Et percussit eos rex Babylonis , et
l'Atl, arché'il, pi. cm, flg. 9, et pi. cv, tig. 6). On croit que le texte a été corrompu en cet endroit. D'après IV Reg. xvi, 17, le roi Achaz avait brisé les panneaux des bases et enlevé la nier d'airain de dessus les bœufs ; Ézéchlas et Joslas avaient dû rétablir le tout. — Funiculus... cubitorum (vers. 21). Ce détail et les suivants jusqu'à la fin du verset sont propres à ce passage.
— Grossitudo : l'épaisseur du bronze des colonnes. — Et capitp.lla... (vers. 22). Pour cette description, voyez l'Atl. archéoK, pi. xcviii, flg. 4.
— Nonaginta sex (vers. 23) : vingt-quatre grenades sur chacune des faces du chapiteau, et une à chaque angle ; ce qui faisait le total de omnia... tentum. D'après III Reg. vu, 20, il y avait deux oordons de grenades à chaque chapiteau, l'un au-dessus, l'autre en bas. — Au lieu de dependentia, l'hébreu dit: du côté du vent: o.-à-d. du côté opposé au veut, ou sur chaque face.
4» Plusieurs des principaux habitants de Jéru- Balem sont mis à mort à Riblah, sous les yeux de Nabuchodonosor. LU, 24-27.
24-27. Comp. IV Reg. xxv, 18-21. Les deux récits sont presque littéralement semblables. — Saeerdotem primum : le grand prêtre, ainsi qu'il
était nommé plus habituellement. Sur Sophonle et son titre de second prêtre, voyez xxi, 1, et le commentaire. — Custodes vestibuli. Voyez la
Camée arec le portrait de Nabuchodonosor. (Musée de Berlin.)
note de xxxv, 4. — SeiUem viros (vers. 25). Le livre des Rois n'en mentionne que cinq. La locution qui videbant faciem... désigne les plus haute dignitaires de la cour ; elle est analogue à « stare coram... » (comp. le vers. 12). — Scribam... tyro-
Jer. lit. 28-34.
interfecit eos in ReWatha, in terra Emath ; et translatas est Juda de terra sua.
28. Iste est populus quem transtulit Nabucbodonosor : in annoseptimo, Judseos tria millia et viginti très ;
29. in anno octavo decimo Nabucbodonosor, de Jérusalem animas octingentas triginta duas ;
30. in anno vigesimo tertio Nabucbodonosor, transtiilit Nabuzardan, magister militiae, animas Judaeorura septingentas quadraginta quinque. (Jmnes ergo animae, quatuor raillia sexcentse.
31. Et factura est in trigesimo septimo anno transmigrationis Joachin, régis Juda, duodecimo mense, vigesima quinta mensis, éleva vit Evilmerodacb, rex Babylonis , ipso anno regni sui , caput Joachin, régis J\ida,et eduxit eum de donio carceris.
32. Et locutus est cura eo bona, et posuit thronum ejus super thronos regum qui erant post se in Babylone.
33. Et mutavit vestimeiita carceris ejus, et comedebat panem coram eo semper cunctis diebus vitse suse.
34. Et cibaria ejus, cibaria perpétua dabantur ei a rege Babylonis, statuta per singulos dies, usque ad diera raortis suae, cunctis diebus vitse ejus.
tit mourir à Réblatha, au pays d'Émath, et Juda fut transféré hors de son pays.
28. Voici le peuple que Nabucbodonosor déporta : la septième année, trois mille vingt -trois Juifs;
29. la dix -huitième année de Nabucbodonosor, huit cent trente -deux personnes de Jérusalem ;
30. la vingt- troisième année de Nabucbodonosor, Nabuzardan, chef de l'armée, déporta sept cent quarante -cinq Juifs. En tout, quatre mille six cents personnes.
31. La trente -septième année après que Joachin, roi de Juda, eut été déporté, le vingt - cinquième jour du douzième mois, Evilmerodacb, roi de Babylone, la première année de son règne, releva la tête de Joachin, roi de Juda, et le fit sortir de prison.
32. Il lui parla avec bonté, et il éleva son trône au-dessus des trônes des rois qui étaient avec lui à Babylone.
33. Il lui fit changer ses vêtements de prison, et Joachin mangea toujours devant lui tous les jours de sa vie.
34. Le roi de Babylone régla ce qui lui serait donné pour sa nourriture, perpétuellement, chaque jour, jusqu'au jour de sa mort, tous les jours de sa vie.
nés. Hébr. : le secrétaire du chef de l'armée, qui était chargé d'enrôler le peuple du pays. — Réblatha (vers. 26). Hébr. : à Riblah. Voyez la note de xxxix, 5.
