‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 755 sur 832 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

1. Contigit autem et septem fratres una cum rnatre sua apprehensos, compelli a rege edere, contra fas, carnes porcinas , flagris et taureis cruciatos.

1 . Or il arriva que l'on prit aussi sept frères avec leur mère, et que le roi voulut les contraindre à manger, contre la défense de la loi, de la chair de pourceau, en les tourmentant avec des fouets et des lanières de taureau.

prompto... Nuance dans le grec : (Je laisserai l'exemple) de la manière de mourir volontiers et courageusement pour les lois vénérables et saintes. — Trahebalur. Plutôt, d'après le grec : Il alla Immédiatement au supplice. Comp. le vers. IS^

29-31. Glorieuse mort d'Éléazar. — In iram conterai... La bienveillance des Juges se changea en une haine violente, lorsqu'ils virent leur offre rejetée. — Quos... per arrogantiam. Grec : (Les paroles...) qu'ils croyaient être une folle. « Le monde consi 1ère toujours comme une folie les souffrances endurées pour obéir à la conscience. » Cf. Sap. V, 4: Act. XXVI, 24. — Ingemuit ( vers. 30 ). Étendu sur le tympanum et frappé à coups redoublés, Éléazar ne put s'empêcher de gémir; mais il sut se consoler admirablement, en épanchant son àme dans le sein de Dieu : Domine, qui habes... — Secundum animam... Touchant contraste entre son corps torturé, auquel la souffrance répugnait, et son âme généreuse qui acceptait tout pour Dieu. — Et iste... (yen. 31). Conclusion de l'historien. - Hon solum juoeniliut... Éléazar avait mcntUmné Ips Jeiuifit gens d'une manière spéciale, comme

devant entre tous profiter de son exemple (comp. les vers. 24 et 28); en réalité, c'est pour son peuple entier qu il fut un modèle de verin et de courage. — VirliUix. Dans le grec: àpîvrî:, la vertu proprement dite, la perfection morale. Son nom est assez rarement employé dans la Bible avec cette slgniacation. Cf. xv, 12; Sap. IV, 1; Phil. rv, 8; II Petr. i, 6.

6» Le martyre de sept frères et de leur vaillante mère, vil, 1-42.

Admirable récit, qui prélude à ceux du Martyrologe chrétien. Le quatrième livre ( apo- ' cryphe) des Machabées le développe longuei ment. D'après le vers. 20, c'est en un seul et j même Jour que la mère et ses sept fila furent martyrisés.

Chap. vil — 1. Introduction. — Compelli a rege. La narration suppose d'un bout à l'autre que lo roi en pert-oniie assistait au supplice. Il est vrai qu'il avait quitté depuis longtemps Jérusalem (cf. V, 21); mais rien n'empêche d'admettre avec le Martyrologe romain, l'historien grec Malalas, de nombreuses Églises d'Orient et d'Occident, et divers interprètes, que la scène M passa à Antloche. Comp. vi, 8-9, où notr« auteur

II Mach. VII, 2-6.

2. Mais l'un d'eux, qui était l'aîné, parla ainsi : Que cherches -tu et que veux-tu apprendre de non-? Nous sommes prêts à mourir plutôt que de violer les 'ois de Dieu et de nos pères.

3. Le roi, irrité, ordonna de chauffer des poêles et des chaudières d'airain; et dès qu'elles furent chauffées,

4. il ordonna qu'on coupât la langue à celui qui avait parlé le premier, qu'on lui arrachât la peau de la tête, et qu'on lui coupât les extrémités des mains et des pieds , à la vue de ses frères et de sa mère.

5. Après qu'il l'eut fait ainsi tout mutiler, il ordonna qu'on l'approchât du feu et qu'on le fît rôtir dans la poêle pendant qu'il respirait encore; tandis qu'il y était longtemps tourmenté, les autres avec leur mère s'encourageaient mutuellement à mourir pleins de courage,

6. en disant : Le Seigneur Dieu verra la vérité, et il sera consolé en nous, selon

a pris soin de dire que la persécution contre les Juifs ne sévit pas seulement à Jérusalem , mais dans toute? les villes grecques du royaume.

Fouet autique. ( D'après les monumentB.)

— Flagria et tanreis : des fouets de cordes (liadxiye;) et des lanières de peau de bœuf ( vE'jpâ).

