CHAPITRE XXIII
1. Voici les dernières paroles de David. Paroles de David fils d'Isaï, paroles de l'homme établi pour être l'oint du Dieu de Jacob, le chantre célèbre d'Israël,
1. Hœc autem sunt verba David novissima : Dixit David filius Isai ; dixit vir cui constitutum est de christo Dei Jacob , egregius psaltes Israël.
devant la face du vent. Résistent mihi (vers. 45); û6br. : me trompent (en feignant d'être soumis, tandis qu'ils ont le cœur plein de haine). Oontrahentur in angustiis...; dans l'hébreu: ils sortent, en tremblant de leurs forteresses.
47-51. Conclusion du cantique. — Le dernier verset est étroitement lié à la promesse grandiose que David avait autrefois reçue de Dieu sur la perpétuité de son trône (cf. vn, 12-16); les mots semini ejus in sempitei-num désignent donc le Messie.
2» Dernières paroles du roi David. XXIII, 1-7.
Chap. XXIII. — 1». Titre de cet autre poème. — Verba... novissima : le dernier psaume de David , écrit peu de temps avant sa mort. C'est, en effet, un beau poème encore, rythmé, imagé, muni du parallélisme des membres (voyez notre Siblia sacra, p. 312). Mais c'est avant tout un oracle messianique très important, dans lequel le roi-prophète, sentant sa fin prochaine , exprime
de nouveau (cf. xxii, 61) la confiance absolue que lui Inspirait la divine promesse relative à la durée éternelle de sa race. D'avance il voit nettement le Christ, son petit -flls selon la chair, régnant à jamais comme un roi parfait. Voyez Msr Meignan, les Prophéties œntenues dans les deux premiers livres des Bois, pp. 183 et ss. — La très grande concision dn langage donne à première vue quelque apparence d'obscurité à co cantique, quoique la pensée soit en vérité aussi lumineuse qu'énergique.
l'>-3». Majestueux prélude. — Dixit David... Ce début rappelle les exordes des prophéties de Balaam, Num. xxrv, 3-4, 15-16. Le prophète énumère d'abord ses titres (vers, l"»), ses droits À notre créance. N"ûm, l'équivalent hébreu du verbe « dixit », est une expression solennelle, employée plus de deux cents fols dans la Bible pour désigner des révélations émanées.-dlreotement an Dieu; aux très rares «idroits (ici, Num. xxtv.
II Reo. XXIII, 2-7.
2. Spiritus Domini locntus est per me, et sermo ejus per liDgiiam meam.
3. Dixit Deus Israël mihi, locutus est Fortie Israël : Dominator hominum, ju- Btus dominator in timoré Dei ;
4. sicut lux aurorae, oriente sole, mane absque nubibus rutilât, et sicut pluviis germinat herba de terra.
5. Nec tanta est domus mea apud Deum ut pactum seternum iniret mecum firmum in omnibus atque munitum.
Cuncta enim salus mea, et omnis voluntas ; nec est quidquam ex ea quod non germinet.
6. Prsevaricatores autem quasi spinae evellentur universi, quse non tolluntur manibus ;
7. et si quis tangere voluerit eas, armabitur ferro et ligno îanceato, igneque succensse comburentur usque ad nihilum.
2. L'esprit du Seigneur s'est fait entendre par moi ; sa parole a été sur ma langue.
3. Le Dieu d'Israël m'a parlé ; le Fort d'Israël m'a dit : Que celui qui est le dominateur des hommes soit juste, et qu'il règue dans la crainte de Dieu.
4. Il sera comme la lumière de l'aurore, lorsque le soleil, se levant au matin, brille sans aucun nuage , et comme l'herbe qui genue de la terre , arrosée par les pluies.
5. Ma maison sans doute n'était pas telle devant Dieu qu'il dût faire avec moi une alliance étemelle, ferme et entièrement inébranlable. C'est tout mon salut et tout mon désir, et il n'y a rien en elle qui ne doive germer.
6. Mais les prévaricateurs seront arrachés comme des épines auxquelles on ne touche point avec la main ;
7. mais on s'arme pour cela du fer et du bois d'une lance, et on les consume avec le feu pour les réduire à néant.
