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CHAPITRE X

1. Maohabœus autem, et qui cum eo waiit, Doruino se protegente, terniilum quidem, et civitatem recepit.

2. Aras autem, quas alienigenae per plateas exstruxerant, itemque delubra dcruolitus est;

3. et purgato templo, aliud altare fecerunt; et de ignitis lapidibus igné coucepto, sacrificia obtulenint post bieuniurn, et iuceiisum, et lucernas, et panes propositionis posuerunt.

4. Quibus gestis, rogabant Dominum, prostrati iu tenam, ne amplius talibus malis inciderent ; sed et si quando peccassent, ut ab ipso niitius corriperentur, et non barbaris ac blasphemis liominibus traderentur.

5. Qua die autem templum ab alienigenis pollutum fuerat, contigit eadem die purificationem fieri, \'igesima quinta mensis, qui fuit casleu.

1. Cependant Machabéc et cent qui étaient avec lui reprirent, grâce à la protection du Seigneur, le temple et la ville.

2. Ils détruisirent les autels que les étrangers avaient dressés sur les places publiques, ainsi que les sanctuaires;

3. et, après avoir purifié le temple, ils érigèrent un autre autel; et, ayant tiré des étincelles de jiierres à feu, ils offrirent des saciù lices après deux, ans, et ils mirent l'encens, les lampes et les pains de proi)osition.

4. Cela fait, ils demandaient au Seigneur, prosternés à terre, de ne plus tomber dans de tels maux ; mais , s'ils péchaient jamais, d'être cliâliés plus doucement par lui, et de n'être plus li\Tés à des barbares et à des blasphémateurs.

5. Or il arriva que la purification du temple eut lieu le même jour où il avait été profané par les étrangers, le vingtcinq du mois de casleu.

6« Judas Machabée purifie le temple de Jéru- Mlem , prof ané par les Syriens. X, 1-9.

Antlochus Épiphane mourut en 163. Or, d'après I Mach. IV, 28, la purification du temple avait précédé d'environ une année cet événement. Le narrateur abandonne donc ici l'ordre chronologique. Voyez la note placée en tête du paragraphe suivant. Le récit parallèle de I Mach. VI, 30-54, e.sit beaucoup plus circonstancié; le nôtre contient néanmoins plusieurs particularités Intéressantes.

Chap. X. — 1. Judas Machabée reprend possession (lu temple et de la ville de Jérusalem.— Templum... et civitatem. Le sanctuaire fut entièrement repris aux Syriens. Quant à la ville, Judas n'en put recouvrer qu'une partie, quoique considérable. Cf. viii, 31 et ss. Les Syriens réussirent à se ninliitenir dans la citailoile jusqu'à l'époque de Simon Machabée. Cf. I Mach. IV, 41 et 88.; VI, 18 et 88.; xiii, 49-51 ; xiv, SC.

î-6. rurlûcation du temple et de la ville. Ara» auUm... Les païens érigeaient volontiers des autels ti leurs dieux dans les rues et les places de leurs cité.s. Ils avaient suivi cette pratique à Jérusah-ni pour la profaner. Cf. I Mach. i, 50 et 67»>. — Delubfa. Dans le grec : TEixévYi , Ira enclos sacié^. Cf. I Mnch. i, 47 (dans le texte grec). — Templo... (vers. 3). Voyez les détails I Mach. iv, 42 et ss. — AUud aUarr. Il s'agit de l'autel des holocaustes, qui avait été souillé odieusement par les pali-ns. Cf. I Ma<h. I, »7; IT, 44-47. — £1 cU içnllU^ C.-à-d., avec

