Deinde finis, cum tradiderit re
Dlscence de Lev. xxm, 10 (à7rap/;yiv toO ôepiT- [xoO i)[).<àv, les prémices de votre moisson) et du rite qui s'y rattachait chez les Juifs. C'était le temps de la Pàque, lorsque saint Paul écrivait cette lettre (voyez l'Introduction, p, 118, et lea notes de v, 6 et as.), et l'on offrait dans le temple , le leademain du grand jour de ceite solennité, la première gerbe de l'année. Or, de même qu'une première gerbe annonce une prochaine moisson, de même la résurrection du Christ présageait celle de tous les j usâtes. — Quoniam quidem... (vers. 21). Ce verset et le suivant expliquent l'étroite association que l'apôtre établit entre Jésus -Christ et nos morts sous le rapport de la résurrection. Comme dans l'épître aux Romains, v, 12 et ss., quoique à un autre point de vue , saint Paul met en parallèle Adam et Jésus - Christ , le père de l'humanité déchue et le fondateur de l'humanité régénérée. La mort a été aitirée sur l'humanité par un homme, dit -il d'abord en termes généraux; il devait en être de même de la résurrection (et per hominem...). Il convenait qu'un homme noiis rendît la vie qu'un autre homme nous avait enlevée. — Et sicut in Adam... (vers. 22). C'est la même pensée, rendue plu-^ particulière : après l'indication du fait abstrait , nous avons celle des deux grands personnages historiques auxquels il se rattache. Adam et le Christ sont ainsi présentés comme les deux fondateurs de l'humanité. La mort a son fondement dans le premier; le second'est la base de la résurrection. Voilà pourquoi il existe une solidarité réelle entre la résurrection du Christ et celle des justes. — C'est à ces derniers seulement que pensait l'apôtre en écrivant les mots omnes vivijîcabuntur, qui marquent une résurrection glorieuse comme celle de Jésus -Christ (saint Augustin, saint Léon, etc.). Les autres sont passés sous silence; mais l'argumentation générale de saint Paul démontre qu'ils ressusciteront aussi. L'adjectif omne.<i n'a donc pas la mêoie extension dans la seconde moitié du verset que dans la première. Tons les hommes meurent en Adam ; tous ceux qui sont vivifiés, c.-à-d. ressuscites, le sont par •Tésus-Clunst. — Unvsguisqne autem... (vers. 23). X. partir d'ici jusqu'à la fin du vers. 27, l'écri- A'ain sacré résume dans une magnifique synthèse, sous le rapport du sujet qui l'occupe, les derniers faits qui termineront l'histoire du monde chrétien. Il détermine d'abord l'ordre dans lequel aura lieu la résurrection : in suo ordine. L'apô! re divise en deux parties ti'ès distinctes l'immense
multitude des ressuscites : Jésus -Christ, on sa qualité de primitiœ , forme à lui seul la première, de sorte qu'il est ressuscité avant tous les autres; les justes forment la seconde (deinde ii qui. . . Christi : ceux qui appartiennent au Christ, les saints). D'après la Vulgate, la proposition qui in adventtt (pour « in adventuih »)... crediderunt complète et précise la précédente, c( li qui Christi », et désigne ceux qui attendent avec foi le glorieux avènement de Jésus, notre souverain Juge. Mais telle n'est pas la vraie leçon. D'après le témoignage presque unanime des manuscrits grecs, celui de divers manuscrits latins et de Pères nombreux, il faut supprimer les mots « qui crediderunt » et laisser seulement subsister « in adventu ». Il faut donc traduire : Ensuite (ressusciteront) ceux qui sont au Christ, à son avènement. Ce dernier détail détermine par conséquent l'époque où aura lieu la résurrection générale des justes. Ce sera à la fin du monde, au temps où Jésus -Christ reviendra pour juger les vivants et les morts. Cf. I Thess. IV, 14-15. L'équivalent grec du substantif « adventus » est Ttapouaca (présence), mot employé d'ordinaire pour désigner le retour du Christ sur la terre à la consommation des siècles. — Deinde finis (xb tIXoç, avec l'article). Non pas, comme l'ont supposé quelques intei-prètés , la fin de la résurrection, ce qui désignerait comme un troisième acte de ce grand drame; mais la fin d'une manière absolue (cf. I Petr. iv, 7), la fin du monde actuel. Cf. Matth. xxiv, 6, 13 et 14; Luc. xxi, 9, etc. — Le trait suivant, cmw tradiderit (plutôt, d'après le grec, « tradet », loi'squ'il remettra)..., indique le moment précis de cette fin et sert d'explication à l'adverbe « deinde ». Au moment même où Jésus remettra à Dieu la royauté, ce sera la fin. — On a donné différentes interprétations des mots tradiderit regnnm... La plus simple et la meilleure consiste à distinguer entre le règne du Christ dans le temps et dans l'éternité. Ici -bas, sa royauté est avant tout militante : pour conserver son i^lglise comme pour la fonder, il lui faut lutter contre des ennemis sans cei-se renaissants. Cotte partie de son rôle prendra fin au dernier jour du monde présent, lorsqu'il présentera à Dieu , d'une part les élus , de l'autre ses ennemis vaincus. C'est en ce sens , et en tant que Messie, qu'il remettra la royauté ou le règne; mais il ne cessera pas, en qualité de Verbe incarné, d'être le Roi éternel du monde, avec le Père et le Saint-Esprit. — Dec et Patrù
I Cor. XV, 25-28.
gniim Deo et Patri, cum evacuaverit omnem principatum , et potestatem , et virtutem.
