sed partibus judicans, dabas lo
cum pœnitentiae, non ignorans quoniara nequam est natio eorura, et naturalis malitia ipsorum, et quouiam non poterat mutari cogitatio illorum in perpetuum.
11. Semen enim erat maledictum ab initio; nec timens aliquem, veniam dabas peccatis illorum.
détestables à vos yeux, par des enchantements et des sacrifices impies,
5. tuant sauB pitié leurs propres enfants, mangeant des entrailles humaines, et dévorant le sang malgré votre ordonnance sacrée,
6. tout ensemble pères et parricides d'âmes sans défense ; aussi vous avez voulu les perdre par les mains de nos ancêtres,
7. afin que cette terre, qui vous était la plus chère de toutes, devînt le digne héritage des enfants de Dieu.
8. Et néanmoins vous les avez épargnés parce qu'ils étaient hommes, et vous leur avez envoyé des guêpes comme avant -coureurs de votre armée, afin qu'elles les exterminassent peu à peu.
9. Ce n'est pas que vous fussiez incapable d'assujettir par la guerre les impies aux justes, ou de les faire périr tout d'un coup par les bêtes cruelles, ou par une parole sévère;
10. mais, en exerçant vos jugements par degrés, vous leur donniez le temps de faire pénitence, quoique vous n'ignorassiez pas que leur race était méchante, que la malice leur était naturelle, et que leurs sentiments ne pourraient jamais changer.
11. Car c'était une race maudite dès le commencement, et aucune crainte ne vous portait à pardonner leurs péchés.
ordinaire porte: èx {ifffov (luaTaÔe-la; aov; ce qui revient à peu près à la Vulgate, mais qui ne donne pas un sens bien clair, « car comment les Clianan(!'enB, qui ne connaissaient point Dieu, auraient- ils mangé le sang au milieu de ses m.vstôres ou de ses sacriQces? » (Calmet, h. t.) D'ailleurs le substantif (j.ij(TTa6;ta n'est pas grec. Le texte a visiblement souffert, comme le montrent les variantes assez nombreuses des manuscrits. Quelques-uns lisent : èx (jiÉa-ou (luora; 6io((70'j, du milieu du chœur des bacchantes; et « ce pourrait bien être là le sens du texte i>, ajoute Calmet. La leçon âx (Jiu(7o0( piÛTTa; 6idt70U, initiés à d'abominables mystères, qu'adoptent divers critiques, donne aussi un excellent sens. — Auctores (vers. 6). Le grec aOôlvTcx; signifie en cet endroit : qui tue de sa propre main. Détail qui ajoute à l'horreur du tableau. Cf. Jer. vu, 31 et ss. — Perdere voluUti... Le châtiment <>e pareils forfaits était loévitable; les Hébreux de Moïse et de Josué furent chargés de l'exécuter (per manxis panntum...). — Ut... perci/ierent ( vers. 7 ). Le verbe est au singulier dans le texte grec, ce qui rend cette ligne plus claire. D'après la Vulgate, le mot terra est traité oomrae un nom collectif. — Peregrinationem. tans le grec : iuoixîav, une ooloole. — Pue-
rorum Dei : les Hébreux. — Omnium crior terra. Xuance dans le grec : ziu.oiixxr,, la plus honorée. Grande gloire pour la Palestine d'avoir été spécialement aimée et hotiorée par Dieu.
8-14. La clémence et la longanimité de Dieu dans la punition des Chananécns. — Hed et hia. Le pronom est très accentué : même à ce.» hommes si coupables. — Tanquam hominibus. Profonde pensée : comme à des êtres fragiles, portés au mal. Cf. Ps. Lxxvm, 38-39; en, 14. — Antecessores exercltus : sorte d'avant-garde des bataillons Israélites. — Vesjxis. Sur ce fait, voyez Ex. XXIII, 28; Deut. vit, 20; Jos. xxiv, 12. Le mot hébreu ^ir'ah, employé dans ces trois passages, désigne soit les frelons, soit les guêpes. L'histoire profane cite des traits analogues ( cf. Bochart, Hierozoicon, t. III, p. 407). — Vt illos paulatim. Dieu avait dit expressément & son peuple : Je ne les chasserai pas ( les Chananéens) en une seule année loin de ta face, de peur que le pays ne devienne un désert, et que les bêtes des champs ne se multiplient contre toL Je les chasserai peu à peu loin de ta face, jusqu'à ce que tu augmentes en nombre (Ex. xxin, 29-30). — Non quia impotent... (vers. 9). (Considération très délicate, qui rappelle cplle du chap. XI, 18 et iî. — Partibu» : /.XTaSpax'-''
Sap. XII, 12-18.
