CHAPITRE XXV
1. Mortuus est autem Samuel ; et congregatus est unii ersus Israël, et planxerunt eum, et sepelierunt eum in domo 8ua in Ramatha. Consurgensque David descendit in desertura Pharan.
2. Erat autem vir quispiam in solitudine Maon, et possessio ejus in Carmelo, et homo ille magnus nimis, erantque ei oves tria millia et mille caprse. Et accidit ut tonderetur grex ejus in Carmelo.
3. Nomen autem viri illius erat Nabal, et nomen uxoris ejus , Abigail ; eratque mulier illa prudentissima et speciosa; poiTO vir ejus diurus et pessimus et malitiosus; erat autem de génère Caleb.
4. Cum ergo audisset David in deserto quod tonderet Nabal gregem suum ,
5. misit decem juvenes , et dixit eis : Ascendite in Carmelum, et venietis ad Nabal, et salutabitis eum ex nomine meo pacifiée,
6. et dicetis : Sit fratribus meis et tibi pax, et domui tuae pax, et omnibus quœcumque habes sit pax.
7. Audivi quod tonderent pastores tui, qui erant nobiscum in deserto ; nunquam eis molesti fuimus , nec aliquando defuit
1. Or Samuel mourut ; et tout Israël, s'étant assemblé, le pleura ; et il fut enterré dans sa maison de Ramatha. Alors David descendit dans le désert de Pharan.
2. Or il y avait dans le désert de Maon un homme dont les biens étaient à Carmel. Cet homme était extrêmement riche. Il avait trois mille brebis et mille chèvres. Et il arriva qu'il faisait tondre ses brebis à Carmel.
3. Il s'appelait Nabal, et sa femme, Abigaïl. Abigaïl était très prudente et fort belle ; mais son mari était un homme dur, brutal, et très méchant. Il était de la race de Caleb.
4. David, ayant donc appris dans le désert que Nabal faisait tondre ses brebis,
5. lui envoya dix jeunes hommes, auxquels il dit : Montez à Carmel et allez trouver Nabal. Saluez -le de ma part civilement,
6. et dites-lui : Que la paix soit à mes frères et à vous ; que la paix soit sur votre maison ; que la paix soit sur tout ce que vous possédez.
7. J'ai su que vos pasteurs, qui étaient avec nous dans le désert, tondent vos brebis; nous ne leur avons jamais été à
♦<> Mort de Samnel. XXV, 1«.
Chap. XXV. — 1«. Mortuus est... : à l'âge d'environ quatre-vingts ans ; perte énorme pour Israël, quoique le rôle actif de Samuel eût depuis longtemps cessé. — Congregatus est universus... Deuil public, comme pour Moïse, Deut. xxxrv, 6. — Sepelierunt... in domo... Non dans la maison même, ce qui était interdit par la loi, mais dans ses déiiendancea (cour ou jardin). Cf. Num. XIX, 16; II Reg. xxi, 18.
ô» Dayll est vivement ottensé par Nabal. XXV, 1M3.
l'>-3. Préliminaires : David dans le désert de Pharan, Kabal à Carmel. Récit très dramatique.
— In âeserto Pharan. Nom général du vaste et «ride district qui est borné à l'ouest par l'Egypte, «n sud par le massif du Sinaï, à l'est par les monts iduméens.au nord par la Palestine. Voyez )a note de Num. x, 12, et VAtl. géagr., pi. v.
— In solitudine Maon. L'hébr. dit simplement : à Mnon. Voyez la note de xxiii, Vé"». — Possessio ^ns. Littéral.: son occupation, ses affaires. Nabal avait donc sa résidence à Maon et ses propriétés a Carmel (sur ceUe autre localité, voyez xv, !/•
et le couiinuuiaire;. — Magnus nimis, dans le eeus de i très riche ». li^àbal : nom qui signifie € insensé n (vers. 25). Abigaïl était au contraire prudentissima ; louange dont la suite du récit prouvera la parfaite vérité. — De génère Caleb : le héros si célèbre dans l'ui=u>ire de la conquéie de Cbanaan. Cf. Num. xiii, 31 et ss. ; Jos. xv, 13. 4-9. Message de David à Nabal. — Audisset... quod tonderet. Cette opération a toujours été, en Orient, une occasion de vives réjouissances (cf. II Reg. xm, 23-27). Alors les grands propriétaires de troupeaux se montrent d'ordinaire très généreux. Les cheikhs arabes en profitent pour leur adresser, soit directement, soit par des messagers spéciaux, la même demande que David, et presque dans les mêmes termes. — D'cem juvenes. David voulait honorer Nabal par oe nombre considérable d'envoyés ; 11 supposait en outre qu'ils seraient nécessaires pour rayporu" les présents demandés. — Sit fratrihus meu (vers. 6). Dans l'hébr., littéralement : à la viel Vivat mis en tête du petit discours des messagers. — Nec aliquando (7''). David avait rendo de très réels services à Nabal en protégeant se^
I Rko. XXV, 8-17.