2-6. Supplice du premier frère. — Primua. Dans le grec : TtpoViyopoç, celui qui prend le premier la parole. C.-à-d. que Ihéroïque Jeune homme prit les devants sur le roi, en l'interpellant lui-même. — Quid qvœri!<...f A quoi bon cet Interrogatuire, qui n'est qu'une pure formalité? — Patrias Dei leges : les lois prescrites par le Seigneur aux ancêtres dos Juifs.

— Iratus (vers. 3). Dans le grec : à'/.O'jfj.o: , mis hors de lui-même par la fureur. — Snrtagine» et... Le supplice du feu remont» It à une

2. Unus autem ex illis, qui erat priraus, sic ait : Quid quseris, et quid vis discere a nobis? Parati sumus mori, magis quam patrias Dei leges praevaricari.

3. Iratus itaque rex, jussit sartagines et ollas aeneas succendi; quibus statim succensis,

4. jussit, ei qui prior fuerat locutus, amputari linguam, et, cute capitis abstracta, summas quoque manus et pedes ei praescindi, ceteris ejus fratribus et matre inspicientibus.

5. Et cum jam per omnia mutilus factus esset, jussit ignem adraoveri, et adhuc spirantem torreri in sartagine; in qua cum diu cruciaretur, ceteri una cura matre invicem se hortabantur mori fortiter,

6. dicentes : Dominus Deus aspiciet veiitatem, et consolabitur in nobis.

très haute antiquité; mais cette forme, plus cruelle, était relativement récente. On remplissait probablement les chaudrons (allas; grec : >iov)T£î) de charbons /ardents, et l'on plaçait au-dessus d'eux des poêles gigantesques, qui étaient bientôt chaufifées à blanc. -- Amputari llvguam (vers. 4) : pour punir le Jeune homme de la liberté de son langage. — Cute capitis abslracta. Hérodote, iv, 64, Pline, Eist. nat., VII, 11, et d'autres anciens auteurs citent cette barbarie comme étant pratiquée parles Scythes, et le mot grec itspio-x.'jÔirTavTa;, employé ici, signifie précisément : scalper à la manière des' Scythes.— Summas... prasjcindi. Supplice qu'on volt représenté sur les monuments assyriens et chakléens {Atl. archéol., pi. lxxii, fig. 7). Cf. Dan. II, f,^ et la note; Xénopbon, Anah., i, 9, 13. Le mot grec ày.pcoxripiài^etv signifie : couper les extrémités; c.-à-d., non seulement les mains et les pieds, mais aussi le nez, les oreilles, etc. — Ceteris... et matre... Antiochus espérait ainsi les effrayer et les amener plus aisément à ses fins. — MutihLs factus (vers. 6). Réduit à un misérable état et Incapable de se mouvoir. — Ju>sH ignem. . Grec : Il ordonna qu'on l'approchât du feu. — In qua cum diu... Variante dans le grec : Et comme la vapeur de la poêle se ré-^andait au loin. De même dans le syriaque. L'historien nomme « vapeur » l'odeur de la chair giMllée. — Invicem se hortabantur. Loin d'être iniimidés, 11« étaient au contraire encouragés par ce noble exemple. — Dominas... aspiciet... (vers. 6). Pluiôt, d'après le grec : Le Seigneur contemple, et en vérité 11 se console en nous. — Quemadmotlum... Ils citent, pour justifier leur asseition encourageante, une parole de ifoïse, empruntée à son cantique du Deutéronome, xxxu, 36. — Protcttatione can-

Il Mach. Vil. 7-14.

quemadmodum in protestatione cantici declaravit Moyses : Et in servis suis consolabitiir.

7. Mortuo itaque illo primo hoc modo, peqnentem deducebnnt ad illudendum; et cute capitis ejus cum capillis abstracta, interrogabant, si manducaret prins quam loto corpore per merabra singula puniretur.

8. At ille, respondens patria voce, dixit : Non faciara. Propter quod et iste, sequenti loco, primi tormenta suscepit ;

9. et in ultimo spiritu constitutus, sic ait : Tu quidem, scelestissime, in jirresenti vita nos perdis; sed.rex mundi defunctos nos pro suislegibusin seternae vitœ resurrcctione suscitabit.