5° Dénombrement des Juifs déportés en Chaldée.LII, 28-30.
28-30. Ce passage est omis au livre des Rois, qui le remplace par la narration de l'assasislnat de Godolias. — Iste est... L'écrivain sacré mentionne trois' déportations successives. Dans la première et la troisième, les déportés avaient été pris dans la banlieue de Jérusalem (.Judteofi, Judseorum, vers. 26 et 30); dans la seconde, lis appartenaient à la ville même (de Jérusalem , vers. 29). La première diffère de celle, beaucoup plus considérable, qui est racontée IV Reg. xxiv, 12-14. La seconde démontre éloquemraent, par la faiblesse de ses chiffres, à quel point la guerre, la famine et la peste avaient ravagé la capitale juive durant les dix-huit mois du siège. La troisième eut peut-être lieu à l'occasion de quelque tentative de révolte. — In anno octavo decimo
(vers. 29). La dix -neuvième année commencée, d'après le vers. 12.
6° Évilmérodach restitue à Joachin les honneurs royaux. LU, 31-34.
31-34. Le IV» livre des Rois, xxv, 27-30 (voyez le commentaire), se termine aussi par cet épisode, qu'il expose à peu près dans les mêmes termes. — In trigesimo septimo. . . L'année 561 avant J.-C, puisque Joachin était prisonnier depuis l'an 697.— Vigesima quinta. D'après IV Reg., le vingt -septième Jour. — Evilmérodach était le flls et successeur de Nabuchodonosor. — Super thronos... (vers. 32). Les conquérants gardaient auprès d'eux, comme des trophées vivants, les rois qu'ils avaient vaincus et faits prisonniers. Cf. Jud. I, 7. — Le livre de Jérémle, dont les horizons sont habituellement si tristes, se termine par un événement heureux, qui était pour Juda et la théocratie « spes melioris asvi », et qui préludait à l'accomplissement des Joyeux et glorieux oracles du Livre de la consolation ( chap. xxxi-xxxui).
LE LIVRE DES THRÈNES
1« Son nom et sa place dans le canon biblique. — Ce petit livre est appelé par les Juifs tantôt 'Ekah, d'après son premier mot ', tantôt Qinôt, ou lamentations, et c'est sur ce second nom qu'ont été calquées les dénominations de Wpiivût, Threni ou Lamentationes , des Grecs et des Latins ^.
Dans la Bible hébraïque, il fait partie des cinq M"gillôt ou rouleaux, rangés eux-mêmes parmi les ICtûbim ou Hagiographes ^ ; il y occupe le troisième rang, entre Ruth et l'Ecclésiaste. Dans laVulgate comme dans les LXX, il a été rattaché d'une manière toute naturelle aux œuvres de Jérémie, et il paraît certain que telle était aussi sa place primitive dans le texte original; nous avons pour garants de ce fait Origène '', saint Épiphane ^, saint Hilaire", saint Jérôme'', qui, énumérant les livres scripturaires dont les Juifs admettaient l'authenticité, mentionnent comme un écrit unique la prophétie de Jérémie et les Thrènes.
2» Sa forme poétique. — Les Thrènes sont donc un poème élégiaque, composé de cinq chants, qui correspondent exactement aux cinq chapitres de ce petit livre. Les quatre premiers chants sont alphabétiques ou acrostiches *, avec cette différence que, dans le premier, le second et le quatrième, chaque verset commence tour à tour par une des vingt-deux lettres de l'alphabet hébreu, tandis que, dans le troisième, chacune des lettres est placée en tête de trois versets consécutifs. C'est pour cela que la Vulgate et les LXX ont conservé , en tête des versets , les noms des lettres hébraïques : aleph, beth, gh.im.el, daleth, etc.^. « On aurait pu s'attendre à ce qu'un procédé artistique aussi peu spontané... eût apporté plu.s d'entraves à l'expression des sentiments... (Toutefois) cette forme pouvait être maintenue avec assez de facilité pour ne pas embarrasser un poète bien doué... Assurément, ce sont moins des plaintes passionnées que des méditations doulou« reuses, des retours vers le passé, des descriptions. L'élément didactique se montre plus d'une fois, et cette parenté avec le genre de poésie qui poursuit le même but fit probablement choisir la forme alphabétique, appropriée à l'expression d'une série de proverbes *°. » Le cinquième chant n'est pas acrostiche, sans
' Quornodo dans la Vulgate.
^ L'élégie de David sur la mort de Saul et de Jonathas porte aussi le nom de qlnah (cf. II Reg. r, 17); de même différentes complaintes insérées dans les livres prophétiques (cf. Jer. vu, 29, et IX, 19 ; Bz. ii, 10 ; xi, 1, 14; xxvi, 17, etc.; Am. V, 1 , et VIII, 10).
