‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 485 sur 847 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

1. Intelligens autem Joab, filius Sarviae, quod cor régis versum esset ad Absalom ,

2. misit Thecuam, et tulit inde mulierem sapientem, dixitque ad eam : Lugere te simula; et induere veste lugubri, et ne ungaris oleo, ut sis quasi mulier jam plurimo tempore lugens mortuum.

3. Et ingredieris ad regem, et loqueris ad eum sermones hujuscemodi. Posuit autem Joab verba in ore ejus.

4. Itaque cum ingressa fuisset ijiulier ïhecuitis ad regem, cecidit coram eo super terram, etadoravit, et dixit : Serva me, rex.

5. Et ait ad eam rex : Quid causse habes ? Quae respondit : Heu ! mulier vidua ego sum; mortuus est enim vir meus.

1. Joab, fils de Sarvia, ayant reconnu que le cœur du roi se rapprochait d'Absalom,

U. fit venir de Thécua une femme habile, et il lui dit : Faites semblant d'être dans l'aflîiction ; prenez un vêtement de deuil, et ne vous parfumez point, afin que vous paraissiez comme une femme qui pleure un mort depuis longtemps.

3. Ensuite vous vous présenterez au roi, et vous lui tiendrez tels et tels discours. Et Joab lui mit dans la bouche les paroles qu'elle devait dire.

4. Cette femme de Thécua s'étantj donc présentée au roi, se jeta à terre i devant lui, se prosterna, et lui dit : 0 roi, sauvez-moi.

6. Le roi lui dit : Que demandez-vous? Elle lui répondit : Hélas ! je suis une femme veuve ; car mon mari est mort.

voyez m, 3 et le commentaire. — Cessavlt... persequi. Le temps, en adoucissant la douleur de David super Ainnon interitu, calma également sa colère contre le meurtrier.

i" Joab réussit à obtenir de David pour Absalom un commencement de pardon. XIV, 1-22.

Chap. XIV. — 1-3. La veuve de Thécué , auxiliaire de Joab pour cette entreprise délicate.

Cérémouie de l'adoratiun devant un roi d'Assyrie. ( Fresque antique.)

— Cor régis... ad Ahsalom. L'affection paternelle se mit donc à parler, et David éprouva le désir de revoir et de rappeler son fils ; mais la raison d'État ou les convenances retenaient le roi ; Joab essayera de renverser cet obstacle. Telle est l'interprétation commune, que favorisent plusieurs traductions antiques. D'après divei's exégètes modernes, la préposition 'al de l'hébreu marquerait au contraire une disposition nostile : < son cœur était contre Absalom k. Ce

sens est moins probable. — Ethecuam. Le vraij nom est T'hô'ah (habituellement « Thecue dans la Vulg.) ; localité aujourd'hui en ruines,] située sur une colline, dans la partie méridionale \ des montagnes de Juda, à deux heures au sudest de Bethléem (Atl. géogr., pi. vu et xn ). — Dixitque... Joab trace d'avance en détail à son] associée la conduite qu'elle devra tenir auprès! du roi (vers. 2'» -3). — Ingre-] dieria ad regem. Il règne en Orient une grande simplicité de mœurs , et les rois ont toujours 1 été facilement accessibles à leurs 1 sujets. Cf. XV, 2 ; LU Reg. in,J

''\ \y.SrA *-ll. La parabole. — Ceci»

'lit..., adoravit : complètement!

prosternée , comme on fait dans j les contrées bibliques en pré-J sence des grands personnages/ Cf. I Reg. XXV, 23, etc. ; AOÀ arehéol., pi. lxxix, flg. 4, 9;l pi. Lxxxru, 1. — Serva 706^^ Exorde très naturel : cri d'angoisse sortant du cœur d'une mère éplorée. Sur la demanda du roi, la suppliante expose la cause de son chagrin, vers. 5i>-7. — Consurgens... cognac tio... Conformément à la loi, les parents reclament le châtiment immédiat du meurtrier. Cf. Num. XXXV, 19 ; Deut. xry, 12-13. — Deleamm .\ heredem : afln de s'emparer eux-mêmes de l'h^ ritage. La conduite de la famille est présenté» à dessein sous le Jour le plus délavorabla, de

II Req. XIV, 6-13.

f). Votre servante avait deux fils, et iî« 86 sont querellés dans les champs, où il n'y avait personne qui pût les séparer ; et l'un d'eux a fi-appé l'autre, et l'a tué.

