Omnes nos quasi oves erravimun
unusquisque in viam suam declinavit; et posuit Dominus in eo iniquitateni omnium nostrum.
7. Oblutus est quia ipse voluit, et non aperuit os suum ; sicut ovis ad occisionem ducetur, et quasi agnus coram tondente se obmutescet, et non aperiet os suum.
8. De angustia, et de judicio sublatus est. Generationem ejus quis enarrabit?
quia abscissus est de terra viventium.
Propter scelus populi mei percussi eum.
9. Et dabit impies pro sepultura, et divitem pro morte sua, eo quod iniquitatem non fecerit, neque dolus fuerit in are ejus.
affli-mer que le Christ a souffert en vue d'expier nos péchés ; les deux autres pour dire qu'il nous a mérité la paix , le bonheur, par sa passion. — Omnes nos (mots accentués : tous les Juifs , tous les hommes ) . . . errammus : comme de pauvres brebis sans pasteur. Cf. Ps. cxvni,176; Jer. l, 6; Matth. xv, 24; Luc. xv,,4; I Petr. ii, 26. — Unusqulaqiie in vtam...: chacun suivant la vole mauvaise où l'emportaient ses passions.— Posuit... in eo. Dans l'hébreu, avec beaucoup de force : Le Seigneur a fait se rencontrer sur lui l'iniquité de nous tous. Cf. Joan. i, 29. Le Messie s'était porté caution auprès de son Père pour les dettes des hommes ; ceux - ci n'ayant pu se libérer, c'est lui qui a dû tout acquitter.
40 La mort et la sépulture du serviteur de Jéhovah. LUI, 7-9.
7 - 9. Oblatus est quia ipee... Hébr. : Il a été maltraité et il s'est soumis. De part et d'autre c'est la liberté, la générosité du sacrifice du Christ. — Non aperuit os. . . ; tant sa patience était héroïque. Cf. l, 5-6; Ps. xxxvii, 14, et XXXVIII , 8. Le récit de la Passion dans les évangiles est un commentaire vivant de cette prédiction. — Sicut ovis ad occisionem. Hébr.: à la boucherie. Trait émouvant. Cf. Jer. xi, 19 ; Act. Tiii, 32-35. — Et quasi agnus... Image encore plus touchante, que les écrivains du Nouveau Testament ont fréquemment appliquée à Jésus- Christ à la suite d'Isaïe. Voyez surtout Joan. i, Î9; I Petr. i, 18-19; 11, 23. — De angustia et dejvdicio... (vers. 8). C.-à-d., d'après l'hébreu : Il a été enlevé par l'angoisse et le jugement. Une sentence divine, remplie d'angoisses pour lui , l'a condamné à une mort violente. — Generationem ejus... Les anciens commentateurs appliquent généralement ce passage à la génération étemelle du Messie (voyez Patrlzl, In Act. Apost, Comment., ad vin, 33); d'autres y voient sa génération temporelle, si merveilleuse, dans le sein de Marie; quelques-uns, sa résurrection. M:ii, comme l'admettent lei meilleurs interprètes
catholiques des temps modernes, ces divera sens ne sont pas dans le texte, car les mots « sa génération » désignent simplement Ici les contemporains du Christ. Voyez Knabenbauer, l. c, t. II, p. 311 • 313. La phrase de la Vulgate signifie donc : Qui pourra raconter la conduite de ses contemporains à son égard ? Cf. Gen. vi , 9 ; vu , 1 , etc. L'hébreu dit à peu près de même : Et parmi (ceux de) sa génération, qui a considéré qu'il était retranché de la terre des vivants, frappé pour le crime de son peuple? Frivolité criminelle I On l'a vu souffrir, humilié comme un esclave, et l'on n'a pas songé un seul instant qu'il était ainsi traité non pas pour ses fautes personnelles, puisqu'il était le plus saint des hommes, mais pour les iniquités de sa nation. — De terra viwntium. Par opposition au séjour des morts. Cf. Job, xxvin, 13-14; Ps. xxvi, 13, etc. — Populi mei. Le pronom de la première personne remplace, comme aux vers. 11 et 12 (cf. lu, 13), celui de la troisième personne. C'est le Seigneur qui prend la parole. — Dabit impios... (vers. 9). Hébr. : Et on met son sépulcre parmi les impies. On voulait donc l'outrager même après sa mort, en lui donnant la sépulture des criminels ; mais Dieu ne le permit pas. — Et divitem pro morte... Hébr.: Et (on le met) avec un riche après sa mort. Détail dont les évangélistes nous racontent l'admirable réalisation; cf. Matth. xxvii, 57-58. Ainsi, la glorification du Christ devait commencer aussitôt après sa mort. La plupart des commentateurs modernes de la Vulgate se croient obligés de la ramener au texte hébreu pour cette première moitié du vers. 9, car elle ne donne par elle-même aucun sens bien acceptable. L'interprétation suivante a été parfois proposée : Dieu soumettra au Messie, à cause de sa mort volontaire ( pro sepultura , pro morte...), soit les païens ( impios ), soit les Juifs ( divitem ) ; mais elle est évidemment forcée. — Eo quod iniquitatem... Encore la parfaite innocence du servitôur de JChovah. Cf. I Petr. 11, SS.
Is. un. 10 — LTV, 1.
10. Et DominuB voluit conteiere eiim in infirmitate. Si posuerit pro peccato animam suam, videbit semen longsevum, et voluntas Domini in manu ejus dirigetur.
11. Pro eo quod laboravit anima ejus, videbit et saturabitur. In scientia sua justificabit ipse justus servus meus multos, et iniquitates eorum ipse portabit.
12. Ideo dispertiani ai plurimos, et fortium dividet spolia, pro' eo quod tradidit in mortem animam suam, et cum sceleratis reputatus est, et ipse peccata multorum tulit, et pro transgressoribus rogavit.
10. Mais le Seigneur a voulu le briser par la souffrance ; s'il livre son âme pour le péché, il verra une longue postérité, et la volonté du Seigneur sera dirigée heureusement par sa main.
11. Parce que son âme aura souffert, il verra et sera rassasié. Par sa science, mon juste serviteur justifiera beaucoup d'hommes, et il portera sur lui leurs iniquités.
12. C'est pourquoi je lui donnerai une grande multitude pour partage, et il distribuera les dépouilles des forts, parce qu'il a livré son âme à la mort, et qu'il a été mis au nombre des scélérats, qu'il a porté les péchés de beaucoup d'hommes et qu'il a prié pour les pécheurs.