des pierres rendues brûlantes par le frottement. Ce trait est propre à notre livre. Le feu sacré, retrouvé miraculeusement par Néhémie (cf. i, 18 et 6S.), avait été éteint par les Syriens dès le début de la persécution d'Antiochus Épiphane. Pour le rallumer, on eut recours & un moyen naturel, très conforme aux Idées des anciens, d'après lesquels « la nature est pure, tandis que tout ce qui est entré en contact avec l'homme est plus ou moins souillé ». On conçoit donc fort bien que les Juifs n'aient pas voulu porter sur l'autel un feu ordinaire et vulgaire. — Post hienuium. Suivant 1 Mach. i, 47, et IV, 62, il s'était écoulé exactement trois ans entre le Jour où le temple fut profané par les .Syriens et celui où Judas Machabée le imrifla. Notre auteur ne contredit pas certo donnée; s'il ne parle que de deux ans, c'est parce que Judas, autour duquel gravite tout son ricit, n'était pas encore h la tPte du peuple durant la première année. Voyez l'atrlzl. /. c. , p. 256. — Jjicensum, et... Cf. I Ma^h. iv, 50-51, et le commentaire. — Ilogabnnt ( vers. 4 ). L'imparfait marque une supplication prolongée. — Prostrati : dans la plus humble des attitudes de la prière (Âll. arch.. pi. xcvi, fig. 7).— Ul ab ipfo... David avait un Jour adressé ù Dieu cette même demande. Cf. II Reg. xxiv, 14. — Barbaris. Voyez II, 21 et la note. — Qun die... Date de la puril1>'atlou du temple. Comp. I Mach. I, 67; IV, 62-64, et le commentaire.

•-7. Saint enthousiasme avec lequel Ut JuUi

Il Mach. X, 6-9.

6. Ils célébrèrent cette fête avec jnie pendant huit jours , comme celle des Tabernacles, se souvenant que, peu de temps auparavant, ils avaient passé la fête solennelle des Tabernacles sur les montagnes et dans les cavernes, à la manière des bêtes sauvages.

7. C'est pourquoi ils portaient des branches couvertes de feuillage, des ramraux verts et des palmes, en l'honneur de celui qui leur avait procuré la faveur de purifier son temple.

8. Et ils enjoignirent, par une déclaration et une ordonnance générales, à toute la nation des Juifs, de célébrer tous les ans ces jours de fête.

9. Telle fut donc la fin de la vie d'Antiochus, qui fut appelé le Noble.

6. Et cum lœtitia diebus octo egerunt in modum Tabernaculorum, recordantes quod, ante modicum temporis, diem solemnem Tabernaculorum in montibus et in speluncis, more bestiarum, egerant.

7. Propter quod thjTSos, et ramos virides, et palmas prœferebant ei qui prosperavit mundari locum suum.

8. Et decreverunt, commun! praecepto et décrète, universse genti Judîeorum, omnibus annis agere dies istos.

9. Et Antiochi quidem, qui appellatus est Nobilis, vitse excessus ita se habuit.

célébrèrent cette fête. Cf. I Mach. iv, 54*-58. — In modum TalernacWorum. C.-à-d., d'après les rites usités pour la solennité des Tabernacles. Voyez les détails au vers. 7. Comp. Josèphe, .4.71«., xn, 7, et xm, 13, 5. — Recordantes quod... Motif spécial qui engagea les Juifs k emprunter, pour la purification du temple, les cérémonies jusqu'alors réservées à la fête des Tabernacle?. — Ante modinim... Cette fête durait du 15 au 22 tisri (septième mois de l'année Juive, qui correspondait à la fln de septembre et an commencement d'octobre ) ; le mois de « casleu » ou kislev ( cf. vers. 8«> ) , choisi pour pnrlfler le sanctuaire, était le neuvième de l'année ( novembre • décembre ) : deux mois à peine s'étaient donc écoulés depuis qu'on avait célébré la solennité des Tabernacles in montihus et in... — More bestiarum. Détail pathétique. Cf. v, 37. — Propter quod... pr<e/erebant... Voyez Lev. xxui, 40; Neh. viii, 15. — Thyrsos (6-jp<îOUî). Les Grecs nommaient ainsi des baguettes qu'ils couvraient de feuilles de lierre et (le vigne. Ici, ce mot désigne d'une manière générale des branches ornées de feuillage.

8. Institution d'une fête annuelle, en souvenir de cet heureux événement. — Decreverunt... Cf. I Mach. IV, 59 et le commentaire.

