Invaluerunt super me verba vestra, dicit Dominus
14. Et dixistis : Quid locuti sumus contra te? Dixistis : Vanus est qui servit Deo; et quod emolumentum quia custodivimus prœcepta ejus, et quia ambulavimus tristes coram Domino exercituum ?
15. Ergo mmc beatos dicimus arrogantes, siquidem pediticati sunt facientes impietatem; et tentaverunt Deum, et salvi facti sunt.
chante condescendance : Dieu consent à être mis à l'épreuve sur le point qu'il va Indiquer. — Aperuero... cataractas. Sur cette locution, voyez Gen. VII, 11; vin, 2, etc. En Orient, l'abondance des récoltes est subordonnée à l'abondance des pluies. — Le mot benedictionem désigne ici, d'après le contexte, une fertilité extraordinaire des champs. — Usque ad abundantiam. Littéralement dans l'hébi-eu : Jusqu'au manque de suffisance. Ce qui signifie, d'après les uns : De telle sorte qu'il n'y ait plus de pauvreté dans le pays. Mieux, d'après les autres : Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de place dans les greniers. Les LXX affaiblissent la pensée : Jusqu'il ce que cela suffise. — Et increpabo... (vers. 11). Non seulement les récoltes seront abondantes, mais Dieu aura soin de les préserver contre les nombreux insectes qui les dévorent. Le nom pittoresque de devorantem convient particalièrement aux sauterelles, dont la gloutonnerie est insatiable. Cf. Joël, I, 4, 7, etc. — Nec erit sterilis... La vendange ne sera pas moins consolante que la moisson. — Et beatos... (vers. 12). Les Juifs seront tellement bénis de Dieu sous le rapport temporel, que les païens envieront leur bonheur. Cf. Is. Lxn, 4; Zach. viii, 13. — Terra desiderabilis. Hébr. : une terre do bon plaisir. C.-à-d., d'après divers interprètes : un pays aimé et favorisé du Seigneur. Selon d'autres : un pays de délices. Cf. Dan. xi, 16 et Zach. vn, 14.
3° Le nouveau peuple, purifié de ses anciennes souillures. III, 13-18.
Cet alintja met en contraste le sort différent des justes et des impies.
13-15. Le prophète met d'abord sous nos yeux !.< partie la moins bonne de la communauté
juive, et nous fait entendre ses murmures Irapies contre Jéhovah. — Invaluerunt verba... C.-à-d.; Tes paroles ont été violentes contre mol (Il faudrait « contra » au lieu de super, qui est trop faible). — Et dixistis... (vers. 14). L'objection accoutumée. Cf. vers. 7, 8, etc. — Quid locuti... Dans l'hébreu : De quoi nous sommes-nous entretenus contre toi? Ils comprennent que Dieu ne leur reproche pas seulement des murmures intimes. Individuels, mais, ce qui était plus grave, des conversations dans lesquelles ils se permettaient de critiquer ensemble sa conduite à leur égard. — Dixistis: Vanus... Plutôt, d'après l'hébreu : C'est en vain que l'on sert Dieu. Ces mercenah-es ne servaient donc point le Seigneur pour lui- môme, mais pour le profit qu'ils attendaient de leurs hommages : et quod emolumentum.,.t — Ambulavimus tristes... Allusion aux jeûnes volontaires qu'ils s'imposaient (cf. Is. Lvni, 2-8; Matth. vi, 16), ou aux vêtements sombres qu'ils portaient en signe de contrition et d'humilité. Voilà bien les ancêtres de ces Pharisiens qui feront consister toute la religion dans des pratiques extérieures. — Ergo itunc... (vers. 16). Conclusion audacieuse qu'ils déduisent de l'inutilité apparente de leurs actes religieux : les païens superbes ( arrogantes ) sont les plus heureux des humains. La preuve de cette assertion criminelle vient aussitôt : siquidem... — ^diflcati sunt est une métaphore très expressive pour marquer une solide prospérité. — Tentaverunt De^im. Ici , tenter Dieu , c'est se permettre des actes qui devaient nécessairement provoquer ea colère et attirer ses vengeances. Mais le contraire a eu lieu, disent ces blasphémateurs : et suivi...
Mal. III, 16 — IV, 2.
16. Tune lociiti sunt timentes Domimim, unusquisque cum proximo suo; et attendit Dominus, et audivit, et scriptus est liber monumenti coram eo tiraentibus Dominum, et cogitantibus nomen ejuB.
17. Et erunt mihi, ait Dominus exercituum, in die quo ego facio, in peculium, et parcîiru eis, siciit parcit vir filio Buo Ben'ienti sibi.
18. Et convertemini , et ^^debitiK quid eit inter justum et impiuni, et inter servientem Deo et non servientem ei.
16. Alors ceux qui craignent le Soigneur Pe sont parlé l'un à l'autre; et le Seigneur a été attentif, il a écouté, et un livre de souvenir a été écrit devant lui pour ceux qui craignent le Seigneur, et qui pensent à son nom.
17. Ils seront pour moi, dit le Seigneur des armées, au jour où j'agirai, le peuple que je me réserve ; et je les épargnerai, comme un père épargne son fils qui le sert.
18. Et de nouveau vous verrez alors quelle différence il y a entre le juste et l'impie, entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas.