La Judée est envahie et Bethsura assiégée
— Venerunt per Idumeeam. (Test donc de nouvean par un mouvempTit tournant que les Syrieus commencèrent l'attaque. Cf. m, 14-16, 88-41; rv, 28 et 88. Ils longèrent les rives de la Méditerranée ; puis, arrives an sud de la Palestine, ils se dirigèrent vers l'est. Jusqu'à ce qu'ils se fussent approchés de Bethsura, qu'ils investirent (Atl. géogr., pi. vu, x). — Le siège traîna en longueur : dics multos. — Fecerunt machinas : pour atui quer la ville de plus près et livrer plus facile ment l'assaut. Voyee la note du vers. 20*. — Kl exierunt : à savoir, les habitants de Bi^thsura. — Siuxenderunt eaa... Le bois formant la matière presque unique de ces machines , les assiégés s'efforcèrent, par des sorties habiles, d'y mettre le feu et de les détruire.
5« (^mbat mémorable à Bethzachara. VIi 82-47.
32. Judas accourt de Jénisaletn pour délivrer Bethsura. — JîecesKlt... ab aree. Pltia haut (cf. vers. 19-20), nous l'avons vu attaquer la citadelle d« Jérusalem, occupée parlai Syrl«n«. Ooa»
I Maoh. VI, 34-37.
lança impétueusement ses troupes sur le chemin de Bethzachara ; les armées se préparèrent au combat et sonnèrent des trompettes.
34. Ils montrèrent aux éléphants du ]us de raisin et de mûres, afin de les animer au combat;
35. ils partagèrent les bêtes par légions, et mille hommes, munis de cottes de mailles et de casques d'airain, accompagnèrent chaque éléphant, et cinq cents chevaux d'élite furent répartis auprès de chaque bête.
36. Ceux-ci précédaient la bête partout où elle était; ils allaient partout où elle allait, et ils ne s'éloignaient pas d'elle.
37. Il y avait aussi sur chaque bête de fortes tours de bois protectrices, et sur celles-ci étaient des machines, et sur chacune trente -deux hommes vaillants, qui combattaient d'en haut, et un Indien qui conduisait la bête.
concitavit exerci^ofl in impetum contra viam Bethzacharam ; et comparaverunt se exercitus in prselium, et tubis cecinerunt.
34. Et elephantis ostenderunt sanguinem uvse et mori, ad acuendos eos in prœlium ;
35. et diviserunt bestias per legiones, et astiterunt singulis elephantis mille viri in loricis concatenatis, et galese aerese in capitibus eorum, et quingenti équités or-
j dinati unicuique bestiae electi erant.
36. Hi ante tempus ubicumque erat bestia, ibi erant; et quocumque ibat, ibant, et non discedebant ab ea.
37. Sed et turres lignese super eo8 firmse protegentes super singulas bestias ; et super eas machinse, et super singulas viri virtutis triginta duo , qui pugnabant desuper, et Indus magister bestiae.
prenant qu'il Importait actuellement davantage de délivrer Bethsura, 11 leva le 6lège de l'Acra et vint camper avec ses troupes en face du camp syrien, quoique à une certaine distance. — Ad Bethzacharam. Cette localité était située, d'après Josèphe, Ant., xn, 9, 4, à 70 stades de Bethsura (environ 13 kllom.) ; probablement sur le site de Beit - Sakarîyeh , au nord de BeilUéem. Ellf se dresse an sommet d'une colline et commande un étroit défilé (.Atl géogr., pi. x, xn).