9. Conclusion du récit relatif à la mort d'Antiochus Éplphane, et transition au règne de son fils Eupator.

Section III. — Histoire des Juifs de Judéb

80U8 LS GOUVT.RNKMENT D'AJ>TI0CHUS V KT

DB DÉMéTRirs I". X, 10 -XV, 40.

I I. — Victoires remportées par Jtidas ilachabée sur les Iduméens et Ica Soriens.

Nous avons vu plus haut (cf. x, 1) notre auteur substituer l'ordre logique h la suite réelle des événements. C'est ce qu'il va continuer de faire pendant quelque temps : de là quelques difficultés pour faire cadrer sa narration, à partir de oe passage jusqu'à ziii, 26, avec le récit pa-

rallèle du premier livre (cf. I Mach. iv,26-vt,63). De part et d'autre, nous trouvons deux expéditions de Lysias contre les Juifs (cf. I Mach. IV, 26-35 et vi, 17-63); mais le premier livre place la première campagne avant la mort d'Antiochus Épiphane, tandis que le second paraît supposer qu'elle n'eut lieu que plus tard. De part et d'autre aussi, les narrateurs racontent avec quelques développements les combats victorieux des Machabées contre les Iduméens et les autres nations païennes qui avoisinaient la Judée (cf. I Mach. v, 1-68 ; II Mach. x, 16 et ss. ; xn, 1-45); mais, tandis que, dans le premier Uvre, tous ces combats sont traités comme s'ils avaient précédé la mort du persécuteur, et comme s'ils avaient été livrés simultanément ou sans interruption, ils sont séparés en deux groupes, dans le second livre, par une des campagnes de Lysias, et le tout est placé après la mort d'Épiphane. Toutefois ce ne sont là que des contradictions apparentes. En effet, pour ce qui concerne les expéditions de Lysias, la première est exposée d'une manière si difiérente dans les deux livres, qu'il y a tout lieu de croire que les historiens n'ont pas eu en vue une seule et même campagne, mais deux campagnes distinctes, de sorte qu'il y aurait eu, en réalité, trois expéditions de Lysias contre les Juifs. I Mach. rv, 26-35, raconterait la première ; n Mach. XI et ss., la seconde; I Mach. vi, 17-G3, et II Mach. xm, 1 et rs., la troisième. Quant aux guerres de Jmlas contre les païens d'alentour, elles sont certainement les mêmes dans les deux livres , et l'on admet en général que l'ordre suivi par l'auteur du second livre est le meilleur; c'est un groupement logique que l'antre narrateur a opéré. Autre point à expliquer. Si Jason (ou son abréviateur) a placé ces divers événements sons le règne d'Antiochus Eupator, quoique plusieurs d'entre eux se fussent passés du vivant d'Antiochus Épiphane, cela tient au plan qu'il avait adopté. Il ne songeait nullement à écrire les annales régulières et complet es de son peuple, mais seulement à noter

II Mach. X, 10-13.

10. Nunc antem de Eupatore, Antiochi impii filio, quae gesta sunt narrabimus, breviantes mala quœ in bellis gesta

SUDt.

11. Hic enim, supcepto regno, constituit super negotia legni Lysiam quemdam, PhœniciB et Syiiae militise principem.

12. Nam Ptolemaeus, qui dicebatur Macerjusti tenax erga Judseos essecon- Btituit, et prsecipue propter iniquitatem quœ facta erat in eos, et pacifiée agere cura eis.

13. Sed ob hoc accusatus ab araicis apud Eupatorem, cura fréquenter proditor audiret, eo quod Cyprum creditam eibi a Phiiometore deseruisset, et ad Antiocnum Nobilem translatus etiam ab eo recessisset, veneno vitam finivit.

10. Nous raconterons maintenant lea actions d'Eupator, fils de l'impie Antiochus, eu exposant brièvement les maux arrivés pendant ses guen-es.

11. Lorsqu'il prit possession du pouvoir, il établit sur les affaires du royaume un certain Lysias, chef de l'armée de Phénicie et de Syrie.

