Haec dicit Dominus exercituum
Interroga sacerdotes legem , dicens :
13. Si tulerit homo carnem sanctificatam in ora vestimenti sui, et tetigerit de Bummitate ejus panem, aut pulmentum, aut vinnm , aut oleum , aut omnem cibum, numquid sanctificabitur? Respondentes autera sacerdotes, dixerunt : Non.
14. Et dixit Aggaeus : Si tetigerit pollutus in anima ex omnibus his, numquid contaminabitur? Et responderunt sacerdotes, et dixerunt : Contaminabitur.
15. Et reepondit Aggaeus, et dixit : Sic populus i6t«, et sic gens ista ante faciem
poçtérleure de cette maison sera plus grande que la première (gloire). Le temple de Saloinon, celui de Zorobabel et d'Hi^-rode, sont considérés comme le même édifice ». ( Man. Uhl., t. II , n. 1107, 2«.) Voyez la note du vers. 4». Le contraste n'est donc pas entre les deux sanctuaires, mais entre les deux gloires , et , par suite , entre les deux époques. — In loco isto... pacem. Second avantage accordé à la nouvelle maison de Dieu et à tonte la contrée Juive. D'après tout l'ensemble des prophéties, l'ère dn Christ devait être une ère de paix. Cf. Mlch. v, 4 et le commentaire.
Section IIL — TROisrèsiB oracle : Promesses dk PRoePÉRrrÉ PArrr-s aux Jctfs en rkcompesse
DE LEUR zèle POUR LK TEMPLE. Il, 11-20.
1"> Introduction. II, 11.
11. Date de l'oracle. — C'est la même année; mais nous passons du septième mois (coinp. le vers. 2) au neuvième, qui portait alors le nom de kisUv (cf. Neh. i, 1 ; Zach. tit, 1) et qui correspondait en partie à novembre, on «partie k décembre. — In vlgenima et... Il y eut donc un intervalle de deux mois et trois Jours entre cette prophétie et la précédente.
2" Solution de deux cas de conscience, n, 12-14.
Cas Intéressants, qn'Aggée propose au nom du Seigneur à ses concitoyens, pour les aider à mieux comprendre que c'était leur négligence antérieure à l'égnrd du temple qui leur avait attiré le châtiment marqué plus haut (rf. i , 6 et ss.). 12-13. Premier cas de conscience. — Inlerrogn unecrdotfn. Interpréter la loi formait, en pfTet, une des fonctions principales des prêtres. Cf. Lov. X, Il ; Dcut. xvii, 8-13, etc. On s'adrcs- ■ait done à emx dta qu'il turgissait une dlffl-
première, dit le Seigneur de» armées, et en ce lieu je donnerai la paix, dit le Seigneur désarmées.
Ù. Le vingt- quatrième jour du neuvième mois, la seconde année du roi Darius, la parole du Seigneur fut adressée au prophète Aggée, en ces termes :
12. Ainsi parle le Seigneur des armées : Propose aux prêtres cette question sur la loi :
13. Si un homme met un morceau de chair sanctifiée dans le coin de sonvêtement, et qu'il touche avec l'extrémité du vêtement du pain, ou des mets, ou du vin, ou de l'huile, ou tout autre aliment, ces choses seront- elles sanctifiées? Les prêtres répondirent : Non.
14. Aggée reprit : Si un homme souillé par un cadavre touche toutes ces choses, seront-elles souillées? Les prêtres répondirent : Elles seront souillées.
15. Alors Aggée reprit la parole et dit : Tel est ce peuple et telle est cette
culte pratique. — Si Merit... (vers. 13). Lecai propopé revient h ceci : La sainteté d'un objet consacré à Dieu peut-elle se communiquer indéfiniment, par le simple contact, à tonte sorte d'objets profanes ? — Carnem sanctlflcatam : un morceau de viande offerte en sacrlflce. — In ora vestimenti. C.-àd., dans un coin du large manteau que l'on a toujours porté en Palestine par-dessus la tunique (Atl. archéol, pi. n, flg. 11, 14, etc.). — Et tetigerit... Dans le cas en question, le manteau était sanctifié dès qu'il avait touché la \iande consacrée ; la loi était formelle à ce sujet (cf. Lev.vi, 20). Mais, si l'on mettait ce vêtement en contact avec du pain ou tout antre mets, ce pain, ces mets éUiient-ils sanctifiés à leur tour? Sur le côté pratique de ce cas, voyez Ez. xlh, 14; xlvi, 20 et les notes.
