Anno centesimo octogesirnooctavo
Populus qui est Jerosolyrcis, et in Judaea, senatusque et Judas, Aristobolo, magistro Ptolemaei régis, qui est de génère christorum sacerdotum , et his , qui in ^gypto sunt, Judœis, salntem et sanitatem.
11. Demagnis periculisa Deo liberati, magnifiée gratias agi mus ipsi, utpote qui adversus talem regem dimicavimus.
12. Ipseenim ebuUirefecit de Perside eos qui pugnaverunt contra nos et sanctam civitatem.
10. L'an cent quatre-vingt-huit. Le peuple qui est à Jérusalem et dans la Judée, le sénat et Judas, à Aristobole, maître du roi Ptolémée, de la race des, prêtres sacrés, et aux Juifs qui sont en Egypte, salut et santé.
11. Délivrés par Dieu de grands périls, nous lui rendons de magnifiques actions de grâces, pour avoir pu combattre contre un tel roi.
12. Car c'est lui qui a fait sortir de Perse ceux qui ont combattu contre nous et la ville sainte.
de la solennité proprement dite des Tabernacles, qui avait lien an mois de tiëri ; c.-à-d., en septembre-octobre. — Casleti. Le neuvième mois de l'année juive (seconde partie de novembre et commencement de décembre). C'est le 25 de ce mois qu'on avait purifié le temple. Cf. x , 5 , et I Mach. rv, 52. On avait alors résolu de fêter d'une manière très solennelle l'anniversaire de cette cérémonie, et c'est précisément cet anniversaire que les Juifs de Palestine engagent leurs coreligionnaires d'Egypte à célébrer. — Anno... L'an 188 de l'ère des Séleucides (d'octobre 125 à octobre 124 avant J.-C). C'est à cette première lettre et non à la suivante que se mpporte cette date, comme l'admettaient dé]à Bellarmin, Sérarius et Ménoehius. Ce fait est démontré par les quatre lettres insérées an chap. xi ; îa date y est régulièrement placée a la fin et non au commencement de chaque épître. Cf. xi, 21, 33 et 38.
5 n. — Deuxième lettre. I, 10>> — II, 19.
Elle est beaticoiip plus longue et plus Importante que la première. Après la salutation accoutumée, I, lO", elle traite des quatre faits suivants : 1» !a mort d'un roi de Syrie nommé Antiochus- I, 11-17; 2« la découverte du feu sacré par Néhémle, i, 18-36; 3» la manière dont Jérémie avait caché le tabernacle, l'arche et l'autel des parfums, après la prise de Jérusalem, n, 1-12 ; 4* la fondation d'une bibliothèque sacrée par Néhémie et par Judas, u, 13-16. Vient ensuite la conclusion, ii, 17-19.
1° Introduction. I, lo»».
10*. Salutation analogue à celle de la première lettre. Conip le vers. 1. — Populus, au lieu de ^ fratres », que nous lisions plus haut. — Senahu. Dans le grec : yspojcria. Voyez I Mach. XII, 6, et le commontalre. Ce sénat sera encore mentionné iv, 44, et xi, 27. — Et Jxulas. Judas Machabée, suivant la plupart des interprètes (entre autres, le savat t Bellarmin) et d'après le sentiment qui nous parait le pins probable. Voyez la note qui suit l'explli-atlc* .lu vere. 17. L'Identification de ce personnage dépend en grande partie de l'opinion qu'on adopte au sujet du roi Antiochu.s dont In présente lettre racont»; la mort. - ArigtiilKtlo (grec: 'AptCTTo6oj),o) ). Le« mots maçùitro Plolemsei... Indiquent qu'il l'aglt du philosophe péripatétlcien Arhitobule,
Juif de naissance, qui vivait à la cour de Pto-
léraée V, roi d'Egypte (204-180 avant J.-C), dont il fut le favori et le conseiller très influent ( le « maître », comme 11 est dit ici dans un sens large ). Il dédia à Ptolémée VI Philométor (180- 146) son expliciition allégorique du Peniateuque, citée par plusieurs Pères (Clément d'Alexandrie, Strom., i; Origone, Contra Cela., iv, 6, 4; Kusèbe, Hist. eecl., vn. 33, etc.), dans laquelle il s'efforce de mettre les saints Litres d'accord avec la philosophie d'Arisiote. La mention de son nom prouve qiio la lettre n'a pas été composée plus tard que la fin du règne de Ptolémée VI (146 avant J.-C). — Le titre de « prêtres-oints » (.christorum sacerdotum) n'étant donné, chez let Juifs, qu'aux pontifes suprCmes, qui seuls recevaient l'onction sainte (cf. Lev. iv, 3, 16), 11 suit de lu qu'Aristobule appartenait à la famille d'Aaron. Il était donc l'un des principaux représentants du Judaïsme en Egypte, et c'est pour ce motif que la lettre lui est directement adressée. — Salutem et sanitatem. Dans le grec : -/aipstv y.al ûvtatveiv.