12. Car qui vous dira : Qu'avez -vous fait? Ou qui s'élèvera contre votre jugement ? Ou qui viendra devant vous pour défendre les hommes injustes? Ou qui vous accusera si vous faites périr les nations que vous avez créées ?
13. Car il n'y a pas d'autre Dieu que vous, qui prenez soin de toutes choses, et vous n'avez pas à prouver qu'il n'y a rien d'injuste dans vos jugements.
14. Il n'y a ni roi ni prince qui puisse vous demander compte , à votre face , de ceux que vous avez fait périr. •"
16. Etant donc juste, vous réglez tout avec justice, et vous regardez comme une chose indigne de votre puissance de condamner celui qui ne mérite pas d'être puni.
16. Car votre puissance est le principe de la justice, et vous êtes indulgent envers tous , parce que vous êtes le Seigneur de tous.
17. Mais vous manifestez votre puissance, lorsqu'on ne vous croit pas souverainement puissant, et vous confondez l'audace de ceux qui ne vous connaissent pas.
18. Maître de votre force, vous jugez avec calme, et vous nous traitez avec
12. Quis enim dicet tibi : Quid fecisti? aut quis stabit contra judicium tuum ? aut quis in conspectu tuo veniet vindex iniquorum hominum ? aut qui»
tibi imputabit si perierint nationes quas tu fecisti?
13. Non enim est alius Deus quam tu, cui cura est de omnibus, ut ostendas quoniam non injuste judicas judicium.
14. Neque rex neque tyrannus in conspectu tuo iuquirent de his quos perdidisti.
15. Cum ergo sis justus, juste omnia disponis ; ipsum quoque qui non débet puniri condemnare, exterum aestimas a tua virtute.
16. Virtus enim tua justitise initium est, et ob hoc quod omnium Dominas' es, omnibus te parcere facis.
17. Virtutem enim ostendis tu, qui non crederis esse in virtute consummatus, et horum qui te nesciunt audaciam traducis.
18. Tu autem dominator virtutis, cum tranquillitate judicas, et cum magna
peu à peu, avec lenteur et modération. Longanimité d'autant plus bienveillante, que Dieu connaissait toute la profondeur de leur malice innée (nataralis ntatilia...) et qu'il prévoyait que sa patience demeurerait sans fruit ( non pulerat mulari...; quoiqu'ils demeurassent libres, assurément). — Semen... maledictum (vers. 11). Allusion U la malédiction antique de Chanaan, leur ancêtre. Cf. Gea. ix, 25. — A'ec tiinens uiiquem... La patience de Dieu envers les Chananéens ne provenait pas d'un sentiment de crainte, vers. ll'-H. — Venlam : aosiav, la sécurité; c.-à-d. la confiance insensée dans laquelle se bercent les pécheurs, lorsqu'ils voient que leurs crimes ne sont pas immédiatement punis. Il s'agit donc d'un pardon relatif, et « venlam » équivaut à « locum pœnltentlae » du vers. 10. — Quis enim dicet...? La toute -puissance du Seigneur le met au-dessus de ces craintes mesquines. Cf. xi, 22 : Job, IX, 12; Rom. ix, 20, etc. — 6'i perierint nationes... Dieu peut briser les peuples, comme le potier brise son œuvre lorsqu'elle lui déplaît. Cf. Jer. XIX, 1-10. — Non enim... alius Deus... (vers. 13). Jéhovah n'a rien à redouter des hommes lorsqu'il les traite en toute rigueur de justice; rien des dieux non plus, puisqu'il est l'unique vrai Dieu. — Cui cura... Sa providence aimable, dont la mention en cet endroit est particulièrement gracieuse. — Ut oatendas... S'il existait une autre divinité rivale, le Dieu d'Israël saurait lui démontrer la parfaite justice de ses vengeances terribles (.quoniam non injuste...). — yeqvt