— PtUmenium. Hébr. : nâztd, un aliment cait
— Réponse des prêtres : Non.
14. Second cas do conscience. — Si UttgeriL..t Une souillure légale se transmet-elle par un attouchement ? — PoUutus in anima. Hébraïsme expressif (c.-à-d. : impur au sujet d'une personne: cf. Lev. XXI, 11 et xxn, 4<'; Num. vi, 8), par lequel les Juifs désignaient quiconque avait contracté une impureté légale en touchant un cadavre. (3elul qui en était atteint souillait tout ce qu'il touchait icf. Num. xix, 11 et ss.) : contaminabitur. Aluf 1 donc , « co qui est saint ne peut que dans de bien étroites limites sanctifier ce qui no l'est pas : mais ce qui est souillé souille tout ce qui ne l'est point. »
3" Aggée explique à ses compatriotes ces deux cas de con sel once. II, 15-20.
15. L'Idée générale. — Sic... sic... Répétition emphatique; c.-6-d.: Ainsi sont souillés... Lea pronoms isU et ista contienfient nii vif reprorho, car Dieu, «a lat prononçant, se reporte à vn
AOG. II, 16-20.
nation devant ma face, dit le Seigneur, et telles sont toutes les œuvres de leurs mains : tout ce qu'ils m'offrent en ce lien est souillé.
16. Et maintenant appliquez vos cœurs à ce qui s'est passé jusqu'à ce jour, avant qu'on eût mis pierre sur l>iene au temple du Seigneur.
17. Lorsque vous vous approchiez d'un tas de blé de vingt mesures, il n'3' en avait que dix ; et lorsque vous veniez au pressoir pour en rapporter cinquante amphores, il n'y en avait que vingt.
18. Je vous ai frappés d'un vent brûlant ; j'ai frappé de la nielle et de la grêle tous les travaux de vos mains ; et il n'y a eu parmi vous personne qui re- TÎntà moi, dit le Seigneur.
19. Appliquez vos cœurs à ce qui se fera depuis ce jour et à l'avenir, depuis le vingt -quatrième jour du neuvième mois, depuis le jour où les fondements du temple ont été jetés; applique? -y votre cœur.
20. Est-ce que la semence a déjà germé ? n'est-il pas vrai que la vigne, le figuier, le grenadier, le bois de l'olivier, n'ont pas encore fleuri ? A partir de ce jour, je bénirai.
meam, dicit Dominas, et sic omne opus manuum eorum ; et orania quje obtulerunt ibi, contaminata erunt.
16. Et nune ponite corda vestra a dia hac et supra, antequam poneretur lapis super lapidem in templo Domini,
17. cum accederetis ad acervum viginti modiorum , et fièrent decem ; et intraretis ad torcular, ut exprimeretis quinquaginta lagenas, et fiebant viginti.
18. Percussi vos vento urente, et aurugine, et grandice omnia opéra manuum vestrarum ; et non fuit in vobis qui reverteretur ad me, dicit Dominus.
19. Ponite corda vestra ex die ista, et in futurum, a die vigesima et quarta noni mensis ; a die qua fundamenta jacta sunt templi Domini, ponite super cor vestrum.
20. Numquid jam semen in germine est, et adhuc vinea, et ficus, et malograuatum, et lignum olivse non floruit?
Ex die ista benedicam.
temps où les Juifs étalent coupables de tiédeur envers le culte sacré. Cf. i, 2. — Quse ohtulerunt..., contayninata... Les offrandes qu'ils avalent alors présentées au Seigneur étalent à ses yeux comme souillées, parce qu'aucun rite, quelque excellent qu'il fût en lui-même, ne pouvait purifier le peuple de sa négligence. — Ibi: sur l'autel des holocaustes, qu'on avait érigé sur l'emplacement de l'ancien, aussitôt après le retour d'exil. Cf. Esclr. m, 3.
