‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 406 sur 938 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

1. Onus Moab. Quia nocte vastata est Ar Moab, conticuit ; quia nocte vastatus est murus Moab, conticuit.

1. Oracle contre Moab. En une nuit, Ar (le Moab a été saccagée, elle est anéantie ; en une nuit la muraille de Moab a été renversée, elle est anéantie.

réponse que le prophète suggère à ses concitoyens : Non , nous n'acceptons pas votre alliance, car Jéhovah est notre roi, notre défenseur, et 11 peut nous sauver à lui seul. — Les annales

Oracle contre les Moabites.

XV, 1 — XVr, 14.

Rnlnes de Kère*„

assyrli^nnes signalent plusieurs fois des victoires remportées sur les Philistins par Pargon et par Sennachérib. Cf. xx, 1 et la note; Vigouroux, Bible et découvertes..,, 6« édlt., t. IV, pp. 174 et go.

« 11 n'y a pas, dans le livre d'isaïe, de prophétie où le cœur du prophète soit aussi douloureusement ému par les événements que son esprit contemple et que sa bouche doit annoncer. Il ressent tout ce qu'il prédit, comme s'il faisait partie du pauvre peuple dont il est le messager de malheurs. » Les détnils géographiques abondent dans cette page :

environ vingt villes moabites y sont mentionnées. (Voyez VAtl, giogr., pi. VII et xu.)

1« Début des calamités de Moab. XV, 1-9.

La description est très dramatique. Isaïe peint, de sa main d'artiste, ce que feront les Moabites lorsque l'ennemi viendra fondre sur eux.

Chap. XV. — 1-4. Les deux villes principales tombent au pouvoir des envahisseurs ; scènes de deuil dans tout le pays. — Onus Moab. Titre de l'oracle.

Cf. xin, 1, et la note; xiv, 28, etc. — Nocte : à l'improvlste, et dans un temps oil les horreurs d'un assaut sont plus affreuses. — Ar Moab, La capitale des Moabites, située vers ■a limite septentrionale de la contrée. Cf. Deut. ii, 36; Jos.

xni, 9, etc. — Conticuit. D'après l'hébreu : a été anéantie. De môme dans la seconde moitié du verset. Les assaillants ne sont pas nommés ; l'ensemble du rc'cit montre qu'ils viennent du nord. Ce sont de nouveau les Assyriens (cf. xiv, 31). — Murus Moab. Hébr. : Qlr Mô'âb.

Autre ville très Importante :

actuellement, Kérek, au sud du pays . dans une situation très forte ; vrai nid d'aigle au sommet d'un pic qui domine la mer Morte. — Domus ( vers. 2 ). D'après la meilleure interprétation de l'hébreu , il faut traduire : On monte à la malson; c.-à-d. au temple, pour y Invoquer le sô-

Is. XV, 2-5.

2. La maison royale et Dibon sont montées sur les hauts lieux, pour pleurer la perte d»; N;ibo et de Médaba. Moab pousse des cris ; toutes les têtes sont rasées et toutes les barbes sont coupées.

3. Ils sont revêtus de sacs dans les rues ; sur les toits et dans les places tout se lamente et fond en larmes.

4. Hésébon etÉléalé poussent des cris, leur voix se fait entendre jusqu';\ Jasa; les vaillants de Moab se lamentent sur cela; son âme gérait sur elle-même.

5. Mon cœur poussera des cris sur Moab; ses défenseurs vont jusqu'à Segor, génisse de trois ans. On monte en pleurant par la colline de Luith, et on jette des cris de détresse sur le chemin d'Oronaïm.

2. Ascendit domus et Dibon ad excelsa, in plauctuni super Nabo et super Médaba. Moab ululavit; in cunctis capitibus -^jus calvitium, et omnis barba radetur.

3. In triviis ejus accincti sunt eacco; super tecta ejus et in plateis ejus omnis ululatus descendit in fletum.

4. Clamabit Hesebon et Eleale, usque Jasa audita est vox eorum ; super hoc expediti Moab ululabuut, anima ejus ululabit sibi.

