‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 754 sur 832 · VX · texte numérisé non relu

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18-20. Éléazar préfère mourir plutôt que de violer la loi en mangeant de la chair de porc. — Eleazarus. Nom commun chez les Juif.-. Lazare en était l'abréviation. — Deprimcrribus... Sur les scribes, voyez I Mach. vn, 12 et la note. Il est possible qn'Éléazar fût membre du sénat Juif. Les vers. 21 et 2S montrent qu'il appartenait aux premiers rangs de la société et qu'il était très honorablement connu des autorités syriennes. — .£taU provectxis. Il avait quatre-vingt-dix ans d'après le vers. 24. — Aperto ore hians... O.-i-d. qu'on lui avait ouvert la bouche de vive force et qu'on y avait inséré un morceau de chair de porc. Ce trait met en relief la violence de la persécution. La viande de porc était interdite par la loi mosaïque, et les Syriens se faisaient un malin plaisir de contraindre les Juifs à en manger. <'t. 1 Mach. I, 49-61. — Gloriosissimam... magls 'luam... (vers. 19). Antithèse qui est bien dans le genre de notre auteur. — OdibiUm vitam. Grec : I.^ vie avec une souillure. — Voluntarie prteibat : de Inl-mênie, spontanément, sans qu'il fût besoin de le conduire. — Ad supplicium. Dans le grec : eî; to rjfmavov.Le mot t tympanum >, qui désigne habituellement le tambourin, représente évidemment Ici un Instrument de torture, mais on ne sait pas au Juste lequel : probablement nne sorte de roue, sur laquelle lo supplicié était étendu et frappé à •MifM radoublé». Bur ralliuion que l'épi tre aux

Hébreux (xi,35) faitàce passage, voyez ITntrod., p. 636. — Intuens (vers. 20). Variante considérable dans le grec: Ayant craché. Trait dram*.

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tique. Éléazar rejeta vivement le morceau de viande Impure qu'on avait placé malgré lui dans sa bouche. — Quemadmoiium oporteret... D'après le te.xte orisin-il, e^ mot-o retombent sur le verbe i prseibat », et Ils diffèrent tant soit peu du latin : (Il s'avançait) comme il convient que marchent ceux qui sont résolus > refuser les choses qu'il n'e?t pas permis de goûter, quelque amour qu'on ait pour la vie. Manière de dire que le saint vieillard s'avançait avec un noble coarage, prêt à mourir phitét que de désobéir à la loi.

21-22. Subterfuge auquel ses Juges veulent recourir aûn de le sauver. — Qui antahtnt. Dans le grec : Ceux qui présidaient à cette fête Inique. L.-i Vulgate a traduit ce dernier mot par inigiM miseratinne eommoti. I,a fête en question était sans doute un sacrifice en l'honneur de quelque divinité païenne. (Téuient certainement des officiers syriens qui présidaient à la

Il Mach. VI, 22-28.

22. afin que, {)ar cet acte, il fût sauvé de la mort; ils usaient donc de cette humanité à son égard, à cause de leur ancienne amitié pour lui.

23. Mais lui, il commença à considérer la haute dignité de son âge et de ea vieillesse, les cheveux blancs qui accompagnaient sa noblesse naturelle, et les actes de sa vie sans tache depuis Bon enfance, et, selon les ordonnances de la loi sainte établie par Dieu, il répondit aussitôt en disant qu'il voulait être envoyé dans le séjour des morts.

'24. Car il n'est pas digne de notre âge, dit-il, d'user d'une fict'ion qui serait cause que beaucoup de jeunes gens, s'irnaginant qu'Éléazar, à l'âge de quatrevingt-dix ans, aurait passé à la manière de vivre des païens,

25. seraient eux-mêmes trompés par cette feinte, dont j'aurais usé pour un petit reste de cette vie corruptible ; et j^attirerais par là la honte et l'exécration sur ma vieillesse.

26. Car, alors même que j'échapperais présentement aux supplices des hommes, je ne pourrais néanmoins fuir la main du Tout-Puissant, ni pendant ma vie ni après ma mort.

27. C'est pourquoi, en quittant courageusement la vie, je paraîtrai digne de la vieillesse ;

28. et je laisserai aux jeunes gens un exemple de fermeté , si je souffre avec joie et avec constance une mort honorable pour nos lois très vénérables et

22. ut, hoc facto, a morte liberaretur ; et projeter veterem viri amicitiam, hano in eo faciebant humanitatem.

23. At ille cogitare cœpit setatis se senectutis sufe eminentiara dignam, et ingenitœ nobilitatis canitiem, atqu'e a puero optimaî conversationis açtus; et secundum sanctse et a Deo conditae legis constituta, respondit cito, dicens, prœmitti se velle in infernum.

