Si (secundum hominem) ad bestias
diat et absolu. Etant Dieu lui-même, le Fils sera par conséquent, lui aussi, « tout en toutes choses. » Admirable coup d'oeil jeté sur l'éternité bienheureuse.
2° Argument tiré de la conduite soit des simples fidèles, soit des apôtres. XV, 29-34.
Les vers. 24-28 sont en réalité une petite digression ; saint Paul revient maintenant à la démonstration de sa thèse, qu'il appuie sur des arguments d'un autre genre. S'il n'y a pas de résurrection, telle pratique des chrétiens et les sacrifices mêmes des prédicateurs de l'évangile deviennent des absurdités.
29. Inutilité du baptême pour les morts. — Alioquin. C.-h-d., comme l'exprime la fin du verset, si les morts no ressuscitent pas. Les mots quid fardent signifient : Quel résultat obtiendront ceux qui...? — Le fait cité ensuite, qui... pro.. , a occasionné toutes sortes d'inter- I>rétations, dont la plupart attribuent aux mots haptizanlii)' et mortuis, ou du moins à l'un d'entre eux, une significalion métaphorique Injustifiable en cet endroit. Par exemple, être baptisé serait synonyme de souffrir (cf. Marc. X, 38) ; il s'agirait donc ici de mortifications volontaîres, que les chrétiens de Corinthe s'imposaient pour obtenir le soulagement des âmes des trépassés. Ou bien, « mortai » équivaudrait à « jam- Jam raorituri », et représenterait des personnes en danger de mort, de sorte que l'expression entière désignerait le baptême administré aux mourants sur leur lit d'agonie. Ou bien, dans le participe « mortui », il faudrait voir les tombeaux de^ morts, et saint Paul ferait allusion à la coutume de se faire baptiaor sur les tombeaux, coutume dont il n'existe d'ailleurs pas de trace. Ou encore, « mortui » serait synonyme de « opéra raortua », c.-à-d., de « peccata », et la proposition s'appliquerait à la rémission des péchés en vue de laquelle on se faialt baptiser. Mais il est manifeste que ces explications sont forcées,' arbitraires, sans liaison pour la plupart avec le contexte. Il faut donc revenir au sens naturel des termes. On obtient alors cette traduction : Ceux qui se font baptiser pour les morts, o.-à-d., h la place des morts. L'histoire nous apprend que, plus tard, chez les disciples de Cérinthe et de Marclon (voyez saint Epiphane. Eieres^ xxvni^ 7; Tetullion, de Pus- -rect. , iS,
et adv. Marc, v, 10), 11 arriva plus d'une fois que l'on se faisait baptiser pour des parents ou des amis, morts sans avoir reçu le sacrement de régénération, dans l'espoir qu'on assurerait ainsi h ces défunts l'entrée du ciel. Peut-être une pratique semblable existait-elle déjà h Corinthe. C'est là du moins l'explication la plus simple et la plus naturelle de ce passage si controversé. Sans doute c'était une erreur, une superstition ; mais saint Paul n'approuve nullement une telle conduite. Il en fait simplement usage pour sa démonstration, en guise d'cc argumcntum ex concesso ». Si vous agissez da la sorte, veut -il dire, c'est donc que vous croyez à la résarroction. — L'adverbe omnino est très accentué : Si les morts ne ressuscitent absolument pas.
30-32. Au cas où il n'y aui-ait pas de résurrection , inutilité des souffrances que s'imposaient les apôtres pour le saiut des âmes. — Et nos. C.-à-d., Paul et les autrts prédicateurs de l'évangile. — PericUtamur omni... Saint Paul avait le droit de parler ainsi sans la moindre exagération. Cf. Rom, viii, 35-36; II Cor. iv, 10-11; XI, 23-27, etc. Or, à quoi bon s'exposer ainsi à de perpétuels périls lut quid), s'il ne doit pas y avoir d'autre vie? L'existence actuelle devrait être alors regardée comme le premier de tous les biens, et préservée avec le plus grand soin. — Le vers. 31 Insiste sur l'idée du danger incessant de mort que court un apôtre : quotidie mori'.r. C-à-d, : chaque jour je suis exposé à la mort. Cf. Rom. viii, 36. — Les mots per veftram gloriam (« gloriationem », d'après le grec)... quam... signifient : J'en atteste le droit que j'ai de me glorifier à votre sujet en Notre- Seigneur Jésus-Christ, C'est là, en effet, comme une formule de serment, par laquelle saint Paul confirme ce qu'il vient de dire au sujet du péril de mort qu'il courait sans cesse. — Si... Ephesi... (vers. S2). C'est d'Ephèse, tous l'avons dit (Introd,, p, 117), que l'apôtre éci-ivait alors cette lettre ; il était donc naturel qpa'il se rappelât une circonstance particulièrement périlleuse de son long séjour dans cette cité. — Les mots secundxim homiricm sont très diversement interprété.^. Estius et d'autres sous -entendent le verbe « loquor » : Je veux parler à la manière des hommes, qui racontent volontiers les périls auxquels ils ont échappé. Mais, si tel était le
I Cor. XV, 32.