33-41. Les préparatifs du combat. — Surrexit rex...-: averti par ses espions de l'approche de Judas. Cf. II Mach. xm, 21. — Concitavit... in impetum. Grec : Il fit avancer son armée , qui était pleine d'élan. — Et elephantis... Les vers. 34-37 contiennent quelques détails pleins d'intérêt sur les éléphants qui accompagnaient l'armée syrienne. — Ostenderunt... Deux opinions se sont formées au sujet du a sang de raisin et de mûres » qu'on montra à ces bètes pour les rendre plus féroces. Suivant les uns, il s'agirait du vin et d'une antre liqueur fermentée extraiti des fruits du mûrier. Comp. Grcn. xux, 11 ; Deut. xxxn, 14, et Eccli. l, 15, où le vin est appelé poétiquement sang de raisin. De plus, les éléphants sont très friands de breuvages fermentes. Selon les antres, il serait simplement question du jus non fermenté de raisins et île mûres dont la couleur, qui ressemble à celle du sang, aurait indiqué aux animaux que le moment de combattre était venu. Ce second sentiment nous paraît plus vraisemblable ; car 11 n'aurait pas été sans Inconvénient pour les Syriens d'étourdir ou même d'enivrer leurs éléphants. On se borna sans doute à les exciter. Sur le mûrier et son fruit, voyez VAtl. d'hist. nat., pi. xvii, flg. 2. — Et diviserunt... (vers. 35). D'ordinaire, on réunissait à part les éléphants dressés an combat, on ki plaçait tous ensemble en avant des trousea.
et on les lançait les premiers contre l'ennemi. A la bataille de Magnésie (190 avant J.-C), Antiochus le Grand avait disposé les siens deux à deux entre ses bataillons (cf. Applen, Sj/r., 32; Tlte-Live, xxxviii, 40). Ici nous' trouvons un nouvel arrangement: mUle fantassins et cinq cents cavaliers furent groupés autour de chaque bête.
— In loi-icis concatenatis. Ces cottes de mailles étalent alors très en usage. Voyez ï'Atl. archéol., pi. T.xxxrv, flg. 11, 18 et 19. — fl'i (ces fantassins et ces cavaliers) ante tempus... (vers. 36), C.-à-d., avant la guerre, dans les exercices militaires qui y préparaient. Le but de cette mesure était « d'accoutumer les éléphants aux hommes et aux chevaux de leur propre parti et d'accoutumer les chevaux aux éléphants. Sans cette connaissance mutuelle, les éléphants auraient pu faire beaucoup plus de mal à l'armée à laquelle ils appartenaient qu'à l'ennemi ». — Sed et turres„. (vers. 37). « On dressait sur les éléphants de bataille des espèces de tours de bols, arrêtées par de fortes chaînes, qui passaient en forme de sangles sous le ventre de l'animal, et on plaçait sur ces tours des combattants, qui lançaient des dards on des flèches contre l'ennemi. » (Calmet, h. l.) — Super eas machinse. Dans le grec : (Des tours ) attachées sur eux avec des machines ; c.-à-d., comme il vient d'être noté, avec des chaînes ou des courroies très solides. — Viri virtutis. Hébraïsme : des soldats très vaillants. Les hommes qu'on plaçait dans ces tours étaient choisis d'ordinaire parmi les pltis habUes archers.
— Triginta duo. Ce chiffre, bien qu'il existe aussi dans tous les manuscrits grecs et dans le syriaque, doit être le résultat d'une Inadvertance des copistes ; car un éléphant serait Incapable de porter une tour qui contiendrait trent«-deux guerriers D'après Tlte-Live, xxxvn, 40, éans l'armée d'Antlochuii le Grand 11 j avait anatre kommes aur
I Mach. VI. 38-43.
38. Et ret^iduum equitatum hinc et inde statuit in duas partes, tiibi.s exercitum comraovere, et perurgere constipâtes in legionibuB ejus.
39. Et ut refulsit sol in clypeos aureos et œreos, resplenduerr.nt montes ab eis, et resplenduerunt sicut lampades ignis.
40. Et distincta est pars exercitus régis per montes excelsos, et alla per loca humilia; et ibant caute et ordinate.
41. Et commovebantnr omnes inhabitantes terram a voce multitudinis, et incessu turbœ, et collisione armorum ; erat enim exercitus magnus valde et fortis.
42. Et appropiavit Judas et exercitus ejus in prseliura, et ceciderunt de exercitu régis sexcenti viri.
43. Et vidit Eleazar, filins Saura, unara de bestiis loricatam loricis régis ; et erat
38. Il rangea le reste de la cavalerie de çà et de là, en deux divisions, pour exciter l'anuée par le son des trompettes, et pour animer son infanterie serrée en bataillons.