12. Car Ptolémée, surnommé Macer, résolut d'être tout à fait juste envers les Juifs, surtout à cause do l'injustice qu'on leur avait faite, et d'agir avec eux dans un esprit de paix.

13. Mais, à cause décela, il fut accusé auprès d'Eupator par ses amis, et comme il s'entendait souvent appeler traître, parce qu'il avait abandonné la Chypre, que Philométor lui avait confiée, et qu'après être passé dans le parti d'Antiochus le Noble, il s'était aussi éloigné de lui , il finit sa vie par le poison.

les circonstances les plus essentielle? ; il avait donc le droit de combiner à sa manière, et par conséquent d'Intervertir au besoiB les faits, eest ainsi qu'il a pu, après avoir raconté l'origine de la persécution, puis la mort d'Épiphane et la purification du temple, placer Ja suite de la lutte BOUS le règne d'Eupator ; ce qui d'ailleurs, dans l'ensemble, • lait conforme à la réalité. En outre, 11 ne faut pas i^nLu^r ou'Antlochus Éplphane avait quitté ia S>i.e pour se diriger vers l'Asie Buiiérieure a'ant que Lysias commençât ses expéditions contre les Juifs, et qu'il avait confié à ce général la régence du royaume tt la tutelle de son nis pendant son absence ; dans ces cou dltions, c'est d'une certaine manière sous le gouvernement d'Eupator qu'eurent lieu les campagnes de Lysias. Voyez Patrlzl, de Consmau utriusqv£ libri ifachab., pp. 213 et ss., 387 et ss.

1° Introduction. X, 10-15.

10-13. Lysias remplace Ptolémée comme gouverneur de la Cœlésyrle et de la Phénicie. — Kunc antem... Le vers. 10 sert pour ainsi dire de titre à cette section entière (x, 10 -xv, 40). — Biipatore. Son nom complet était Antlochus ( V ) Eupator. Il n'avait que neuf ans à la mort de son père, et 11 régna de 163-161 avant J.-C. Sur son règne, voyez Appien, Syr., 45; Polybc, XXXI, 12, 7 et 19, 2. — BrevianUs : conforfn<înient au plan adojité pins haut (cf. ii, 31 ). — Jlic... conultlult... (vers. 11). C'est d'Antiochus Eplphane, comme 11 a été rappelé plus haut, que Lysias tenait véritablement ses pouvoirs, et le Jeune roi ne fut qu'un simple Instrument en:re les mains de son t:iteur tout -puissant; mais l'historien adapte naturellement son langage aux apparences extérieures, et parle comme si Enpatnr avait Joui en plein de l'autorité royale. Ojmp. I Mach. vi, 22, 28 et 33, où d'autres actes Importants sont de niCme attribuée à ce prlnoe. — Super neçolia... : en qualité

de premier ministre. - Lysiam quemdam. (Jette locution surprend de prime abord, car elle semblerait désigner un personnage peu connu, tandis que Lysias Jouissait alors d'une grande notoriété, comme notre auteur lui-même nous le dira plus bas (cf. xi, 1). Elle est sans doute employée Ici d'une manière méprisante, à cause du mal fait aux Juifs par le régent. — Phœnicis et Syri<e. Plutôt, d'après le C!od. Alex. : de la Cœlésyrie et de la Phénicie. Sur ces deux provinces, voyez m, 6; iv, 4, etc. iAtl. gèogr., pi. ï). — Militiec principem. Dans le grec : (TTpa-riyôv -po-ap-^ov, le général qui commandait en premier. D'après le vers. 14, Gorglas commandait en second dans les mêmes conditions. — Nam Ptolemœua... (vers. 12). Le même, évidemment, qui a été mentionné vm, 8. — ilacer. Grec : Mâ/.pwv, le long. — Ju'^tt tenax... Grec : Se décidant à pratiquer la justlce envers les Juifs, à cause de l'Injustice qu'on leur avait faite. Les cruautés exercées h leur égard avalent été de teUe nature, qu'elles pouvaient bien exciter la pitié même d'une conscienœ païenne, a. v, 12-23; vi, 1 et ss., 18 et ss.; vu, 1 et ES. — Sed ob hoc... (vers. 13). Ces sentiments généreux et cette noble conduite d« Ptolémée n'étalent malheureusement guère en harmonie avec les Idées de la cour. — Amicls. Non pas les auils personnels du gouverneur, mais les amis du roi, c.-à-d., les premiers offlclers du royaume. Cf. I Mach. ii, 18 et la note: m, 38; vr, 26, etc. — Cum... awllret II s'entendait souvent donner le nom Infamant de trakre. En effet, chargé précé.lemineiit de gouverner l'Ile de Chypre au nom du roi d'Egypte, Ptolémée VI Philométor, à laquelle elle .ipiiartenalt alors, Macron avait abandonné !a cause égyptienne et livré l'Ile à Antlochus Kpiphane (169 avant J.-C). Cf. Polybe, xxvii, 11. Il devait lui être particulièrement dur de l'entendra i '

