetur. Le chant se compose de cinq strophes (vers. e'-S, 9-11, 12-14, IJ-IZ, 18-20), dont chacune décrit une malédiction spéciale, qui atteindra un crime particulier des Cliaidéens.

6*-8. Première strophe : Maudite soit la rap«« clt^ violente qui n'a eu pitié de personne, lorequ'il s'est açi de se satisfaire. — 3IuUiplicat r»i»n sua. S'ir re trait, voyez i, 8 et w. — Utqvcqw). Dans l'hf^hreu, ce ni"t forme à loi •cul une phraie éloquente : Jnwjoes à qnand (œlf

Hab. II, 7-12.

heur à celui qui accumule ce qui n'est pas à lui. Jusques à quand amassera-t-il contre lui une boue épaisse ?

7. Est-ce qu'il ne s'élèvera pas soudain des hommes qui te mordront ? ne s'éveilleront-ils pas pour te déchirer, de sorte que tu sois leur proie?

8. Parce que tu as dépouillé des nations nombreuses, tous ceux qui seront restés d'entre les peuples te dépouilleront, à cause du sang des hommes, et des injustices exercées contre les terres de la ville, et contre tous ceux qui y habitent.

9. Malheur à celui qui amasse avec une avarice criminelle pour sa maison , et pour mettre son nid dans un lieu élevé, pensant qu'il se garantira de la main du mal !

lô. Tu as médité la honte pour ta maison , tu as détruit des peuples nombreux, et ton âme a péché.

11. Car la pierre criera de la muraille, et le bois qui lie la charpente du bâtiment lui répondra.

12. Malheur à celui qui bâtit une ville avec le sang, et qui fonde une ville dans l'iniquité !

tiplicat non eua. Usquequo et aggravât contra se densum lutum ?

7. Numquid non repente consurgent qui mordeant te, et suscitabuntur lacérantes te, et eris in rapinam eis?

8. Quia tu spoliasti gentes multas, spoliabunt te omnes qui reliqui fuerint de populis^ propter sanguinem hominis, et iniquitatem terrae civitatis, et omnium habitantium in ea.

9. Vœ qui congregat avaritiam malam domui suse, ut sit in excelso nidus ejus, et liberari se putat de manu mali !

10. Cogitasti confusionem domui tu», concidisti populos multos, et peccavit anima tua.

11. Quia lapis de pariete clamabit, et lignum, quod in ter juncturas œdificiorum est, respondebit.

12. Vae qui sedificat civitatem in sanguinibus, et prseparat urbem in iniquitatel

durera- 1- 11 )î — Aggravât... lutum. Hébr. : Et ( malheur J à celui qui accumule sous lui les gages; c.-à-d., un butin inique qu'U sera obligé de restituer. Au lieu de 'abtât en un seul mot , saint Jérôme a lu 'ab tât, nuage de boue; ce serait un nom de mépris donné aux richesses. — Numquid non... (vers. 7). Châtiment de ces odieuses rapines. — Qui mordeant. D'après l'hébreu , mordre à la manière des serpents. — Lacérantes. Le verbe hébreu a la signification de secouer violemment. — Eris in rapinam. C'est donc la loi du talion qui sera appliquée awx Chaldéens. Cf. Jer. l, 10. — Quia tu... (vers. 8). La sentence divine Insiste sur ce talion. — Spoliabunt te... Cette menace fut exécutée lorsque les Médo-Perses s'emparèrent de Babylone, renversèrent l'empire chaldéen et s'enrichirent de ses dépouilles. — Reliqui... de populia. Expression significative : ceux des peuples qui auront survécu ans défaites et aux souffrances que les Chaldéens leur avaient infligées. Beaucoup d'entre eux avalent donc totalement péri. — Propter êanguinem... Le sang Injustement versé par les vainqueurs criera vengeance vers le ciel. — Iniquitatem... civitatia... Plus clairement dans l'hébreu ; La violence contre le pays, la ville et tous ceux qui l'habitaient.

9-11. Seconde strophe : Maudit soit l'amour égoïste des Chaldéens pour leur propre empire ; cet empire, fondé sur la violence et la ruse, tombera. — Congregat avaritiam. Hébr.: Celui qui amasse des gains iniques (avec un jeu df mbts : bo^éa' bé^a'). Comp. le vert. 8. — Domui

suse. Au figuré : pour leur empire. — Ut... in ej:celso... Le bat de ces conquêtes injustes était (le s'élever et de se fortifier toujours. Sur la métaphore nidus, voyez Num. xxrv, 21 ; Jer. xlix, 16; Abd. 4. — Liberari putat... Dans leur nid d'aigle, les Chaldéens se croyaient en parfaite sécurité. Que leur désespoir sera grandi — Cogitasti... (vers. 10). Tel sera le résultat qu'ils obtiendront : ils cherchent la gloire de leur nation , mais ils ne recueilleront que la honte ; leurs projets orgueilleux amèneront leur ruine.

— Concidisti populos. Comp. Jer. l, 23, où lea Chaldéens sont appelés le marteau de toute la terre. — Quia lapis... (vers. 11). Figure trèa expressive : dans les malsons, les pierres des jDurs et les poutres de la charpente, témoins de l'iniquité des constructeurs, accuseront ceux-ci à haute voix. Comparez notre locution analogue : Les murs ont des oreilles. — Respondebit... Les poutres répondront aux cris des pierres , et protesteront dans le même sens. Les LXX n'ont pas compris le mot kâfls (Vulg., lignum), qui n'est employé nulle part ailleurs , et Ils ont traduit : Et le scarabée (mot collectif pour désigner les insectes qui habitent dans le bols des poutres) lui répondra...

12-14. Troisième strophe : Maudits soient les édifices gigantesques consti-ults par les Chaldéens au prix du sang et des larmes de leurs sujets.

— ^diflcat... in sanguinibus. Les prisonniers de guerre et cens qui étaient employés de force à ces constructions mouraient par mllllei-s, de privation «ft db fatigue. Les monuments noue

Hab. II, 13-18.

13 N-iinquid non haec sunt a Domino exercituum? Laborabunt enim populi in :

multo igné, et gentes in vacuum, et deh- '

cient.

14. Quia replebitnr terra, ut cognoscant gloriam Domini, quasi aquœ operien tes mare.

15. Vse qui potum dat amico suo mittens fel suum, et inebrians ut -aspiciat nuditatem ejus!

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