39. Lorsque le soleil brilla sur lae boucliers d'or et d'airain, les montagnes en resplendirent, et elles resplendirent comme des lampes ardentes.
40. Une [lartie de l'armée du roi s'avança sur les hautes montagnes, et l'autre dans la plaine ; et ils marchaient avec précaution et avec ordre.
41. Et tous les habitants du pays étaient épouvantés par les cris de cette multitude, et par la marche de la foule, et par le fracas des armes ; car l'armée était très grande et très forte.
42. Et Judas s'approcha avec son armée pour le combat , et six cents hommes de l'armée du roi tombèrent.
43. Alors Éléazar, fils de Saura, vit une des bêtes cuirassée d'une armure
cbaqne éléphant ; trois homrnes seulement dans les armées indiennes de l'antiquité, Buirant Éllen. On va quelquefois Jusqu'à cinq dans l'Inde actuelle. On a conjecturé que le texte hébreu portait primitivement : Denz et trois hommes. On ajora lu : Deux et trente. Selon d'autres, la leçon originale aurait été : Deux ou trois. Voyez F. Vigonronx, Les Livres saints et la critiqv£ rationaliste, t. IV, p. 146 de la 2« édit. — In<lus maoister... Dans le grec : Kt son Indien; c.-à-d. l'Indien qui conduLeait chaque éléphant, monté d'ordinaire sur le cou de l'animal. Les éléphants qui servaient aux Séleucldes étant originaires des Indes, on faisait venir avec eux des Hindous pour les soigner et les diriger. Mais il est possible que ce nom. se soit conservé pour désigner les cornacs , même lorsqu'ils avaient cessé d'être de véritables Indiens. — Residuv.m... (vers. 38). D'après le vers. 35»>, 16 000 cavaliers auraient été déjà employés, 11 en restait donc encore 4 000. Comp. le ver?. 30. — Bine et inde : sur les ailes. Doux mille de chaque côté. — ruWs... commovere. Le grec a simplement : •/.aTaffetovTE;. Le sens primitif de ce verbe est secouer, renverser. Ceso ici une expre.sf Ion méi aphorique, qui signifie : ébranler, exciter (l'armée). — Perurgere eonstipalos... C.-à-d. pour onemirager l^a fantassins, serrés dans leurs bataillons. Mais « la Vulgate, qui Ut qu'on rangea It cavalerie à côté de l'infanterie pour l'exciter par le son dos trompettes, avait sans doute nn texte grec différent du nôtre en cet endroit; ■a manière délire no forme pas un sens fort heureux >. (Calract.) La signification du grec est assez obscure. Peut-être : Protégés par les phalanges; ou bien : Pour se protéger par les phalanges. Le Codex Vat. a çapây^iv, gorges, jireciplces, au lieu do ça/ây^iv, phalangen; cej,ti' v.nrl.intf est Iraocj'ptable. - Ut refulsit... (vers. 3tU. PassHge loUniiel, tren poétique. — Clypeos aureos. Les
nistorlens profanes racontent expressément que les soldats de la garde d'Alexandre le Grand et de ses successeurs étaient munis de boucliers d'argent ou du moins argentés. Cf. Arrien, Exped. Alex., vii, 11 ; Polybe, v, 79, 14 : Applen, Syr., 32, etc. D'après III Ueg. x, 16 et s., Salomon avait fait fabriquer quelques boucliers d'or. Ceux que mentionne notre auteur n'étaient Fans doute pas d'or massif, mais simplement dorés. C'est à tort que divers Interprètes volent ici une hyperbole poétique, pour marquer uu très vif éclat. — DisUncta est... (vers. 40). L'armée syrienne s'avança contre celle de Judas à travers un terrain assez accidenté : per montes... et... per loca... — Ibant caute... : dans la crainte de rencontrer quelque embuscade. Mais le grec signifie plutôt : sûremeut. — Et commovebantur... (vers. 41). Autre passage d'une grande solennité. — Erat enim exercitv.s... Jamais encore les Syriens n'avalent opposé aux Juifs une armée si considérable.