5. Cor meum ad Moab clamabit; vectesejus usque ad Segor, vitulam conternantem. Per ascensum enim Luith flens ascendet, et in via Oronaim clamorem contritionis levabunt.

cours des dleus. — Dibon. Aujourd'hui Dibân, au nord de la rivière d'Arnon ; on y trouve des ruines considéiablcs. Cf. Nurn. xxxn , 34. — Excelsa : les liauts lieux, centres très fréquents du culte idolâtrique. — Nabo. Hébr. : N'bô : ville bâtie auprès de la célèbre montagne du même nom (cf. Deut. xxxii, 49, et xxxiv, 1); probablement sur l'emplacement des ruines de Nébo, au sud-tuest de Hesbân. — Uledaba. Hébreu : Mêdbâ'. Au nord et non loin de Dibon , sur une colline arrondie. — Moab ululavit. La nation entière gémit à haute voix. — Calvitium ,... radetur. Signes de grand deuil. Cf. xxii, 12 ; Jer. xLViii, 37; Ez. VII, 18, etc. — Accincti... sacco ( vers. 3 ). Autre marque de deuil : au lieu des vêtements de luxe on portait une grossière tunique. Cf. ni, 24, etc. — Siiper tecta: sur les toits plats des maisons orientales (Atlas arch., pi. XII, flg. 3-6 ). — Ululatv^ descendit... Hébr. : Sur ses toits et dans ses plages il (Moab) gémit tout entier, se fondant en larmes. — Hesebon, Hébr. : llesbôn. L'antique capitale du roi amorrhéen Séhon. Cf. Num. xxi, 26. Aujourd'hui, Hesbân. — Eleale. Actuellement El- Al, non loin et au nord -est d'Hesbân. — Jasa (hébr., Taha?) était entre Médaba et Dibon. Cf. Num. xxi , 23 ; Deut. Il, 32, etc. — Expediti Moab. Les vaillants guerriers eux-mêmes éclatent en sanglots, tant le malheur est grand. Détail très pathétique. — Anima ejus : l'âme du peuple moabite personnifié.

5-9. La contrée entière est dévastée par l'ennemi.— Cor meum ad Moab (hébr. : sur Moab). Quoiqu'il s'agisse d'une nation qui haïssait la sienne, le prophète ne peut retenir les sentiments de vive compassion que lui Inspire une telle douleur. Cf. xvi, 9, 11. — Vectes ejus. Locution figurée. Les verrous d'un peuple , ce sont ses mo.yens de défense et particulièrement ses places fortes. Or la ville de Segor (hébr., So'ar), bâtie sur la langue de terre qui s'avance dans la mer Morte, au sud -est, était l'une des principales défenses de Moab dans la direction du sud. Cf. 'Gen. xix, 12. Un certain nombre de

commentateurs traduisent le substantif hébreu b'rîhêha par « ses fugitifs » (Moab, dont les fuyards vont jusqu'à Ségor). Tsaïe verrait les Moabites s'enfuir au loin pour échapper à l'ennemi. Ce sens est très justifiable en lui-même.

Guerrier moabite. ( ij apr^w uu antique bas-ielief.)

et a été adopté par le Targum ; mais nous préférons celui que donne la Vulgate. — Vitulam contemaniein. Cette autre image , tout orientale, indique que Ségor était une citadelle très forte. Une génisse de trois ans est en pleine vigueur. Selon quelques exégètes contemporains, les mots hébreux correspondants, 'Eglat g'iisiyyah, seraient le nom d'une localité : « la troisième Eglath , » par opposition à deux autres bourgades homonymes. Cette hypothèse est sans vraisemblance. — Luith. Saint Jérôme place cette

Is. XV, 6 — XVI, 1.

6. Aquae eium Ncinrim desertae eiuut, quia aruit herba, defecit germen, viror omiiis interiit.

7. Secundum magnitudinem operis, et visitatio eorum ; ad torrentera Salicum ducent eos.

8. Quoniam circuivit clamor terminum Moab ; usque ad Gallim ululatus ejus, et usque ad puteum Elim clamor ejus.

9. Quia aquse Dibon repletae sunt sanguine, ponam enim super Dibon additamenta; his qui fugerint de Moab leoiiem, et reliquiis terrœ.

G. Les eaux de Nemrim se changeront en un désert; l'herbe est desséchée, le gazon est détruit, et toute verdure a disparu.

7. La grandeur de leurs châtiments égale celle de leure crimes; les ennemis les mèneront au torrent des Saules.

8. Les cris font le tour des confins de Moab; ses plaintes retentissent jusqu'à Gallim, et ses hurlements jusqu'au pnits d'Élim.

9. Car les eaux de Dibon sont remplies de sang, et j'enverrai à Dibon de nouveaux malheurs ; un lion contre les échappés de Moab et contre les restes du pays.

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