Dixit ergo ei Elcana, vir suus
Anna, car fies? et quare non comedis?
et quam ob rem affligitur cor tuum ?
Numquid non ego melior tibi sum quam decem filii?
9. Surrexit autem Anna postquara comederat et biberat in Silo. Et Heli sacerd(jte sedente super sellam ante postes templi Domini,
10. cum esset Anna amaro animo , oravit ad Dominum, flens largiter;
sacrifices. Les deux fils dHéli, Ophni ei Phinées, y faisaient la fonction de prêtres du Seigneur.
4. Un jour donc Elcana, ayant ofEert son sacrifice, donna à Phénenna sa femme, et à tous ses fils et à tontes s«< filles leur part de la victime.
5. Il n'en donna qu'une à Anne, tout triste, parce qu'il l'aimait. Mais le Seigneur l'avait rendue stérile.
6. Phénenna, qui avait de la jalousie contre elle, l'affligeait aussi et la tourmentait extrêmement, jusqu'à l'insulter de ce que le Seigneur l'avait rendue stérile.
7. Elle la traitait ainsi tous les ans lorsque le temps était venu de monter au temple du Seigneur ; et Anne se mettait à pleurer, et ne mangeait point.
8. Elcana, son mari, lui dit donc : Anne, pourquoi pleurez -vous? pourquoi ne mangez-vous pas et pourquoi votre cœur s'afflige-t-il ? Ne suis- je pas pour vous plus que ne vous seraient dix enfants ?
9. Après donc qu'Anne eut mangé et bu à Silo, elle se leva ; et tandis que le grand prêtre Héli était assis sur son siège devant la porte du temple du Seigneur,
10. Anne, qui avait le cœur plein d'amertume, pria le Seigneur en répandant beaucoup de larmes.
plus de deux cent soixante fois dans l'Ancien Testament ( deux fois seulement dans le Nouveau, Rom IX, 28, et Jac. v, 4). Souvent les LXX ont inséré le mot (7aoaw9 dans leur traduction, en se bornant à modifier légèrement sa forme primitive ; c'est de là qu'il a passé dans les prières liturgiques. Ces armées du Seigneur ne sont autres que les anges ( note de Jos. v, 14). — In Silo. Cest dans cette ville, entre Er-Râm et Naplouse, que l'arche résidait habituellement depuis Josué. (Cf. Jos. xviu, 1 et le Comment;ilre.) — Duo filii Heli... Note destinée à préparer la suite du récit, ii, 12 et ss. — PhevenruB... partes : leur part des sacrifices pacifiques, ou d'actions de grâces; car le rituel mosaïque accordait aux donateurs une certaine quantité de ces viandes sacrées. Cf. Lev. vu, 11 et ss. — A'ina .. partent unam tristis. L'hébreu parait plutôt signifier : à Anne... une portion de doux; c.-à-d. une double part Elcana voulait montrer ainsi à Anne qu'elle ne lui était pas rucins chère, malgré sa stérilité (quia... diligebat). Voyez Gen. XLni, 34, et l'explication. — Afflitjebat... Les jalousies intestines , ce cruel Inconvénient de la polj'gamle, même d;ins les meilleures familles < Gen. xxx , 1 et es.). — Ut ex^ probraret.. Les Hébreux, rt en général les Orien-
taux, ont toujours regardé la stérilité comme ub opprobre et comme un châtiment divin. — Sicque... per singulos annos. Et chaque année l'insulte devenait plus cruelle, à mesure qu'Anne perdait l'espérance d'avoir des enfants. Aussi, flehat, non capiebat... : traits pathétiques, de même que les paroles consolantes d'Elcana ( melifjr... quam decem... : dix, chiffre rond pour dire : un grand nombre; cf. Ruth, rv, 15).
2° La prière d'Anne et son vneu. i, 9-18.
Charmant récit, tout vivant sous nos yeux.
9-11. La prière. — Pontquam comederat... Leg mots a non capiebat cibum » du vers. 7 ne signifient pas qu'Anne ne prenait absolument aucune nourriture. De plus, la tournure hébraïque ( « après manger et après boire » ) semble s'appliquer aux repas de la famille en général. — Heli saccrdoU... : le grand prêtre d'alors ; il descendait d'Aaron par Ithamar. Cf. I Par. xxiv, H. Phinées, le dernier pontife dont il a été fait mention (Jud. xx, 28;, était fils d'Éléazar; on ignore dans quelles circonstances le souverain pontificat avait passt d'une famille à l'autre. — Super sellam : un slègo d'apparat, comme l'indique l'emploi de l'article (le siège) dans le texte primitif. Cf. iv, 13. — Ante postes templi: c.-à-d. à l'entrée du t:i''ernacle , pour présider et pour surveiller. — Voluvi
[ Um. 1, 11-19.
11. et elle fit un vœu en ces termes : Seigneur des îirmées, si vous daignez regarder l"aflliction de votre servante, si vous vous souvenez de moi, si vous n'oubliez point votre servante, et si vous donnez à votre esclave un enfant mâle, je le donnerai à mon Seigneur pour tous les jours de sa vie, et le rasoir ne passera point sur sa tête.
12. Comme Anne demeurait ainsi longtemps en prière devant le Seigneur, Héli jeta les yeu.K sur sa bouche.
13. Or Anne parlait dans son cœur, et l'on voyait seulement remuer ses lèvres, sans qu'on entendît aucune parole. Héli crut cpi'elle avait bu avec excès ;
14. et il lui dit : Jusqu'à qr.«nd serezvous ivre '^ Laissez un peu reposer le vin qui vous trouble.
15. Anne lui répondit : Pardonnez-moi, mon seigneur, je suis une femme comblée d'affliction ; je n'ai bu ni vin, ni rien qui puisse enivrer ; mais j'ai répandu mon âme en la présence du Seigneur.
16. Ne croyez pas que votre servante soit comme l'une des filles de Bélial ; car il n'y a que l'excès de ma douleur et de mon afHiction qui m'ait fait parler jusqu'à cet instant.
17. Alors Héli lui dit : Allez en paix ; et que le Dieu d'Israël vous accorde la demande que vous lui avez faite.
18. Anne lui répondit : Plaise à Dieu que votre servante trouve grâce devant vos yeux! Elle s'en alla ensuite, elle mangea, et elle ne changea plus de visage comme auparavant.
19. S'étant ensuite levés dès le matin, ilB adorèrent le Seigneur, s'en retour-
11. et votiim vovit, dicens : Domine exercituum , si respiciens videris afflictionem famuhe tnae, et recordatus mei fueris, nec oblitus ancillse tuae, dederisque servae tuse sexura virilem, dabo eum Domino omnibus diebus vitse ejus, et novacula non ascendet super caput ejus.
12. Factum est autem, cum illa multiplicaret preces coram Domino , ut Heli observaret os ejus ;
13. porro Anna loquebatur in corde suo, tantumque labia illius movebantur, et vox penitus non audiebatur. .^stimavit ergo eam Pleli temulentam,