II Mach. X. 14-19.

14. Or Gorgias, qui commandait eu ces lieux, a3'ant pris des troupes étraiipères, combattait souvent contre les Juifs.

15. Mais les Juifs, qui occupaient des forteresses avantageuses, recevaient ceux qui avaient été chassés de Jérusalem, et cherchaient à faire la guerre.

16. Cependant ceux qui étaient avec Wachabée, ayant conjuré par leurs prières le Seigneur de venir à leur secours , attaquèrent avec vigueur les forteresses des Iduméens;

17. et, après de vigoureux efforts, ils s'emparèrent de ces places, mirent à mort ceux qu'ils rencontrèrent, et tous ensemble n'égorgèrent pas moins de vingt mille hommes.

18. Et comme quelques-uns s'étaient réfugiés dans deux tours très fortifiées, où ils avaient tout ce qui était nécessaire pour se défendre,

19. Machabée laissa pour les forcer Simon, Joseph et Zachée, et les hommes assez nombreux qui étaient avec eux, et il partit lui-même pour des expéditions qui pressaient davantage.

14. Gorgias autem, cum esset dux locorum, assumptis advenis, f requeuter Judaîos debellabat.

15. JudaM vero, qui tenebant opportunas munitiones, fugatos ab Jerosolymis suscipiebant, et bellare tentabant.

16. Hi vero qui erant cum Machabœo, per orationes Dominum rogantes ut esset sibiadjutor, impetum fecerunt in munitiones Idumseorum ;

17. multaque vi insistentes, loca obtinuerunt, occurrentes interemerunt, et omnes simul non minus viginti millibus trucidaverunt.

18. Quidam autem, cum confngissent in duas turres valde munitas, omnem apparatum ad repugnandum habentes,

19. Machabseus ad eorum expugiTationem, relicto Simone, et Josepho, itémque Zachseo, eisque qui cum ipsis erant satis multis, ipse ad eas, qure amplius perurgebant, pugnas con versus est.

procher cette trahison par cenx-là même qui en avalent le plus profité. — Nobilem. Éplphane, d'après le grec. — Translattis. C-à-d., qu'il s'était déclaré partisan d'Antloohns IV. — Etiam ab eo... Si la leçon de la Vulgate est exacte, ces mots signifient simplement que Ptolémée Macron , en traitant les Juifs avec bonté, avait cessé d'agir conformément aux volontés du roi de Syrie. Le texte grec est assez obscur en cet endroit. Il peut signifier : Voyant qu'il n'était pas dans une place honorable ; ou bien : Et ne portant pas son autorité comme U convient à un homme noble.

