‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 38 sur 938 · Les relations de la sagesse avec Dieu · texte numérisé non relu

Les relations de la sagesse avec Dieu

— Generositatem... E'jyéveiav, la noblesse de sa naissance, son origine toute divine, qu'elle manifeste elle-même d'une manière très glorieuse (glorificat). — Contuhemium Dei... Dans le grec : auaêtwaiv, «la vie avec »; la vie commune de l'époux et de î'éponse. La sagesse est donc représentée comme vivant avec Dieu dans une complète Intimité. Rien de plus naturel , puisqu'elle est son Verbe et son Esprit (cf. vir, 22 et ss., 24 et ss.). — Sed et (bien plusD... IX> THivus dilexit. Ici nous trouvons le verbe '^yâ- TtYicrev, qui dénote un amour d'un genre plu.i relevé. — Ductrix... Mudr^ç, initiée aux mystères divins et chargée de les enseigner. D u-j..

32 Sap. VIII, 4-9.

4. Doctrix enim est disciplinse Dei, et electrix operum illius.

5. Et si divitise appetuntur in vità, quid sa[»ientia locupletius quœ operatur omnia ?

6. Si autem sensus operatur, quis horum quse sunt magis quam illa est artifex?

7. Et si justitiam quis diligit, labores hujus magnas habent virtutes : sobrietatem enim et prudentiam docet, et justitiam, et virtutem, quibus utiliue nihil est in vita hominibus.

8. Et si multitudinem scientise desiderat quis, scit prseterita, et de futuris sestimat ; scit versutias sermonum, et dis- Bolutiones argumentorum ; signa et monstra scit antequam fiant , et eventus temporum et sœculorum.

9. Proposui ergo hanc adducere mihi ad convivendum, sciens quoniam mecum communicabit de bonis, et erit allocutio cogitationis et tsedii mei.

4. C'b6l elle qui enseigne la science de Dieu, et qui est la directrice de ses oeuvres.

5. Si l'on souhaite les richesses dans cette vie, qu'y a-t-il de plus riche que la sagesse qui fait toutes choses?

6. Si la prudence peut agir, qui a plus de part que la sagesse à tout ce qui se fait?

7. Et si quelqu'un aime la justice, les grandes vertus sont son ouvrage : car c'est elle qui enseigne la tempérance, et la prudence, et la justice, et la force, qui sont les choses les plus utiles à l'homme dans cette vie.

8. Et si quelqu'un désire l'étendue de la science, elle connaît le passé, et juge de l'avenir; elle pénètre les subtilités des discours et les solutions des arguments ; elle connaît les signes et les prodiges avant qu'ils paraissent, et les événements des temps et des siècles.

9. J'ai donc résolu de la prendre avec moi pour compagne de ma vie, sachant qu'elle me fera part de ses iDiens, et qu'elle sera ma consolation dans mes peines et dans mes ennuis.

plinse Dei: d'après le grec, de la science de Dieu. — Electrix operum. . . Compagne de Dieu au moment de la création , la Sagesse a choisi , entre toutes les œuvres possibles du Créateur, celles dont la réalisation convenait le mieux à sa gloire, à sa sainteté, à sa puissance, à sa bonté, à toutes ses perfections inflnleB.

5-8. Quelques-uns des principaux dons de la sagesse. L'écrivain sacré mentionne tour à totir les richesses (vers. 8), l'intelligence (vers. 6), la justice (vers. 7) et la science (vers. 8). Quatre hypothèses successives au sujet des désirs du cœur humain, et de la manière dont la sagesse peut les réaliser pleinement. — Si divitise... D'après le grec : Si la richesse est l'acquisition désirable de la vie. — Operatur omnia. La sagesse procure tous les biens teiTestres, tous les profits souhaités. — Si aiUem, sensus. . . Si la prudence de l'homme (çpôvriCT'.;) est capable, à elle seule, de produire d'excellentes choses Çoperatnr'), à pins forte raison lorsqu'elle est associée à la sagesse d'en haut (quis horum...f). — Et si justitiam... (vers. 7). Par justice il faut entendre ici l'ensemble des vertus morales. — Labores... magnas (adjectif omis dans le grec)... virtutes. Plus clairement dans le grec : Ses travaux (de la sagesse; c.-à-d. les résultats de ses travaux) sont des vertus, — Sobi-ietatem (la tempérance), prudentiam, justitiam,, virlutem (àvopstav, la force virile ) : les quatre vertus cardinales des anciens moralistes. — Docet: éxôtSàffy.Ei, elle enseigne à fond. — Si muUitudinem scientise... (vers. 8). Dans le grec : •no).U7t£tptav, « l'expérience multiple, » science pratique qui est sf

