et qui par votre sagesse avez établi
de saintes et pures délices, par opposiiion aux Joies profanes. — llonestas aine di-fecUone : une richesse (tiaoOto;) impérissable. — In certamine loquelse. Cette locution fait Image : iruy- Yy|j.va(T;i, une toute suave contestation, une sorte d'argumentation intime. — Circuibam qiiserens. Trait pittoresque : un mouvement incessant de va-et-vient pour chercher et trouver la sagesse. — Ut... assumerem. Comme une épouse chérie.
19-21. On ne peut acquérir la sagesse qu'en la demandant à Dieu, — f «er. . , ingeniosun. Dans le grec : EviJTiÇ, d'un bon naturel; doué par Dieu d'excellentes dispositions. — SorlUus avimatn bonam : une âme portée à la vertu. — EU. Il agis bunits . vcni... Le te.\te primitif est plus clair : Ou plut^lt, étant bon, je vins... Salomon revient sur sa pensée pour la compléter et l'expliquer. — Ail crjnis incoinqumatnm. Ces mots doivent s'entendre i non absolute, sed comparate », comme dit Bossuet, car tous les corps et toutes les âmes naissent souillés de la tache originelle ; mais 11 est certain qu'il est des hommes privilégiés, qui, par un mystérieux et très Juste dessein du Créateur, viennent au monde avec des dispositions plus excellentes. Salomon fut évlùeniment de ce nombre, malgré l'abus affreux qu'il fit plus tard des dons du ciel. Les Interprètes protestants accusent l'auteur du livre de 1» Sagesse d'enseigner en cet endroit la préexistence des âniis avant la formation des corps, erreur condamnée depuis par le second concile de Consiantinople; mais, « dans la riçueur, on
ne peut pas inférer cela de ses paroles : il distingue seulement les instants divers de la production de ces deux substances, du corps et de l'âme, et 11 discerne les qualités et les propriétés différentes de l'une et de l'autre. » (Calinet, h. l.) On exagère donc sliiguliéreuient en lui faisant dire autre chose. — Esse coniineni (vers. 21). L'adjectif grec ey-^P^ti^ç a queli|uefol8 le sens de a chaste », mais sa signlQcation la plus habituelle, qui est exigée Ici par le contexte, est « votl compos X, maître d'une chose souhaitée (comp. Eccll. VI, 27, d'après le texte original), et, dans le cas présent, cette chose n'est autre que la sagesse. Par conséquent : Lorsque )e sus que Je ne pouvais posséder la sagesse que si Dieu me la donnait. — Adil Dominnm. De la théorie, 11 passe Immédiatement h l'action. — La forinulu ex lotis praecordiia dénote une très vive Intensité dans le désir et, par suite, dans la deraande.
2« La prière du jeune roi. IX, 1-19.
Elle est admirable et admirablement motivéR, C'est un beau développement de celle que Salomon avait réellement adressée au Seigneur • Gabaon. Cf. III Reg. m, 6-9; I Par. i, 8-10.
Chap. IX. — 1-6. Premier motif, général : l'homme a besoin de sagesse pour remplir le rôle que Dieu lui a conQé lorsqu'il l'a placé à la tête de toute la création. — Dev^s patrum (meornm n'est pas dan- le grec). Titre ba'^é surOen. xxxn, «. Dieu des patriarches. — Dnmine minericordix. Appel encore plus touchant. Le Seigneur apparaît à tout moment dans la Bible comme Je « Père des misi''rlcori1es », ainsi que le nomme
Sap. ÎX, 3-9.
3Fi
l'homme, pour qu'il dominât sur les créatures (iiie vous avez faites,
3. i)()iir qu'il guiiveinât le monde dans l'équité et la justice, et qu'il t'ormiilât ses jugements avec un cœur droit :
4. donnez -moi cette sagesse qui est assise avec vous sur votre trône, et ne lie rejetez pas du nombre de vos enfants ,
5. car je suis votre serviteur, et le fils de votre servante, un homme faible, à la vie rapide, et peu capable de comprendre la justice et les ".ois.
