‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 204 sur 847 · In illis diebus pugnabant filii Ammon contra Israël · texte numérisé non relu

In illis diebus pugnabant filii Ammon contra Israël

5. Quibus acriter instantibus, perrexerunt majores natu de Galaad, ut tollerent in auxilium sui Jephte de terra Tob ;

6. dixeruntque ad eum : Veni , et esto princeps noster, et pugna contra filios Ammon.

7. Quibus ille respondit : Nonne vos estis, qui odistis me, et ejecistis de domo patris mei? et nunc venistis ad me necessitate compulsi.

8. Dixeruntque principes Galaad ad Jephte : Ob hanc igitur causam nunc ad te venimus , ut proficiscaris nobiscum, et pugnes contra filios Ammon, sisque dux omnium qui habitant in Galaad.

9. Jephte quoque dixit eis : Si vere venistis ad me, ut pugnem pro vobis contra filios Ammon, tradideritque eos Dominus in manus meas, ego ero vester princeps '?

10. Qui responderunt ei : Dominus, qui haec audit, ipse mediator ac testis est, quod nostra promissa faciemus.

Jephte de la maison, en lui disant: Vous ne pouvez pas être héritier dans la maison de notre père, parce que vous êtes né d'une autre mère.

3 Jephte, les fuyant donc et les évitant, demeura au pays de Tob; et des gens qui n'avaient rien et qui vivaient de brigandage s'assemblèrent près de lui , et le suivaient comme leur chef.

4. En ce même temps, les enfants d'Ammon combattaient contre Israël.

5. Et comme ils pressaient vivement les Hébreux, les anciens de Galaad allèrent trouver Jephte au pays de Tob, pour le faire venir à leur secours.

6. Ils lui dirent donc : Venez, et soyez notre prince pour combattre contre les enfants d'Ammon.

7. Jephte leur répondit : N'est-ce pas vous qui me haïssiez, et qui m'avez chassé de la maison de mon père? Et maintenant vous venez à moi , parce que la nécessité vous y contraint.

8. Les notables de Galaad lui répondirent : Nous venons vous trouver, afin que vous marchiez avec nous, que vous combattiez contre les enfants d'Ammon, et que vous soyez le chef de tous ceux qui habitent en Galaad.

9. Jephte leur répondit : Si c'est avec un désir sincère que vous venez m'engager à combattre pour vous contre les enfants d'Ammon, en cas que le Seigneur me les livre entre les mains, serai -je votre chef?

10. Ils lui répondirent : Que le Seigneur, qui nous entend, soit entre vous et nous, et soit témoin que nous voulons accomplir nos promesses.

XXV, 6; Deut. xxm, 2-3. — In terra Tob: province syrienne située au nord de la Pérée, II Eeg. X , 6. Là, d'autres hommes éprouvés par le malheur (hébr. : réqim; cf. ix, 4, et l'explication) vinrent se placer sous les ordres de Jephte; comme plus tard David , I Reg. xxn, 2, 11 utilisa leurs services contre les ennemis de sa patrie ; mais non contre ses propres citoyens , à lu façon d'Abimélech.

4-10. Les habitants de Galaad offrent le poufoir à Jephte. — La formule in illis diebus renoue le fll historique, et nous ramène à x, 17. — Iii auxilium sui Jephte : il s'était acquis une brillante réputation par ses faits d'armes — Esto princeps. L'hébr. qasln désigne un chef militaire (et pugna...; cf. Jos. x, 24). Jephte ne se contentera pas de ce rôle incomplet, mais il demandera de conserver le pouvoir, même en temps de paix (vers. 9). — Nonne vos estis...? Amer reproche. Non que les notables eussent été les

auteurs directs de répulsion; mais Ds ne s'y étalent pas opposés. Ils s'excusent (vers. 8) en disant qu'ils viennent précisément pour réparer le mal (.ob hanc... causam). — Si vere : sérieusement et sincèrement. Cf. ix, 15, 16, 19. — Ero... princeps (hébr.: l'rô's, à la tête)? Certes U n'y a pas là le désintéressement de (îédéon (vni, 22-23); mais ce trait s'explique par l'éducation première de Jephte , par son caractère aigri et ses récents exploits ; il veut être sûr de l'avenir Souvent Dieu se sert d'Instruments Imparfaits.