2« Récit de la mort du roi Antlochus , grand ennemi des Juifs. I, 11-17.
11-12. Action de grâces à Dieu, qui avait délivré son peuple d'un grand danger. — Il y » beaucoup d'emphase dans les mots wagnis périciUis, placés eu avant de la phrase. Ils marquent une situation particulièrement périlleuse pour les Juifs de Judée. — Magnifiée. D'après le grec : grandement ([xeyàXto:). — Utpote qui... Au lieu du prétérit dimicavimus, le grec emploie le panicipe présent (TrapaîaffTOiiEvoi), qui exprime un fait se prolongeant, durant encore. A la lettre : En tant que rangés en bataille; c.-à-d., prêu à lutter avantageusement dans l'avenir contr* notre puissant adversaire, comme nous l'a vont fait dans le passé. - Adversus talem... Simplement, dans le texte prlmitii : Contre le roi. D'après la suite, Antlochus, roi de Syrie. — Tpie (Dieu lui-même; le pronom est très accentué). Le motif de l'action de grâces va être déterminé d'une manière plus complète. — Sbullire fteiU Locution dramatique. Dans lo grec: iltofiae. Il a rejeté honteusement. A la lettre, bouillonner à la façon de l'eau; puis, rejeter l'écume et lea autres objets llottant^. Vi>yi-z Neh. xiii, 28, daM les Septante. — De FersUle. D'aprài le grao : (li a
ÎI Mach. I, 13-16.
13. Car lorsqu'il était en Peise en qualité de chef, avec une immense armée, il périt dans le temple de Nanée, trompé par les conseils des prêtres de Nanée.
14. En effet, Autiochus vint en ce lieu avec ses amis, comme pour habiter avec elle et pour recevoir de grandes sommes d'argent à titre de dot.
15. Et les prêtres de Nanée lui ayant montré cet argent, et lui-même étant entré avec un petit nombre des siens dans l'intérieur du temple, ils fermèrent le temple après qu'Antiochus y eut pénétré";
16. ensuite, ouvrant une porte secrète du temple et jetant des pierres, ils frappèrent le chef et ceux qui étaient avec lui, et ils les coupèrent en morceaux; puis, leur ayant tranché la tête, ils les jetèrent dehors.
13. Nam cum in Perside esset dux ijise, et ciiin ijiso inimensus exercitus, ceciditin teniplo Naueje, consilio deceptus sacerdotum Naneae.
14. Etenim cum ea habitaturus venit ad locum Antiochus, et amici ejus, et ut acciperet pecunias multas dotis nomine.
15. Cumque proposuissent eas sacerdotes Naneae, et ipse cum paucis ingressus esset intra ambitum fani, clauserunt teraplum cum intrasset Antiochus;
16. apertoque occulto aditu templi, mittentes lapides, percusserunt ducem et eos qui cum eo erant, et diviserunt membratim, et, capitibus amputatis, foras projecerunt.
rejeté) dans la Perse. En effet, les versets suivants vont raconter que le roi eu question fut e.\puls6 par Dieu chez les Perses. — Eos qui contra vos et... Grec : Ceux qui étaient rangés en bataille contre la cité sainte.