26. Oportet autem illum regnare, donec ponat omnes inimicos sub pedibus ejus.
26. Novissima autem iniraica destnietur mors; orania enim subjecit sub pedibus ejus. Cura autem dicat :
27. Omnia subjecta sunt ei, sine dubio prœter eum qui subjecit ei omnia.
28. Cum autem eubjecta fuerint illi omnia, tune et ipse Filius subjectus erit
remettra le royaume à Dieu et au Père, après avoir anéanti toute principauté, toute domination et toute puissance.
25. Mais il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses pieds.
26. Le dernier ennemi détruit sera la mort ; car Dieu a mis toutes choses sous ses pieds. Et quand VÉcrUure dit:
27. Tout lui a été soumis , il est évident qu'il faut excepter celui qui lui a soumis toutes choses.
28. Lors donc que tout lui aura été soumis, au Fils, alors aussi le Fils lui-
C-ù-d. : ù Dieu qui est en même temps son Père. Cf. Rom. xv, 6 ; II Cor. i, 3, etc. — Cum evacuaverit... C'est donc après avoir renversé toute puissance hosti e que le Christ remettra Ja royauté entre Its mains de son Père. — D'après le sentiment commun des interprètes, les trois sub tantifs principatum , potestatem et virtutem désignent les démons, ces ennemis acharnés du règne de Jésus -Christ, qui conservent, même après leur chute, les noms des chneui-s angéliques auxquels ils ont appartenu. Cf. Rom. vm, 38; Eph. vi, 12; Col. ii, 15. Mais il faut ranger aussi, parmi ces adversaires du Sauveur et de son Église, les hommes puissants et méchants qui unissent leur concours à celui des puissances infernales. — Oportet autem... (vers. 2''>). L'apôtre cite librement une parole prophétique du psautier (cf. Ps. cix, 1), pour montrer que la fin du monde n'arrivera qu'après
Va foule aux pieds un ennemi \aincu'.
( D'après une stèle trouvée en Perse.)
la victoire intégrale du Christ sur ses ennemis. L'adjectif omnes a été ajouté par ealnt Paul. — Novissima... (vers. 26). Cette victoire complétera le triomphe de Jésus -Christ. La pensée est très accentuée. A la lettre dans le grec : ^ Comme) dernier ennemi, la mort est détruite. L'emploi de l'indicatif présent exprime la certitude entière du fait. Déjà le Christ a triomphé
de la mort dans sa propi*e personne, pai- sa résurrection ; mais il doit la vaincre et la détruire également dans ses membres mystiques, les élus, et il le fera par la résurrection générale. Elle est, elle aussi, l'adversaire du Christ, en ce sens qu'elle l'a eu lui-même en son pouvoir pendant quelques heures, et qu'elle s'efforce de détruire ses sujets, par conséquent son royaume. Elle sera le dernier de ses ennemis, parce qu'elle ne disparaîtra que lorsqu'elle aura d'abord fauché tous les autres. — Om,nia enim... Saint Paul cite cet autre passage du psautier (cf. Ps. VIII, 7), afin de prouver que le Christ triomphera de tous ses adversaires, y compris la mort. Dans ce beau cantique, le poète inspiré a surtout en vue l'homme primitif, tel qu'il était sorti des mains du Créateur, qui l'avait constitué roi de toute la nature ; mais « ce qu'il dit se rapporte mieux encore à l'homme idéal, à l'homme par excellence, le Messie ». Comp. Eph. I, 22; Hebr. ii, 6 et ss. — Suhjecit : à savoir. Dieu, son Père. — Cum autem... Dans les vers. 27 et 28, saint Paul fait un raisonnement sur le texte, pour établir les relations qui existeront durant toute l'éternité entre le Christ glorifié et son Père. — C'est le Christ qui est le sujet du verbe dicat (ou plutôt, « dixerit )>). En remettant la royauté à son Père (cf. vers. 21), il lui dira donc : Omnia subjecta sunt, Tout est soumis. Le pronom ei manque dans la plupart des manuscrits grecs et des versions; il est mieux de le supprimer. — Prseter eum qui... C.-à-d. : excepté Dieu. — Cum outem... (vers, 28). Trait final. Nous sommes ramenés à la fin du vers. 24, Après avoir remis tous ses pouvoirs, comme chef de l'Église militante, entre les n'ains de Dieu le Père (ces pouvoirs n'ayant désormais plus de but, puisque tous ses ennemis auront été écrasés), le Fils lui-même se soumettra à son tour à Dieu, avec tout ce qui lui appartiendra. Évidemment, c'est en sa qualité d'Homme-Dieu, de Verbe incarné, que le Fils fera cet acte d'assujettissement. — La conclusion solennelle îtt sit Deus... décrit le motif pour lequel Jésus- Christ remettra tout ù Dieu. La remarquable formule omnia in omnibus nous représente un m'inde nouveau, dans lequel Dieu sera univer- Ecllcment reconnu comme Roi suprême, immé»
I Cor. XV, 20-32.
même sera soumis à celui qui lui aura soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous.
29. Autrement que feront ceux qui sont baptisés pour les moris, si les morts ne ressuscitent absolument pas ? pourquoi sont- ils baptisés pour eux?
30. Et pourquoi nous-mêmes sommesnous à toute heure en péril ?
31. Chaque jour je meurs, mes frères ; je le jure par la gloire que je reçois de vous en Jésus -Christ notre Seigneur.