charge, et ils n'ont rien perdu de leur troupeau pendant tout le temps qu'ils out été avec nous à Carmel.
8. Interrogez vos serviteurs, et ils vons le diront. Maintenant donc, que vos serviteurs trouvent grâce devant vos yeux ; car nous venons dans un jour de joie. Donnez à vos serviteurs et à David votre fils tout ce qu'il vous plaira.
9. Les gens de David, étant venus trouver Nabal, lui dirent toutes ces paroles de la part de David; puis ils se turent.
10. Mais Nabal leur répondît : Qui est David, et qui est le fils d'Isaï? On ne voit autre chose aujourd'hui que des serviteurs qui fuient leurs maîtres.
11. Quoi donci j'irai prendre mon pain et mon eau, et la chair du bétail que j'ai tué pour mes tondeurs, et je les donnerai à des gens que je ne connais pas !
12. Les serviteurs de David, étant retournés sur leurs pas, vinrent le trouver, et lui rapportèrent tout ce que Nabal avait dit.
13. Alors David dit à ses gens : Que chacun prenne son épée. Tous prirent leurs épées ; et David prit aussi la sienne, et marcha suivi d'environ quatre cents hommes, et deux cents demeurèrent pour garder les bagages.
14. Alors un des serviteurs de Nabal dit h. sa femme Abigaïl : David a envoyé du désert des messagers pour bénir notre maître, qui les a traités avec rudesse.
15. Ces hommes nous ont été très utiles, et ils ne nous ont fait aucune peine. Tant que nous avons été avec eux dans le désert, nous n'avons éprouvé aucune perte.
16. Ils nous servaient somme de muraille la nuit et le jour, tout le temps que nous avons fait paître nos troupeaux au milieu d'eux.
17. C'est pourquoi voyez et pensez à ce que vous avez à faire ; car quelque
quidquam eis de grege, omni tempore que fuerunt nobiscum in Carmelo.
8. Interroga pueros tuos, et indicabunt tibi. Nunc ergo inveniant pueri tui gratiam in oculis tuis, in die enim bona venimus; quodcumque invenerit manus tua, da servis tuis et filio tuo David.
9. Cunique venissent pueri David, locuti sunt ad Nabal omnia verba hœc ex nomine David, et siluerunt.
10. Respondens autem Nabal pueris David , ait : Quis est David , et quis est filius Isai? Hodie increverunt servi qui fugiunt dominos suos.
11. Tollam ergo panes meos et aquas meas , et carnes pecorum quae occidi tonsoribus meis, et dabo viris quos nescio unde sint !
12. Regressi sunt itaque pueri David per viam suam, et reversi venerunt, et nuntiaverunt ei omnia verba quae dixerat.
13. Tune ait David pueris suis : Accingatur unusquisque gladio suo. Et accincti sunt singuli gladiis suis, accinctusque est et David ense suo, et secuti sunt David quasi quadringenti viri ; porro ducenti remanserunt ad sarcinas.
14. Abigail autem, uxori Nabal, nuntiavit unus de pueris suis, dicens : Ecce David misit nuntios de deserto ut benedicerent domino nostro, et aversatus est eos.
15. Homines isti boni satis fuerunt nobis, et non molesti; nec quidquam aliquando periit omni tempore quo fuimus , conversati cum eis in deserto;
16. pro muro erant nobis, tam in nocte quam in die, omnibus diebus quibus pavimus apud eos grèges.
17. Quam ob rem considéra, et recogita quid facias, quoniam compléta est
troupeaux et ses pasteurs contre les rôdeurs du désert. — Filio tuo David (vers. 8). Titre modeste et cordial tout ensemble. Cf. xxrv, 11, 16.