14-16. Le général syrien Gorgias fait la guerre aux Juifs de concert avec les Iduméens. Ce passage et le suivant (vers. 16-23) sont parallèles au récit de I Mach. v , 2 - 3 , qu'ils complètent notablement, — Gorgias a. été mentionné ci- dessus (cf. viii, 9) comme « un capitaine expérimenté ». Il avait Joué un rôle important dans la campagne de Nicanor contre Judas. Cf. 1 Mach. IV, 1-5, 18-22. — Assumptis advenis. Son armée se composait donc en grande partie demercenalres étrangers, suivant la coutume de ces temps. — JucUei vero... (vers, 15). Selon la Vulgate, U s'agirait <i des Juifs renégats qui tenaient pour Antiochus et qui retiraient dans leurs forteresses cea.x que Judas chassait de Jérusalem » (Calmet, h. l.). Le grec a une variante considérable : Et en union avec eux (avec les mercenah-es ; ou , d'après le Cod. Vat. : en union avec lui, c.-à-d., avec Gorgias), les Idnméens aussi, qui occupaient certaines fortere&seg avantageuses, luttaient contre les JuU».

Dans cette expédition, Gorgias eut donc les Iduméens pour alliés.

2° Avantages remportés par Judas sur les Iduméens. XI, 16-23.

Ce passage est sans doute le développement de I Mach. v, 3.

16-17. Il réussit à reprendre les villes juives dont les Iduméens s'étaient emparés. — Per orationes. C'était là, très régulièrement, le premier acte de Judas avant d'attaquer l'ennemi. Cf. vni, 2 et ss. ; I Mach. m, 44, etc. — Mu7Miones : les places fortes qui ont été mentionnées au verset précédent. EUes étalent situées dans la région sud -est de la Judée. — Multaque vi... (vers. 17). Détails qui montrent avec quelle vigueur les Iduméens résistèrent, et aussi combien la victoire de Judas fut complète.

18-23. Incident particulier de cette campagne. — Quidam autem... D'après le grec : Plusleura, qui n'étaient pas moins de 9 000. — Duaa turres. Selon toute vraisemblance, des forteresses proprement dites, et pas de simples tours, puisqu'elles pouvaient contenir un si grand nombre de soldats. Voyez le vers. 23'» et la note. — Omnem apparatum... Elles étalent très approvisionnées en vivres et en armes. — Mâchah<mis,... relicto... ( vers. 19 ). Le siège de ces deuA forteresses était une entreprise relativement secondaire, que Judas pouvait confier à ses subordonnés; pour lui, 11 jugea melllenr de s'élancer vers des conquêtes plus importantes. — Simone. Son frère aîné. Cf. I Mach. n, 3. — Josepho.Ou croit qu'ici comme au chap. viii, vers. 23,11 faut lire Jean an Heu de Joseph. Dans o« cas, U

II Mach. X, 20-24.

'20. Ili vero qui cura Simone erant, cupiditate ducti, a quibusdam qui in turribus erant suasi snnt jiecunia, et Kcptuaginta millibus didrachmis acceptis, dimiserunt quosdam efïugere.

21. Cura autem Machabseo nuntiatum esset quod factum est, principibus populi congregatis, accusa vit, quod pecunia fratres vendidissent, adversariis eorum dimissis.

22. Hos igitur proditores factos interfecit, et confestim duae turres occupavit.

23. Armis autem ac manibus omnia prospère agendo, in duabus munitionibus plus quam \nginti millia peremit.

24. At Timotheus, qui prius a Judœis fuerat superatue, convocato exercitu peregrinae multitudiais, et congregato

20. Mais ceux qui étaient avec Simon, poussés par la cupidité, furent gagnés à l)rix d'argent par quelques-uns de ceux qui étaient dans les tours, et, ayant reçu soixante-dix mille didrachmes, ils en laissèrent échapper quelques-uns.

21 Mais lorsqu'on eut rapporté k Machabée ce qui avait eu lieu, il assembla les princes du peuple, et accusa ces hommes d'avoir vendu leurs frères pour de l'argent, en laissant échapper leurs ennemis.

22. Il fit donc mourir ceux qui étaient devenus des traîtres, et il s'empara aussitôt des deux tours.

23. Et, tout cédant heureusement & ses armes et à ses efforts, il tua dans ces deux forteresses plus de vingt mille hommes.

