‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 543 sur 832 · LES LIVRES DES MACHABÉE · texte numérisé non relu

LES LIVRES DES MACHABÉE

deinment un original hébreu ^ Cette traduction doit être très ancienne; il est probable qu'elle fut entreprise peu de temps après l'apparition de l'écrit orignal.

2. Le second livre des Machabées a été composé primitivement en grec. Saint Jérôme n'est pas moins catégorique à ce sujet qu'à propos du premier livre : « Secundus (liber Mach.) graecus est ^. » Et il ajoute aussitôt la preuve intrinsèque à celle du témoignage : « Quod ex ipsa quoque phrasi probari potest. » En effet, il suffit de parcourir quelques lignes pour se rendre compte que l'auteur principal , Jason de Cyrène ^ et son abréviateur savaient très bien le grec. « A part quelques hébraïsmes^, que l'on rencontre chez tous les écrivains juifs qui ont rédigé leurs ouvrages en grec, le style est pur, et pour le fond semblable à celui des écrivains profanes du dernier siècle avant J.-G. La phrase est arrondie, coulante et riche en locutions véritablement grecques ^. » Gela est vrai aussi des deux lettres placées en tête du livre**. Du reste, quoique écrites par des Juifs de Jérusalem , elles durent être composées en grec ; autrement elles n'auraient pas été comprises des destinataires, les Juifs d'Egypte, qui avaient cessé de parler et de lire l'hébreu.

3. « La version latine de notre Vulgate n'a pas été faite par saint Jérôme ; c'est celle de l'ancienne Italique. Elle traduit en général très fidèlement le texte grec, mais non sans un certain nombre de changements, d'additions ou d'omissions, presque tous d'ailleurs sans importance '. »

7" Le style et le genre des deux livres. — 1. Le style du premier livre des Machabées est généralement simple, sobre, sans ornements, assez concis, et rappelle celui des anciens écrits historiques de l'Ancien Testament. L'auteur évite de se mettre personnellement en scène. Il demeure d'ordinaire très calme, et mélange fort peu ses réflexions et ses impressions aux récits, laissant les faits parler eux-mêmes. Çà et là cependant il s'anime et devient éloquent, à l'occasion soit des grands malheurs , soit des grands triomphes d'Israël ; dans ce cas , il devient véritablement poète et nous donne des descriptions imagées, rythmées, munies de ce qu'on nomme, dans la poésie hébraïque, le parallélisme des membres ». Gomp. f, 26-29, 38-42; m, .S-9, 35 et ss.; iv, 38-40; xrv, 4-5, 8-i5. Par moments, ce sont ses personnages eux-mêmes qui composent d'admirables élégies ou prières, qu'il aime à citer en propres termes. Cf. ii, 7-13, 49-00; m, 18-2i, 50-53; iv, 8-11, 30-33; vu, 41-42, etc.

lâmâa), i, 16 (Vulg., 16), ÈTtpâOriTav toO TtoirjijOii To itovr,pôv (comp. l'hébreu de III Reg. XXI, 20 : hifmaklcerkâ la'aiôt hârâh). i, 16 (Vulg., 17), èTOiiiio-ÔT) Y) ^auiXEÎa (hébr. : vatiikôn hammalkàt). i, 38, SidiooXo; ^lovYipôç (hébr.: sâtân ra'). il, 19, oi/.o; tt,; Px(7i),£''a; (hébr. : ^ei( hammamlâkâh). v, 40, ouviu.£vo; SyvT,ffETai Txpb; T,|iâc (hébr. : yâkol yâkal lânû )• Etc., etc.

' Par exemple: i, 44 (Vulg., 46), le mot Pi6).'!a, livres, employé dans lésons de Ètïktto').'»-,, lettre, comme l'hébreu s'/ûrlm; ii, 8, èylvE-o ô vab; «"JT?,; (jj; àvr,p yôofo;, au Heu de w; àvôpb; iôô^ox) (le traducteur n'a pas compris que les mots vayt/'hi hei^ah l^sU nibzeh sont une ellipse pour vayi/hl beitah Vbei( k^sil... jv, 19, la traduction en TîXripo'jvio; (au liou de /a/ojvTO;) suppose qu'on a confondu mâlal, parler, avec mâlà', remplir. Ktc, etc.

^ Prol. galeat.

* Le grtc était U langue parlée dans cvtto ville.

* < Par exemple, iSekipol pour compatrlotea, o-TTÉpiia pour proies, etc. Voir aussi xiv, 24 : vm, 15, 27, etc. Ces Idlotlsmes sont encore plus dans la manière de concevoir les choses que dans les mots. J>

* € KaXov xal àyaôév, xv, 12, etc. Cf. i», 37, 40 ; VI, 12 ; XV, 39, etc. Ce livre contient aussi des mots et des locutions rares... Il aime à rapprocher des mots de m6me nature (àyeiv àytôva , IV, 18 ; cf. 22 ; xn, 22 ; xv, 37), à faire des antithèses de mots (cù|i£v£iav..., ouaiiéveiav, vi, 29 ; cf. V, 6, etc.). » Man. WW., t. II, u» 673, 1".

6 II Mach. 1, 1-10« ; I, lO»»-!!, 19. Elles hébraïsent à peine, et il est remarquable qu.- Jérusalem n'y est pas désignée par son nom hébreu 'lepo-jffa- )vï)(i, comme dans la traduction grecque du premier livre, mais par la forme gréclsée 'Upodd- ^vyia (cf. II Mach., i, 1, 10), tout aussi bien que dans la |>artle historique (of. II Mach. m, 6, 9] IV, 9, etc.).

' Man. btW., t. H. n. 667, î<>.

* Voyei le tome III, p. 4S3-48».

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