Nunc aiitem raulta quidem membra, unum autem corpus
21. Non potest autem oculus dicere manui : Opéra tua non indigeo ; aut iterum caput pedibus : Non estis mihi necessarii.
22. Sed multo magis quae videntur membra corporis infirmiora esse, necessariora sunt ;
23. et quse putamus ignobiliora membra esse corporis, his honorera abundantiorem circumdamus ; et quae inhonesta sunt nostra, abundantiorem honestatem habent.
24. Honesta autem nostra nullius egent ; sed Deus temperavit corpus , ei cui deerat abundantiorem tribuendo honorera ,
25. ut non sit schisraa in corpore, sed idipsura pro invicera sollicita sint membra.
26. Et si quid patitur unura membrura, compatiuntur omnia membra; sive gloriatur unura membrum, congaudent orania membra.
des dons spéciaux qu'on a reçus serait attaquer implicitement l'ordre établi par Dieu. Cf. Rom. IX, 20. — Si... omnia unum... (vers. 19). L'apôtre argumente « per absurdum ». La vue est un sens non moins admirable que nécessaire ; mais que deviendrait le corps humain , s'il ne consistait qu'en yeux? A cette absurdité saint Paul oppose la réalité des faits, tels qu'ils ont été institués par l'intelligence infinie de Dieu : Nunc... multa... (vers. 20). — Non potest... Dans les vers. 21-26 il s'adresse à ceux des fidèles qui, aj-ant reçu "des dons très relevés, étaient portés à mépriser leurs frères moins bien doués. Tout d'abord , au vers. 21 , un raisonnement analogue à 3elui des vers. 15-16, avec cette différence qu'ici ce sont les membres les plus honorables qui affectent de hautaines prétentions, comme s'ils pouvaient se suffire à eux-mêmes. — En face de ces dires aussi faux que superbes, saint Paul place de nouveau les réalités de la vie humaine, vers. 22-24 : Sed multo magis,.. — Par memhra... in/eriora il faut entendre les organes internes, tels que le cœur, le cerveau, les poumons, l'estomac, etc., plus faibles par leur nature même, mais ■non moins nécessaires au corps (au lieu du comparatif necessariora , le grec a simplement le positif). — Allant encore plus loin dans ses développements, l'apôtre mentionne non seulement ignobiliora membra (vei's. 23), tels que les bras, les jambes, etc., que nous ornons au moyen de vêtements, pour compenser ce qui
nous paraît moins ^onorable en eu.x , mais même ce qu'il nomme inhonesta... nostra, que la nature nous porte à voiler avec plus de soin (abundantiorem honestatem... ; nous témoignons plus de respect à ces parties de notre corps). — Honesta... nostra (vers. 24) : la tête, le visage, les mains. — Sed Deus... Comme au vers. 18, Paul fait intervenir l'action divine, pour montrer que tout est bien à sa place dans le corps humain, et par conséquent dans la répartition des dons spirituels représentés par nos divers membres. — Temperavit. D'après le grec : « a mêlé ensemble. » Ls Créateur a parfaitement agencé les différentes parties de notre corps, entremêlant les plus honorables et les plus humbles. De la sorte, 11 voulait empêcher qu'il y eût dans notre organisme deux catégories distinctes de membres, opposées l'une à l'autre et produisant une sorte de schisme (vers. 25) ; bien plus, il voulait au contraire qu'il existât de part et d'autre union et sympathie (sed idipsum...). — L'expérience prouve que Dieu a parfaitement atteint son but : Si quid patitur... (vers. 26). Il règne une étroite solidarité entre tous les membres du corps ; image de ce qui doit se passer entre les chrétiens. — Compatiuntur... : eu vertu de la connexion établie d'une extrémité à l'autre du corps par le système nerveux.
27-31. Application de ces vérités aux fidèles de Corinthe. Elle est tout à fait générale; « l'idée en est sommairement indiquée au
I Cor. XII, 27-31.