6. Car, quelqu'un semblât -il parfait parmi les tils des hommes, si votre sagesse n'est pas avec lui, il sera considéré comme rien.
7. Vous m'avez choisi comme le roi de votre peuple, et comme juge de vos tils et de vos tilles ;
8. et vous m'avez dit de bâtir un temple sur votre montagne saiute, et un autel dans la cité où vous habitez, sur le modèle de votre tabernacle saint que vous avez préparé dès le commencement ;
9. et vous avez avec vous votre sagesse, qui connaît vos œuvres, et qui
nem , ut dominaretnr creaturse quae a te facta est,
3. ut disponat orbem terrarum ia sequitate et justitia, et in directione cordis judicium judicet :
4. da niihi sedium tuarum assistricem sapientiam, et uoli me reprobare a pueris tuis,
5. quoniam servus tuus sum ego, et filins ancillœ tuse, hoino infirmus, et exigui temporis, et miuor ad intellectum judicii et legum.
6. Nam et si quis erit consummatus inter filios hominum, si ab illo abfuerit sapieutia tua, in nihilum computabitur.
7. Tu elegisti me regem populo tuo, et judicem tiliorum tuorum et filiarum ;
8. et dixisti me œdificare templum in monte sancto tuo, et in civitate habita-, tionis tuse altare, similitudinem tabernaculi sancti tui quod prseparasti ab initio ;
9. et tecum sapientia tua quae novit opéra tua, quse et affuit tune cum or-
salnt Paul, II Cor. ni, 1. — Fecisti omnia verbo. Coiup. Gen. i, 3, et Ps. xxxii, 6 : Les deux ont été faits par la parole de Jéhovah. — Sapientia tua ( vers. 2 ). Synonyme de « parole « créatrice.— Ut dominaretur (SîCTiôsy), expressioQ qui désigne un pouvoir absolu). L'homme e>t vraiment le roi de la création. Cf. Gen. i, 26-30; Ps. VHT, 7-9, etc. Toutefois son autorité n'est pas arbitraire; il doit l'exercer in aequitate et jaxtitia (en eainteté et en justice, d'après le grec). — In dlreciione cordis. Grec : en droiture d'ânip. Formule tout hébraïque. Corap. III Reg. III, 6, où nous voyons Salomon demander de fait au Seigneur la grâce de gouverner « en droiture de cœur ». — Jtullcium judicet. Autre hôbraïsme : ici, exercer son autorité sur la création. — Da mihi. . . ( vers. 4 ). Après ce petit exorde Insinuant, le suppliant passe à la demande même. — Sedium tiuirum. Pluriel de majesté; comp. le vers. 12. — Assistricem... Mugnitique métaphore, qui dépe'nt fort bien le caractère Intime des relations de la sagesse avec Dieu • elle est assise sur le même trône que lui, TiapeSpoç. Cf. vin, 3; Piov. viii, 30-31; EccU. 1,1. — NoH vie reprobare : le rejeter, le réprouver comme un insensé dénué de sagesse. Cf. II Cor. XIII, 6; Hebr. vi, 7, etc.— Quoniam servus tuus... (vers. 5 ). Raison spéciale qu'avait Salomon de n'être pas ainsi rejeté du nombre des vrais serviteurs de Dieu. Cf. Ps. lxxxv, 16, et la note; cxv, 16. — Autre raison, son impuissance et sa faiblesse : homo injlrmus... Les ■mots minor ad intelleetum... avaient été <>in-
ployés à la lettre dans la prière faite à Gabaon (III Rcg. III, 7). — Si- quis... consummatus (vers. 6) : xeÀccoç, un homme parfait. — In nihilum... Cet homme, malgré l'excellence de ses qualités naturelles, ne sera rien di^varit Dieu s'il ne possède en même temps la vraie sagesse.
