‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 102 sur 938 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

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Précieux avantagea qui résultent pour les Juifs de la possession des saints Livres. — Multorum... et magnorum. Tout à la fols la quantité et la qualité. — Per legem : le Pentateuque, ou tôrah. Prophetas : c.-à-d. les n'bl'im ri'sô niin (Josué, les Juges, les quatre livres des Rois et les n'bi'im. 'aharônim (les prophètes propre ment dits, grands et petits, à part Daniel) Aliosque gwi secuti...: les k'tû.bim, ou hagiographes (c.-à-d. tous les autres livres protocanoniques; voyez le t. I, p. 13). Cette division de l'Ancien Testament en trois parties apparaît Ici pour la première fois. Elle sera désormais d'un usage habituel chez les Juifs. Cf. Luc. xxrv, 44; Josèphe, c. Apion., i, 8. Elle suppose que le canon des saints Livres était alors formé dans ses grandes lignes et pour la plupart de ses détails. — Le mot sapientise manque dans le texte grec, et, au Heu de demonstrata est, on y lit le participe Ô£5o|ji,évw/, au génitif pluriel, retombant sur tîo/,),wv ( « multorum » ) : Beaucoup... de choses nous ayant été données par la lot, «t les prophètes... — In quilm». Plus clai-

rement dans le grec : au sujet desquelles. — Oportet lawiare... C'était en effet, pour les Israélites, une Insigne faveur d'avoir reçu le dépôt sacré des Écritures. Ils trouvaient là des avantages uniques au monde pour letir formation morale. — Doctrinse : itaiSsiaç, l'instruction. Sapientise : le résultat de cette Instruction. — Loquentes. D'après le grec : ceux qui lisent. — Peritos. L'adjectif £7rt(7TT)}jLova; signifie plut t « sciences ». — Etiam extraneos. Vraisemblablement, les païens eux-mêmes, par opposition aux Juifs ; ou tout au moins les prosélytes grecs. Selon d'autres, les membres de la nation sainte qui étalent dispersés à travers le monde et qui ne comprenaient plus la langue hébraïque. — Dicentes et scribentes. Soit de vive voix, dans leurs discours et leur» conversations, soit par écrit. — Doctissimos fleri : grâce à la traduction qui leur donnait la clef des livres inspirés. L'œuvre de Jésus, fils de Slrach. — Jest^. Sur ce nom, voyez l'Introduction, p. 81. — Amplius : plus que la plupart de ses coreligionnaires. — Ad diligentiam lectionis. Le grec dit -seulement : à la lecture. — Librorum qui... iraâili sunt. Ici encore le grec est plus concis : les autres livres paternels. Il ajoute ensuite ; B(

EocLi. — Proloqus

qui désirent apprendre, s'étant instruits par ce livre, fassent des réflexions de plus en plus sérieuses, et s'aiïermiBSQnt dans une vie conforme à la loi.

Je vous exhorte donc à venir avec bienveillance, et à faire cette lecture avec une attention particulière, et à nous pardonner s'il semble qu'en quelques endroits, tout en voulant reproduire l'image de la sagesse, nous sommes demeurés impuissants à rendre le sens des expressions. Car les mots hébreux n'ont plus la même force lorsqu'ils sont traduits en une autre langue; ce qui n'arrive pas seulement ici, mais la loi même, et les prophètes et les autres livres sont fort différents, quand on compare la version à l'original. Étant venu en Egypte la trente -huitième année du règne de Ptolémée Evergète, et y ayant longtemps séjourné, j'y trouvai ce livre qui y avait été laissé, et dont la doctrine n'était ni faible ni méprisable. C'est pourquoi j'ai cru bon et nécessaire d'apporter moi aussi quelque soin et quelque travail à traduire cet ouvrage ; ainsi avec beaucoup de veilles, pendant un certain temps, j'ai mis en oeuvre ma science pour arriver à bonne fin, et pour offi'ir ce livre à ceux qui veulent appliquer leur esprit, et apprendre comment on doit régler ses mœurs lorsqu'on a résolu de vivre selon la loi du Seigneur.

tinent, ut desiderantes discere, et illorum periti facti, magis magisque attendant animo , et confirmentur ad legitimam vitam.