— Dominus, qui... audit : formule de serment,

— Fecitque... omnis populiis. Les tribus ratifièrent la promesse de leurs chefs , et installèrent solennellement Jephte dans ses fonctions : pri7i,cipein sui (hébr. : l'rô's ul'qastn, chef civil et chef militaire). — Locutusque„. sernioues suos : Jcphté renouvelle de son côté ses promesses antérieures (vers. 9). n fut le premier chef Israélite élu par la voix du peuple. — Coram Domino.

JuD. XI, 11-17.

11. Jephté s'en alla donc avec les notables de Galaad , et tout le peuple l'élut pour son chef. Jephté, ayant fait d'abord toutes ces protestations devant le Seigneur à Maspha, •

12. envoya ensuite des ambassadeurs au roi des enfants d'Ammon, pour lui dire de sa part : Qu'y a-t-il de commun entre vous et moi? Pourquoi êtes -vous venu m'attaquer et ravager mon pays?

13. Le roi des Ammonites leur répondit : C'est parce qu'Israël, lorsqu'il venait d'Egypte , m'a pris mon pays depuis les confins de l'Ai-non jusqu'au Jaboc et jusqu'au Jourdain. Rendez - le-moi donc maintenant de vous-mêmes , et demeurons en paix.

14. Jephté donna de nouveau ses ordres aux ambassadeurs , et leur commanda de dire au roi des Ammonites :

15. Voici ce que dit Jephté : Les Israélites n'ont pris ni le pays de Moab ni le pays des enfants d'Ammon ;

16. mais , lorsqu'ils sortirent d'Egypte, ils marchèrent par le désert jusqu'à la mer Rouge; et étant venus à Cadès,

17. ils envoyèrent des ambassadeurs au roi d'Edom, et lui firent dire : Laissez-nous passer par votre pays ; et le roi d'Edom ne voulut point accéder à leur demande. Ils envoyèrent aussi des ambassadeurs au roi de Moab, qui dédaigna de leur accorder le passage. Ils demeurèrent donc à Cadès,

11. Abiit itaque Jephté cum principibus Gi-alaad, fecitque eum omnis populus principem sui. Locutusque est Jephté omnes sermones suos coram Domino iu Maspha.

12. Et misit nuntios ad regem filiorum Ammon, qui ex persona sua dicerent Quid raihi et tibi est, quia venisti contra me ut vastares terram meam?

13. Quibus ille respondit : Quia tulit Israël terram meam quando ascendit de .flCgypto, a finibus Arnon usque Jaboc atque Jordanem; nunc ergo cum pace redde mihi eam.

14. Per quos rursum manda vit Jephté , et imperavit eis ut dicerent régi Ammon :

15. Hœc dicit Jephté : Non tulit Israël terram Moab, nec terram filiorum Ammon ;

16. sed quando de ^gypto conscenderunt, ambulavit per solitudinem usque ad mare Rubrum, et venit in Cades;

17. misitque nuntios ad regem Edom, dicens : Dimitte me ut transeam per terram tuam; qui noluit acquiescere precibus ejus. Misit quoque ad regem Moab, qui et ipse transitum praebere contempsit. Mansit itaque in Cades ,

Cette locution désignant assez fréquemment le tabernacle (cf. XX , 26 ; XXI, 2 ; Ex. xxxrv, 34 ; Jos. xvm, 8, etc.), plusieurs commentateurs ont conjecturé que l'arche aurait été transportée, pour cette circonstance , de Silo ( note de Jos. xvru , 1 ) à Maspha de Benjamin (Jos. xvm, 26); mais c'est une hypothèse sans fondement. Maspha est la vUle de Griilaad nommée précédemment, x, 17, et les mots « devant Jéhovah d dénotent une cérémonie religieuse accomplie sous le regard du Seigneur présent partout.

4° Négociations de Jephté avec le roi des Ammonites. XI, 12-28.

Jephté ne redoutait pas la guerre ; sa conduite l'a suffisamment prouvé (vers. 3, 9). Il veut néanmoins essayer d'obtenir la paix sans verser de sang , et il se montre aussi excellent diplomate •lue soldat courageux.

