Apollonius s'avance contre lui avec dss
I Mach. III. 11-17.
et a Samaria virtutetn multara et magnam, ad bellandum contra Israël.
11. Et cognovit Judas, et exiit obviam illi. et pei'cussit, et occidit illum ; et ceciderunt vulnerati inulti, et reliqui fugerunt.
12. Et accepit spolia conim, et gladium Apollonii abstuliit Judas, eterat pugnans in eo omnibus diebus.
13. Et audivit Seron, princeps exercitus Syriae, quod congiegavit Judas congregationem fidelium et ecclesiam secum ;
14. et ait : Faciam mihi nomen , et glorificabor in regno, et debellabo Judam et eos qui cum ipso snnt, qui spernebant verbum régis.
15. Et })r^epara^^t se ; et ascenderunt cum eo castra impioruni, fortes auxiliarii , ut lacèrent vindictam in filios Israël.
16. Et appropinquaverunt usque ad Bethoron, et exivit Judas ob^^ara illi cum paucis.
17. Ut autem viderunt exercitum venientem sibi obnam, di.xerunt Judae :
Quomodo poterimus pauci pugnare con-
nations, et fera de Samarie une grande et puissante armée, pour combattre contre Israël.
11. Judas l'apprit et marcha à sa rencontre, le défit et le tua ; et beaucoup des ennemis tombèrent frappés, et le reste s'enfuit.
12. Judas s'empara de leurs dépouilles, et prit rép)ée d'Apollonius , et il s'en servait tous les joure pour combattre.
13. Séron, chef de l'armée de Syrie, apprit que Judas avait réuni auprès de lui une troupe de fidèles et une assemblée.
14. Et il dit : Je me ferai un nom, et je serai glorifié dans le royaume, et; je vaincrai Judas et ceux qui sont avec luî, qui méprisent la parole du roi.
15. Il se prépara donc; et avec lui monta l'armée des iraj'ies , puissants auxiliaires, pom- se venger des enfants d'Israël.
16. Ils s'avancèrent jusqu'à Béihoron, et Judas vint au-devant d'eux avec ua petit nombre d'hommes.
17. Mais dès que ceux-ci virent l'armée qui marchait contre eux, ils dirent à Judas : Comment pourrons -nous, si
troupes considérables. — Congregavit... Cela se passait en 166 avant J.-C. Conip. ii, 69, et la note. — Apollonius. C'est lui qui, l'année précédente , avait été envoyé par Antlocbus ù Jérusalem comme collecteur d'Impôts, et qui avait traité la ville d'une manière infâme et barbare. Cf. i , 30 et ss.; II Mach. v, 24. — .1 Samaria. Josèphe, Ant. , XII, 7, 1, raconte qu'Apollonius était devenu gouverneur de cette province. Les Samaritains étaient très hostiles aux Juiis (cf. E-dr. IV, 1-5; Neh. iv, 1-2, et xill, 28; Ecoll. L, 27-28; Joséphe, Ant., xi, 7, 2, etc.); 11 est donc naturel qu'un grand nombre d'entre eux se soient associés alors aux Syriens d'Apollonius (yenUf).
11-12. Victoire complète des Juifs. — Exiit obviam... Il entrait dans le plan de Judas d'accepter le combat toutes les fois qu'il en avait l'occasion. Voyez le vers. IC ; iv, 12, 29, 34, etc. D'après II Mach. viii, 1, il avait alors tout au plus six rallie hommes autour de lui.— Perçussit, el... Défaite des Syriens et mort de leur chef. I>c verbe occidit doit être pris d'une manière générale; il ne signifle pas que Judas tua Apollonius de sa propre main. — Ceciderunt vulnerati... Uébralsme, comme i, 19. — Et gladium... (vers. 12). Glorieux troi)héc. C'est ainsi que David s'était om)>aré et se servait du glaive de Ooliath. Cf. I Reg. XXI, 9.
3° Judas Mnchabée bat les troupes de Séron. III, l.-i-26.