7-12. Motif plus particulier d'être exaucé : Salomon, élevé par Dieu sur le ti/.ne d'Israël, avait un be.-oln très grand et très personnel de sagesse. — Tu (pronom fortement accentué) elegisti me. Dans le grec : Trpoîi'Xo), choisi de préférence à tous les autres tils de David. Rien de plus vrai : cf. II Reg. vu, 12; III Reg. i, 12. — Regem populo tuo. Ce n'était pas une royauté ordinaire, mais la plus haute et la plus noble de toutes. — Judicem (synonyme de « regem ») flUorum... Les Hébreux étalent les enfants de Dieu entre tous les hommes. Cf. Deut. xiv, 1 ; Os. XI, 1. — Dixisti... ledijicare... Autre raison pour laquelle la sagesse était indispensable è Salomon. Sur ce second choix, voyez II Reg, VII, 13. — In monte sancto : la colline de Morlah, sanctifiée déjà par le sacrîtice d'isaac. Cf. Gen. XXII, 2, et le commentaire ; l'Ail, gœgr., pi. XIV, XV, xviii. Jusqu'alors c'est la colline de Sion qui avait été appelée « la montagne sainte », à cause du tabernacle qu'y avait érigé David. — In civitate habit'Uiouia... Littéralement dans le grec : la cité de ton campement. Jérusalem était regardée comme la capitale et la résidence du roi théocratlque. Cf. Ps. xlv, 5; lxxxvi, Î et ss.; cxxxi, 13; Matth. v, 35, etc. — SimilitMdinem tabemaouli.,. Allusion à Bx. xxv, 40,
Sap. IX, 10-16.
bera terrarum facei-es, et BCiebat quid esset iilacitiiin oculis tuis, et quid directuru iu prjeceptis tuis.
lO.Mitte illani do cœlis sanctis tuis, et a sede magiiitudiais tusp-, ut mecum sit et mecum laboret, ut sciam quid acceptum sit apud te ;
11. scit enim illa omnia, et intelligit, et deducet me in opeiibus meis sobrie, et custodiet me in sua potentia.
12. Et erunt accepta opéra mea; et disponam populum tuum juste, et ero diguus sedium patris mei.
13. Quis enim hominum poterit scire consilium UeiV aut quis poterit cogitare quid velit Deus?
14. Cogitationes enim mortalium timidse, et incertae providentise nostrae;
15. corpus enim quod corrumpitur aggi-avat animam, et terrena inhabitatio deprimit sensum multa cogitantem.
16. Et difficile aestimamus qiiae in terra sunt, et quae in prospectu sunt invenimus cum labore : quse autem in cselis sunt quis iuvestigabit?
était présente lorsque vous formiez l'univers ; elle savait ce qui est agréable à vos yeux, et quelle est la rectitude de vos préceptes.
lu. Envoyez -la du ciel, votre sanctuaire, et du trône de votre grandeur, afin qu'elle soit avec moi et qu'elle travaille avec moi , et que je sache ce qui . vous est agréable ;
11. car elle a la science et l'intelligence de toutes choses, et elle me conduira dans mes œuvres avec circon8p*»ction, et me protégera par sa puissance.
12. Ainsi mes actions vous seront agréables; et je conduirai votre peuple avec justice, et je serai digne du trône de mon père.
13. Car quel est l'homme qui puisse connaître les desseins de Dieu? ou qui pourra pénétrer les volontés divines?
14. En effet, les pensées des mortels sont timides, et nos prévoyances sont incertaines ;
15. car le corps qui se corrompt appesantit l'âme, et cette demeure terrestre accable l'esprit aux pensées multiples.