16-18. La négligence des Juifs à rebâtir le temple a été la cause de leurs mauvaises récoltes. — Ponite corda. Comme plus haut, i, 6*. — A die... et supra : en remontant en arrière le cours des années , à partir du Jour où ils s'étalent mis sérieusement à reconstruire le sanctuaire (antoquam... lapis...; cf. i, 14). — Cum accederetis... (vers. 17). Durant toute cette période de torpeur religieuse, ils avaient été perpétuellement désappointés au sujet du rendement de leurs champs. — Acervum viçinti...: un tas de gerbes qui aurait dû, après le battage, fournir vingt mesures , et qui n'en donnait que dix en réalité. Le substantif modiorum n'a rien qui lui corresponde dans l'hébreu; la mesure n'est donc pas spédflée. — Ad torcular. Mâme désappointement au pressoir que dans la grange. — Lagenas. Le mot hébreu pûrah désigne vraisemblablement loi le seau avec lequel on puisait le vin dans la euve. — Percussi vos... ( vers. 18 ). Ce verset est euipranté presque littéralement à Amos, iv, 9
(voyez la note). Aggée ajoute les mots et grandine.
19-20. Grâce à son empressement à reconstruire la maison de Dieu, le peuple obtiendra d'excellentes récoltes à l'avenir. — In futurum. L'hébreu porte '< et supra » , comme au vers. 16. C.-à-d., en remontant en arrière. — A... vigesima et... C'était en ce jour même qu'Aggée recevait et promulguait son troisième oracle. Oomp. le vers. 11. — Au Ueu de a die qua... jacta..., il faudrait , d'après l'hébreu : Jusqu'au jour où ont été jetés les fondements... Ce qui avait eu lieu environ quinze ans auparavant. Cf. Bsdr. m, 10. — Ponite super cor... Le prophète insiste sur la stérilité des années antérieures, pour mieux faire ressortir la prochaine abondance. — Numquid jam... (vers. 20). La phrase est plus claire dans l'hébreu: Y a-t-11 déjà de la semence (c.-à-d., des provisions de blé) dans le grenier? Et même la vigne et le figuier,... n'ont pas rapporté. On n'avait donc alors aucun espoir certain d'nne bonne récolte pour l'année suivante.
] Mais, ajoute brièvemen t et énergiquement le Sei-
I gueur, ex die ista benedicam.
SScnoN 17. — Quatrième oracl» : Zobobabbi,
SBIUk PABTICtTLrèaEMBNT BÉNI DB DlBU. II,
B6Ue prophétie messianique, qui complète oelle des vtirs. 7-10.« Les royaumes païens disparaîtront l'un après l'autre; mais la postérité de
Agq. TI. 21-24.
21. Et factum est verbum Doniiiii secundo ad Aggieuni, in vigesiiua et quarta meiisis, diceus :
22. Loquere ad Zorobabel, ducem Juda, dicens : Ego movebo cselum pariter et terram.
23. Et subvertam solium regnornm, et conteram fortitudinem regni gentium; et subvertam quadrigam et ascensoiem ejus; et descendent equi, et ascensores eorum , vir in gladio fiatris sui.
24. In die illa, dicit Dominus exercituum. assumam te, Zorobfibel, fili Salathiel, serve meus, dicit Dominas; et ponani te quasi signaculum, quia te elegi, dicit Dominus exercituum.
Zorobabel vivra en sécurité et sera témoin de la fldélU(^ du Seigneur » à ses promesses.
10 Iniroduciion historique. II, 21.
21. Date de l'oracle. — C'est absolument la même que pour le troisième oracle. Voyez le yers. 11 et la note.
2«- La prophétie. II, 22-24.