10. Post hune tertius illuditur; etlinguam postulatus cito protulit, et manus constanter extendit,

11. et cura fiducia ait : E cpbIo ista possideo, sed propter Dei leges nunc hœc ipsa despicio, qnoniara ab ipso me ea recepturum spero ;

12. ita ut rex, et qui cum ipso erant, mirarentur adolescentis animura, quod tanquam nihilum duceret cruciatus.

13. Et hoc ita defuncto, quartum vexabant similiter torquentes.

14. Et cura jara essct ad raortem, sic ait : Potins est ab honiinibus morti

que ^loïse l'a déclaré dans son cantique par ces paroles : Il sera consolé dans ses serviteure.

7. Le premier étant donc mort de la sorte, ils amenèrent le second pour l'outrager ; et lui ayant arraché la peau de la tête avec les" cheveux, ils lui demandaient s'il voulait manger, plutôt que d'être torturé dans tout son corps, membre par membre.

8. Mais il répondit dans la langue de ses pères : Je n'en ferai rien. C'est pourquoi, lui aussi, il souffrit en second lieu les mêmes tourments que le premier;

9. et près de rendre l'esprit, il parla ainsi : Toi , ô le plus scélérat des hommes, tu nous perds pour la vie présente ; mais le roi du monde nous ressuscitera pour la vie éternelle, nous qui serons morts pour ses lois.

10. Après celui-ci on outragea le troisième; on lui demanda sa langue, qu'il présenta aussitôt, et il tendit courageusement ses mains,

11. et il dit avec confiance : J'ai reçu ces membres du ciel ; mais je les méprise maintenant à cause des lois de Dieu, parce que j'espère qu'il me les rendra un jour; ^

12. de sorte que le roi et ceux qui 1 accompagnaient admirèrent le courage de ce jeune homme, qui considérait comme rien les tourments.

13. Celui-ci étant mort de la sorte, ils tourmentèrent le quatrième, le torturant de la même manière.

14. Et comme déjà il était près de la raort, il dit : Il est avantageux que ceu.K

Hci. Le grec porte : Dans le canliqre qui proteste contre eux en (ace (c-à-d., ouvertement, vivement). AUuslon aux vers. 15-33 de ce cantique, dans lesquels Moïse adresse aux Hébreux d'énergiques reproches au sujet de leure nombreuses Infidélités envers Jéhovah. — /n «eruf/î... L'hébreu dit : 11 aura pltlô de ses serviteurs. La citation est faite d après les LXX : Tta£)ax).r|- ()r,T£6ai, 11 se laissera consoler; puis, au dérivé. Il aura pitié.

7-9. Supplice du second flls. — Ad ilhidendum, L'épitrc aux Ilébrcux semble faire allusion h ce passage, lorsqu'elle dit, xi,36 : « Alll... ludlbrla... expcrtl. » Il n'était que trop conforme aux cruels usages de ces temps ilMusulter iM condamnés avant de les f.ilri mourir. Il est possible, d'ailleurs, que le mot outrage Rolt pris Ici d.ins lo sens larwo de tourment. — CuU eaplU»... On le g<alpa comme son frère. Cr. vers. 4. — m maruîiiearet : de la chair do porc, d'apr<-8 lo ver;". 1. — Toto rori>ore jyr ■• A lui suul . on devait oouper les oxlréiultA» de toua

les membres. Cf. vers. 4-5. — PatHa vore (vers. 8). Enai-améen, Idiome que les Juifs parlaient depuis l'exil. — Non /adani. Brève et énergique réponse. — Scelestissime ( vers. 9 >. Le grec emploie une expression d'une force particulière : àXâcTTo)?, homme coupable de crimes inoubliables.'— Sed rex mundi... Autre parole qui atteste nettement la croyance aux dogmes .le l'immortalité de l'âme et de la résurrection des corps. Elles abondent dans ce récit. Comp. les vers. Il, H, 23, 29, 36; VI, ÏC, etc.

10-12. Martyre du troisième frère. — l'ingiiam... et manus... Il fut, lui aussi, coupé en morceaux. — Gonstanter. D'après le grec : « alacrl animo. » — B cxlo i.ita... (vers. 11). La foi suggérait à tous ces Jeunes héros d'admirables réponses. — Ita nt rex... (vers. 12). Une telle patience et un tel courage dans les tourmonts éUlent choses nouvelles pour le roi et ses ministres.