^ Voyez le t. I, p. 13.
* JV, Ps. I.
* Aiv. Heer., vui, «.
^ Prolog, in Ps. xv.
' Prolog. yaUalus.
* «t (Jeremias) civltatls su» ruinas qundru- ^llcl planxit alpbabeto, i> a dit saint Jérôme, Prsef. in Jerem.
^ Aux chap. II, m et iv, la lettre phé précède le 'aïn, qu'elle devrait suivre régulièrement ; on Ignore la cause de cette transposition.
^^ Comparez dans le texte hébreu les Ps. XXV, zxxiY.oxi, cxii, cxix (Vulg., cxTin), et
LE LIVRE DES THRÈNES
doute parce qu'il contient une prière, et que la léflexion y cède le pas â l'essor plus libre des sentiments.
Autre particularité du livre des ïhrènes sous le rapport de la forme extérieure: le premier et le second chant sont composés de longs vers à trois membres ', dont chaque membre est coupé par une césure en deux parties inégales; les vers du quatrième chant n'ont que deux membres, coupés de la même manière; ceux du troisième chant ont un seul membre, avec césure; ceux du cinquième ont deux membres , sans césure ^.
On est frappé de voir, en étudiant ce touchant poème, que le troisième chant ( chap. III ) est le morceau principal, autour duquel gravitent, pour ainsi dire, les quatre autres ; il est vraiment le sommet et le point culminant de la pièce entière, aussi bien par sa position que par « sa richesse plus grande » sous le rapport des pensées, et son « ordonnance plus soignée ».
Ces divers traits montrent à quel point l'art littéraire brille dans le livre des Thrènes; il est presque unique sous ce rapport dans l'Ancien Testament. Le parallélisme des membres , qui constitue l'élément principal de la poésie hébraïque, y est cependant moins régulier qu'ailleurs; il est plus fréquemment rythmique et synthétique que synonymique et antithétique ^.
30 Le sujet et le but du livre. — Les Thrènes ont pour objet de chanter les faits racontés en abrégé au chap. xxv du IVe livre des Rois*, c.-à-d. la totale destruction du royaume de Juda par Nabuchodonosor, la dévastation du pays, la prise, le pillage et la ruine de Jérusalem, les malheurs du peuple emmené en captivité; en un mot, les scènes les plus douloureuses et les plus émouvantes de la catastrophe finale. Chaque chant embrasse dans leur ensemble tous ces divers points, car l'idée mère du poème ne va pas se ramifiant d'une façon distincte dans chacun des chapitres. Toutefois, la première éléstie fait plus directement allusion à l'état d'abandon et aux humiliations de Jérusalem; la seconde, au rôle terrible que joua le Seigneur lui-même dans la ruine de la malheureuse cité; la troisième expose au peuple comment ses souffrances doivent le conduireà la pénitence et à l'espoir; la quatrième parle surtout du châtiment des classes j dirigeantes; la cinquième demande le rétablissement de la nation.
C'est bien à tort qu'on a vu parfois dans les Thrènes une prophétie proprement ! dite. Non, les Qinôt ne prédisent pas la ruine future de l'État juif; elles décrivent des faits déjà accomplis; leur auteur est un témoin oculaire, qui raconte ce qui] s'est passé sous ses yeux. Quant aux applications qu'on a faites soit du livre entier, soit de quelques-unes de ses parties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, à la sainte Vierge et à l'Eglise, elles sont simplement spirituelles et accommodatices.;
Le but du poète est bien exprimé dans les lignes suivantes : « Amener insensiblement les Juifs, si profondément affligés, à la vraie connaissance de leurs fautes] nombreuses, et par conséquent à la vraie plainte et à la vraie douleur; transformer leur chagrin sauvage en prière... : voua ce que s'est proposé l'auteur. » Ou] encore: « En de telles calamités, le cœur humain se dessèche, ou se fond; il] devient insensible, ou s'abandonne au désespoir. L'intention du poète est dej
Prov. xxxi, 10-31. Peut-être est-ce comme une digue que le poète s'était faite à dessein, pour limiter et contrôler sa douleur. Quoi qu'U en Boit, a cet ordre (alphabétique) ne nuit en rien à l'expression naturelle des sentiments; il ressemble au lit serré d'un fleuve qui détermine le cours des eaux; à travers les rochers qui resserrent la rive. Jaillissent les ondes les plus fraîches et les plus rapides > (Haneberg, Hist. de la révilation bM., t. L, p. 353 de la traa.
franc.).
* I, 7 et II, 19, les vers ont quatre membre% par exception.
^ Dans notre Biblia sacra, p. 905-916, on trouvera ces divers détails marqués typographlquement.
