Saiil dit alors à Achimelech
Écoutez, fils d'Achitob. Achimelech lui répondit : Me voici, seigneur ?
13. Saiil ajouta : Pourquoi avez -vous conjuré contre moi, vous et le fils d'Isaï? Pourquoi lui avez-vous donné des pains et une épée , et pourquoi avez-vous consulté Dieu pour lui afin qu'il s'élevât contre moi, lui qui ne cesse jusqu'à ce jour de me tendre des embûches ?
14. Achimelech répondit au roi : Ya-t-il quelqu'un parmi tous vos serviteurs qui vous soit auKsi fidèle que Da\-id, lui qui est le gendre du roi, qui marche pour exécuter vos ordres, et qui est honoré dans votre maison ?
15. Est-ce aujourd'hui que j'ai commencé à consulter le Seigneur pour lui ?
de parlement en plein air », qui semble avoir été très solennel, car Saiil voulait traiter d'une matière des plus Imijortantes à ses yeux. — Filii Jeviini. C.-à-d. Benjaminites. Interpellation très nabile ; car il était de toute évidence que David, arrivé au pouvoir, réserverait les positions les plus avantageuses à ceux de sa tribu, et en dépouillerait les serviteurs de Satll. — Conjuraslis... Au sarcasme succède la plainte amère. — Filius meus fœdus... : ce fait était venu, on ne dit pas de quelle manière, à la connaissance du roi. • - \0. L'Iduméen Doëg. Comp. le Ps. u. com-
posé tout exprès contre ce traître. — Erat primus... : tout étranger qu'il fût. — Filium Isai est dédaigneux, comme aux vers. 7 et 8. — Qui consvluit... : ce trait n'avait pas été noté précédemment,
11-13. Saiil mande h Gabaa le grand [irétre et tous les prêtres de Nob, et il reproche vtveraent à Achimelech sa conduite à l'égard de David.
14-15. L'apologie du pontife est franche et courageuse. Après un bel éloge de David (vers. U), il aborde directement le fait allégué par le roi et 8€ disculDS de deux manières ; 1» d'autr«jg
I Reo. XXII, 16-23.
Loin de moi ! et que le roi ne conçoive pas un soupçon si désavantageux de moi, ni de toute la maison de mon père ; car votre serviteur n'a su quoi que ce soit de cette affaire.
16. Le roi lui dit : Vous mourrez, Achimélech, vous et toute la maison de votre père.
17 II dit ensuite aux gardes qui l'environnaient : Tournez -vous et tuez les prêtres du Seigneur ; car ils sont d'intelligence avec David. Ils savaient qu'il s'enfuyait, et ils ne m'ont point averti. Mais les officiers du roi ne voulurent pas porter leurs mains sur les prêtres du Seigneur.
18. Alors le roi dit à Doëg : Toi, tourne-toi et jette -toi sur ces prêtres. Et Doëg l'Iduméen, se tournant contre les prêtres, se jeta sur eux, et tua en ce jour -là quatre-vingt-cinq hommes qui portaient l'éphod de lin.
19. Il alla ensuite à Nobé, qui était une ville des prêtres, et il fit passer au fil de l'épée les hommes et les femmes, sans épargner les petits enfants, ni ceux même qui étaient à la mamelle, ni les bœufs, ni les ânes, ni les brebis.
20. Mais l'un des fils d'Achimélech , fils d'Achitob, qui s'appelait Abiathar, s'échappa et s'enfuit vers David ;
21. et il vint lui dire que Saûl avait tué les prêtres du Seigneur.
22. David répondit à Abiathar : Je savais bien, ce jour -là, que Doëg l'Iduméen, qui était présent, ne manquerait pas d'avertir Saiil, Je suis cause de la mort de toute la maison de votre père.
23. Demeurez avec moi, et ne craignez rien. Si quelqu'un cherche ma vie, il cherchera aussi la vôtre, et vous serez sauvé avec moi.
rex adversus servum suum rem hujuscemodi in universa domo patris mei ; non enim scivit servus tuus quidquam super hoc negotio, vel modicum, vel grande.
16. Dixitque rex ; Morte morieris, Achimélech, tu et oranis domus patris tui.
17. Et ait rex emissariis qui circumstabant eum. Convertimini , et interficite sacerdotes Domini, nam manus eorum cum David est; scientes quod fugisset, et non indicaverunt mihi. Noluerunt autem servi régis extendere manus suas in sacerdotes Domini.
18. Et ait rex ad Doeg : Convertere, tu, et irrue in sacerdotes. Conversusque Doeg Idumaeus irruit in sacerdotes, et trucidavit in die illa octoginta quinque viros vestitos ephod lineo.
19. Nobe autem, civitatem sacerdotum, percussit in ore gladii, viros et mulieres, et parvulos et lactentes, bovemque, et asinum, et ovem in ore gladii.
20. Evadons autem unus filius Achimélech, filii Achitob, cujus nomen erat Abiathar, f ugit ad David ,
21. et annuntiavit ei quod occidisset Saul sacerdotes Domini.
22. Et ait David ad Abiathar : Sciebam in die illa quod, cum ibi esset Doeg Idumaeus, procul dubio annuntiaret Sauli. Ego sum reus omnium animarum patris tui.
23. Mane mecum, ne timeas; si quis qusesierit animam meam, quasret et animam tuam, mecumque servaberis.
fols déjà 11 avait consulté le Seigneur au nom de David, donc l'acte en lui-même n'était pas un crime; y» il ignorait de quoi il s'agissait, par conséquent il n'a pas conspiré.
16-19. Le massacre. — La cruelle sentence. Tors. 16 ; vers. 17, refus des « coureurs » du roi Cemissarii de la Vulg. ; cf. vni, 11 et la note) de tremper leurs mains dans le sang des prêtres (les coureurs royaux remplissaient parfois le rôle de bourreaux ; cf. IV Reg. x, 25 ) ; ▼ers. 18, Doëg est chargé de cette répugnante et sacrilège fonction : non cependant qu'il ait dû personnellement égorger tous ces prêtres, ses serviteurs l'y aidèrent sans doute. Sur les mots ephod lineo, voyez le commentaire de ii, 18. — Sobe autem... Boucherie plus horrible encore.
Cette ruine avait été prédite à Héli, ii, 81.
5» Abiathar, flls d'Achimélech, échappe au massacre et se réfugie auprès de David. XXII, 20-23.
20-23. Sdelam... (vers. 22). Ne connaissant que trop le caractère du roi, David avait eu ce douloureux pressentiment; et, vivement Impressionné, 11 s'accuse d'avoir été l'occasion, quoique Involontaire, du malheur qui avait atteint la famille sacerdotale. — Mane mecum. Compensation accordée par David, avec sa générosité accoutumée. Abiathar fut dès lors son compagnon habituel dans la mauvaise et dans la bonne fortune, exerçant auprès de lui les fonctions de grand prêtro. Cf. xxin, 9 ; xxx, 7 ; II Kog. li, l.
I Reo. XXIII, 1-8.