10-13. Réponse Insolente de Nabal et fureur de David. — Quis... David ?... Eodie... Toutes ces paroles constituaient le plus sanglant des outrages pour le jeune chef et pour sa troupe ; aussi David ne sut - U pas résister à une pareille provocation, n prépara sans retard une terrible vengeance (vers. 13X
6' Abigaïl vient à la rencontre de David et réussit à l'apaiser. XXV, 14-35.
14-17. Abigaïl est prévenue de l'approche de David. — Abigail... nuntiavit : personne n'osait avertir Nabal lui-même, tant on redoutait son humeur farouche (vers. 17). En quelques paroles très sensées (14-16), le serviteur met prompt©ment Abigail au courant de la situation, et l'engage (vers. 17) à aviser au danger commun. — Pro muro (vers. 16) fait image : un abri protes* tear. oomme lont les remparts d'une forteresbu.
malitia adversnm virum tuum et adversum dumum tuani, et ipse est filius Belial, ita ut nemo possit ei loqui.
18. Festinavit igitur Abigail, et tulit ducentos panes, et duos utres vini, et quinque arietes coctos, et quinque sata polentae, et centum ligaturas uvae passœ, et ducentas massas caricarum, et posuit «uper asinos ;
19. dixitque pueris suis ; Prsecedite me; ecce ego post tergum sequar vos.
Vire autem suo Nabal non indicavit.
20. Cum ergo ascendisset asinum, et descenderet ad radiées montis, David et viii ejup descendeliant in occursum ejus ; quibus e1 illa occurrit.
2 1 . Et ait David : Vere frustra servavi 'm nia qu* hujus erant in deserto, et non peiiit quidquam de cunctis quie ad eum pertinebaut; et reddidit mifii malum pro bono.
22. Hsec faciat Deus inimicis David, et haec addat, si reliquero de omnibus quae ad ipsum pertinent, usque mane, mingentem ad parietem !
23. Cum autem vidisset Abigail David, festina^^t et descendit de asino, et procidit coram David super f aciem suam, et adoravit super teiTam,
24. et cecidit ad pedes ejus, et dixit : In me sit, domine mi, haec iniquitas!
Loquatur, obsecro, ancilla tua in auribus tuis, et audi verba famulas tuae.
I Req. XXV, 18-24.
grand malheur s'apprête à tomber «nr votre maison, parce que cet homme -la est un fils de Bélial, et personne ne saurait lui parler.
18. Alors Abigaïl prit en grande hâte deux cents pains, deux outres de viu, cinq moutons tout cuits, cinq boisseaux de farine d'orge, cent masses de raisins secs, et deux cents de figues sèches. Elle mit le tout sur des ânes ;
19. et elle dit à ses gfens : Allez devant moi, je marcherai derrière vous.
Et elle ne dit rien de tout cela à Nabal son mari.
20. Etant donc montée sur un âne, comme elle descendait au pied de la montagne, elle rencontra David et ses hommes, qui venaient dans le même chemin.
21. David disait alors : C'est bien en vain que j'ai conservé dans le désert tout ce qui était à cet homme, sans qa'il s'en soit rien perdu ; puisqu'il me rend le mal pour le bien.
22. Que Dieu traite les ennemis de David dans toute sa sévérité, si je laisse en vie demain matin qui que ce soit de ce qui appartient à Nabal.
23. Or Abigaïl n'eut pas plus tôt aperçu David , qu'elle descendit de dessus son âne. Elle tomba sur sa face devant lui, en se prosternant jusqu'à terre,
24. et elle se jeta à ses pieds , et lui dit : Que cette iniquité, mon seigneur, tombe sur moi. Permettez, je vous prie, à votre servante de vous parler ; et écoutez les paroles de votre servante.
— ^falitia : dans le sens de malheur. — Filitis Belial. Voj'ez ii, 1 6 et la note.