24. Non enim setati nostrœ dignum est, inquit, fingere, ut multi adole'sceutium, arbitrantes Eleazarura nonaginta annorum transisse ad vitam alienigenarum,

25. et ipsi, propter meam simulationem, et propter modicum corruptibilis vitae tempus, decipiautur; et per hoc maculam, atque execratiouem mese senectuti conquiram.

26. Nam, etsi in prœsenti tempore suppliciis hominum eiipiar, sed manum Omnipotentis nec vivus, nec defunctus effiigiam.

27.Quamobremfortitervitaexcedendo, senectute quidem dignus apparebo ;

28. adolescentibus autem exemplum forte relinquam, si prompto animo, ac fortiter pro gravissimis ac sanctissimis legibus honesta morte perfungar. His

cérémonie. Cf. I Mach. i, 63 et ss. ; ii, 1 5 et ss. L'instrument du supplice était dressé tout auprès.—

Atnieiliam. Grec : yvûciv, connaissance.

Rogalant afferri... Les juges proposèrent donc à Éléazar de manger un morceau de viande légalement pure, qu'on substituerait ensuite à la chair de porc: grâce à cette formalité, il paraîtrait ainsi obéir aux ordres du roi et échapperait au supplice. — El propter... (vers, 22). Le narrateur insiste sur le motif qui porta le président de la fête à épargner Éléazar.

23-28. Courageux refus du pieux vieillard. — At ille... Sa réponse n'était pas douteuse, après ce que nous ont dit de lui les vers. 19-20. L'écrivain sacré en donne d'abord un abrégé rapide, vers. 23; puis il la cite intégralement, vers. 24 et ss. — Cogitare... eminentiam... Première raison qui in.-.pira à Éléazar sa résolution : il ne voulait pas déshonorer sa vieillesse Bl auguste. — Atqiie a puero... Autre raison : il ne pouvait consentir ù souiller en un instant tonte une vie sainte, irréprochable. — Et secunàum... Troisième raison, d'ordre supérieur : les prescriptions formelles de la loi divine. Qrçe :

Comment. — VI.

Et (pensant) surtout à la législation sainte et établie par Dieu. — liespondit cito... D'après le grec : Il répondit en conséquence (c.-à-d., d'une manière conforme à ses sentiments et à ses réflexions ), leur disant de l'envoyer aussitôt dans le séjour des moris (e!: tov â6T,v, le s»'ôl hébreu). — Non enim... Dans cetle première partie de sa réponse, vers. 24-26, Éléazar signale trois résultats fâcheux qui auraient résulté infailliblement de sa conduite, s'il s'était prêté à la feinte qu'on lui proposait : 1« Il aurait donné à ses coreligionnaires un exemple très pernicieux, car ils auraient cru qu'il avait lâchement succombé (vers. 24-25«); 2« cause de scandale pour un grand nombre, il aurait souillé sa vieillesse Immaculée (vers. 25»); S» il n'aurait pas échappé, plus tard, au châtiment divin (vers. 26). La croyance à une vie future , où les méchants seront punis de leurs crimes, ne pouvait pas être plus clairement exprimée qu'elle l'est dans les mots Nam etsi... nec... effvgiam. — Quamohrem... Vers. ':7-28: l'autre côté de la question, 011 heureux résultats de la résistance d'Éléazar, soit pour lui-même, Bolt pour les autres. .Çj

Il Mach. VI, 29 — VII, 1.

diotis, confestim ad supplicium trabebatur.

20. Ili autem qui eura ducebaut, et paulo ante fuerant mitiores, in irara conversi sunt propler sermones ab eo dictos, quos illi per arrogantiam prolatos arbitiabantur.

30. Sed, cum plagis perimeretur, ingemuit, et dixit : Domine, qui babes sanctaiu scientiam, manifeste tu scis quia, cum a morte possem liberari, dures corporis sustineo dolores ; secundum animam vero, propter timorem tuum, libenter hsec patior.

31. Et iste quidem hoc modo vita decessit, non solum juvenibus, sed et universœ genti, raemoiiam mortis suae ad exemplum virtutis et fortitudinis derelinquens.

I très saintes. Ayant proféré ces paroles, il fut aussitôt traîné au supplice.

29. Ceux qui le conduisaient, et qui peu auparavant s'étaient montrés plus doux, passèrent à la colère, à cause des paroles qu'il avait dites, et qu'ils croyaient avoir été proférées par orgueil.

30. Lorsqu'il fut sur le point de mourir sous les coups, il soupira et dit : Seigneur, qui avez la sainte science, vous savez clairement qu'ayant pu me délivrer de la mort, je supporte dans mon corps de rudes douleurs ; mais dans mon âme je les souffre avec joie pour votre crainte.

31. C'est ainsi qu'il quitta la vie, eu laissant non seulement aux jeunes gens, mais aussi à toute la nation, le souvenir de sa mort, comme un exemple de vertu et de fermeté.

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