1314. Le quatrième frère. - SimUlter. Ton- Jour» les mêmes tortures, valUammcut supi-or-

II Maoh. VII, 15-21.

qui sont livrés à la mort par les hommes puissent attendre de Dieu qu'il les ressuscitera ; car pour toi il n'y aura pas de résurrection pour la vie.

15. Ayant fait approcher le cinquième, ils le tourmentaient. Mais lui , regardant le roi , dit :

16. Comme tu exerces le pouvoir parmi les hommes, quoique tu sois mortel, tu fais ce que tu veux ; mais ne t'imagine pas que notre nation soit abandonnée de Dieu.

17. Attends seulement un peu , et tu verras la grandeur de sa puissance et comment il te tourmentera, toi et ta race.

18. Après celui-ci ils amenèrent le sixième ; et comme il commençait à mourir, il dit : Ne t'abuse pas vainement; car nous souffrons ceci à cause de nousmêmes, ayant péché contre notre Dieu, et ce qui nous arrive est digne d'admiration.

19. Mais toi, ne t'imagine pas que tu demeureras impuni , après avoir entrepris de combattre contre Dieu.

20. Cependant la mère extraordinairement admirable et digne du souvenir des bons, qui, voyant périr ses sept fils en un même jour, le supportait avec courage, à cause de l'espérance qu'elle avait en Dieu ,

21. exhortait fortement chacun d'eux dans la langue de ses pères, remplie de sagesse; et, alliant un mâle courage avec la tendresse d'une femme.

téas. — Spem expectare. Le grec emploie le pluriel : des espérances (celles de la résurrection, de la vie éternelle et du bonheur sans fin). — Tibi... non erit. Les ujéchants aussi ressusciteront, mais point advitam, comme le dit si bien le saint jeune homme, et copime le supposent d'autres passages de l'Ancien Testament Cf. Is. Lxvi, 23-24; Dan. xii, 2, etc.

15-17. Le cinquième frère. — Respiciens... Trait dramatique : regardant fixement la roi.— Cum sis corruptibilis (vei-s. 16). Quoique monarque tout-puissant, Épiphane était cependant un homme faible et fragile, comme les autres mortels. — Noli... putare... Ainsi qu'il a été dit plus haut, VI, 12 et ss., le Seigneur ne punissait alors son peuple que pour le purifier et l'améliorer. — Tuautem... (vers. 17). Langage très ironique : Continue d'agir à ta guise et de commettre tes cruautés ; ton tour viendra. — Qualiter te... En parlant ainsi, le jeune martyr exprimait une pensée très souvent exprimée dans ics saints Livres et parfaitement conforme i la Justice divine : à savoir, que les méchanfi sont fréquemment châtiés dès cette vie. Ci. '

datos spem expectare a Deo, iterum ab ipso resuscitandos ; tibi enim resurrectio ad vitam non erit.

15. Et cum admovissent quintum, vexabant eum. At ille respiciens in eum, dixit :

16. Potestatem inter homines habens, cuni sis corruptibilis, facis quod vis; noli autem putare genus nostrura a Deo esse derelictum.

17. Tu autem patienter sustine, et videbis magnam potestatem ipsius, qualiter te et semen tuum torquebit.

18. Post hune ducebant sextum, et is, mori incipiens, sic ait : Noli frustra errare; nos enim propter nosmetipsos hsec patimur, peccantes in Deum nostrum, et digna admiratione facta sunt in nobis.

19. Tu autem ne existimes tibi impune futurum, quod contra Deum pugnare tentaveris.

20. Supra modum autem mater mirabilis, et bonorum memoria digna, quse pereuntes septem filios sub unius diei tempore conspiciens, bono animo ferebat, propter spem quam in Deum habebat,

21. singulos illorum hortabatur voce patria fortiter, refléta sapientia ; et, feminese cogitation! masculinum animum insérons ,

Ex. XX, 5 ; xxxrv, 7 ; Lev. xxvi, 39, etc. Sa menace se réalisa ù la lettre pour Antiochus. Cf. IX , 5-28 ; XIV, 2.

18-19. Le sixième flls. — Ducebant. On le conduisait au supplice. — Noli... Le langage qu'il tient au tyran est encore plus énergique que celui de ses frères. — Frustra errare : en croyant que le peuple juif sera procbainement. extirpé. — Nos enim .- la nation entière, et pas seulement les sept flls et leur mère. — Propter nosmetip.<^o:t ; à cause de leurs péchés. Cf. VI, 12-17. — Contra Deum pugnare (vers. 19j, Telle était au fond l'intention Intime d'Antiochus Épiphane. Cf. Dan. xi, 36.