7. Et maintenant tous les parents se soulèvent contre votre servante, et disent : Donnez-nous celui qui a tué son fière, afin que nous le fassions périr pour la vie de son frère qu'il a tué, et que nous détruisions l'héritier. Ainsi ils veulent éteindre l'étincelle qui me reste, pour ne laisser à mon mari ni nom ni survivant sur la terre,

8. Le roi dit à cette femme : Retournez chez vous ; je donnerai des ordres à votre sujet.

9. Elle lui répondit : Seigneur roi, s'il y a en ceci de l'injustice, qu'elle retombe sur moi et sur la maison de mon père ; mais que le roi et son trône soit innocent.

10. Et le roi dit : Si quelqu'un parle contre vous, amenez -le-moi, et soyez sûre qu'il ne vous troublera plus.

11. Elle dit encore : Je vous conjure par le Seigneur votre Dieu d'empêcher que les parents ne s'élèvent l'un après l'autre, pour venger par la mort de mon fils le sang de celui qui a été tué. Le roi lui répondit : Vive le Seigneur! il ne tombera pas à terre un seul cheveu de la tête de votre fils.

12. Et la femme ajouta : Permettez à votre servante de dire encore un mot. Parlez, dit le roi.

13. La femme lui dit : Pourquoi pensez-vous de la sorte à l'égard du peuple

6. Et ancillae ta» erant duo filii ; qui rixati sunt adversum se in agro, nullusque erat qui eos prohibere postiet ; et percussit alter alterum, et interfecit eum.

7. Et ecce consurgens universa cognatio adversum ancillam tuam dicit : Trade eum qui percussit fratrem suum , ut occidamus eum pro anima fratris sui quem interfecit, et deleamus heredem. Et quserunt exstinguere scintillam meam quœ relicta est, ut non supersit viro meo nomen et reliquise super terram.

8. Et ait rex ad mulierem : Vade in domum tuam, et ego jubebo pro te.

9. Dixitque mulier Thecuitis ad regem : In me, domine mi rex , sit iniquitas et in domum patris mei ; rex autem et thronus ejus sit innocens.

10. Et ait rex : Qui contradixerit tibi, ad duc eum ad me, et ultra non addet ut tangat te.

11. Quae ait : Recordetur rex Domini Dei sui ut non multiplicentur proximi sanguinis ad ulciscendum, et nequa quam interficiant filium meum. Qui ait Vivit Dominus! quia non cadet de capil lis filii tui super terram.

12. Dixit ergo mulier : Loquatur an cilla tua ad dorainum meum regem verbum. Et ait : Loquere.

13. Dixitque mulier : Quare cogitasti hujuscemodi rem contra populum Dei, et

manière à produire un plus grand effet sur l'esprit impressionnable du roi. — ExsUnguere tcintillarn : frappante métaphore, qui représente fort bien la dernière espérance de la veuve. — Ego (pronom énergique) jubebo... David rassure cette femme avec bonté et se charge de protéger le meurtrier, qui, après tout, avait agi sans préméditation et méritait l'indulgence. — Dixit... mulier (vers. 9). Avant d'appliquer directement au roi le cas qu'elle lui avait présenté d'une façon si délicate, elle veut obtenir une promesse plus formelle de pardon, de crainte qu'il ne vienne à se dédire lorsqu'il verra qu'Absalom seul est en cause. — In me... iniquitas. Si c'est nn crime de ne pas venger le sang du mort, eUe en accepte la responsabilité entière, et dégage celle de la famUle royale. — Recordetur... (vers. 11). Nouvelle instance, dans le même but; il 8'agit cette fois d'amener David à sceller sa promesse par un serment ; ce qui a lieu aussitôt [Vivit DomtnuaJ), — if on cadet... U ae lui