rex... (vers. 14). Pas de compte semblable à rendre aux rois eux-mêmes. — /« conspectu <mo iiK/uirent. Littéralement dans le grec : ne pourront te regarder en face. Locution très pittoresque. 15-18. La parfaite équité du Seigneur lorsqu'il châtie. — Cnm ergo... Déduction de ce qui précède. — Exterum... a tua virtute. Celui qui n'a pas offensé Dieu est, pour ainsi dire, « étranger » à sa puissance vengeresse, car il est situé en dehors des limites dans lesquelles elle s'exerce. — Virtus... jusiitite initium. Autre pensée profonde : la force de Dieu est la justice même. Cf. XI, 24. — Qui non crederis... (vers. 17). Parfois les hommes refusent de croire à la puissance inQnle de Dieu (in virtute consumniatu^), à là uanlère du roi U'Égypte (Ex. v, 2); c'est alors surtout qu'il la manifeste, pour confondre leur audace. — Horum qui te nescluyit. La Vutgate suit I"^ manuscrit Alexandrin. Le grec ordinaire dit au contraire : de ceux qui te connaissent. C'est aussi la leçon de saint Augustin : a Horum qui te sclunt. » Dans ce cas, 11 s'agit de la nombreuse catégorie des pécheurs qui, tout en reconnaissant l'autorité écrasante de Dieu, se livrent quand même au crime comme si elle n'existait pas : leur audace est d'autant plus grande. — Tu autem... (vers. 18). L'écrivain sficré met en un relief admirable le calme avec lequel Dieu exerce ses vengeances. — Dominator virtutis : œnî'.risant ta force, pour l'empêcher de réduire en poudre les vils Insulteurs. — Gum... reverenti& disponis uoe. Trait sublime. D'après le grec :
Sap. XII, 19-24.
reverentia disponis nos ; subest enim tibi, cum volueris, posse.
19. Docuisti autem populum tuum, per talia opéra, qiioniam oportet ju- 8tum esse etbumanura; et bonae spei fecisti tilios tuos, quoiiiara judicans das locum in peccatis pœuitentiœ.
20. Si enim iniraicos servorum tuomm, et débites morti, cum tanta cruciasti atteiitioiie, dans tempus et locum per quae posseut mutari a œalitia :
21. cum quanta diligentia judîeasti filios tuos, quorum pareil tibus juramenta et conveutiones dedisii bonarum proniissionum!
22. (Jum ergo das nobis disciplinam, inimicos nostros multi])liciter flagellas, ut bonitatem tuara cojiitemus judicantes, et cum de nobis judicatur, speremus misericordiam tuam.
23. Un de et illis qui in vita sua insensate et injuste vixerunt, per haec quœ coluerunt dedisti summa tormenta.
24. Etenim in erroris via diutius erraverunt, deos sestimantes haic quse in
une grande réserve; car, lorsque vons le voudrez, vous pourrez toujours user de votre puissance.
19. Vous avez appris à votre peuple, par cette conduite, qu'il faut être juste et bon, et vous avez donné à vos (ils cette bonne espérance, que, dans vos jugements, vous donnez le temps de faire pénitence après le péché.
20. Car si vous avez puni avec tant de précaution les ennemis de vos serviteurs, qui avaient si bien mérité la mort, et si vous leur avez donné le temps et l'occasion , afin qu'ils pussent se convertir de leur malice,
21. avec quelle circonspection ne jugez-vous pas vos enfauts, aux pères desquels vous avez donné des serments et de si excellentes promesses!
22. Lors donc que vous nous infligez quelque châtiment, vous flagellez nos ennemis de mille manières, afin que, dans nos jugements, nous pensions à votre bonté, et que, lorsqu'on nous juge nous-mêmes, nous espérions en votre miséricorde.
23; C'est pourquoi vous avez fait souffrir d'horribles tourments à ceux qui avaient mené une vie injuste et insensée, au moyen des choses mêmes qu'ils adoraient.