22-23. Effroyable commotion dans la nature et dans le monde païen. — Ad Zorobabel. Cette fols l'oracle est entièrement personnel, et Zorobabel en est l'objet immédiat. Comp. i, 1 et n, 3. — Movebo cmlum... Même prédiction qu'au verset 7 , mais légèrement abrégée. Au contraire , oe qui suit ( et subvertam..., vers. 23 ) développe les mots « movebo omnes gentes ^ du vers. 8 (voyez le commentaire). La description est très dramatique. — Descendent equi. Ils seront renversés à terre. — Vir «n gladio... Hébraïsme : (3hacun par l'épée de son frère. Les royaumes païens se renverseront mutuellement.
24. Glorieuse promesse pour Zorobabel. — Assumam te... Le divin langage est plein de tendresse. — Ponam te quasi... « Le sens de cette expression figurée se tire de l'importance que l'anneau à cachet (signaculum ; voyez VAtl. archéol., pi. ix, tig. 6-9) a pour les Orientaux,
21. La parole du Seigneur fut adressé* pour la s-econde fois :'i \ggée, le vingtquatrième jour du mois, en ces termes :
22. Parle à Zorobabel, chef de Juda, et dis-lui : J'ébranlerai ensemble le ciel et la terre.
23. Je renverserai le trône des royaumes, je briserai la force du régne des nations, je renverserai les chars et ceux qui les montent; les chevau.x s'abattront, ainsi que leurs cavaliers; chacun sera percé par l'épée de son fière.
24. En ce jour -là, dit le Seigneur des armées , je te prendrai , Zorobabel , fils de Salathiel, mon serviteur, dit le Seigneur; et je te garderai comme un sceau, parce que je t'ai choisi, dit le Seigneur des armées.
Ils le portent toujours sur eux, et Ils le conservent comme une propriété h laquelle Ils sont très attachés. Le Seigneur veut donc dire qu'au Jour où il renversera les empires païens, U gardera Zorobaljel comme un objet très précieux, dont on ne se sépare Jamais. » Cf. Cant. vin, 6, et Jer. xxii, 24. Eccli. xlix, 11, nous entendons un écho de cet oracle. Toutefois, de l'avis commun des interprètes, il est certain que Zorobabel n'est pas nommé en cet endroit uniquement pour lui-même, mais surtout en tant qu'il était le chef du peuple théocralique et l'héritier direct de David ; par conséquent , en tant qu'il devait être l'ancêtre du Messie. Jéhovah, en promettant de préserver avec soin" ce prince suint et zélé, promettait avant tout de protéger son peuple et la race royale de David. C'est donc flnaleiuent en Notre- Seigneur Jésus-Christ que cette prophétie s'est accomi)lie. Notez que Zorcbabel n'a pas assisté au cat.iclysme des n.v tions païennes, qui devait précéder la réalisation de l'oracle. — Quia le elegi. Motif de la bénédiction particulière qui est promise à Zorobabel. Dieu rattache à lui, comme autrefois s David (cf. II Reg. vu, 14 e; ss.; Ps. lxxxviu, 36 , etc.) , tout l'avenir messianique.
LE LIVRE DE ZACHARIE
INTRODUCTION
i° La personne et l'époque du prophète. — Son nom, assez fréquent dans l'Ancien Testament', a en hébreu la forme Z'katn/ah-, qui signifie, d après l'interprétation la plus probable : (Celui dont) Jéhovah se souvient -'.
Le prophète Zacharie nous fournit lui-même (i, 1 et 7) deux détails intéressants sur sa famille. Il était fils de Bérékyah (Vulg. , d'après les LXX : Barachias) et petit-fils de 'Iddô (Vulg. et LXX : Addo). Si Esdras, à deux reprises (cf. Esdr. V, 1 et vi, 14), fait de Zacharie le fils d'Addo, c'est dans le sens large que cette expression reçoit souvent chez les écrivains sacrés, pour désigner en général un descendant ''. On a conjecturé avec beaucoup de vraisemblance qu'Esdras a passé Barachias sous silence, soit parce que ce personnage était mort de très bonne heure ^, soit parce que l'historien sacré tenait à rattacher immédiatement Zacharie à son grand -père Addo, qui était chef d'une famille sacerdotale lorsqu'il revint d'exil avec Zorobabel , circonstance qui l'avait mis en évidence.
