‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 271 sur 847 · RUTH, II · texte numérisé non relu

RUTH, II

13. Elle lui répondit :J'ai trouvé grâce k vos yeux, mon seigneur, qui m'avez consolée, et qui avez parlé au cœur de votre servante, bien qu'elle ne soit pas comme l'une de vos servantes.

14. Booz lui dit : Quand l'heure du repas sera venue, venez ici, et mangez du pain, et trempez votre morceau dans le vinaigre. Elle s'assit donc à côté des moissonneurs, et se versa de la bouillie ; elle en mangea , se rassasia, et garda le reste.

15. Elle se leva de là pour continuer à recueillir des épis. Or Booz donna cet ordre à ses gens : Quand même elle voudrait couper l'orge avec vous, ne l'empêchez pas.

16. Jetez même exprés des épis de vos javelles, et laissez -en debout, afin 'lu'elle n'ait point de honte de les recueillir, et qu'on ne la reprenne jamais de ce qu'elle aura ramassé.

17. Elle glana donc dans le champ jusqu'au soir; et ayant battu avec une baguette les épis qu'elle avait recueillis, et en ayant tiré le grain , elle trouva environ la mesure d'un éphi d'orge, c'està-dire trois boisseaux.

18. S'en étant chargée, elle revint à la ville, et les montra à sa belle- mère; elle lui présenta aussi et lui donna les restes de ce qu'elle avait mangé, et dont elle avait été rassasiée.

19. Sa belle -mère lui dit : Où avezvous glané aujourd'hui, et où avez-vous travaillé? Béni soit celui qui a eu pitié de vous. Riith lui indiqua celui dans le champ duquel elle avait travaillé, et lui dit que cet homme s'appelait Booz.

là. Quœ ait : Inveni gratiam apud oculos tuos, domine mi, qui consolatus es me, et locutus es ad cor ancillse tuœ, quae non sum similis unius puellarum tuarum.

14. Dixitque ad eam Booz : Quando hora vescendi fuerit, veni hue, et comede panem, et intinge buccellara tuam in aceto. Sedit itaque ad messorum latus, et congessit polentam sibi, comeditque, et saturata est, et tulit reliquias.

15. Atque inde surrexit ut spicas ex more colligeret. Prsecepit autem Booz pueris suis, dicens : Etiamsi vobiscum metere voluerit , ne prohibeatis eam ;

16. et de vestris quoque manipulis projicite de industria, et remanere permittite, ut absque rubore colUgat, et colligentem nemo corripiat.

17. Collegit ergo in agro usque ad vesperam; et quae collegerat virga csedens et excutiens, invenit hordei quasi ephi mensuram, id'est très modios.

18. Quos portans reversa est in civitatem, et ostendit socrui suse; insuper protulit, et dédit ei de reliquiis cibi sui, quo saturata fuerat.

19. Dixitque ei socrus sua: Ubi hodie collegisti, et ubi fecisti opus? sit benedictus qui misertus est tui ! Indicavitque ei apud quem fuisset operata, et tiomen dixit viri, quod Booz vocaretur.

paroles non moins dignes que modestes. La langue dts Moabites différait à peine de celle des Hébreux, comme le démontre l'inscription du roi Mésa, découverte en 1868 (note de IV Reg. m, 4, ec AU. archéol., pi. lxviii, flg. 6, 14). — Reliqueris parentes. L'hébreu est plus explicite : ton père et ta mère. — Quem... nesciehas. Hébraïsnie, pour désigner un peuple étranger. Cf. Is. lv, 5 ; Zach. vn, 14. — Sub cujus... alas. Belle et expressive métaphore. Cf. Ps. xc, 4. — Locutus es ad cor. C.-à-d. suavement, amicalement. — Quce non sum similis...: moi qui ne suis pour vous qu'une étrangère. — De plus en plus touché par la modestie et la réserve discrète de Ruth, Booz lui adresse une nouvelle invitation, supérieure aux précédentes : quando hora vescendi...

"[i^-U. Après l'entretien. — Congei^sit païen- Inm... Hébr. : Il (Booz) lui présenta du qâli; '•-à-d. du blé grillé, qui formait alors comme aujourd'hui, au temps de la moisson, la base de la nourriture du peui^e. Cf. I Reg. xvu, 17;

XXV, 18; II Reg. xvn, 28 (dans l'hébreu). — Tulit reliquias: le reste de la portion qu'on lui avait servie ; elle le réservait pour sa belle-mèi-e (vers. 18). — Prtecepit... Booz. Il met le comble à sa bienveillance par ces ordres donnas aux moissonneurs. Au lieu de vobiscum metere, l'hébreu dit : glaner entre les gerbes ; par conséquent, là où 11 restait le plus d'épis épars. On ne permettait pas cela Indistinctement, à cause des abus qui se seraient produits.

17-18. Huth rentre le soir auprès de Noéml. — Virga ccedens : pour n'avoir que le grain à emporter. — Ephi mensuram. La Vulgate ajoute la glose explicative : id est très modios. l^'éfah valait 38 litr. 88 : glanure considérable pour un seul jour; on volt que les serviteurs de Boos avaient obéi k ses recommandations (vers. 16).

19-22. Dialogue entre Noémi et Ruth. — UH hodU... Noéml est tout étonnée en voyant une quantité si considérable de gram, et elle devina que sa bru avait été l'objet d'une bienveillance

RlTTH, IL 20 — III, 4.

20. Cui lespondit Noemi : Benedictus ïiî a Domino, quoniam eamderu gratiam' quam prsebuerat vivis ge^va^^t et mortuis ! "Rursumque ait : Propinquus noster est horao.

21. Et Ruth : Hoc quoqiie, inqnit, prJBcepit mihi, ut tamdiu messoribus ejus jungerer, donec omnes segetes meterentur.

22. Cui dixit socrus : Melius est, filia raea, ut cum puellis ejus exeas ad metendum, ne in aliène agro quispiam résistât tibi.

23. Juncta est itaque puellis Booz , et taradiu cum éis messuit, donec hordea et triticum in horreis conderentur.

20. Noémi lui répondit : Qu'il Hoit béni du Seigneur ; car il a gardé la même bonne volonté pour les morts qu'il a eue pour les vivants. Et elle ajouta : Cet homme est notre proche parent.

21. Ruth lui dit : Il m'a donné ordre encore de me joindre à ses moissonneurs jusqu'à ce qu'il ait recueilli tous see grains.

22. Sa belle -mère lui répondit . Il vaut mieux, ma fille, que vous alliez moissonner avec les servantes de cet homme, de peur que quelqu'un ne vous fasse de la peine dans le champ d'un autre.

23. Elle se joignit donc aux filles de Booz, ?t elle moissonna constamment avec elles, jusqu'à ce que les orges et les blés eussent été mis dans les greniers.

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