16. Nous comprenons difficilement ce qui est sur la terre, et nous trouvons avec peine ce qui est sous nos yeux : qui donc découvrira ce qui est dans le ciel?
où Dieu avait ordonné à Moïse de construire le tabernacle et son mobilier d'après le nioJèle qu'il lui avait montré sur le Sln.iï ; or le temple de Salonion fut construis lui-même à l'instar du tabernacle de Moïse. Cf. Ex. xxv-xxx, et 111 Reg. VI (AU. archéoL, pi. xcv-xcix). — Ab initio. De toute éternité; ou bien, au début de l'histoire du peuple juif. — Tecum sapientia (tua n'est pas dans le grec) quse nm^t... Cf. vers. 2 et ss.; vni, 3, et surtout Prov. viii, 22 et ss. — Quid placiium : eùO'J;, bon sous le rapport moral, conforme au plan divin. — Mitte ULam (vers. 10). Réitération de la demande ( comp. le vers. 4 ), après l'Indication du second motif. — A sede magnitudiiiis. Après ces mots, le grec répète: Envoie-la. — Mecmn sit et... laboret : comme elle avait cohabité et travaillé avec Dieu. — Scit enim...omiiia (vers. 11). L'écrivain sacré revient sans cesse sur cette science universelle de la sagesse. Cf. VII, 15 et ss. ; vm, 4, 8. — Deducet... sobrie. Plutôt : avec prudence ((7wsp '<vw:). — In sua potentia. D'après le grec : dans sa gloire. La gloire de la sages.»e, et émanation de celle de Dieu ( ef . vu, 26). sera comme une atmo.^phère protectrice » autour de Salomon. — Diguus sedium patris... Malgré les grands crimes qui profanèrent quelques mois de sa vie , David demeurera à tout ]auials le modèle des rois. Digue de son père l'ou^ant uu ueric^in nombre
d'années, Salomon se montra sur la fin le plus Indijjne des ûls.
13-19. Troisième motif, général comme le premier : sans la sagesse l'homme, cet être si misérable, est impuissant, ignorant, Incapable de plaire à Dieu. — Quis... poterit scire...? Covap. Is. xl, 13, qui parait avoir servi de source ù cette pensée, et Rom. XI, 34-35, qui en est un écho. — Cogitationes... timidse. a Ondoyant et divers, » l'homme ne sait que difficilement prendre un parti. — Ineertse providentiae. . . Dans le grec : Nos pensées sont jistables. — Corpus enim... (vers. 15), Une des causes de cette prodigieuse faiblesse. Les auteurs sacrés et profanes ont parlé en gémissant, à toutes les époques et sous toutes les termes, de cette pernicieuse Influence du corps sur l'âme. Comp. Rom. vu, 24 ; Gai. iv, 22. Platon appelait le corps une « prison toute polluée >\ — Aggravât: pxpjvst, il charge l'âme et l'alourdit. Même image aussi dans Platon , dans Horace (« Corpus... aniraam... prsegravat. » Sat., n, 77-79), et dans Sénèque (« Corpus hoc animae pondus. » Ep. Lxv). — Terrena inhabitatio. D'après le grec : la tente ((txt|Vo;> terrestre. Fréquente métaphore dans la Bible (cf. Job, IV, 19 ; II Cor. V, 4 ; II Petr. i, 13, etc.), et chez les auteurs classiques (Platon dit du corps, dans les mêmes termes que ce passage, qu'il est -'r/cvov (7y.T,vo;), — Deprimit : écrase, fait pencher a
Sap. îX, 17 - X, 3.
17. Et qni connaîtra votre pensée, si vous ne dunnez vous-même la sagesse, et si vous n'envoyez votre Esprit saint du plus haut des cieux,
18. afin que les sentiers de ceux qui Bont sur la terre soient ainsi redressés, et que les hommes apprennent ce qui vous est agréable ?
19. Car c'est par la sagesse, Seigneur, qu'ont été guéris tous ceux qui vous ont plu dès le commencement.
17. Sensum autem tunm quis sciet, nisi tu dederis sapientiam, et miseris Spiritum sanctum tuum de altissimis,
18. et sic correctse sint semitae eorura qui sunt in terris, et quse tibi placent didicerint homines?
19. Nam per sapientiam sanati sunl quicumque placuerunt tibi, Domine, ^ principio.