3-4, 16-16, et Prov. XXX, 1) où ce mot est mis en avant des paroles d'un hoaune, il déclare par là même qn'eUes sont Inspirées. Voyez d'ailleurs les vers. 2 et 3*. — Vir cul constitnium... Dans l'hébreu : l'homme qui a été élevé en haut ; c.-à-d. haut placé. Dlen avait pris David dans la condition la plus humble, et l'avait comblé de toute sorte d'honneurs. Cf. vu, 8-9. — De ehristo... Hébr. : l'oint, au nominatif ; apposition à « vir », comme le montre la traduction littérale du texte :
Paroles de David , fils d'Ieal ; paroles de l'homme élevé bien haat, de l'oint du Dieu de Jacob.
Dei Jacob, au lieu de l'appellation plus fréquente « Dieu d'Israël ». — Egregius psaltes... Plus littéralement, quoique la signification soit la même : aimable dans les cantiques d'Israël. Les psaumes comixîsés par le saint roi à la gloire du Dieu de l'alliance, et chantés avec tant d'amour par tout Israël, Justifient pleinement cet éloge. — Aux vers. 2-3», par une quadruple répétition, le prophète revendique ouvertement l'inspiration pour l'oracle qu'U se dispose à proclamer. Ce n'est pas un homme qui parle, mais Dieu lui-même (« loqultur, ï « diclt, k au lieu de locutus est, dlxii). Revendication dont Notre - Seigneur Jésus - Christ attestera l'entière légitimité (Matth. xxii, 40). — Fortis Israël. Hébr. : le rocher d'Israël. Cf. vers. 1.
Z*'-7. L'oracle. — Le héros de la prophétie nous est aussitôt présenté (S*). Cest un monarque Idéal, parfait dans les relations qu'il a, soit avec ses sujets Qustiis , l'une des qualités principales des rois), soit avec son Dieu (In timoré Dei). Ci, Ps. Lxxi, 1-3; Is. XI, 1-6; Jer. xxni, 5; xxjun, IS ; Mich. ▼ 3 ; passâtes" aul «'appliquent
pareillement au Messie - roi. — Deux images sav sissantes ( vers. 4 ) décrivent la splendeur et les bienfaits de ce règne idéal : xicut liix..., un magnifique lever de soleil, par un ciel sans nuages ( l'un des plus beaux spectacles de la nature ) ; sicut pluviis..., la pluie qui, en Palestine, transforme en un délicieux Jardin le sol habituellement aride et brûlé (abondance des grâces apportées par le Messie). Voyez des comparaisons semblables, Ps. lxxi, 6; Prov. rv, 18; Is. xutv, 3-4; Mal. iv, 2.— ^ec tanta... L'essentiel de l'oracle a été dit sur la personne et l'œuvre du grand Roi; mais II fallait Indiquer son origine en tant qu'elle devait appartenir à la terre : c'est ce que fait David (vers. 5), en le rattachant à sa maison comme son fils et son héritier, selon la promesse que Jéhovah lui avait faite. Notez l'aocumulatlon des éplthètes (.eBtemum..., firmum..., munitum) qui caractérisent la solidité des engagements divins. Cf. vn, 12 et ss. Aussi David sait -11 sûrement que Jéhovah sera fidèle, et U pourra se coucher bientôt en paix dans son tombeau : cuncta enim... On peut donner à la phrase hébraïque un tour Interrogatif, qui ajoute encore plus de force à la pensée : Tout mon salut et tout mon désir (voluntas a cette signification), Dieu ne le fera-t-Il pas germer? (Métaphore iden tique à celle du vers. 4). — Pour conclure, et par contraste, ruine des impies qui se révolteront contre le sceptre du Messie, vers. 6-7. Ces fils de Bélial, comme les nomme l'hébreu (pravaricatorex), et leur destinée finale sont dépeints aussi par une forte Image : quasi spinae... Ferro et ligno : un fer tranchant , placé à l'extrémité d'un long manche. Usque otd nihilum; la locu tlon hébraïque hasSéftet ne se rencontre pas ailleurs, et OB la traduit diversement : lur v>*('o<
II Reo. XXITT, 8-13.