Notre-Seigneur Jésus-Christ mentionne, Matth. xxiii, 35, un^Zacharie, également fils de Barachie, que les Juifs avaient tué autrefois entre le temple et l'autel,- mais il n'y a pas de doute que ce mau-tyr ne diffère de notre petit prophète, quoiqu'on lésait quelquefois identifiés. D'après l'opinion communément admise, Jésus a voulu parler de Zacharie , fils du grand prêtre Joïada , massacré par les ordres du roi Joas ".
D'après ce qui a été dit plus haut , le prophète Zacharie appartenait donc à la tribu de Lévi, et il était un membre influent de la race sacerdotale. On suppose généralement qu'il était né durant la captivité, sur la terre étrangère. 11 devait être assez jeune lorsqu'il quitta la Chaldée avec son grand-père, en 536, pour venir
' On y trônve plus de vingt personnages nommés Zacliaiie.
* La forme latine Zacharias a été calquée sur le grec des LXX, Zoyapfa:.
•' Moins bien, d'après saint Jérôme et d'autres exégètes : Souvenir de Jétiovali.
* C!omp. 6en. xxix , 5 , où Laban est appelé flls de Nachor, bien qu'il eût en réalité Bathuel pour p^re. Comp. aussi II Par. xxn, 1, 11, et XXIV, 27, avec Mattli. i, 8 : l'évangéliste semble {aire d'Ozias le flls de Joram , quoique trois générations les aient égarés l'un de l'autre. Toyei
encore IV Reg. ix , 14 et 20 ; Dan. v , 2 et la note, etc.
^ Probablement avant la flu de l'exil. Néhémle ne le mentionne ni parmi les chefs des familles sacerdotales qui revinrent de Babylonc avec Zorobabel (cf. Neh. xn, 1 - 7 ) , ni parmi les chefs des mêmes familles pendant la génératiiTi suivante (ibid., vers. 13-21). Il ne cite qu'Addo et Zacharie.
^ Cf. II Par. XXIV, 20 et ss. Voyez notre commentaire de Matth. xxui, 3S.
LB LmtS DE ZAOHABII
en Palestine. En effet, ii, 8, dix-huit ans après la fin de l'exil, au début de son ministère prophétique, il reçoit le nom de na'ar, jeune homme *.
Comme Aggée, Zacharie commença à prophétiser pendant la seconde année du règne de" Darius, fils d'Hyslaspe, en 520 avant J.-C. "-. On ignore quelle fut la durée de son rôle de prophète. Daprès vu, 1 , il l'exerçait encore pendant la quatrième année de Darius, en 518; mais il est probable que sa mission se prolongea au delà de cette époque, car les oracles contenus dans les chapitres ix-xiv paraissent être un peu plus récents.
Zacharie consacra énergiquement son influence de prêtre et de prophète à relever la théocratie de ses ruines. Esdras, vi, 14, vante le zèle qu'il déploya, de concert avec Aggée, pour la reconstruction du temple. La tradition juive nous montre aussi ces deux prophètes s'intéressant à la liturgie sacrée, et composant ou arrangeant des psimmes^; elle les range aussi parmi les membres de la grande synagogue qui auraient organisé le canon des saintes Ecritures *.
2^' L'authenticité du livre. — a L'authenticité des chapitres ix-xiv est niée aujourd'hui par un certain nombre de critiques K Leurs arguments se ramènent à trois principaux : loS. Matthieu attribue, xxvii, 9, un passage de cette section, XI, 12, non à Zacharie, mais à Jérémie; par conséquent, du temps de Notre- Seigneur, on ne lisait point les chapitres rx-xiv dans la prophétie de Zacharie; 2" les chapitres ix-xiv, d'après leur contenu, ont été écrits avant la captivité; 3» le style des chapitres i-vm et des chapitres ix-xiv est totalement différent.