importante et si rare. — Scit prseterita, de /u,turis... Comp. vn, 12-21, où il a été déjà démontré en détail que la science enselgrne tout ; quoique 8l riche, cette belle nomenclature est complétée ici. — Versutias sermonum : les subtilités variées du langage humain. Cf. Prov. i, 3. — DissoVutiones argumentorum. D'après le grec : les solutions des énigmes. Cf. Jnd. xiv, 12, 14; m Reg. X, 1 (trait qui concerne précisément l'habileté de Salomon sous ce rapport) ; Prov. i, 6, etc. — Signa et monstra. Sv^piEta xa\ -répaTa, expressions qui sont aussi quelquefois associées dans les évangiles. Cf. Matth. xxrv, 24 ; Marc, xm, 22; Joan. iv, 48. La première désigne les miracles en tant qu'ils sont des signes de la puissance de Dieu et de ses autres attributs ; la seconde, en tant qu'ils sont des œuvres merveUleuses , éclatantes. — Antequam fiant : la prophétie s'ajoutant au miracle. — Eventus temporum... : les faits relatifs à l'histoire de l'humanité.

9-16. Salomon a surtout désiré la sagesse à cause de son utilité toute spéciale pour les rois.

— Proposui ergo... La voyant si avantageuse, 11 résolut fortement (ëxpiva) de l'acquérir. — Ad convivendum: tic, av\).êiwaiv, comme au vers. 3 ( Vulg. : « contubemitim » ). — Mecum communicabit... Dans le grec : Parce qu'elle sera nour mol une conseillère de bonnes choses. Conseillère dans l'adversité, d'après le contexte.

— AUoeutio cogitationis et tsedii. Grec : une consolation dans les soucis et le chagrin. — Habebo propter hanc... (vers. 10). Mieux : Par elle (ô(' aÙTr|V) j'aurai... Autres fruits que Sa-

Sap. VIII, 10-17.

10. «Tanrai, grâce à elle, de la gloire auprès des foules, et, quoique jeune, de l'honneur auiJiès des vieillards;

11. on reconnaîtra ma pénétration dans les jugements, je paraîtrai admirable en présence des puissants, et les princes témoigneront leur étonnement sur leurs visages.

12. Quand je me tairai, ils attendront que je parle; quand je parlerai, ils me regarderont attentivement, et si je prolonge mes discours, ils mettront la main sur leur bouche. ^

13. C'est par elle aussi que j'aurai l'immortalité, et que je laisserai un souvenir à cwux qui vivront après moi.

14. Je gouvernerai les peuples, et les nations me seront soumises.

15. Les rois rednutahles craindront lorsqu'ils entendront parler de moi. Je me montrerai bon pour mou peuple, et vaillant à la guerre.

16. En rentrant dans ma maison, je me reposerai avec elle; car il n'y a pas d'amertume à converser avec elle, ni d'ennui à vivre auprès d'elle, mais mulement de la satisfaction et de la joie.

17. Je jiensais donc à ces clio^es, et je considérais dans mon cœur que l'immortalité est dans l'uuiou avec la sagesse,

10. Habebo propter hanc claritatera. ad turbas, et honorem apud seniores juvenis ;

11. et acntus inveniar in judicio, et in conspectu potentiura admirabilis ero, et faciès principum mirabuntur me.

12 Tacentem me sustinebunt, et lo qnentem me respicient; et sermocinante me plura, manus ori suo imponent.

13. PrîBterea habebo per hanc immortalitatem, et memoriara feternam hls qui post me futuri siint relinquam.

J4. Disjionam populos, et nationes milii erunt subditse.

15. Timebunt me audientes reges horreiuli. In niultitudiue videbor bonus, et in bello fortis.

16. Intrans in doraura meam, con^ quiescam cum illa ; non enira habet amarituilinem conversatio illiiis, nec tœdium convictus illius, sed Isetitiam et gandium.