13-16. Mort ignominieuse d'Antlochus. — Les mots iv Perside ne sont pas répétés dans le grec. — Dux. Grec : r,yzp.ui\. Ce titre désigne le roi de Syrie , en tant qu'il était le général en chef de ses troupes. — Immeiisus exercitus. Le grec dit, d'une manière encore plus énergique : Une armée qui paraissait Irrésistible. — Cecidit. Le grec emploie le pluriel xaT£x6Ttr|0-xv. Littéralement: lis furent coupés en morceaux. Métaphore évidemment hyperbolique, pour dire que les Syriens furent réduits à l'impuissance par la mort de leur roi. — In templo Naneœ. Les mots Navat'a; (quelques manuscrits ont la variante 'Avavataç) et « ïTanea » sont la transcription grecque et latine du nom de la grande déesse Anahid ou
La déesse nanée. ( D'après une monnaie.)
Anaïtls, que Strabon, xi, 532, signale comme le « numen patrium » des Perses, et qui était également honorée par les Modes, les Arméniens et les habitants de l'Asie Mineure. Elle était probablement identique à l'Anat assyrienne. On a trouvé des monnaies grecques qui la représentent. — Consilio deceptus... Dans le grec : Les prêtres de Nanée ayant eu recours à une ruse (irapa- XoYiffiiôj : au propre , une proposition fausse ; 81 dérivé, une ruse, un stratagème). Au dire de
Plutarque, Artax., 27, Nanée aurait été servie par des prêtresses, auxquelles 11 était interdit de. se marier. Ce passage montre qu'elle av.iit aussi ses prêtres. — Etenim... (vers. 14). Description de la ruse en question. — Cum ea habitaturus. C.-à-d. , pour l'épouser. Prétexte Inventé par Antiochus, dans le but de s'emparer plus facilement des trésors que contenait le temple de Nanée : ut acciperet... dotis nomme. Cet incident est admirablement confirmé par ce que raconte Sénèque, .S'uosor., i , de la conduite d'Antoine à Athènes. « Cum Antonius vellet se Llberum patrem dici , et hoc nomen statuis suis subscribl juberet, babitu quoque et comitatu Liberum imitaretur, occurrerunt venienti ei Athenienses et AiôvuCTOv salutaverunt... Dixerunt despondere ipsos in raatrimonium Mtnervam suam, et rogaverunt ut duceret. Ac Antcnius ait ducturum, sed dotis nomine imperare se illis mille talenta.» Le temple de Nanée était immensément riche, comme presque tous les sanctuaires païens. — Proposuissent eas... (vers. 15). Les prêtres exposèrent, probablement aux pieds de la statue de la déesse, la somme d'argent convenue. — Intra ambitum. Le mot Tl[xevo<; (fani) représente ici l'enclos sacré qui entourait le temple. — Clauserxmt... Le roi avait donc pénétré avec sa suite jusqu'au sanctuaire même, à l'endroit où l'on avait exposé les trésors. Après l'y avoiî Introduit, les prêtres fermèrent la porte, pour l'empêcher de s'échapper. — Occulto aditu. Les temples païens possédaient pour la plupart une entrée secrète. Cf. Dan. xiv, 20. An lieu de temj)U, le grec a ici xoO çaTvaj(xa-coç : (l'entrée secrète) du plafond ; c-à-d., l'ouverture pratiquée dans le toit du temple. Ce détail explique comment les prêtres purent si aisément écraser le roi et ses compagnons sous une grêle de pierres jetées d'en haut. En de telles circonstances, Antiochus et ses Syriens étaient absolument sans défense. — Les mots et eos qui... eraiit ne so lisent pas actuellement dans le texte grec ; mais
II Mach. 1, 17-18.