sera pas fait le moindre mal. Cf. I Rcg. xiv, 45. — Au lieu de ut non maltipiiceiUur... (vers. 11), l'IiLbr. porte : pour empêcher le vengeur du sang d'accroitre la ruine, et pour qu'il ne détruise pas mon flls. Sur le go'el ou vengeur (Vulg. : proximi sanguinis), voyez Num. xxxv, 12, et le commentaire.

12-17. Application de la parabole. — Loquatur ancilla. Transition et sorte d'excuse, avant de passer à la partie principale de son rôle. — Qnare cogitasti...? Cette application est aussi claire que vigoureuse, — D'abord (vers. 13) un argument « ad hommem ». Locutus... verbum istud ( hébr. : de la parole du roi, de cette parole même, 11 résulte qu'il est coupable) : la solution donnée par David au cas de la prétendue veuve condamnait sa propre conduite envers Absalom. Contra populum Dei : circonstance aggravante , car, Absalom paraissant être désormais l'héritier du trône, la continuation de son ezll semblait être un outrage fait à ses future

II Reg. XIV, 14-19.

locutus est rex verbnm istud ut peccet et uoû j-educat ejectum suura ?

14. Omnes morimur, et quasi aquae dilabimur in terrain, quœ non revertuntur; nec vult De us perire animam, sed rétractât cogitaus ne penitus pereat qui abjectus est.

15. Nunc igitur veni ut loquar ad dominum meum regem verbura hoc, praeeente populo ; et dixit ancilla tua : Loquar ad regem, si quo modo faciat rex verbum ancillae suae.

16. Et audivit rex ut liberaret ancillam suam de manu omnium qui volebant de hereditate Dei delere me et filium meum simul.

17. Dicat ergo ancilla tua ut fiât verbum domini mei régis sicut sacrificium.

Sicut enim angélus Dei , sic est dominus meus rex, ut nec benedictione nec maledictione moveatur; unde et Dominus Deus tuus est tecum.

18. Et respondens rex dixit ad mulierem : Ne abscondas a me verbum quod te interrogo. Dixitque ei mulier : Loquere, domine mi rex.

19. Et ait rex : Numquid manus Joab tecum est in omnibus istis? Respondit mulier, et ait : Per salutem animse tuae, domine mi rex, nec ad sinistram nec ad dexteram est ex omnibus bis quae locutus est dominus meus rex ; servus enim tuus Joab ipse prsecepit mihi, et ipse

de Dieu, et pourquoi le roi a-t-il prononcé cette parole, de manière à pécher en ne rappelant pas son fils qu'il\ a banni?

14. Nous mourons tous, et nous nous écoulons sur la terre comme des eaux qui ne reviennent plus ; et Dieu ne veut pas qu'une âme périsse, mais il diffère l'exécution de son arrêt, de peur que celui qui a été rejeté ne se perde entièrement.

15. C'est pourquoi je suis venue dire cette parole à mon seigneur le roi de-, vant le peuple, et votre servante a dit : Je parlerai au roi, pour voir si le roi exaucera en quelque manière la prière!

de sa servante. ■

16. Le roi a déjà écouté sa servante, pour la délivrer elle et son fils de la main de tous ceux qui voulaient les exterminer de l'héritage du Seigneur.

17. Permettez donc à votre servante] de parler encore, afin que ce que le roil mon seigneur a ordonné, s'exécute comme un sacrifice promis à Dieu. Car le roi mon seigneur est comme un ange de Dieu, qui n'est touché ni des bénédictions ni des malédictions. C'est pourquoi le Seigneur votre Dieu est avec vous.

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