12-13. Première ambassade. — Misit nuntios: en tant que chef souverain d'Israël ; aussi appellera-t-11 le pays terram meam. — Quid mihi et tibi ? Quels griefs le roi des Ammonites avait - il contre les Hébreux? — La réponse, vers. 13, n'est pas moins flèro que les paroles de Jephté ; mais elle fausse en réalité l'histoire, pour jiermettre aux Ammonites de revendiquer leur ancien

territoire. Les mots tulit Israël terram meam ne sont exacts qu'en apparence. Israël n'avait pas attaqué les Ammonites ni les Moabites après la sortie d'Egypte , Dieu le leur ayant formellement interdit (Deut. n, 9, 19). Il est vrai qu'ils avaient alors conquis le royaume de Séhon, dont une partie avait autrefois appartenu à Moab et à Ammon (Num. XXI, 24-30) ; mais cette circonstance ne les regardait pas , et leur prise de possession du territoire entier de Séhon était légitime. — Arnon usque Jahoc : entre l'ouadi Modjib et l'ouadl Zcj-ka {Atl. géogr., pi. vu et xii).

14-27. Deuxième ambassade. — Jephté répond à la grave accusation des Ammonites en rétablissant la vérité historique des faits : son petit discours est très net , très énergique, et en même temps très conciliant dans la forme. Les droits d'Israël sur la province contestée sont démontrés au moyen de trois arguments. — Premier raisonnement, vers. 15-20. C'est celui que nous venons de faire nous -même à propos du vers. 13 : les Hébreux n'ont rien pris directement aux Ammonites, et lis n'ont pas à s'occuper de l'origino des conquêtes de Séhon. Jephté expose sincèrement les faits tels qu'ils s'étaient passés depuis la sortie d'Egypte, omettant ce >|ul n'allait na

ni — ^ JCD. XI, 18-24.

18. et circuivit ex latere terram Edom et terram Moab, venitque contra orientalem plagam terrœ Moab, et castrametatus est trans AmoQ, nec voluit intrare terminos Moab ; Amon quippe confinium est terras Moab.

19. Misit itaque Israël nuntios ad Sehon, regem Amorrhseorum, qui habitabat in Hesebon, et dixerunt ei: Dimitte ut transeam par terram tuam usque ad fluvium.

20. Qui et ipse Israël verba despiciens, non dimisit eum transire per termines Buos, sed intinita multitudine congregata , egressus est contra eum in Jasa, et fortiter resistebat ;

21. tradiditque eum Dominus in manus Israël eum omni exercitu suo ; qui percussit eum, et possedit omnem terram Amorrhaei habitatoris regionis illius,

22. et universos fines ejus, de Arnon usque Jaboc, et de solitudine usque ad Jordanem.

23. Dominus ergo Deus Israël subvertit Amorrhaeum, pugnante contra illum populo suo Israël ; et tu nunc vis possidere terram ejus?

24. Nonne ea quae possidet Chamos deus tuus, tibi jure debentur? Quje autem Dominus Deus noster victor obtinuit, in nostram cèdent possessionem ;

18. et ayant côtoyé le pays d'Edom pt le pays de Moab, ils vi irent sur le côté oriental du pays de M lab , et ils campèrent au delà de l'Arnon, sans vouloir entrer dans le pays de Moab ; car l'Arnon est la frontière de la tene de Moab.

19. Les Israélites envoyèrent ensuite des ambassadeurs vers Séhon, roi des Amorrhéens, qui habitait dans Hésébon, pour lui dire : Laissez -nous passer par vos terres jusqu'au Jourdain.

20. Séhon, méprisant comme les autres la demande des Israélites, leur refusa le passage par ses terres ; et ayant assemblé une armée innombrable, il marcha contre les Israélites à Jasa , et il leur résista de toutes ses forces.

21. Mais le Seigneur le livra entre les mains d'Israël avec toute son armée, et Israël le défit et se rendit maître de toutes les terres des Amorrhéens qui habitaient en ce pays -là,

22. et de tout ce qui était renfermé dans leurs limites, depuis l'Arnon jusqu'au Jaboc, et depuis le désert jusqu'au Jourdain.

23. Ainsi le Seigneur, le Dieu d'Israël, ruina les Amorrhéens, lorsque les Israélites, son peuple, combattaient contre eux, et vous prétendez maintenant que ses terres vous appartiennent?