Hortor itaque venire vos cum benevolentia, et attention studio lectionem facere, et veniam habere in illis, in quibus videmur, sequentes imaginem sapieutise, deficere in verborum compositione. Nam deficiunt verba hebraica quando fuerint ..translata ad alteram linguam; non autem solum hsec, sed et ipsa lex, et prophetse, ceteraque aliorum librorura, non parvam habent differentiam quando inter se dicuntur. Nam in octavo et trigesimo anno, temporibus Ptolemaei Evergetis régis , postquam perveni in ^gyptum , et cum multum temporis ibi fuissem, inveni ibi libros relictos, non parvse neque contemnendae doctrinae. Itaque bonum et necessarium putavi et ipse aliquam addere diligentiam et laborem interpretandi librum istum ; et multa vigilia attuli doctrinam in spatio temporis, ad illa quse ad finem ducunt, librum istum dare, et illis qui volunt animum inteudere, et discere quemadmodum oporteat instituere mores qui secundum legem Domini proposuerint vitam agere.

ayant acquis en cela une facilité suffisante (c.-à-d. considérable). — Voluit. Mieux : 11 fut poussé (7tpor,-/J)Y) ). Expression qui convient très bien pour marquer le mouvement Intérieur par lequel Dieu presse les écrivains sacrés de prendre la plume. — Ut desiderantes discere. . . Noble but que se proposait le flls de Sirach en composant son livre : il voulait favoriser et faciliter de plus en plus l'étude des vérités religieuses ( magis... attendant; ce détail est propre à la Vulgate), pour amener ses frères à vivre plus conformément à la loi (.legitimam vitam). — Confirmentur. D'après le grec : Afin qu'ils fassent des progrès.

Le traducteur présente modestement son œuvre. — Hortor itaque... Appel très délicat il l'attention et à la bienveillance des lecteurs. — Sequentes imaginem sapientias. Le grec dit beaucoup plus clairement : Nous étant donné de la peine pour interpréter. — Nam deflciunt... Motif, très bien exprimé, des Imperfections que l'on pourrait rencontrer dans son travail. « Une traduction ne peut jamais rendre toute la force de l'original. » Dans le cas présent, les mots hébreux n'ont pas la même valeur que les expressions grecques par lesquelles on essaye de les traduire. — Quando inter te dicuiUur. C.-à-d.

quand on compare d'un côté le texte original, et de l'autre la traduction. — Nain in octave... Le traducteur passe aux raisons spéciales qui l'ont porté à entreprendre son travail. Sur le roi Ptolémée Evergète et l'époque de son règne, voyez l'Introduction, p. 81. — Perveni in jEgyptum : venant de Palestine. — Libros. Le sens du substantif grec àcp6[xoiov n'est pas absolument certain. Les uns le traduisent par a exemplaire », c.-à-d. livre; les autres, plus probablement, par « différence ». La proposition signifie dans son ' entier : Je n'ai pas trouvé une petite différence de formation (entre le genre des Juifs d'Egypte et celui des Juifs de Palestine). Les mots relictos et neque contemnendse manquent dans le grec. — Itaque ionum... D'après le texte grec : J'ai jugé tout à fait nécessaire. — Multa vigilantia... doctrinam. Il n'épargna aucune fatigue, aucun soin, pour que sa traduction fût exacte. — In spatio temporis : tant que dura son séjour en Egypte. — Ad illa quse ad finem. . . : pour mener à bonne fin sa publication. — Et illis qui... intendere. D'après le grec : Pour ceux qui veulent, pendant leur séjour à l'étranger... Allusion aux Israélites diapersés à travers les coc' trées païennes.

EccLi. 1 , 1-8.

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