18-22. Sages précautiiins d'Abiguïl. — Festinainî„., tulit... Elle avait heureusement sous la main d'abondantes provisions de vivres, préparées pour les tondeurs. Le présent qu'elle mit de côté pour David était vraiment princier. — Utres : 11 en est de très grosses, apprêtées avec la peau entière d'un bouc. Plus tard, II Reg. xvi, 1, Siba crut se montrer généreux en n'en apportant qu'une seule à David qui fuyait Absalom. — Quinque sata : le s"ah est le tiers de l'éphah, et équivaut à environ 13 litres. Polenta : du qâli, ou blé grillé. Cf. xvn, 17. — Ligaturas. L'hébr. simmuqim sert à désigner des masses ou gâteaux de raisins secs. Hébron et ses alentours ont de tout temps produit d'énormes et succulen'^ raisins, dont les plus beaux sont desséchés et pressés en gâteaux. De même pour les figues. — Pr<Bcedile (vers. 19). Jacob, dans un but semblable, avait fait prendre les devants aux serviteu.s qui portaient ses présents à Esau, Gen. xkJLU. / ttt ss. — Viro... non indicavit : Nabal
s'y serait à coup sûr opposé. — Ad radiées montis (vers. 20). Littéral. : d.ins la cachette de la montagne. Un chemin couvert, ou un défilé entre deux collines. — Et ait David (vers. 21). Sur le point de décrire la scène principale, le narrateur rehausse l'intérêt, en retraçant les sentiments qui agitaient l'âme de David avec tant de violence. Serinent affreux au vers. 22. — Mingentem., Locution proverbiale, pour dire qu'on ne feraJ aucun quartier Cf. III Reg. xrv, 10 ; xvi, 11 J| XXI, 21 ; IV Reg. Lx, 8. Elle ne désigne pas le chiens, comme on l'a parfois conjecturé, mais le hommes.
23-31. Abigaïl Implore la miséricorde de David — Descendit de asino : par respect. Cf. Geiul xxrv, 64, et le commentaire. — Procidit... : pre-l mière prostration, à quelque distance de David îj cecidit... : seconde prostration, à ses pieds. — J Et dixit. Discours habile, qui fait honneur à Utl sagesse d'Abigaïl (cl. vers. 3). D'abord un courcl exorde, vers. 24'', où elle prend sur elle-même' toute la faute, et fait appel à l'attention de Da»j rld. — Au vert. 26 , on premier argument :
I Reg. XXV, 25-31.
25. Que le cœur de mon seigneur le roi ne soit pas sensible à l'injustice de Nabal ; parce qu'il est insensé, et son nom même marque sa folie. Car pour moi, mon seigneur, je n'ai pas vu les gens que vous avez envoyés.
26. Maintenant donc, mon seigneur, aussi vrai que le Seigneur est vivant et que votre âme est vivante, c'est le Seigneur qui vous a empêché de venir répandre le sang, et qui a conservé vos mains innocentes. Et maintenant, que vos ennemis, qui cherchent à vous nuire, deviennent semblables à Nabal.
27. Mais recevez ce présent que votre servante vous apporte, mon seigneur, et faites-en part aux gens qui vous suivent.
28. Remettez l'iniquité de votre servante ; car le Seigneur établira certainement votre maison, parce que vous combattez pour lui. Qu'il ne se trouve donc en vous aucun,e iniquité pendant tous les jours de votre vie.
29. Que s'il s'élève un jour quelqu'un, mon seigneur, qui vous persécute, et qui cherche à vous ôter la vie, votre âme sera conservée auprès du Seigneur votre Dieu, comme étant liée dans le faisceau des vivants ; mais l'âme de vos ennemis sera agitée, comme une pierre qui est lancée d'une fronde avec grand effort.
30. Lors donc que le Seigneur vous aura fait tous les grands biens qu'il a prédits de vous, et qu'il vous aura établi chef sur Israël,
31. le cœur de mon seigneur n'aura point ce scrupule ni ce remords, d'avoir répandu le sang innocent, et de s'être vengé lui-même. Et quand Dieu vous
25. Ne ponat, oro, dominus mens rex cor suum super virum istum iniqimm Nabal, quoniam secundum nomen suum stultus est, et stultitia est cum eo; ego autem ancilla tua non vidi pueros tuos, domine mi, quos misisti.
26. Nunc ergo, domine mi, vivit Dominus et vivit anima tua, qui prohibuit te ne venires in sanguinem, et salvavit manum tuam tibi ; et nunc fiant sicut Nabal inimici tui, et qui quserunt domino meo malum!
27. Quapropter suscîpe benedictionem hanc quam attulit ancilla tua tibi domino meo, et da pueris qui sequuntur te dominum meum.
28. Aufer iniquitatem famulse tufc ; faciens enim faciet Dominus tibi domino meo domum fidelem, quia prselia Domini , domine mi , tu praeliaris ; malitia ergo non inveniatur in te omnibus diebus vitœ tuse.