24. Mais Timothée, qui avait auparavant été vaincu par les Juifs, ayant levé une armée de troupes étrangères

serait question d'un autre frère de Judas. Zacbée est entièrement Inconnu. — La locution hi... qui eum... (vers. 20) désigne les principaux officiers de Simon. — Cupiditate drLcti. Fait unique Jusqu'Ici dans la lutte el généreuse des Juifs pour leur indépendance religieuse et politique. — Septtuiginta millibus... Le grec ne parle que de drachmes, et non de didrachmes. La drachme valait environ soixante -dix -sept centimes depuis l'époque d'Alexandre le Grand ; ce qui fait une somme totale de 60 900 francs. — Cum... nuntiatum... (vers. 21). Vraisemblablement, lorsque Judas revint de l'expédition signalée naguère (cf. vers. 19i>). On comprend la peine très vive que cette conduit* égoïste et déloyale lui causa. — Principibus^.: les principaux officiers, réunis en conseU de guerre. — Fratres vendidissent. L'expression n'est pas exagérée; en effet, mettre en liberté de si cruels ennemis, c'était leur rendre le pouvoir de massacrer les Juifs. — Inter/ecit. (.vers. 22). La mort seule pouvait expier un tel forfali — Confestim... occupavit : par une attaque soudaine et vigoureuse. — Armia... ac manibus... (vers. 23). Grec : Ayant réussi par les armes en tout ce qu'il avait entre les mains; c.-à-d., dans tout oe qu'il avait entrepris.— Plus quam viginti... Il y a peut-être Ici une erreur de transcription, puisque, d'après le vers. 18 (voyez le commenUilre), neuf mille hommes seulement s'étalent réfugiés dans les deux tours, et qu'un certain nombre d'entre eux avalent recouvré ensuite leur liberté (cf. vers. 20). Mais il est bon de remarquer que le narrateur dit ici: in duabus ■inunitlcmibus ( ô-/uptô(xa<Tt), et non: dans les deux tours. Celles-ci étalent donc ou des citadelles proprement dites, ou les points avancés do deux places fortes qui renfermaient dnn troupes oonstdérablee, contre lesquelles Judas eut k lutter.

8« Victoires remportées par Juda.<< sur le général syrien Timothée. X, 24-38.

Cette campagne paraît être identique à celle qui est brièvement racontée I Mach. v, 6-8. Dana ce cas. elle aurait été, elle aussi, antérieure à la mort d'ÉpIphane.

24. Timothée menace d'envahir la Judée avec une très forte anné& — Timotheus, qui prius.„ Comp. vm, 30. L'auteur du premier livre n'a pas mentionné cette première défaite. — Exercitu peregHnse... Comme au vers. 14«. — Ei congregato... Dans le grec : Ayant rassemblé

Soldat romain à cheval. ( D'après la colonne do Marc-Aarèle.)

des chevaux d'Asie, point en petit nombre. La haute Asie tout entière était renommée pour see chevaux. La Médie et la Perse étalent IM oontréea qo' en foumlssaleat le ploa. — AdvemU

II Mach. X, 25-31.

et aBsemblé de la cavalerie d'Asie, s'avança comme pour s'emparer de la Judée par les armes.

25. Or, comme il approchait, Machabée et ceux qui étaient avec lui conjuraient le Seigneur, la tête couverte de terre et les reins ceints de ciliées,

26. prosternés au pied de l'autel, de leur être propice et d'être l'ennemi de leurs ennemis et l'adversaire de leurs adversaires, comme dit la loi.

27. Ainsi, après la prière, ayant pris les armes, et s'étant avancés assez loin de la ville, ils s'arrêtèrent lorsqu'ils furent près des ennemis.

28. Dès que le soleil commença à paraître, les deux armées engagèrent le combat, les tms ayant, outre leur valeur, le Seigneur même pour garant de la victoire et du succès, les autres n'ayant que leur courage pour guide dans la lutte.

29. Mais, au plus fort du combat, cinq hommes apparurent du ciel aux ennemis, sur des chevaux ornés de freins d'or, servant de guides aux Juif*

30. Deux d'entre eux, ayant Machabée au milieu d'eux, le couvraient de leurs armes, et le conservaient sain et sauf; mais ils lançaient des traits et la foudre contre les ennemis, qui tombaient frappés d'aveuglement et mis en désordre.

