‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 446 sur 847 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

1. Audivit autem Isboseth, filius Saul, quod cecidisset Abner in Hebron, et dissolutœ sunt manus ejus ; omnisque Israël perturbatus est.

1. Lorsque Isboseth, fils de Saûl, apprit qu' Abner avait été tué à Hébron, il perdit courage ; et tout Israël fut troublé. 'I

Abner devait -11 mourir? » Nabal (cf. I Reg. XXV, 26) désigne Ici, et souvent ailleurs, un misérable, et le sens est : Un héros tel qu' Abner devait-il périr ignominieusement ? — Manxia..., ■pedes... Comment Abner, ayant les mains libres pour 39 défendre, les pieds en liberté pour s'échapper, *-t-U pu se laisser frapper? Langage poétique pour décrire sa mort violente (sed sicut...). — Congeminansque : redoublement d'émotion produit par les paroles de David.

35-39. L'Innocence du roi est universellement reconnue. — OihriTn capeye cum... D'après l'hébr. : pour taire manger du pain à David ; c.-à-d. pour presser le roi de rompre son Jeûne aussitôt après les tunéraiUes. Sur le Jeûne en tant que partie

intégrante du deuU, voyez Jud. xx, 26, etc. — vl Populus audivit (hébr. : connut)... Le narrateur continue de mettre en relief la parfaite innocence de David dans cette triste affaire. — Dixit quoque rex (vers. 38)... Le roi, dans l'Intimité, exprima toute sa pensée à se.s officiers, s'excusant de ne pas punir actuellement l'auteur du crime ; sa royauté était trop faible encore - 1 ( adhuc delicatus ) , et ses neveux Jouissaient d'une trop grande influence : du moins U proteste contre leur cruauté, et II en appelle au Jugements divins.

6« Assassinat d'Isboseth. IV, 1-6.

Chap. IV. — I. Transition : découragpTneut d'Isboseth et de ses sujets lorsqu'ils apprirent la

2. Isboseth avait à sou sen'ice deux chefs de voleurs, dont l'un s'appelait Baatia, et l'autre Jîéchab, tous chux^Xs de Remmon de Béroth, de la tribu de Benjamin ; car Béroth avait été autrefois rattachée à Benjamin ;

3. mais les habitants de cette ville s'enfuireiit à Géthaïm, où ils sont demeurés comme étrangers jusqu'à présent.

4. Or Jonathas, fils de Saiil, avait un fils, qui était perclus des deux pieds. Car il n'avait que cinq ans, lorsque arriva de Jezraël la nouvelle de la mort de Saiil et de Jonathas. Sa nourrice le prit et s'enfuit ; et comme elle fuyait avec précipitation, l'enfant tomba, et en devint boiteux. Il s'appelait Miphiboseth.

5. Réchab et Baana, fils de Remmon de Béroth, entrèrent donc dans la maison d'Isboseth, tandis qu'il dormait sur son lit, vers midi, durant la plus grande chaleur du jour. La femme qui gardait la porte de la maison s'était endormie ^n nettoj^ant du blé.

6. Ils vinrent donc secrètement dans la maison, en prenant des épis de blé, et ils frappèrent Isboseth dans l'aine, et s'enfuirent.

7. Car, lorsqu'ils entrèrent dans la maison, il dormait sur son lit dans sa chambre ; ils le frappèrent et le tuèrent ; ils prirent sa tête, puis ayant marché toute la nuit par le chemin du désert.

Il Rko. [V, 3',;

2. Duo autem viri principes latronum erant filio Saul : nomen uni Baana. et nomen alteri Rechab, filii Remmon Berothitae, de filiis Benjamin ; siquidem et Béroth reputata est in Benjamin ;

3. et fugerunt Berothitaj in Gethaira, fueruntque ibi advense usque ad tempus illud.

4. Erat autem Jonath?e, filio Saul, filius debilis pedibus; quinquenuis enim fuit quando venit nuntius de Saul et Jonatha ex Jezrael; tollens itaque eum nutrix sua fugit; cumque festinaret ut fugeret, cecidit et claudus effectus est, habuitque vocabulum Miphiboseth.

5. Venientes igitur filii Remmon Berothitae, Rechab et Baana, ingressi sunt, fervente die, domum Isboseth; qui dormiebat super stratum suum meridie. Et ostiaria domus, purgans triticum, obdormivit.

6. Ingressi sunt autem domum latenter, assu mentes spicas tritici, et percusserunt eum in inguine Rechab et Baana, frater ejus, et fugerunt.

7. Cum autem ingressi fuissent domum , ille dorraiebat super lectum suum in conclavi , et percutientes interf ecerunt eum ; sublatoque capite ejus , abierunt per viam deserti tota nocte,

mort d'Abner. — Hssolutce... manuft. Expression pittoresque; cf. n, 7, etc. (l'image opposée).

