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LE LIVBG DB ZAOHARIB
tence (i, 4-6), contient une série de huit visions, révélées à Zacharie durant une seule et même .innée, et relatives aux destinées futures du peuple de Dieu (i, 7-vi, 8); elle sachève par une action symbolique (vi, 9-15). Prenant pour point de départ l'état de détresse où se trouvait alors Jérusalem, elle annonce nettement la transfiguration et l'heureux avenir de la nation théocratique. La deuxième partie se compose de trois discours, tous munis d'une brève introduction (cf. vu, i-3-, ix, 1, et xii, 1), et traitant tous du même sujet que le livre des visions : io Israël dans le passé et dans l'avenir (vu, l-viii,23); 20 oracles qui concernent tour à tour les païens, fortement menacés, et la nation sainte, à laquelle Dieu promet la gloire et la prospérité ^IX, 1-xr, 17); 3» les jugements terribles et le bonheur de l'ère messianique (xii, 1-xiv, 21). La première partie s'adresse plus immédiatement à la communauté juive qui s'était formée à Jérusalem depuis que l'exil avait pris fin; la seconde, plus spécialement à ceux qui devaient former plus tard le peuple de Dieu, régénéré et transfiguré par le Messie ^
4° Le genre de Zacharie comme écrivain. — Sa diction est assez pure, surtout pour cette époque de décadence littéraire chez les Hébreux. Son style est jeune, imagé, vivant. On y trouve des comparaisons très expressives-. Toutefois le grand nombre des figures, leur nouveauté, leur changement rapide, rendent souvent la diction obscure, comme c'était déjà le cas pour Osée. Les rabbins s'en sont plaints avec une certaine amertume, et saint Jérôme, à leur suite, nomme Zacharie « le plus obscur des douze » petits prophètes. Les chapitres l-vi sont écrits en prose ordinaire ; on rencontre déjà i)lus d'élan et de beautés dans les chapitres vu et viii ; les chapitres ix-xiv sont admirablement écrits et rappellent les oracles d'Isaïe par leur profondeur, leur ampleur, leur variété, leurs ornements de langage.
50 L'importance de ce livre est considérable sous le rapport théocratique, car toutes les visions, tous les discours annoncent successivement que la nation sainte ne périra pas, mais que, reconstituée sur de nouvelles bases, elle durera jusqu'à la fin du monde. Or, il est évident qu'une prédiction de ce genre n'intéresse pas moins l'Église que la synagogue. puis({ue c'est par l'Église du Christ que la théocratie devait être et est en réalité continuée, complétée.
Il suit de là que le livre de Zacharie est tout du long messianique dans son ensemble; mais il ne l'est pas moins dans ses détails, qui, en nombre relativement grand , se rapportent directement à la personne et à l'œuvre du Christ. Les principaux passages de ce genre sont : m, 8, où nous lisons le beau nom de (I germe », déjà employé dans le même sens par Isaïe, iv,2, et Jérémie, xxiii, 5; VI, 13, qui prédit que le Messie sera tout à la fois prêtre et roi; ix, 9-10, qui annonce son triomphe modeste à Jérusalem (cf. Malth. xxi, 4); les trois textes XI, 12-13; XII, 10 et ss.; xiii, 7, qui prophétisent qu'il sera trahi par l'un des siens (cf. Matth. xxvii, 9), transi)ercé par la lance (cf. Joan. xix, 37), et abandonné par ses apôtres (cf. Matth. xxvi, 31) ^.
' Pour une analyse pins complète, voyez le coratnentalrc, et notre BlbHa sicra,p. 1032-1040.
2 Voyez II, 8-9; IX, 15-16; X, 3-5; xi, 7, 10, U; su, 3, 4, 6, H; XIV, 4, 20, etc.
' Pour les commentaires catholiques du livre de Zacharie, voyez U p. 339, note 1. Ajoutez à
cette liste: Sanchez, Commentarius tu Zacharlam , Lyon, 1616; L. Relnko, lieilrsrge zur Erlclœruncj dcK Allen Tentamcjil- t. Vl.Sliinslcr, 18fi4, et, <lu niêuic auteur. Die m(s><ianisch''n Weis!<n(iunfien bfi den groKsen utul kleinen Propheten du A. T., Gicsseu, 18G2.
ZACIIARIE