20-23. Courage admirable de la mère des sept martyrs. — Bonorum memoria... Grec : digne d'un bon souvenir. — Quee pereuntes... I/écrlvaln sacré commente en un très beau langage les épithètes louangeuses par lesqueUes 11 vient de caractériser la conduite de cette mère héroï(iue. C'est dans sa foi qu'elle puisait un 3l grand courage : propter spem... — Singulva... hortabatur (vers. 21) : au fur et à mesure que le moment du supplice venait pour chacua

II Mach. VII, 22-27.

22. dixit ad eos : Nescio qualiter in utero meo .-ïiiparuistis; neque enim ego spiiitum et aiiimam donavi vohis et vitam, et singulorum membra non ego ipsa compegi;

23. sed enim mundi Creator, qui formavit hominis nativitatem, quique omnium invenit originem, et spiritum vobis iterura cum misericordia reddet et vitam, pleut nunc vosmetipsôs despicitis propter leges ejus.

24. Antiochus autem, contemni se arbitratus, simul et exprobrantis voce despecta, cum adhuc adolescentior superesset, non solum verbis hortabatur, sed et cum juramento affirmabat, se divitem et beatura facturum, et translatum a patriis legibus amicum habiturum , et res necessarias ei prasbiturum.

25. Sed ad hîec cum adolescens nequaquam inclinaretur, vocavit rex niatrem, et euadebat ei ut adolescent!

fieret in salutem.

26. Cum autem multis eam verbis esset hortatus, promisit suasuram se tilio

BUO.

27. Itaque inclinata ad illum. irridens crudelem tj-rannum, ait patria voce :

22. elle leur dit : Je ne sais comment vous êtes apparus dans mon sein ; car ce n'est paa moi qui vous ai donné l'esprit, l'âme et la vie, et ce n'est pas moi qui ai joint les membres de chacun de vous ;

23. mais le Créateur du monde, qui a réglé la naissance de l'homme, et qui a déterminé l'origine de toutes choses, vous rendra de nouveau l'e-prit et la vie dans sa miséricorde, parce que vous vous méprisez maintenant vous-mêmes à cause de ses lois.

24. Or Antiochus crut qu'on le méprisait, et, la voix de ses reproclies n'étant pas écoutée, comme le plus jeune restait encore, non seulement il l'exhortait par ses paroles , mais il lui affirmait avec serment qu'il le rendrait riche et heureux, et que, s'il abandonnait les lois de ses pères, il le ferait son ami et lui donnerait les choses nécessaires.

25. Mais comme le jeune homme ne consentait nullement à cela, le roi appela la mère , et il la pressait de s'employer à sauver le jeune homme.

26. Après donc qu'il l'eut exhortée par beaucoup de paroles, elle promit de persuader son fils.

27. C'est pourquoi, s'étant penchée vers lui, se moquant de ce cruel tj'ran,

d'eux. — Voce patria. Voyez le vers. 8. — Fortiter, repleta... Dans le grec : Remplie d'nn esprit courageux. — Femitiefe eogitationi... Elle n'était qu'une Biniple femme, douloureusement émue par les tortures que ses flls subissaient sous ses yeux; mais elle manifestait une énergie toute virile. — Dixit... Le narrateur cite (verâ. 22-23) quelques-unes de ses exhortations, par manière d'exemple. — Nescio qualité^... Cf. Eccl. xi, 6. « La génération et la croissance ont toujours été des mystères, et le demeurent encore', malgré la vivlsectloD et le microscope. La première formation du corps humain dans le sein maternel est fort bien comparée à sa seconde formation, après que la mort et la dissolution auront eu lieu. Elles sont l'une et l'autre une œuvre divine, et demandent pour leur accomplissement un divin pouvoir et une divine connais- Banco. La puissance qu'a Dieu d'opérer la première nous encouragea croire qu'il peut effectuer aussi la seconde. Tel est l'argument de la pieuse mère. > — JUembra. Dans le grec, (TTOf/éttoaiv, r.-â-d., les principes élémentaires du corps humain. — Compegi. Belle métaphore, développée Jtns .lob, X. 8-12 et m., et au Ps. cxxxvni, 13 et sa. — Nativitatem (vers. 23). Grec : YévEo-cv, l'origine. Allusion à Gen. i, 26-27; ii, 7, 18 etss. — Cum miserlrordla. La résarrectlon sera, en eflft, une œuvre de pmnde bonté de la part de Dieu.