29. Si enim surrexerit aliquando homo persequens te, et quserens animam tuam, erit anima domini mei custodita quasi in fasciculo viventium apud Dominum Deum tuum ; porro inimicorum tuorum anima rotabitur, quasi in impetu et circulo fundœ.
30. Cum ergo fecerit Dominus tibi domino meo omnia quse locutus est bona de te, et constituerit te ducem super Israël ,
31. non erit tibi hoc in singultum, et in scrupulum cordis domino meo, quod effuderis sanguinem innoxium, aut ipse te ultus fueris; et cum benefecerit Do-
dédaigne les outrages d'un fou, et l'injure de Nabal n'est pas autre chose (le mot rex n'est ni dans l'hébr., ni dans les autres versions). — Le vers. 26 contient l'argument principal : Abigail ^adresse à la conscience de David, et se donne Implicitement comme envoyée de Dieu pour empêcher un crime énorme. Elle prophétise à son tosu, quand elle ajoute -.fiant sicut Nabal...; car ■Saill mourut misérablement et promptement , comme Nabal. — Blle^ offre ensuite son présent, vers. 27, qu'elle nomme une « bénédiction » à la manière hébraïque (Gen. xxxiii, 11 ; II Cor. DC, 5, etc.) ; mais, par délicatesse, elle le regarde comme destiné seulement aux serviteurs de David. — Aux vers. 28-31, implorant de nouveau son pardon, elle reprend le second argument pour le développer. Faciet Doininns tibi... : comme tant d'antres à cette époque, Abiga'fl voit en David l'élu du Seigneur (cf. vers. 30), qui rem-
placera bientôt Saiil sur le trône, et dont la famille aura un avenir brillant et durable (domiuii, fidelem); elle souhaite, pour ces motifs, qu'aucune tache ne vienne profaner {malitia ergo...) la vie du futur roi. Le langage est des plus courtois, mais très ferme. Notez la belle métaphore anima... in fasciculo... (vers. 99), empruntée à la coutume de lier ensemble les objets précieux pour ne pas les perdre ; 11 s'agit de la vie temporelle de David, et de sa longue et parfaite préservation (sur l'emploi mystique que les Juifs font de cette formule dpus leurs cimetières, voyez nos Essais d'exégèse, page 295 et 8.). Par contre, inimicorum... anima rotabitur... : allusion au mouvement rotatoire qu'on imprime à la fronde avant de lancer la pierre (au lieu de i?i impetu et circulo..., l'hébr. dit : a dans le milieu de la cavité de la fronde » ; rien de moins stable qu'une pierre dans oetta
I Req. XXV, 32-40.
rniuuB domino raeo, recordaberiB ancillae tuœ.
32. Et ait David ad Abigail : Benedictus Dominus Deus Israël, qui misit hodie te in occursura meum ; et benedictum eloquium tunrn ;
33. et benedicta tu, quae prohibuisti me hodie ne irem ad sanguinem, et ulciscerer me manu mea;
34. alioquin , vivit Dominus Deus Israël, qui prohibuit me ne malum facerem tibi ! nisi cito venisses in occursum
"raihi, non remansisset Nabal usque ad lucem matutinam mingens ad parietem.
35. Suscepit ergo David de manu ejus omnia quae attulerat ei, dixitque ei :
Vade pacifiée in domum tuam ; ecce audivi vocem tuam, et honora vi facieni tuam.
36. Venit autem Abigail ad Nabal, et ecce erat ei convivium in domo ejus, quasi convivium régis, et cor Nabal jucundum ; erat enim ebrius nimis ; et non indicavit ei verbum pusillum aut grande UBque mane.
37. Diluculo autem, cum digessisset vinum Nabal , indicavit ei uxor sua verba hsec, et emortuum est cor ejus intrinsecus, et factus est quasi lapis.
38. Cumque pertransissent decem dies , percussit Dominus Nabal, et mortuus est.
39. Quod cum audisset David mortuum Nabal, ait : Benedictus Dominus, qui judicavit causam opprobrii mei de manu Nabal, et servum suum custodivit a nialo, et malitiam Nabal reddidit Dominus in caput ejus. Misit ergo David, et locutus est ad Abigail ut sumeret eam sibi in uxorem.