17. ilîec cogitans apud me, et commeniorans in corde meo, quoniam immortalitas^est in cognatioue sapieutise.

lomon espérait retirer de la sugesse. — Cla'itntem ail lurlias. Mieux : tle la i^loire parmi les foules (ilaiis les réunions du peuple). — Honorem... juvenix. Qwii\>\ue tout )eune encore, 11 se fera estimer des vioillanls fu.x-uiêmes, ces types d'expi^ricnce et de prudence. — Acutns... in judicio (vers. 11). Allusion au Jugement célèbre de Salonion. Cf. III Reg. ni. 16-1». — fn conspectu piitniHum... Les officiers de Salonion, les rois de Tyr et d'Egypte, la reine de Saba et d'autres gi-atids personnages aduilréi'ent, en effet, la sagesse du grand roi. Cf. lit Reg. v, 7; ix, 14, 24 ; X, 5-9, etc. Faces... mirabuntur est de l'hébreu tout pur. — Tarentem... sustinebunt (vers. 12). S'il garde le silence, on se taira respectueusement, en attendant qu'il lui plaise de parler. — Lnquentem. . . respicient. llpaaéÇou<7iv, Ils feront attention. On l'écoutera avec une véritable avlilUé, sans jamais se lasser (sermocinaniem... plura). — Manus ori... Le geste de l'admirailon et de l'attention chez les anciens Orientaux. Cf. .Jud. xvm, 19; III Reg. X, 24 a'J're trait relatif à Salomon) ; Job, xxi, 5 ; XXIX, 9; fs. LU, 15, etc. — Immo'talitati-m (vers. 13) : une renommée éternelle, ainsi qu'il ressort de la fln du verset. — Disponam (vers. 14): h<.oiy.r,T(ii , comme au vers. 1. — Poi»ilos : le peuple hébreu. Nationes : les nations tributaires. — Tiiticburit... audientes. Il suffira de. prononcer «on nom pour exciter l'eflroi dans les oœura les Comment. — V.

plus Intrépides ( reges horrendi ; dans le grec : les tyrans redoutables). — /i/ mu'litniline...: ÛAn» les assemblées. Couip. le vers. 10. — /n bello fortis. Antithèse avec bonus. La bonté et la vaillance ont toujours été regardées comme les deux qualités principales d'un roi parfait sous le rapport humain. C'est, en pa tlculler l'éloge qu'Homère trace d'Agameinnon. — Intrau.s (vers. 16). Trait final, digne, par sa délicatesse, de mettre le sceau ù cette belle description. La sagesse ne confère pas moins le bonheur domestique que la gloire e.vtérieure. — /<» dnmum... vuand le roi rentrera dans le sanctuaire Intérieur de la famide, après avoir traité les graves et absorbantes affaires de l'État. — Couqulescam. Le grec est très expressif (TtpoiravaK x'jtojx-zi) : se reposer à côté de la sagesse, comme on le fait auprès d'une é|iouse bien -aimée. — Non enim h'ibet... Il ne se lassera jamais de cette douce société, qui lui procurera des Joies toujours nouvelles, et Jamais la moindre peine.

§ III. — Prière de Salomon pour obtenir la sagesse. VIII, 17 — IX, 19.

1« Introduction à la prière : la sagesse est un don de Dl^u VIII, 17-21.

17-18. Récapitulation des avantages que les rois retirent de la sagesse. — Cogitant... cornmemorans (çpovTcira;) : pensées profondes, mélangées d'une certaine anxiété.— Delectatio bona :

fepiwuii^

rj>^^

Sap. VTII, 18 — TX. 2.

18. et in amicitia iUius ddectatio bona, et in opeiibus manuura illius honestas sine defectione, et in certainine loqiiei;t' illius ^a|lielltia, et piîfcclaritas in commuiiicatioiie eerraoriiira ipsius, circiiibam quaereus, ut mihi illam assume rein.

ly. Puer autem erara ingeniosus, et Bortitus sum animam bonam.

20. Et cum essem magis bonus, verii ad corfius incoiiiquinatum.

21. Et ut scivi quoniam aliter non possem esse continens, nisi Deus det ; et hoc ipsum erat sai)ieiitiae, scire cujus esset hoc donum : adii Dominura, et d3precatus sura illum, et dixi ex totis prsecordiis meis ;

18. qu'il y a un saint bonheur dans son amitié, des riches es inépuisables dans les œuvres de ses mains, et qu'on trouve l'intelligence dans ses entretiens, et la gloire dans la communication do ses discours; je cherciiais de tous côtés, afin de la prendre pour ma compagne.

19. J'étais un enfant d'une excellente nature, et j'avais reçu en partage une bonne âme.

20. Et plutôt, comme j'étais bon, je suis venu dans un corps sans souillure.

21. Et comme je savais que je ne pouvais avoir la continence si Dieu ne me la donnait, et c'était déjà un effet de la sagesse de savoir de qui venait ce djn, je m'adressai au Seigneur, et je l'implorai, et je lui dis de tout mon C(Bur :

Page 1