13-16. Les préparatifs et l'orgueilleuse oonflancc du général syrien. — Prinerjin... Sj/ri/r. I/aprèt Joaëpbe, SiTon commandait en Cwlé-
Syrie, c-à-d. aux troupes qui séjournaient dans cette province. — Congregationem... et ecclesiam. Cette locution désigne une troupe d'hommes qui n'avaient pas reçu de formation nillitaire. — Fidelium : des Juifs fidèles à leur Dieu et à leur chef. — Et ail : Faciam... (vers. 14;. Petit monologue bien reproduit, qui nous fait lire au plus Intime des pensées orgueilleuses de Séron. — Verbum régis : les ordres Impies d'Antlochus. — Et prxi^Kiravit... (vers. 15). La description est très solennelle. — Ascenderunt... Ils arrivèrent, comme l'Indique le contexte, par la plaine maritime, dont l'altitude est de beaucoup inférieure à celle de Bethoron, où eut lieu le combat (.AU. géogr., pi. vii, x, xvui). — Castra..., auxiliaril. Dans le grec : ( Monta avec lui ) une puissante armée d'hommes impies, pour le secourir. — Usquc... Bethoron (vers. 16). Place rendue célèbre par la victoire de Josu'J sur les Chananéens. Cf. Jos. X, lu et ss. KUc était située dans les montagnes, au nord-ouest et à environ douze milles romains de Jérusalem. — Exirit Judas. C!onforniément à sa tactique. Voyez le vers. 11. — Cum yaucis. Il n'avait pris aveo lui qu'une poignée d'hommes.
17-22. Judas relève par des paroles de foi le moral de ses troupes prêtes à se décourager. — Ut... viderunt... Postés sur la hauteur de Bethoron, les Juifs virent de loin les Syriens qui s'avançaient du cAté de la plaine, et ils se rendirent parfaitement comi>tc de la supériorité do leur nombre. — Quomodo... La frayeur ne tarda pas A les gagner. — Tantam et... Ils avaient contre eux
I Maoh. III, 18-26.
ira mulcitudinem tantara et tam fortem, et nos fatigati sumus jejunio hodie?
18. Et ait Judas : Facile est concludi multos in mauus paucorum, et non est differentia in conspectu Dei caeli liberare in multis et in paucis ;
19. quoniam non in multitudine exorcitus Victoria belli, sed de caelo fortitudo est.
20. Ipsi veniunt ad. nos in multitudine contumaci et superbia, ut disperdant nos, et uxores nostras, et filios nostros, et ut spolient nos ;
21. nos vero pugnabimus pro animabus nostris et legibus nostris,
22. et ipse Dominus conteret eos ante faciem nostram ; vos autem ne timueritis eos.
23. Ut cessavit autem loqui, insiluit m 608 subito ; et contritus est Seron et exercitus ejus in conspectu ipsius.
24. Et persecutus est eum in descensu Bethoron usque in campnm, et ceciderunt ex eis octingenti viri ; reliqui autem fugerunt in terram Philisthiim.
26. Et cecidit timor Judae ac fratrum ejus, et formido super omues gentes in circuitu eorum ;
peu nombreux, combattre contre une multitude si grande et si forte, fatigués que D0U8 sommes par le jeûne d'aujourd'hui ?
18. Et Judas dit : Il est facile qu'une multitude soit enfermée entre les mains d'un petit nombre, et il n'y a pas de différence, devant le Dieu du ciel , de sauver par un grand et par un petit nombre ;
19. car la victoire, à la guerre, n'est pas dans la grandeur des armées, mais c'est du ciel que vient la force
20. Eux. ils arrivent à nous avec une multitude insolente et avec orgueil, pour nous perdre, nous, et nos femmes, et nos enfants, et pour nous dépouiller;
I 21. mais nous, nous combattrons pour 1 nos vies et pour nos lois ,
22. et le Seigneur les brisera lui-même devant nous; vous donc, ne les craignez pas.
23. Dès qu'il eut cessé de parler, il s'élança aussitôt sur eux; et Séron fut écrasé devant lui avec toute son armée.
24. Judas le poursuivit à la descente de Bethoron jusqu'à la plaine, et huit cents hommes d'entre eux furent tués ; mais le reste s'enfuit dans le pays des Philistins.
I 25. Alors la terreur de Judas et de ses frères, et leffi-oi fondirent sur toutes i les nations d'alentour;
non seulement le nombre, mais anssi la force, tam forUm; car Us ne formaient, enx, qu'une bande mal organisée et mal armée. Cf. vers. 55 et IV, 6. — De plus, Ils n'avalent pas mangé de tout le jour : nos fatlgati...jejunio... Jndas s'était sans doute avancé avec une grande rapidité contre l'ennemi, sans prendre le temps d'apporter des ^•lv^e6 avec Inl. — Et ait... (vers. 18). Paroles réconfortantes de Judas. Cette petite allocution est tout à fait digne de lui. — Facile... concludi... Facile du moins pour Dieu : rion est differentia... Maint fait de l'histoire juive le prouvait. Cf. Jud. vu, 2 et 68.; I Reg. xiv, 6 ; II Par. xiv, U, etc. — Jn conspectu Dei... Les meilleurs manuscrits grec« et le syriaque ont seulement : En présence du ciel. Voyez l'Introd., p. 636, et ii, 61. — Quoniam non... (vers. 19). Développement de la pensée. Cf. Ps. XXXII, 16. - IpH veniunt... Motif qui devait e.xciter le Seigneur h combattre iK)ur la petite armée contre la grande, vers. 20 21.— Tn muUHudine... et superbia. Grec : Dans lu plénitude de l'Insolence et de l'Impiété. — Ot di^perdant... IjC but des Syriens éuit, en effet, la ruine toule de la nation sainte. Cf. verc 36; vi, 12, etc. — A'o« vero... (vers. 21). Saisissant wmtraate. — Et Ipse (yen. 22; Dominus mani)ue dans le grec). En de tellos conditions. Tinter- 1
ventlon du Ciel en faveur des Jnlfs n'était donc paa douteuse. — Conclusion pratique : ?ie timueritis...