40. Et venerunt pueri David ad Abigail in Carmelum , et locuti sunt ad eam,
aura comblé de biens, vous vous souviendrez, mon seigneur, de votre servante.
32. David répondit à Abigaïl : Que le Seigneur Dieu d'Israël soit béni, de voua avoir envoyée aujourd'hui au-devant de moi. Que votre parole soit bénie,
33. et soyez bénie vous-même, de ce que vous m'avez empêché de répandre le sang, et de me venger de ma propre main.
3i. Car sans cela, je jure par le Sei^ gneur Dieu d'Israël, qui m'a empêché de vous faire du mal, que si vous ne fussiez venue promptement au-devant de moi, il ne serait resté qui que ce soit en vie demain matin dans la maison de Nabal.
35. David reçut donc de sa main tout ce qu'elle avait apporté, et il lui dit : Allez en paix dans votre maison ; j'ai fait ce que vous m'avez demandé, et je vous ai accueillie favorablement.
36. Abigail vint ensuite auprès de Nabal ; et voici qu'il donnait dans sa maison un festin comme un festin de roi. Il avait le cœur joyeux, et était tout à fait ivre. Abigaïl ne lui parla de rien jusqu'au matin.
37. Mais le lendemain, lorsqu'il eut un peu dissipé les vapeurs du vin, sa femme lui rapporta tout ce qui s'était passé ; et son cœur devint en lui-même comme mort et semblable à une pierre.
38. Dix jours s'étant passés, le Seigneur frappa Nabal, et il mourut.
39. Lorsque David eut appris la mort de Nabal, il dit : Béni soit le Seigneur qui m'a vengé de l'outrage de Nabal, et qui a préservé sou serviteur du mal, et qui a fait que l'iniquité de Nabal est retombée sur sa tête. David envoya donc vers Abigaïl, et lui fit parler pour la demander en mariage.
40. Les serviteurs de David vinrent la trouver à Carmel, et lui dirent : David
Bltruatlon. Voyez la 11g. de la p. 177). Non... in singultum (vers. 31) ; plutôt : en pierre d'achoppement; c.-à-d. en cause de remords.
32-35. Réponse favorable de David. — Benedictus Dominus... Double remerciement, et humble confession, vers. 32-34. — Vade pacifl.ce (vers. 36) : c.-à-d. sans crainte. — EoiiOravi /aciem... : en exauçant ta prière.
7" David épouse successivement Abigaïl et Achinoai'u. XXV, 3C-44.
U-ii. Idort de Nabal. — QuaH convivium
régis : par l'abondance et la délicatesse des mets. Of. II Reg. xm, 23. — Emortuum cor : attaijue d'apoplexie, produite soit par la colère, BOlt par un accès de crainte rétrospective. — Ctuasi lapis : complètement Insensible. — Percussit Dominus... La mort de Nabal fut donc un châtiment divin, occasionné par son intempérance et ses autres Alces (vers. 3).
39-42. Abigail devient la femme de David.— Benedictus Dominus... En rendant grâce à Dltn <le la mort de son ennemi, David n'onblie pus
I Hm. XXV, 41 — XXVI, 4.
nous a envoyés vers vous, pour vous témoigner qu'il souhaite de vous épouser.
41. Abigaïl se prosterna aussitôt jusqu'à terre, et elle dit : Que votre servante soit employée à servir et à laver les pieds des serviteurs de mon seigneur.
42. Abigaïl se leva ensuite promptement, et monta sur un âne ; et cinq jeunes filles qui la servaient allèrent avec elle. Elle suivit les gens de David, et elle l'épousa.
43. David épousa aussi Achinoam qui était de Jezraël, et l'une et l'autre fut sa femme.
44. Mais Saiil donna Michol, sa fille, femme de David, à Phalti, fils de Laïs, qui était de Gallim.
dicentes : David mîsît nos ad te ut accipiat te sibi in uxorem.
41. Quae consurgens adoravit prona in terram, et ait : Ecce famula tua sit in ancillam ut lavet pedes servorum domini mei.
42. Et festinavit, et surrexit Abigail, et ascendit super asinum ; et quinque puellse ierunt cum ea, pedissequse ejus; et secuta est nuntios David, et facta est illi uxor.
43. Sed et Achinoam accepit David de Jezrael ; et fuit utraque uxor ejus.
44. Saul autem dédit Michol, filiara suam, uxorem David, Phalti, filio Lais, qui erat de Gallim.