3 Voyez , sur ces expressions , le t. Ill , page 483-4S5.
* Comp. Jer. xxxix et ui.
LU LIVRE DES THnBNES
prémunir ses compatriotes contre l'un et l'autre de ces excès. Il veut qu'iiS pleurent avec lui, mais comme lui. »
4" L'auteur des Thrènes. — La tradition juive et chrétienne a constamment désigné le prophète Jérémie comme l'auteur de cet admirable poème. Les Septante se sont faits les interprètes de la croyance des Juifs sur ce point lorscju'ils ont rais, en tète du livre, la petite introduction historique que nous lisons également dans la Vulgate ', et, sous une lorme tout à fait abrégée, dans la paraphrase chaldaïque '-^ : or ce témoignage nous porte à deux cents ans au moins avant l'ère chrétienne, et il suppose une trojjjtion beaucoup plus ancienne. Nous n'avons pas à insister sur la tradition chrétienne , tant elle est évidente.
Les arguments intrinsèques sont tellement d'accord avec cette preuve extrinsèque, que les critiques, d'ordinaire si hardis, n'ont essayé qu'assez rarement d'enlever à Jérémie la gloire d'avoir composé les Thrènes^: tout rappelle son genre, ses pensées, son langage, son caractère comme homme et comme écrivain. « La manière de Jérémie s'y révèle, pour ainsi dire, à chaque ligne; ce sont les mêmes peintures..., les mêmes images, la même véhémence de sentiments''.» Les détails pleins de fraîcheur et de vie qui apparaissent à tout instant s'expliquent par la présence de l'auteur à Jérusalem, au milieu des scènes terribles et lugubres qu'il décrit. Cette dernière circonstance démontre que Jérémie dut composer ses Lamentations peu de temps après la prise et l'incendie de Jérusalem. On montre encore, à l'ouest et non loin de la capitale juive, une grotte où il se serait enfermé pour écrire les Thrènes.
5" Leur beauté littéraire et leur emploi liturgique. — Bossuet disait, à propos des Thrènes : « Jérémie est le seul qui ait égalé les lamentations aux calamités. » Et, en effet, « dans tout le domaine de la douleur humaine exprimée par des paroles, depuis les lamentations les plus tragiques de la classique Hellade jusqu'aux plaintes d'Ossian et des Niebelungen, on trouverait difficilement quelque chose que l'on pût comparer à ces élégies sacrées, tant pour la profondeur du pathétique que pour la grandeur et la noblesse du langage. »
Ce poème si justement admiré joue depuis longtemps un lôle spécial dans la liturgie soit juive , soit chrétienne. Les Juifs le chantent dans leurs synagogues le 8 ab ^, jour auquel ils célèbrent l'anniversaire de la destruction des deux temples. Il leur est en outre recommandé d'en faire une lecture privée, toutes les fois que la mort vient porter le deuil dans leurs familles. L'Eglise latine en a inséré une portion notable dans l'office des trois derniers jours de la semaine sainte : les plaintes du poète sont alors placées d'une manière spirituelle « sur les lèvres du Christ, dont Jérémie était la figure, et dans la bouche de l'Église, qui déplore... les souffrances du Sauveur et les péchés de ses enfants ».
6o Les Cominentaires catholiques composés pour expliquer le sens littéral des Thrènes sont peu nombreux. En dehors de ceux des grands exégètes qui ont •expliqué la Bible entière, nous n'avons guère à mentionner que les oeuvres suivantes : die Klagelieder des Propheten Jeremias, par Schœndorfer (Prague, 1876); Commentarius in Danielem prophetam , Lamentationes et Baruch, par le P. Knabenbauer (Paris, 1891).
Les mots et animo amaro suspiruus et ejutans ne se trouvent que dans notre version latine.
^ « Dlxlt Jeremias propheta et sacerdos magnus. » Le texte hébreu commence d'une manière abrupte, sans rien de pareil.
* Toyei leurs lalsons dans Enabonbauer.
Commentar. in Danielem..., LameiUat.et Baruch, Paris, 1891, p. 367-374.
•* Mon. biblique, t. Il, n. 1015. Voyez dans Knabenbauer, l. c, p. 370-372, la liste des principales ressemblances sous le rapport du style.
<i Mois qui correspond U une partie de Juillet et à une partie d'aoât.
LES THRÊNES
Et factura est, postquaui în captivitatem redactus est Israël, et Jérusalem déserta est, sedit Jeremias propheta, flens, et planxit lamentationes has in Jérusalem, et amaro animo suspirans, et ejulans, dixit :
Après qu'Israël eut été mené en captivité, et que Jérusalem fut demeurée déserte, le prophète Jérémie s'assit, et, pleurant, il fit ces lamentations sur Jérusalem, soupirant avec amertume, et disant avec de grands cris :