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CHAPITRE XIV

1. Prope est ut veniat tempus ejus, et dies ejus non elongabuntur ; miserebitur enim Dominus Jacob, et eliget adhuc de Israël, et requiescere eos faciet super humum suam; adjungetur advena ad eos, et adhaerebit domui Jacob.

2. Et tenebunt eos populi, et adducent eos in locura suura ; et possidebit eos

1. Son temps est proche, et ses jours ne seront pas prolongés; car le Seigneur aura pitié de Jacob , il se choisira encore des amis dans Israël, et il les fera reposer dans leur pays ; les étrangers se joindront à eux, et s'attacheront à la maison de Jacob.

2. Les peuples les prendront, et les reconduiront dans leur pays ; et la mai-

dn désert. — Draconibus. Le substantif hébreu •oftiTn a été très diversement traduit par les Interprètes anciens et modernes. D'après les LXJX, Théodotion et le syriaque, 11 désignerait 1'« écho », 0. -à-d. les cris retentissants des animaux. De nombreux commentateurs contemporains pensent avec assez de vraisemblance qu'il représente le hibou. Il n'est employé qu'en ce seul endroit des saints Livres. — Pilosi. Hébr. , S'irlm; littéralement, « les velus ». D'après l'usage biblique, tantôt les boucs, tantdt les démons, que l'imagination populaire a'est presque partout représentés BOUS la forme de cet animal. Nous nous rangeons Ici sans hésiter à l'Interprétation de saint Jérôme. Comp. Lev. xvii, 7, et la note. Sur le désert en tant qu'il est le séjour des démons, voyez Tob. vin , 8 , et Matth. xii , 43. — Ululse ( vers. 22 ). Hébr.: 'lyytm; probablement les chacals {Atl. d'hist. nat, pi. xcvui, flg. 6, et pi. xcix, flg. 1).

— Sirènes. Hébr. : tannim ; les chiens sauvages, suivant le sentiment le plus commun de nos jours.

— Tous ces traits figurent, d'une façon extrêmement dramatique, la dévastation absolue de Babylone. Ils se sont réalisés à la lettre. Pausanias pouvait écrire, sous le règne d'Adrien : « Babylon, omnium quas sol aspexit urbium maxima, Jam nihil prseter muros habet » (viii, 83, 1; comp. Pline, Hist. nat., vi, 26, et Dion Cass., Lxxv, 9). « Vu des hauteurs de ce champ de ruines, l'Enphrate ressemble à un pèlerin qui traverse les ruines silencieuses de son royaume disparu. » La ville d'Hillah et les villages arabes qui s'éWivent çà et là à travers ces ruines n'en font que mieux ressortir l'horreur (Atlas giogr.. pi. IX ). Les animaux sauvages y habitent en grand nombre ; les pasteurs n'y conduisent pas leurs troupeaux , et c'est encore la croyance des tribus voisines que ces décombres servent de séjour aux démons et aux spectres. De longs siècles après IsaTe, saint .lean a refirls cette description dana son Apoca'ypse, chap. xvni, pour

en faire l'application à la Babylone occidentale , à la vieille Rome corrompue.

4» Isaïe prédit aux Juifs la cessation de la captivité de Babylone. XIV, 1-2.

Oracle très remarquable, qui retentira souvent, et avec de nombreux développements, dans la seconde partie du livre. Il est ici la conséquence naturelle de la prédiction qui précède : lorsque ceux qui l'avaient asservi auront été renversés à leur tour, Israël pourra se reconstituer comme peuple libre.

Chap. XIV. — 1 - 2. La pitié de Jéhovah pour son peuple et l'heureux résultat qu'elle produira.

— Les mots prope est... elongabuntur forment une excellente transition entre les deux divisions de cette grande prophétie relative à Babylone. Dans l'hébreu, ils sont rattachés au chap. xni.

— Prope est... tempus ejt«... ; le temps et le Jour où la cité Impie sera châtiée. Le prophète contemple sa chute comme Imminente ; son regard divinement éclairé franchit le temps comme l'espace. — Miserebitur enim... Motif pour lequel Babylone sera brisée : le Seigneur voudra ainsi délivrer son peuple, que cette ville cmelle retenait caj)tlf. — Eliget adhuc.^ Hébr. : H choisira encore Israël (au lieu de de Israël). Expression d'une grande délicatesse. Au temps de l'exil , Jéhovah avait paru abandonner la nation sainte ; il la choisira, pour ainsi dire, de nouveau comme son héritage, lorsqu'il mettra fin à la captivité.

— Super humum suam : la Palestine, dont les Juifs devaient être violemment arrachés par les Chaldéens. — Adjungetur advena. .. : en adoptant la religion d'Israël. Cette heureuse conversion des païens est souvent prédite par lâaïe. Cf. XLiv, 6 ; LV, 6 ; LVi, 3, etc. — Tenebunt eos... (vers. 2). Développement métaphorique de la même pensée. Cf. xlix, 22; lx, 9. Les Gentils, devenus les amis des Juifs, les recondalsent aimablement dai« la terre de Chanaan. Cela eut Heu h la lettre après l'édit de Cyrus, danb ui>n

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