2-3. Les meurtriers. — Principes latronum. Hébr. : chefs de bandes ; ce qui revient à peu près au même. — Berothitee : c.-à-d. de Béroth, aujourd'hui EI-Bireh, au nord de Jérusalem iAtl. géogr., pi. vn et xn). — De... Benjamin. La ville de Béroth, au temps de la conquête, avait été donnée à la tribu de Benjamin ( Jos. xvni, 15) ; mais ses habitants avaient eu la vie sauve, comme ceux de Gabaon, grâce au stratagème bien connu (Jos. rx). — Fugerunt... Détail obscur, qui n'est pas mentionné ailleurs. Il s'agit encore des habitants primitifs de Béroth ; mais on ,ignore à quelle occasion lis abandonnèrent ainsi leur patrie : ce fut peut-être lorsque Saiil massacra cruellement les Gabaonites (cf. XXI, 1-2) ; dans ce cas, on conçoit leur haine* eontre la famille de celui qu'ils regardaient oomme un persécuteur. Tous ces détails ont d'ailleurs pour but d'expliquer comment il put se trouver dans la propre tribn de Saûl des hommes capables d'assassiner son flls. — Getfiaim. Localité non Identiflée, qui appartenait aux Benjaminites, d'après Neh. xi, 33

4. Miphiboseth. Note intercalée avant le récit ilu meuitre. pour montrer qu'après la liisparltlon

d'Isboseth, la famille de Saiil ne fut plus représentée que par un enfant Infirme, âgé de douze ans. — Debilis... Plutôt : perclus, estropié. — Venit nuntius : à Gabaa , la résidence de Saiil et de Jonathas. Ex Jezrael : du champ de bataille de Gelboé. Cf. I Reg. xxix, 1. — Tollens itaque... Petite narration dramatique. — Miphiboseth,. I Par. vin, 34 (voyez la note) et ix, 40, U est appelé Meribbaal. Sur son histoire subséquente, comp. rx, XVI, xtx, 24 et ss.

5-7. Récit tragique du meurtre. — Venientes... : à Mahanaïm, d'api'ès u, 8. — Dormiebat... meridie. La sieste est générale dans ces contrées, et les meurtriers avaient choisi à dessein c« moment où Isboseth serait seul et sans défense. — Ostiaria... ohdormivit : les deux frères purent donc pénétrer dans l'intérieur des appartements sans attirer l'attention. Les malsons de quelque importance étaient habituellement gardées par des servantes. Cf. Jean, xvin, 16 ; Act. xn, 13. Quoique cette ligne entière («et ostiaria... obdormivlt » ) manque dans le texte hébreu actuel, d'excellents critiques admettent qu'elle dut; en faire primitivement partie. — Latenter. Hébr. : jusqu'au milieu, dans l'intérieur. — Asaumentes spicas (hittim, : du blé, du graiu). Prétexte qu'il,! auraient allégué si on les eût surpris ; ils ve-

II Reg. TV, 8 — V, 1.

8. el athileniuf cai'Ut Islioseth ad Da\/\d in Hebron, dixeruntqueadregem :

Ecce caput Isboseth, filii Saul, inimici tui, qui quserebat aniraam tuam ; et dedit Dominus domino meo régi ultionem hodie de Saul et de semine ejus.

y. Respondens aiitera David Rechab et Baana, fratri ejus, filiis Remmon Berotliitœ, dixit ad eos : Vivit Dominus, qui eruit animam meam de omni angustia!

10. Quoniam eum qui annuntiaverat mihi et dixerat : Mortuus est Saul, qui putabat se prospéra nuntiare, tenui et occidi eura in Siceleg, cui oportebat mercedem dare pro nuntio ;

1 1 . quanto magis nunc , cum homines impii interfecerunt virum innoxium in domo sua, super lectum suum, non quseram sanguiuem ejus de manu vestra, et auferam vos de teiTa!

12. Praecepit itaque David pueris suis, \t interfecerunt eos, prœcidentesque ma- Aus et pedes eorum suspenderuut eos super piscinam in Hebron ; caput autem Isbosetli tulerunt, et sepelierunt in sepulcro Abner in Hebron.

8. ils l'appurtèrent à David dans H«bron, et lui dirent : Voici la tête d'Is boseth, fils de Saiil, votre ennemi, qui cherchait à vous ôter la vie ; et le Seigneur venge aujourd'hui mon seigneur le roi de Saiil et de sa race.

9. David répondit à Réchab et à Baana, son fi'ère, fils de Remmon de Béroth : Vive le Seigneur, qui délivre mon âme de toute angoisse !

10. Si j'ai fait arrêter et tuer à Siceleg celui qui vint me diie que Saiil était mort, cro^'ant ra'apporter une bonne nouvelle, et qui en attendait une grande récompense ;

11. combien plus, maintenant que des méchants ont tué un homme innocent dans sa maison, sur son lit, vengerai -je son sang sur vous qui l'avez répandu de vos mains, et vous exterminerai -je de dessus la ten'e!

12. David ordonna donc à ses gens de les tuer, et ils les tuèrent; et, leur ayant coupé les mains et les pieds, ils les pendirent près de la piscine d'Hébron ; ils prirent aussi la tête d'Isboseth, et l'ensevelirent dans le sépulcre d' Abner à Hebron.

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