43. La bataille s'engage ; succès des Juifs au début du combat. — Appropiavit Judas; ave* sa b-avoure accoutumée. Cf. m, 11, 16, 23; rv, 12, 29 ; V, 43, etc. Sans attendre l'ennemi, il se précipite sur lui avec un entralu d'abord irrésistible. De là un commencement de victoire : ceciderujit... sexcenti...
43-46. K.\plolt glorieux d'Éléasar. — Filiua Saura. Il y a une erreur manifeste dans la Vulgate. Le Codex Alex, porte aussi, il est vrai : 'E),ea!;àp ô ilauapdtv; mais iwut-être les mois ont-ils été mal coupés. Qucli]uo» manuscrits ont, en effet : 'F/tEi^içio; .\-Jpiv. Éléazar était l'un des quatre frères de Judas Marhabée. Voyez II, 5, et la note. — Loricatam. Les éléphants étaient g;Trantls par des cotto.s île mailles comme les soldats. — Loricis régis. C.à-d. une armure particulièrement riobo, i)ul paraissait jndlqiMr
1 Mach. VI, 44-60.
eminens super ceteras bestias, et visum est ei quod in ea esset rex ;
44. et dédit se ut liberaret populura euum, et acquireret eibi noitien œternum.
45. Et cucurrit ad eam audacter in medio legionis, interficiens a dexteris et a sinistris, et cadc-bant ab eo bue atque illuc.
46. Et ivit sub pedes elepbantis, et supposuit se ei, et occidit eum; et cecidit in terrain super ipsum, et mortuus est illic.
47. Et videntes virtutem régis, et impetum exercitus ejus, diverterunt ee ab eis.
48. Castra autem régis ascenderant contra eos in Jérusalem, et applicuerunt castra régis ad Judseara et montom Sioii.
49. Et fecit pacera cum his qui erant in Bethsura; et exierunt de civitate, quia non erant eis ibi alimenta conclusis, quia sabbata erant teiTse.
50. Et comprchendit rex Bethsuram, et coustituit illic custodiam servare eam.
royale ; elle était plus grande que les autres bétes , et il lui sembla que le roi était dessus ;
44. et il se sacrifia pour délivrer son peuple et pour s'acquérir un nom immortel.
45. Il courut hardiment à elle au milieu de la légion, tuant h droite et à gauche, et de tous côtés ils tombaient devant lui.
46. Et il alla sous les pieds de l'éléphant , se mit sous lui , et le tua ; Z'éZépkant tomba par terre sur lui, et Éléazar mourut là.
47. Mais les Juifs, voyant la force du roi et l'impétuosité de son armée, se retirèrent.
48. Or l'armée du roi monta contre eux vers Jérusalem, et l'armée du roi pénétra en Judée et près de la montagne de Sion.
49. Il fit la paix avec ceux qui étaient dans Bethsura ; et ils sortirent de la ville, parce que ceux qui y étaient enfermés n'avaient plus de vivres, car c'était le sabbat de la terre.
50. Ainsi le roi prit Bethsura, et il y établit une garnison pour la garder.
que la béte était montée par le roi en personne. Il est bien possible qne ce fût en réalité l'éléphant d'Eupator, quoique la Jeunesse du prince ne lui permit gwère d'assister au combat. — Dédit se... (vers. 44). Éléazar était moralement BÛr de trouver la mort dans son aote hardi ; il s'encouragea donc en envisageant les heureuses conséquences de son héri;ïqne eacrlflce : ut liberaret... Si le roi eût péri avec lui, il est probable qu'une panique effroyable se serait produite parmi les Syriens, et que les Juifs auraient été entièrement maîtres de la situation. — Autre motif qui excita le fi-ère de Judas : et acquireret... Voyez IL, 51, et la note. — Cucurrit... interflcien.'... (vers. 45). Il s'ouvre un chemin Jusqu'à l'éléphant sans qne personne puisse lui ré-ister.
— Sub pedes. C.-à-d. sous le ventre. « Un éléphant caparaçonné et couvert de la manière dont l'auteur nous dépeint celui-ci ne pouvait guère être blessé que par-dessous le ventre ; c'est l'endroit où la peau est la plus tendre. » (Calmct, h. l.) — Ceeidlt... L'éléphant tomba sur lui et l'écrasa.