‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 782 sur 832 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

1. Sed poet triennii terapus, cognovit Judas, et qui cum eo erant, Demetrium Seleuci, cum multitudine valida, et navibus, per portum Tripolis ascendisse ad loca opportuna,

2. et tenuisse regiones ad versus Antiochum, et ducem ejus Lysiam.

3. Alcimus aut^m quidam, qui summus sacerdos fuerat, sed voluntarie coinquinatus est temporibus commistionis, considerans nullo modo sibi esse salutem, neque accessum ad altare,

4. venit ad regem Demetrium, centesimo quinquagesimo anno, offerens ci

1. Mais, trois ans après, Judas et ceux qui étaient avec lui apprirent que Démétnus,^/.î de Séleucus, s'était avancé avec une puissante armée et des vaisseaux, par le port de Tripoli, vers des positions avantageuses,

2. et qu'il s'était rendu maître du pays contre Antiochus et son chef Lysias '

3. Or un certain Alcime, qui avait' été grand prêtre, et qui s'était volontairement souillé au temps du mélange des Juifs avec les païens, considérant qu'il n y avait plus de salut pour lui, ni d'accès à l'autel,

4. vint trouver le roi Démétrius, en la cent Cinquantième année, et lui offrit-

laquelle on adressait la parole au peuple. — Exposuit..., sedavit^. Autre passage concis et rapide. Comp. les vers. 19*>, 22'», 23<>.

I V. — Nieanor, général du roi Démétrius, est encore battu par Judas. XIV, 1 - XV, 40. 1« Sur la suggestion de l'ancien grand prêtre Alcime, Démétrius envole Nlcanor contre les Juifs t la têto d'une puissante armée. XIV, 1-14. Récit parallèle à celui de I Mach. vu, i etssj avec les divergences de déUIl que présentent d'ordinaire deux écrits indépendants l'un de l'autre, traitant du même fait.

Chap. XIV. — 1-2. Introduction : Démétrius I" monte sur le trône de Sjrie après avoir renversé Antiochus Eupator. Comp. I Mach. v:i, 1-4.— Post triennii Umpus. Le point de départ est la date Indiquée en dernier Heu, XIII, 1. En la comparant avec celle du vers. 4 d'apr6s le texte grec, on voit que les trois années sont prises dans un sens large, h 1? façon orientale.— Demetrium SeUuci. Sur ce prince, voyez I Mach.vn, 1 et le commenulre. — Cum muiliiudine valida. Les partisans fort i)eu nombreux qu'il eut d'abord, d'après le premier livre, ne tardèrent pas à former une véritable armée' lorsque les troupes d'Eupator ee furent déclarées en faveur du nouveau prétendant et eurent mis ix mort son rival. - Tripolis. Ville phénicienne d'une hante antiquité, aujourd'hui Tarabonlou», sur la c«te syrienne, au nord de Sldon entre Beyrouth et Roaad Ull. géogr., \,\. xni)! On Inl avait donné ce nom (Trois villes) parce qu'elle c ge composait de trois colonies venant de Sldon, de Tyr et d'Aradus, Insuilécs à un BUde l'une de l'autre ». — Au lieu de asrendi»»e ad... opportuna, on Ht slmplement dans lo grec : ayant navlpué. - Adver-

sus Antiochum (vers. 2). Grec : Après avoir tué Antiochus et son protecteur Lysias Cf I Mach. VII. 2-4. En réalité, ce furent les soldats d'Eupator révoltés qui commirent ce double meurtre.

3-10. Alcime excite le nouveau roi à attaquer Judas Machabée. Cf. I Mach. vii, 25. — AMmut Prêtre apostat, qui fit un très grand mal à ses compatriotes, U la manière de Jason et de Ménélatis. Cf. I. Mach. vn, 5. — Qui summus sacerdos... Le premier livre ne signale pas ce fait • mais nous savons, par Josèphe, qn'Alclme avait été élevé pnr Lysias au souverain pontificat après la mort de MéniîlaQs. — Coinquinatus : en adoptant les pratlque.5 grecques, contrairement aux prescriptions de la loi Juive. - TempoHbus eommtsaonia.Notre nuteur nomme ainsi l'époque où la dépravation du paganisme commença & pénétrer peu h peu en Judée, les mœurs helléniques et les mœurs juives s'étant alors mélangées, au grand détriment de ces dernières. Cf. rv 7-19; VI, 1-9, et surtout I Mach. i, 12-16 — Considtrans... Motifs qui décidèrent Alcime à Intervenir alors auprès du roi de Syrie; comme pour SCS deux Indignes prédécesseurs. Ils consistèrent uniquement dans l'Intérêt personnel et des visées ambitieuses. Cf. iv, 7 et ss., 23 et ss. — Nullo modo... saluUm. Tant que le parti orthodose demeurait victorieux, ce renégat, qui avait prU une attitude (rés hostile t,a vrai judaïsme, courait en réalité de grands dangen» pour sa vie. Il était très évident aussi qu'en ce» conditions 11 ne serait Jamais reconnu comme grand prêtre par Judas et ses partisans : vequa accessum... — Ventt ad regem (vers. 4). D'apr*» I Mach. VII, 6 et 25 , Alclmo vint par deux fols trouver le roi Démétrius pour l'exciter contr» »«• Juif». Il s'agit Ici fie la Boconde audience.

II Mach. XIV, 5-8.

coronam auream, et palmam, super haec et thallos , qui terapli esse videbantur ; et ipsa quidem die siluit.