« A eus objections on peut répondre de la manière suivante :
a 1. De ce que S. Matthieu attribue à Jéréraie un texte prophétique qui ne se lit tel quel ni dans Jérémie ni dans Zacharie , il ne peut résulter d'aucune façon que la dernière partie de Zacharie ne soit pas authentique. «Je crains qu'ils (les critiques qui nient l'authenticité) n'entreprennent trop en voulant contester trois chapitres à Zacharie pour restituer un seul passage à Jérémie , » dit avec raison Calmet ^ La preuve que leur opinion est sans valeur , c'est que personne n'ose attribue^' à Jérémie la dernière partie de Zacharie, ce qu'on devrait faire cependant, si l'argument qu'on prétend tirer de S. Matthieu était sérieux.
0 2. L'objection contre l'authenticité des chapitres xi-xiv, tirée de leur contenu, serait décisive, s'il était vrai, comme on le prétend, qu'on y trouve des preuves qu'ils ont été écrits avant la captivité; mais les preuves n'existent pas. Dans les deux parties de Zacharie, le retour de la captivité est également présenté comme l'imaue de la félicité et décrit de la même manière ^ L'auteur des chapitre?
' Il est vrai que cette expression était asses ! auteurs de la prophétie au Ueu de deux, quand éla-^Uque chez les Hébreux et pouvait convenir \ Ils ne les multt^Uent pas davantage : les chap. 4 un homme ûgé de trente ans. - On ne peut ii-n sont l'œuvre de Zacharie I", contempo- Kuère se fler aux reuselgnements mêlés de lé- raln d'Isaïo. sons Achaz, vers. 786; les chap. pendes que nous fournissent Pseudo-Éplphane, ; xii-xiv sont d'un auteur inconnu...; les chap. Pseudo- Dorothée, etc. Ces écrivains font de Za- ! i-vm ont été réellement composés par Zacharie - - .. - .^--.- .- contemt>oraln d'Aggée. Tous s'appuient, du reste,
sur les mêmes raisons pour admettre plusieurs prophètes au lieu d'un seul , de sorte qu'on peut
charte un vieillard an moment où 11 quittait la ChiUdée.
2 Cf. 1, 7 ; Esdr. v, 1 -2 ; Agg. I, 1.
3 Voyez les titres des Ps. cxi et cxlv ilan» it Vnlgate; des Ps. cxxx\ni, cxlv - cxLvm dans les SepUnte, et des Ps. cxxv-cxxvi dans la »ernlon syriaque.
* Traité MegilUi. t. 17*-18».
s « .To?oj.h Mode est le premier qui l'ait contestée ( Work*. l>ondres, 1664, pp. 786. 884). j seulement au v» ou au iv«. Il s'annule sur ce que le passage xi, 12, est I * Comment. Utt., in Matth. xxvii. 9. attribué par saint Matthieu, xxvii, 9, h Jéré- j "> Cf. Zach. n , 10, et ix , IS ; ii, 10, et ix,»j mie, non à Zacharie. Aujourd'hui, beaucoup de ii, 14, et ii, 9, etc. rollônallates vont plus loin et dUtinguent troii I
les réfuter de la même manière. » Au surplus, lea t critiques» se r(*fntent souvent les uns les autres, en admettant les époques les plus diverses pour la compositl'.n de telle ou telle partie ; c'est ainsi que plusieurs d'entre enx attribuent les chap. IX -XI non pas au viii» siècle avant J.-C, mal*
LB LIYBB DE ZACBÂBIK
ix-xiv est si peu antérieur à la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor , qu'il a fait usage des écrits des prophètes qui ont vécu à cette dernière époque *.