23-24. Défaite des Syriens. — Insiluit... su- Hto. Trait dramatique. A la suite de leur chef, les Juifs s'avancèrent avec impétuosité sur les soldats de Séron, qui, ne s'attendant point à cette attaque subite, furent mis en pleine déroute. — In descensu Bethoron (vers. 24). Longue descente, rude et rocailleuse, qui conduit de la montagne à la plaine. Çà et là , le sentier se transforme en escalier taillé dans le roc. Elle avait été funeste aux anciens Chananéciis (cf. Jo.". x, 10-11); elle fallUl l'être aux légionnaires de Cestius Gallus, en 66 après J.-C, lorsque les Juifs les refoulèrent sur ce même chemin (cf. Josèphe, Bell. Jud., Il, 19). — In campum... : la plaine de la S'félah. Cf. vers. 40; Jos. xv, 33; l'Atlas géogr., pi. vu. — Octingenti... Perte relativement peu considérable, pour une armée si nombreuse (cf. vers. 16). Ce fait s'explique par le petit nombre des Boldats juifs et par la fuite rapide des vaincus. — /n terram PhlU-othlim. Les Syriens étaient maîtres de ce territoire, dont les places fortes offraient un abri sûr à Séron.
26-26. Effet produit par les premières victoires de Jndas ICaoùkMe. — Oeeidlt tlmor. . . et for-
I Mach. III, 26-30.
26. et pervenit ad regem noraen ejus, et de praîliis Judaj iiariabant oraiies gentes.
27. Ut audivit auteni rex Antiochus seriuones istos, iratus est animo ; et mi- Bit, et cougregavit exeicitum univer&i regni sui, castra fortia valde;
28. et aperuit œrarium suum, et dédit Btipendia exercitui in annum, et niandavit illis ut essent parati ad omnia.
29. Et vidit quod defecit pecunia de tliesauris suis, et tributa legiouis modica propter dissensionem , et plagam quam fecit in terra, ut tolleret légitima quae erant a primis diebus ;
30. et timnit ne non haberet ut semel et bis, in suniptus et donaria quœ dederat ante larga manu , et abundaverat super reges qui ante eura fuerant.
26. son nom parvint jusqu'au roi, et toutes les nations racontaient les combats de Judas.
27. Lors donc que le roi Antiochus eut reçu ces nouvelles, il s'irrita dans son cœur; et il envoya rassembler des troupes dans tout son royaume, une armée très forte ;
28. et il ouvrit son trésor, donna à l'armée la solde d'un an, et leur commanda d'être prêts à tout.
29. Mais il vit que l'argent manquait dans ses trésors, et que les tributs de la contrée étaient faibles, à cause des troubles et des maux qu'il avait faits dans le pays, en lui ôtant les lois qu'il possédait depuis les anciens jours ;
80. et il craignit de n'avoir pas de quoi fournir, comme autrefois, aux dépenses et aux libéralités qu'il avait faites d'une main large, car il avait été généreux plus que tous les rois qui l'avaient précédé.
mido... Expressions emphatiques. < Jusqu'alors la résistance (des Juifs) avait été regardée comme une cbose désagréable, mais non comme un danger. )' Lorsqu'on vit deux armées syriennes vaincues par un seul détachement des fwces de Judas, on se mit à redouter le héros juif, dont le talent militaire fut ainsi établi. — Super... gentes in cireuitu : tous les païens des alentours ; les Sj'riens et les autres peuples qui dépendaient d'eux. — Le roi lui-même ne tarda pas à être informé des succès des Juifs : et pervenit... (vers. 26). Le nom de Judas lui fut signalé comme celui du chef des rebelles.
4° Autiochus Épiphane lance une nouvelle »rmée contre les Juifs. III, 27-41.