24. Ne croyez-vous pas avoir droit de posséder ce qui appartient à Chamos votre dieu? Il est donc bien plus juste que nous possédions ce que le Seigneur notre Dieu s'est acquis par ses victoires.

Ji sa thèse et insistant sur le reste. — Non tulit Israël... : c'est le résnmé de la réponse ; les développements viennent ensuite, vers. 16 et ss. — Ambulavit per solitudinem : les pérégrinations à travers l'Arable Pétrée. — Ad mare Rubrum... in Codes. Quand les Hébreux vinrent camper pour la seconde fols à Cadèsbamé, ils passèrent auparavant par la station d'Asiongaber, située vers la pointe du goUe Élanitique iAtl. géogr., pi. v). Cf. Num. xxxni, 36. — Nuntios ad... Edom. Cf. Num. XX, 14 et ss. — Ad... .1/oob. Détail nouveau, que n'avalent signalé ni les Nombres ni le Deutéronome. — Mansit in Cades : « des jours nombreux, » Deut. n, 1. — Circuivit... Edom. Cf. Num. xx, 22; xxi, 4. Long et pénible circuit, rendu nécessaire par le mauvais vouloir des Iduméens. — Nec voluit intrare... Uoab : le Seigneur l'ayant Interdit, Deut. n, 9. — J/islt... ad Sehcm. Cf. Num. xxi, 21; Deut. n, 26-29. — Hesebon: l'Hesbân moderne, en face de l'extrémité septentrionale de la mer Morte. Séhon avait enlevé cette ville aux Moabites. Cf. Hum. XXI 27-30. — Usque ad fluvium : le Jour-

dain, qu'Us avalent à franchir pour pénétrer en Chanaan. Mais l'hébreu porte : Jusqu'à ma place ; c.-à-d. la Terre sainte, que Dieu leur avait promise. — Ipse... despiciens (vers. 20), Hébr. : 11 ne se fla pas. Séhon ne put croire que les Hébreux traverseraient paciflquement son territoire. — In Jasa. « Jazer k de Num. xxi, 32, à l'ouest de Rabbath-Ammon. — Deuxième raisonnement, vers. 21-24 : Jéhovah a donné ce pays aux Hébreux. Possedit... terram, Amorrhcei : pays des Amorrhéens , et non plus des Ammonites. iJ'après le droit des gens tel qu'il a été de wut temps en vigueur, les anciens propriétaires ne pouvaient en aucun façon réclamer ces provinces aux Israélites. Cf. Grotius, De jure belli, m, 6, 7. — Et tu nunc vis...î Israël n'aurait donc lutt^ contre Séhon que pour reconquérir au profit des Ammonites et des Moabites, sans que ceux-ci eussent pris part au combat, les districts qu'ils avalent autrefois possédés? — Nonne ea qua... Chamos. Argument « ad hominem », tiré de 1» religion des Ammonites. Chamos était le dlau national de Moab et d'Ammon. Cf. Num. xxi.

JrD. XI, 25-31.

25. Est-ce que vous êtes plus grand que Balac, lils de Séphor, roi de Moab? ou pouvez -vous faire voir qu'il ait formulé des plaintes contre les Israélites, ou qu'il leur ait pour cela déclaré la guerre,

26. tant qu'Israël a habité dans Hésébon et dans ses villages, dans Aroër et dans les villages qui en dépendent, ou dans toutes les villes qui sont le long du Jourdain, pendant trois cents ans? D'où vient que pendant tout ce temps -là vous n'avez fait aucune démarche pour entrer dans ces droits prétendus?

27. Ce n'est donc point moi qui vous fais injure; mais c'est vous qui me la faites, en me déclarant une guerre inique. Que le Seigneur soit notre arbitre, et qu'il décide aujourd'hui ce différend entre Israël et les enfants d'Ammon.

28. Mais le roi des enfants d'Ammon ne voulut point se rendre à ce que Jephté lui avait fait dire par ses ambassadeurs.

29. L'esprit du Seigneur vint donc sur Jephté, et, parcoui-ant tout le pays de Galaad, de Manassé, et de Maspha de Galaad, il passa ensuite chez les enfants d'Ammon,

30. et il fit ce vœu au Seigneur : Seigneur, si vous livrez entre mes mains les enfants d'Ammon,

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