Voici que je viens aux prophètes
qui ont des visions de mensonge, dit le ^ Seigneur, qui les racontent et qui sédui- m sent mon peuple par leurs mensonges et u. par leurs miracles, quoique je ne les aie pas envoyés, et que je ne leur aie donné aucun ordre, et qu'ils ne servent de rien à ce peuple, dit le Seigneur.
33. Si donc ce peuple, ou un prophète, ou un prêtre t'interroge et te dit : Quel est le fardeau du Seigneur ? tu leur diras : C'est vous qui êtes le fardeau, car je vous jetterai, dit le Seigneur.
34. Et si un prophète , ou un prêtre , ou le peuple dit : Fardeau du Seigneur, je visiterai cet homme-là et sa maison.
35. Vous direz chacun à son prochain et à son frère : Qu'a répondu le Seigneur ? et qu'a dit le Seigneur?
pour lui débiter leurs erreurs ; comme les songes étalent un des modes de la révélation divine. Us prétendaient avoir reçu par ce moyen quelque communication d'en haut. Cf. Num. xii, 6 ; Joël, ii, 28, etc. — Usquequo istud... La patience du Seigneur commence à se lasser d'une telle conduite. Les vers. 26 et 27 forment une longue phrase entrecoupée par l'émotion. — Qui... somnium, narret... (vers. 28). Qu'il parle de son rêve comme d'un rêve, et qu'il ne le présente pas comme une révélation céleste. — Quid paleis... Très belle métaphore pour désigner les vraies et les fausses prophéties. Celles du vers. 29 (qtiasi ignia,... malleus...) ne sont pas moins significatives.
30-32. IjÇs prophètes de mensonge seront sévèrement punis. — Ecce ego ad prophetas. Menace terrible, répétée trois fois de suite (comp. les vers. 31 et 32). — Furantur verba... Vol sacrilège, qu'ils commettaient en IraKant le langage des prophètes vraiment Inspirés. — Assumunt lingua».,. Trait pittoresque. Ils ne pro-
féraient que de vains sons ; leur langue s'agitait; pour parler, et c'était tout. — Somniantes... Joyed les vers. 25 et ss. — In miraculis suis ( vers. 32 ).j L'hébreu dit seulement : par leur Jactance.
4» Le fardeau du Seigneur. XXIII , 33 - 40.
33-40. Réponse que Jérémle devra faire aux] sceptiques qui le raillaient. — Quod... onus (hébr.,| ma/iiâ'). Cette expression, que les prophètes met talent assez fréquemment en tête de leurs oraclesl (cf. Is. xni, 1 ; xni, 1 ; xex, 1 ; xxi, 1, etc.), a] très habituellement le sens de fardeau; c.-à-d.j de prophétie de malheur. Les esprits forts de Jô rusalem s'approchaient donc de Jérémle et lu demandaient ironiquement : Qu^d est onus. .,?' As - tu aujourd'hui quelque calamité à nous prédire ? — Dieu suggère cette riposte à son mes- \ suger : Vos estis onus. Jeu de mots terrible : j puisqu'ils sont un fardeau, le Seigneur s'en dé» i barrassera en les jetant à terre (projiciam... vosX I — Et... qui dicit... (vers. 34). Il y aura en outr» t une punition spéciale pour quiconque vendrait
Jer. XXITI, 36 — XXIV, 1.
36. Et on ne mentionnera plus le fardeau du Seigneur ; car la parole de chacun sera son propre fardeau, parce que vous avez perverti les paroles du Dieu vivant, du Seigneur des armées, notre Dieu.
37. Tu diras au prophète : Que t'a répondu le Seigneur? et qu'est-ce que le Seigneur a dit?
38. Si vous dites encore : Le fardeau du Seigneur, alors ainsi parle le Seigneur : Parce que vous avez dit ce mot : Le fardeau du Seigneur, quoique je vous eusse envoyé dire : Ne dites pas : Le fardeau du Seigneur,
39. à cause de cela , voici que je vous prendrai moi-même, et je vous emporterai, et je vous abandonnerai loin de ma face, vous et la ville que j'ai donnée à vous et à vos pères ;
40. et je vous couvrirai d'un opprobre éternel et d'une ignominie éternelle, dont la mémoire ne s'effacera jamais.
36. Et onus Doinini ultra non memorabitur; quia onus erit unicuique sermo 8UUB, et pervertistis verba Dei viventis, Domini exercituum, Dei nostri.
37. H sec dices ad prophetam : Quid respondit tibi Dominus? et quid locutus est Dominus?
38. Si autem Onus Domini dixeritis, propter hoc hsec dicit Dominus : Quia dixistis sermonem istum : Onus Domini ; et misi ad vos, dicens : Nolite dicere : Onus Domini,
39. propterea ecce ego tollam vos portans, et derelinquam vos, et civitatem quam dedi vobis et patribus vestris, a facie mea;
40. et dabo vo^ in opprobrium sempiternum, et in ignominiam seternam, quaa nunquam oblivione delebitur.