Le tyran, furieux, aurait voulu pouvoir tirer des Juifs une vengeance imraé liate; mais, l'état de SCS finances ne le lui permettant pas, il fut contraint de diviser son année en deux parties, dont l'une, commandée par lui, envahirait la Perse et la pillerait, tandis que l'autre , sous les ordres du général Lysiaa, anéantirait les Juifs rebelles.
27-30. Le manque d'argent empêche le roi de Syrie de cbfttlcr Immédiatement la nation Juive. — Sermonea intos. llébi'aïsnie : ces choses, ces nouvelles.— Kxerciturn univerai... Probablement au délit de 120 000 hommes, puisque Lyslas, qui n'avait à sa disposition que la moitié de l'armée, put mettre en ligne 47 000 (cf. vers. 39> et même 66 000 BoldaU (cf. iv, 28). D'après XV, 13, Sidétès assiégea la ville de Dor avec 128 000 hommes. Antiochus le Grand avait pu en opposer 170 000 à l'armée romaine. — Stipendia... in annum (vers. 28). En payant ses troujics d'avance, Antiochus savait qu'il se les attacherait et qu'il pf)urralt mieux compter sur elles. — Parati ad omtiia. En effet, d'antres peuples pouvaient Imiter l'exemple des Juifs et ne soulever à leur
tour ; l'armée devait donc être prête à se porter dans n'importe quelle direction. — Vidlt quod defecit... (vers. 29). Déjà Antiochus III le Grand .ivait dépensé beaucoup dans ses guerres contre l'Egypte et les Romains, et, depuis sa mort, le trésor royal avait eu de la peine à se remplir. D'ailleurs Antiochus épiphane le vidait sans cesse, non seulement par ses expéditions guerrières, mais davantage encore par ses foUes prodigalités de tout genre. Voyez la note du vers. 30. #— Et trituta... modica. Par ses mesures capricieuses, souvent tyranniques , le roi avait excité le mécontentement et le trouble {propter lîisaensionem') dans plus d'une province de son empire ; il résultait de là que les impôts ne rentraient que difficilement, irrégulièrement. — Le substantif plagam représente l'hébreu makkah, qui a ici le sens de calamité. — En quoi a<ait consista cette « plaien : uf lolUret légitima... Plusieurs contrées orientales , tout en acceptant d'abord l'édit d' Antiochus (cf. i, 43-44), n'avaient pas dû voir sans peine les coutumes grecques substituées à leurs anciens usages (,quœ... a primis...). Les Perses en particulier, contre lesquels Antiochus va blentOt se mettre en marche (cf. vers. 31 ; vi, 1-4), tenaient extraordinnirement à la religion de Zoroastre. — Ut semel et bi.'i (vers. 30). Plusieurs fois déjà Épiphane avait souffert de cette pénurie. — Sumptus : les dépenses ordinaires et les frais réguliers de l'administration. — Et donaria... C'étal;, en effet, une des manies d' Antiochus IV de faire des présenta extravagants ; ce qui ajoutait à ses embarrac financiers. Vovez Polybe, xxxi, 3, 4 et 11. On raconte qu'à Naucratls, en Egypte, il donna une pièce d'or à tons les habitants grecs de la ville (Polybe, XX viii, 17, 11). Il envoya un jour aux Romains une couronne d'or qui valait cloquant* tal lit», fiii» cent talent» à un cortalr nombr»
I Mach. III. 31-36.
31. Il fut donc dans une grande consternation, et il résolut d'aller en Perse, pour recevoir les tiibuts des peuples et amasser beaucoup d'argent.
32.11 laissa Lysias, homme noble de la race royale , pour pourvoir aux affaires du royaume, depuis le fleuve de l'Euphrate jusqu'au fleuve de l'Egypte;
33. et pour s'occuper de l'éducation de son fils Antiochus, jusqu'à ce qu'il revînt.
34. Il lui livra la moitié de l'armée et les éléphants, et il lui donna ses ordres pour tout ce qu'il voulait et au sujet des habitants de la Judée et de Jérusalem ,
35. lui commandant d'envoyer une armée contre eux, pour écraser et exterminer la puissance d'Israël et les restes de Jérusalem , et pour effacer de ce lieu leur souvenir;
36. d'établir des fils d'étrangers sur tout leur territoire pour l'habiter, et de distribuer au sort leurs terres.
31. Et consternatus est animo valde, et cogitavit ire in Persidem, et accipere tributa regionum, et congregare argentum multum.
32. Et reliquit Lysiam, hominem nobilem de génère regali, super negotia regia , a flumine Euphrate usque ad flumen ^gj^ti ;