« 3. La dernière objection, empruntée à la différence du style qu'on remarque entre les huit premiers chapitres et les six suivants, a cela de vrai, qu'il n'y a pas une ressemblance complète entre le langage des deux parties; mais la conclusion qu'on prétend en tirer est fausse , parce que la variété de ton , de formes et d'expressions, s'explique naturellement par le changement de sujet. Les visions ne peuvent pas être décrites dans les mêmes termes et de la même manière que la gloire future de Jérusalem, qui se déroule dans le tableau final; la façon de parler du narrateur n'est pas celle de l'orateur ou du poète; Osée s'exprime tout dilléremment, i-iii, et iv-xiv; Ézéchiel, vi-vii, et iv. Les mêmes locutions caractéristiques se montrent d'ailleurs dans les deux parties de Zacharie : vu, 14, et IX, 8, transiens {eicnies)et revertens;V œil de Dieu, pour la Providence (m, 9; IV, 10; IX, 4, 8), etc. — Les derniers chapitres de Zacharie appartiennent donc à ce prophète comme les précédents ^. »
3» Le sujet et la division du livre. — Nous avons vu plus haut ^ que les prophètes Aggée et Zacharie manifestèrent simultanément un grand zèle pour la reconstruction du temple. Rien de plus apparent que ce fait dans la prophétie d'Aggée, où tout roule en réalité autour du sanctuaire et de son rétablissement *. Il n'est pas aussi manifeste dans les pages que nous a laissées Zacharie ; du moins il est certain que, si ses oracles rie se rapportent qu'assez rarement d'une façon directe à la reconstruction du temple, ils contribuent partout d'une manière générale et indirecte à cette œuvre alors capitale. « Prononcées pendant que le peuple travaillait avec zèle à bâtir le temple, ces prophéties sont encore une pierre apportée par le prophète à l'édifice commun; il encourage, console, exhorte, en montrant l'avenir brillant réservé à Israël , et les bénédictions abondantes qui se rattacheront à la restauration du sanctuaire de Jéhovah. » Tel est le thème du livre dans son ensemble.
On l'a partagé de différentes manières; mais, au fond, tout le monde est d'accord, tant les divisions sont nettement indiquées par l'auteur lui-même. Les chapitres i-vi forment un tout inséparable ; les chapitres vii-viii adhèrent également l'un à l'autre d'une façon très étroite; il existe enfin une unité remarquable entre les chapitres ix-xiv. On convient généralement aussi que les chapitres VII et VIII forment une sorte de trait d'union entre ceux qui les précèdent et ceux qui les suivent ^.
Au point de vue, soit du sujet, soit de la forme extérieure, la division qui nous semble la plus naturelle et la meilleure consiste à admettre seulement deux parties: le livre des visions (i, 1-vi, 15), et le livre des discours (vu, 1-xiv, 21 ) ". La première partie , qui s'ouvre par une courte exhortation à la péni-
' «.Cet argument a paru si décisif à L. de Wc-tte (ci-itique tout à fait rationaliste), qu'après avoir admis dans les trois premières éditions de son Introduction (aux livres de l'Ancien Testament) \a, dm\lté d'auteurs, dans la quatrième U a reconnu que les derniers chapitres de Zacharie pouvaient être authentiques. Voici les principaux passages parallèles : Zach. ix, 2, et Ez. xxvni, 4; IX, 3, et III Rcg. x, 27 ; ix, 5, et Soph. Il, 3; X, 3, et Ez. xxxiv, 17; xi, 4, et Ez. XXXIV, 4; XI, 3, et Jer. xii, 6; xiii, 8-9, et Ez. V, 12; XIV, 8, et Ez. xlvii, 1-12; xiv, 10-11, et Jer. xxxi, 38-40; xiv, 20-21, et Ez. xliii, 12, et XLIV, 9. »
' P, Vigoureux, Man. UU., t. I, n. 1113.
Voyez encore, du même auteur, les Livres sainta et la critique rationaliste , 4« édit., t. V, p. 241- 248 ; Cornely, Introductio in utriUKque Testant, libres sacros, t. II, pars ii, p. 602-609; Knabenbauer. Comment, in Prophelas minores, t. II, p. 216-221.
^ Page 554.
■* Voyez l'Tntrod. au livre d'Aggée, p. 541.
^ A la mauière des chap. xxxvii - xxxix dans le livre d'Isaïc.
" Comparez le livre d'Amos, où nous avons trouvé deux parties semblables, mais renversées sous le rapport de l'ordre dans lequel se suivent les visions et les discours (p. 408 de oe volume)