S4-26. Manifestation plue mémorable encore

du courage de la mère. — Contemni se... Antiochus n'avait pas compris les paroles qui précèdent, proférées en araméen (cooip. le vers. 21»); mais, d'après le ton sur lequel elles étaient prononcées, ii soupçonna qu'elles contenaient des reproches à son adresse. — Exprobrantis voce... D.ins le grec : 9oupçonnant (n suspecta», au lieu de despecta) le ton du reproche,— Adoleseentior : le septième et dernier des ais. — Uortabatur. Le roi essaya de contrebalancer l'influence maternelle au moyen de brillantes promesses. — Translatum a... Uçlbus. C'était la condition : 11 fallait d'abord que le jeune homme consentit à apostasicr. — Amicum. « Ami » d'après le sens spécial qui a été marqué dans la note de I Mach. ii, 18 ; c.-à-d., l'un des premiers dignitaires royaux, — Et res necessarias... I «'après le grec : Et qu'il lui confierait des dignités (•/p£!a;, » offlcia », de hautes fonctions). — Sed od hiec enm... (vers. 25). Voyant l'insuccès complet de sa démarche, l'odieux tyi'an osa engager la mère à lui prêter son concours pour pervertir elle-nï*me son flls. — Vocavit... et svadebat... Il est possible qu'elle ait compris le grec ; sinon , Antiochus employa un Interprète pour lui exprimer son désir. — Promisit (vers. 2G). Nous allons voir de quelle manière admirable elle tint sa promesse. — InrUnata (vers. 27). Trait dramatique : pour donner plus de force à ses iiaroles. — Mi/serert mel. Cest en demeurant ferme Jusqu'au bout.

II Mac-h. VII, 28-35.

elle dit dans la langue de ses pères : Mon fils, aie pitié de moi, qui t'ai porté neuf mois dans mou seiu, qui t'ai donné mou lait pendant trois ans et qui t'ai nourri, et qui t'ai élevé jusqu'à cet âge.

28. Je te conjure, mon fils, de regarder le ciel et la terre, et toutes les choses qu'ils contiennent, et de comprendre 'jne Dieu les a faites de rien, ainsi que la race des hommes ;

29. de la sorte, il arrivera que tu ne craindras pas ce bourreau ; mais devenant le digue compagnon de tes frères, accepte la mort, afin que je te reçoive avec tes frères dans cette miséricorde que nous attendons.

30. Comme elle parlait encore, le jeune homme dit : Qu'attendez -vous de moi"?

Je n'obéis point au commandement du roi , mais au précepte de la loi qui nous a été donnée par Mo'ise.

31. Quant à toi, qui t'es fait l'auteur de tous les maux pour les Hébreux, tu n'éviteras pas la main de Dieu.

32. Car, pour nous, c'est à cause de nos péchés que nous souffrons ces choses,

33. et si le Seigneur notre Dieu s'est un peu irrité contre nous pour nous châtier et nous corriger, il se réconciliera de nouveau avec ses serviteurs.

34. Mais toi, ô scélérat et le plus abominable de tous les hommes, ne t'élève pas inutilement par de vaines espérances, en t'enflammant de fureur contre ses serviteurs ;

35. car tu n'as pas encore échappé au jugement du Dieu tout -puissant et qui voit tout.

Fili mi , miserere raei , qnse te in utero novem mensibus porta vi, ut lac trieimio dedi et alui,et in astatem istam perdusi.

28. Peto, nate, ut aspicias ad caelum et terram, et ad omnia qwfe in eis sunt, et intelligas quia ex. uihilo fecit illa Deus, et hominum genus ;

29. ita fiet, ut non timeas carnificem istum ; sed dignus fratribus tuis effectua particeps, suscipe mortem, ut m illa miseratione cum fratribus tuis te recipiam.

30. Cum hsBC illa adhuc diceret, ait adolescens : Quem sustinetis ? Non obedio prsecepto régis, sed prsecepto legis, quse data est nobis per Moysen.

31. Tu vero, qui inventor omnis malitiae factus es in Hebrœos, non effugies manum Dei.

Page 1