5. Terapus autera opportunum dementiœ suaî nactus, convocatus a Demetrio ad consilium , et interrogatuB quibus rébus et consiliis Judœi niterentur,

6. respondit : Ipsi qui dicuntur Aesidsei Judaeorara, quibus prseest Judas Machabaens, bella nutriunt, et seditiones movent, nec patiuntur regnum ease quietutn.

7. Nam et ego defraudatus parentum gloria, dico autem Bummo sacerdotio, hue veni ,

8. primo quidem utilitatibus régis fidem servans, secundo autem etiam civibus consulens; nam illonim pravitate universum genus nostrum non minime vexatur.

une couronne et une palme d'or, avec des rameaux qui semblaient appartenir au temple ; et ce jour -là il garda le silence.

5. Mais ayant trouvé une occasion favorable à sa folie, appelé au conseil par Démétrius, et interrogé sur quels fondements et sur quels conseils les Juifs s'appuyaient ,

6. il répondit : Ceux des Juifs qu'on nomme Assidéens, dont Judas Macliabée est le chef , entretiennent la guerre , excitent les séditions et ne souffrent pas que le royaume soit en paix.

7. Car moi-même, dépouillé de la gloire de mes pères, je veux dire du souverain sacerdoce, je suis venu ici,

8. premièrement, pour garder fidélité aux intérêts du roi; en second lieu, pour procurer aussi l'avantage de mes concitoyens ; car, par la perversité de ces hommes, notre nation n'est pas peu tourmentée.

comme 11 résulte du contexte et de la comparaison des deux récits. — Centesimo quiiujuagesimo... Dans le grec : L'an 151 (de l'ère des Séleucldes). C.-ii-d., d'oct. 1G2 à oct. 161 avant J.-C. — Offerens...Sc\on l'usage oriental, et pour gagner les favears du monarque. — Coronam...

OoaroDDe roj-ale. ( D'aiirns une pierre gravée.)

Bnr la coutume d'offrir nlors aux rois des couronnes d'or, voyez I Mach. x, 29 et xiii, 27,

l'almam. Une palme d'or, évideninient. C'était un emblème de victoire. Cf. I Mach. xiii, 37. — Tnallos, qui umpH... A. la lettre dans le grec: Quelques -unps des branches d'olivier accoutumées du temple; c.-ù-d. semblables h celles qu'on donnait en présent au sanctuaire ]ul(. Ces branches étalent aussi en or ciselé; c'était un symbnle de paix. D'après la variante de la Vulgate, on pré-

sumait qu'Alclme les avait. dérobées au temple pour les offrir à Démétrius. — Ipsa... die siluit (grec : il se tint tranquille). Le premier jour, Âlcime, aussi habiie que perfide, se contenta d'apporter ses présents ; il ne fit pas la moindre requête, pour ne pas sembler vouloir acheter les bonnes grâces du roi. — Temp^u... detnentia... (vers. 5). C.-à-d., un temps favorable à son entreprise criminelle, que le narrateur, suivant en cela le langage biblique, nomme une a folle > sous le rapport moral. — Convocatus... ad consilium. Grand honneur et grand succès pour lui ; son plan avait réussi pleinement. — Quibus rebtis et consiliis... Grec : dans quelles dispositions et dans quel dessein les Juifs se trouvaient. — Respondit... Son discours, dont nous avons un excellent résumé (vers. 6-10), est un tissu de mensonges et de calomnies, mais très habilement présentés. — Qui... Assidasi. Sur ce nom et sa signification, voyez I Mach.ii, 42 et la note. Comp. VII, 13 et ss., dans le même livre. Ce dernier passage nous montre avec quelle insigne niiuivaise fol Alcime attaquait alors les Assid(:•eII^ qu'il avait traités avec une infâme cruauté. Nec patiuntur... Rien de plus faux, car la paix aurait au contraire régné aussitôt en JuJée, si les Syriens avaient loyalement accordé aux .lulfs orthodoxes le droit de pratiquer leur religion, et d'obéir à leur propre loi en toute liberté. — Nam et ego... ( vers. 7). Alcime introduit maintenant ses affaires personnelles, comme par manière d'exemple, et sons le faux semblant do servir les intérêts du roi et ceux de ses concitoyens. Comp. le vers. 8. Il se donne comme la malheureuse victime des plus odleuFcs machinations. — Parentum gloria. « La gloire ( provenant) des ancêtres », c'était Je souverain ixintlficat, dignité héréditaire dans la famille d'Aaron,

II Mach XIV, 9-16.

9. Je t'en prie donc, à roi, après avoir pris connaissance de toutes ces choses, viens au secours du pays et de la nation, selon ta bonté connue de tous;

10. car, tant que Judas vivra, il' est impossible que la paix soit dans les affaires.

11. Après qu'il eut ainsi parlé, tous les autres amis du roi, qui étaient hostiles à Judas, excitèrent Démétrius.

12. Celui-ci envoya aussitôt en Judée, comme général, Nicanor, qui commandait les éléphants,

13. lui ordonnant de s'emparer de Judas lui-même, de disperser ceux qui étaient avec lui, et d'établir Alcime souverain prêtre du très grand temple.

14. Alors les païens qui s'étaient enfuis de la Judée, loin de Judas, se joignirent par troupes à Nicanor, regardant les misères et les défaites des Juifs comme la prospérité de leurs propres affaires.

15. Les Juifs, ayant donc appris l'arrivée de Nicanor et l'union des nations, se couvrirent de terre et prièrent celui qui s'était choisi un peuple, et qui protège son héritage par des miracles manifestes, de le conserver éternellement.

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