pugnavi Ephesi, quid mihi prodest, si mortui non resurgunt? Manducemus et bibamus, cras enim moriernur.
hommes, j'ai combattu à Éphèse contre les bêtes, à quoi cela me sert -il, si les morts ne ressuscitent point? Mangeons et buvons, car demain nous mourrons.
cas, l'écrivain sacré aurait lui-même Inséré ce verbe (cf. Rom. m, 5; Gai. m, 15). Selon d'autres : (J'ai combattu) selon mes forces humaines, autant que je l'ai pu ; ou bien : sans recevoir aucun secours de Dieu. Mieux, ce semble : Si j'ai combattu d'une façon tout humaine, sans me proposer un but supérieur, c.-à-d. , sans espérer la résurrection. En toute hypothèse , il serait à propos de supp^rimer la parenthèse que l'on trouve dans nos éditions de
vré d'une manière providentielle. Mais on peut objecter que ni saint Luc, au livre des Actes , ni saint Paul lui-même, dans la célèbre énumération de ses périls (II Cor. xi, 23 et ss.), ne mentionnent ce fait. D'ailleurs , il est difficile d'admettre qu'un citoyen romain ait pu être condamné à ce supplice. Il est donc mieux de supposer, avec beaucoup d'autres exégètes (saint Jean Clirys., etc.), que l'apôtre emploie cette locution dans un sens métaphorique, pour
Gladiateurs combattant contre des bêtes fauves. (Antique bas-relief.)
la Vulgale. -- Ad bestias pugnavi ( È6rjpio[j,a- •/Tiaa ). Depuis les temps anciens, les commentateurs discutent aussi pour savoir si l'on doit prendre cette expression à la lettre, ou dans un sens figuré. Déjà Théodoret adoptait le premier de ces sentiments, qui est encore celui d'un grand nombre d'auteurs contemporains. D'après cela, saint Paul aurait donc été réellement exposé aux bêtes féroces dans l'amphithéâtre d'Éphèsc, comme le; furent par la suite tant de chrétiens en différentes villes de l'empire, à l'époque des persécutions, et il aurait été déli-
figurer une lutte qu'il eut à soutenir cuntrc des ennemis particulièrement acharnés. Il n'est pas permis de penser à l'émeute d'Éphèse (cf. Acf. XIX, 23 et ss.), car elle est d'une date plus récente que l'épître. L'illustre martyr saint Ignace, ad Rom., v, emploie la même figure (6r)pio[J.a^à), « cum bestlis pugno ») en parlant des « dix léopards », c.-à-d., des dix soldats, ses gardiens, qui le tourmentaient et l'outrageaient sans lui laisser de répit. — Quid mihi..., si...? Seule, l'espérance d'une autre vie peut inspirer à un homme assez de courage pour
I Cor. XV, 33-37
33. Ne vous laissez pas séduire : Les mauvais eutietiens corrompent les bonnes mœurs.
34. Veillez, justes, et ne péchez point, car quelques-uns sont dans l'ignorance du vrai Dieu ; je le dis à votre honte.
35. Mais quelqu'un dira : Comment les raor(s ressuscitent -ils, et avec quel corps reviendront - ils ?
36. Insensé, ce que tu sèmes ne reprend pas vie, s'il ne meurt auparavant.
37. Et quand tu sèmes, tu ne sèmes pas le corps qui doit naître, mais une simple graine, par exemple de froment, ou de quelque autre chose.