31. Il y en eut vingt mille cinq cents de tués, et six cents cavaliers.

equitatu asiano, advenit quaei armis Judaeam capturus.

25. Machabœus autem, et qui cura ipso erant, appropinquante illo, deprecabantur Dominum, caput terra aspergentes, lumbosque ciliciis pr?ecincti ,

26. ad altaris crepidinem provoluti, ut sibi propitius, inimicis autem eorum esset inimicus, et adversariis adversaretur, sicut lex dicit.

27. Et ita post orationem, sumptis armis, longius de civitate procedeutes, et proximi hostibus effecti, resederunt.

28. Primo autem solis ortu utrique commiserunt, isti quidem victorise et prosperitatis sponsorem cum virtute Dominum habentes, illi autem ducem belli animum habebant.

29. Sed, cum vehemens pugna esset, apparuerunt adversariis de cselo viri quinque in equis, frenis aureis decori, ducatum Judœis prsestantes.

30. Ex quibus duo Machabseum médium habentes, armis suis circumseptum incolumem conservabant ; in adversarios autem tela et fulmina jaciebant, ex quo et caecitate confusi, et repleti perturbatione, cadebant.

31. Interfecti sunt autem viginti millia quingenti, et équités sexcenti.

quasi... Cette loontlon exprime fort bien le projet et les espérances de Tlmothée.

25-26. Judas et ses soldats se préparent au combat par la prière. Couip. le vers. 16. — Caput terra... En signe d'humiliation. Cf. I Reg. IV , 12 ; II Reg. i , 2 ; Neh. ix , 1 ; I Mach. xi , 72, etc. — Lumbosque... Autre signe de deuil. Cf. I Mach. in, 47, etc. — Ad oZtaris... (vers. 26). Sur la base qui supportait l'autel des holocaustes dans la cour du temple. Judas et ses troupes étalent donc alors à Jérusalem. — InimUsls..., sicut lex... Allusion à Ex. xxin, 22 : Je serai un enneiui pour tes ennemis, et un adversaire pour tes adversaires.

27-31. Le combat. — Longiu» âe civitate^. Les Juifs allèrent jusque sur la frontière des Ammonites, d'après I Mach. v, 6. Timothée, voyant personnellement qu'il s'exposait b. un échec certain en attaquant Jérusalem, s'était retiré de l'antre côté du Jourdain. — Besedemyit. Judas n'attaqua pas Immédiatement les Syriens , mais campa en faco d'eux jusqu'au lendemain matin. — Utrique commiserunt... (vers. 28). Le narrateur relève, sous la forme antithétique qui lui estcbire, l'entrain avec lequel les deux armées

s'élancèrent l'une contre l'autre. Les Juifs avaient deux garants de la victoire : le Seigneur, qu'ils avaient pieusement Invoqué (cf. vers. 25), et leur propre courage (cum virtute). Leurs advei-salres ne pouvaient compter que sur leur fureur guerrière (ducem... animum...). Lee meilleures chances de succès étaient donc du côté des Juifs. — Sed, cu/n... (vers. 29). Pendant quelque temps, les deux armées se disputèrent vivement la victoire; puis, tout ù coup, le Seigneur intervint miraculeusement en faveur de son peuple. — Viri in equis. Comme l'ange qui avait frappé Héllodore (cf. m, 25), et comme celui qui vint plus tard secourir Judas (cf. XI, 8). — Frenis aureis. Grec : avec des réiies d'or. — Decori. Plutôt : brillants, éclatants (StaTïpETteïç). — Ex quibus duo (vers. 30). Dans le grec : Les deux (avec l'article) ; c.-à-d., les deux principaux. — Fulmina... Un violent orage éclata donc au milieu de la bataille. — Cœcitate... Les Syriens tombaient, aveuglés par les éclairs et percés par les javelots. Aussi un très grand nombre d'entre etix restèrent but le terrain (vers. 31).

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