24. Car ils s'étaient égarés longtemps dans la voie de l'erreur, prenant pour
avec parcimonie, c.-à-d. avec une modération discrète, aliirs qu'il pourrait tout briser, s'il le voulait (sutiest em?»...).
3" Dieu instruit ses enfants bien-almés, lorsqu'il punit ses ennemis. XII, 19-27.
19-22. Leçon que Jéhovah donnait aux Israélites en traitant les Chananéens avec tant d'indulgence. — Popvlum lunm : le peuple hébreu. De même flllog luog, à la ligne suivante. — Per talia opéra : la longatilmité du Seigneur envers les Chananéens. — Oporlel justum. Plutôt, d'après le grec : Il faut que le juste soit humain (ot/.âv- ÔpwTtov). Cf. I, 6. — Bunse spei. La nature de cette bonne espérance est immédiatement spécifiée : quoniam (Judicans n'est pas dans le grec) das l<ieum... Le Seigneur, si patient à l'égard des plus grands criminels, le sera donc davantage encore envers ses enfants. Les vers. 20 et 21 développent cette pensée consolante. — Cum tanta... attentions. Le grec ajoute : '/.ai Ô£r,CT£w;, et de prière. D'après cela, Dieu avait donc en quelque sorte conjuré les Chananéens de se convertir ; mais ses prières n'ont pu être que ses premiers châtiments, qui annonçaient la ruine si l'on ne venait à résipiscence.— Oum quanta diligentia (vers. 21). C.-à-d. avec quelle aimable circonspection. Ce verset contient on argument à for-
tiori. — Parentibus juramenta... : les promesseE que Dieu avait faites aux patriarches sous le sceau du .-erment. — l^abiK discipHnam (vers. 22). llai- Ô£-J<(ov : Dieu châtiait paternellement les Hébreux pour les former, tandis qu'il frappait rudement leurs ennemis pour les anéantir, il altipUcitir : èv (xupi-vTr.Ti, des mjTia<ies de fols. — Le but de cette clémence du Seigneur envers son peuple: ut bonitatem... cogite". us (le grec marque des pensées aitpiofondies ). — Judicantea : lorsqu'ils Jugeront les autres hommes. I.a conduite miséricordieuse de Dieu à leur égard leur apprendra, d'une part, à espérer complètement en lui; de l'autre, à se montrer eux-mêmes miséricordli,ax.
23-27. C'est aussi avec une étonnante indulgence que Dieu avait précédemment puni les jlgyptiens. — Unde et ilHs... On revient sur les Égyptiens, pour caractériser de même la conduite du Seigneur envers eux. Ils ne sont paà nommés directement, mais ila sont désignés en termes très nets. — lnsen>ate et injuxte. . . Ces mots caractérisent l'ensemble de leur vie coupable. Les suivante, per hsec quse coluemnt. (d'après le grec : par leurs propres abominations; désignent leur Idolâtrie effrénée. — Etenim in erroris... (vers. 2*). Détails sur ce grand crime.
Sap. XII, 25 - XIII, 2.
des dieux les plus vils d'entre les animaux, et vivant comme des enfants sans raison,
25. C'est pourquoi vous vous ôtes joué '' d'eux, eu les punissant comme des enfants insensés.
26. Mais comme ils n'avaient pas été corrigés par cette moquerie et ces reproches, ils ont éprouvé une condamnation digne de Dieu.
27. Car ayant la douleur d'être tourmentés par les choses mêmes qu'ils prenaient pour des dieux, et voyant qu'ojt s'en servait pour L^ perdre, ils reconnurent le vrai Dieu, qu'ils prétendaient autrefois ne pas connaître ; et enfin le comble de la condamnation tomba sur eux.
anirnalibus sunt sujiervacua, mfantium insensatorum more viventes.
25. Propter hoc tanquam pueris insensatis judicium in derisum dedisti.
26. Qui autem ludibriis et increpationibus non sunt correcti dignum Dei judicium experti sunt.
27. In quibus enim patientes indignabantur per haec quos putabant deos, in ipsis cum exterminarentur videntes, illum quem olim negabant se nosse, verum Deum agnoveruut ; propter qnod et finis condemnationis eorum venit super illos.