‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 5 sur 832 · LE LIVRE D'ÉZÉCHIEL · texte numérisé non relu

LE LIVRE D'ÉZÉCHIEL

Les oracles contenus dans la première partie sont antérieurs à la destruction de Jérusalem et à la ruine de l'État juif; ceux de la seconde partie ne furent révélés à Ézéchiel qu'après ces faits tragiques. « La destruction de la capitale de la Judée est donc le point central de tout le livre. Avant la catastrophe, le but d'Ézéchiel est d'exciter au repentir de leurs fautes ceux qui vivent dans une fausse sécurité, de les prémunir contre la confiance aveugle qu'ils mettent dans le spcours de l'Egypte (xvii, 15-17; cf. Jer. xxxvii, 6), car elle ne pourra les sauver des mains des Babyloniens, et de les assurer que le siège de la cité sainte ■est proche et leur malheur inévitable. Après ce terrible événement, il s'occupe surtout de consoler les captifs par la promesse de la délivrance future et le retour dans la patrie ; il les encourage en même temps par l'assurance des bénédictions messianiques. » (Man. bibl., t. II, n" 102G.)

Ézéchiel date très habituellement ses oracles. Cf. il, "1 ; viii, i ; x\, "1 ; xxiv, i , XXVI, 1, 17; XXX, 20; xxxi, i; xxxii, 1, 17; xxxiii, 21, etc. Le plus souvent la place qu'ils occupent dans son livre est celle que leur assignait l'ordre chronologique. Parfois cependant ', cette règle a subi des exceptions.

4« Le genre spécial d'Ézéchiel comme écrivain. — Dès le début du livre, on est frappé de la quantité considérable des visions et des actions symboliques qu'il raconte. Elles en constituent, à vrai dire, le fond, car la plupart des oracles qu'il renferme reçoivent celte forme *. Cette circonstance lui donne un cachet tout particulier. Non seulement les symboles abondent dans les écrits d'Ézéchiel, mais « il les expose et les développe plus longuement et avec plus de détail qu'aucun écrivain inspiré. De plus, un grand nombre de ses images sont nouvelles, et empruntées au milieu dans lequel il vivait. ^ »

Il suit naturellement de là qu'il est assez souvent obscur et difficile à interpréter. Saint Jérôme* le nomme sous ce rapport « l'océan des Ecritures, le labyrinthe des mystères de Dieu », ajoutant que « le commencement et la fin du volume sont enveloppés d'obscurités (spécialement) grandes », à cause desquelles il était interdit, dans l'ancienne synagogue, de lire les prophéties dÉzéchiel avant l'âge de trente ans. Mais, d'un autre côté, ces visions et ces symboles communiquent une vigueur remarquable à ses oracles, qui plaçaient d'avance sous les yeux des Juifs, de la manière la plus vivante, les événements annoncés.

Le style d'Ezéchiel est d'ordinaire simple et sans recherche. Il manifeste souvent « de la sublimité , de la tendresse , une beauté et une mélodie qui lui sont tout à fait propres ». Il ne manque pas de variété; par moments il devient véhément, dramatique, plein d'élan et de grandeur. Ses passages poétiques sont remarquables. Il emploie un certain nombre d'expressions qui, sans cesse mêlées à ses écrits, leur donnent un caractère à part : telles sont l'appellation « Fils de l'homme », qui revient plus de cent fois^; les phrases « Ils sauront que je suis le Seigneur^ », et « La main du Seigneur fut sur moi'' »; les formules « Ainsi dit Adonaï Jéhovah », et « Oracle de Jéhovah » ou « d'Adonaï^ », Vivo ego. dicil Dominus Deus ^, Pones ou couvertes ou obfirmabis faciem tuam '°; la désignation du peuple juif par l'épithète domus exasperans ". Il a aussi des particula-

' Notamment dans la seconde section de la première partie, chap. x-w-xxxii.

' Ézé hiel est très sobre de détails historiques.

^ Man. bibl., i. II, n. 1024.

* Prxfal. in Ezech.

' Cf. II, 1, 3, 6, 8; III, 1,3, 4, etc.

^ PluB de soixante-dix fois. Cf. v, 13; vi, 10;

XIV, 7, 27, etc.

^ Cf. I, 3; m, 22, etc.

* La première, plus de cent fols ; la seconde, pins de quatre-vingts fois.

3 Cf. V, 11; XIV, 16, 18, 20; xvi, 48, etc.

"^ Cf. IV, 3, 7; VI, 2; xiii, 17, etc.

*' Cf. )l, 6, 6, 8; m, 9, 26, 27, etc.

LA l-UOl-UETif. h Ei,ECUIfcL

rites grammaticales, et il fait usage, çà et là, de mots hébreux qu'on ne trouve nulle part ailleurs, ou de mots chaldéens, dont la présence dans ses écrits s explique par son séjour en pleine Bahvlonie \

T.^° i'' |«j'"/"''s commentateurs catholiques d'Ézéchicl sont, dans l'antiquité, llieodoret de Cyr et saint Jérôme ; aux temps modernes, Maldonat (In Ezechielem cowmentarnun); de nos jours, le P. Knahenh^ner, Commen tarins in Ezechtelemprophel, m, Paris, :1890. Voyez aussi, pour les passages messianiques, L. Kemke, Die messiamschen Weissagurtqen , t. IV, p. 1 et ss. et C K Maver Viemessian. Weissagungen in Ezcchiel, Wenne . 1SC):>. '

* Toyea Knabenbauer, Comment, in Eieeh., p. xx.

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