‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 210 sur 873 · Mon amour est avec vous tous dans le Christ Jésus. Amen · texte numérisé non relu

Mon amour est avec vous tous dans le Christ Jésus. Amen

hospitor est omis dans la plupart des manuscrits grecs et des versions. Il n'est probablement pas authentique. — En t^oi^ième lieu vient la salutation générale de tous les chrétiens d'Éphèse : omnes fratres, vers. 20-\ — Paul invite enfin les fidèles de Ccrinthe h se saluer mutuellement in osculo sancto. Sur cet usage, voyez Eom. XVI, 16 et le commentaire; I Petr. v, 4, etc.

21-24. Salutation de l'apôtre lui-même, servant de conclusion. — Mea manu. Tout ce qui précède avait été dicté par l'auteur à un secrétaire (voyez Rom. xvi , 22 et les notes). — Pauli représente évidemment sa signature, qui garantissait l'authenticité de l'épître. — Il y ajoute, c( en guise de sceau », deux paroles très brèves, mais très significatives. La première, Si quis non... (vers. 22), ne révèle pas seulement tout son amour pour Notre -Seigneur Jésus -Christ; elle contient en outre une menace tacite pour ceux des fidèles de Corinthe que le manque d'affection envers le divin Maître avait entraînés dans les graves abus qu'a signalés le corps de l'épître. L'équivalent grec du latin amat est cpiÀsi, qui dénote un amour plus familier, plus tenflre, que le verbe àyaTrào). Comp. Joan. xxi, 15 ot ss. Sur la signification du mot anathema,

voyez les notes de xii, 3 et de Rom. ix, 3. — La seconde parole, Maran atha, correspond, d'après l'opinion la plus vraisemblable, à deux mots araméens, dont le premier signifie : Notre- Seigneur, et le second : est venu (avec le sens du présent : Notre - Seigneur vient). Dans ce cas, l'apôtre Insinuerait par cette formule que l'anathème qu'il vient de prononcer se réalisera Infailliblement au retour de Jésus -Christ -sur la terre. Quelques orientalistes contemporains coupent autrement les deux mots : Marana tha; Notre -Seigneur, viens! Ce serait alors un appel tout semblable h celui que nous lisons dans l'Apoc, xxii, 20 : « Veni, Domine Jesu. » Quant à l'emploi de la langue araméenne, lî n'est pas plus surprenant pour cette expression, employée dans l'ancienne liturgie, que les mots Amen, Hosiinna, etc. Voyez la Didaché, 10. — Gratia Domini... (vers. 23). Pour conclure, un souhait semblable à ceux de Rom. xvi, 24, de II Cor. XIII, 14 et de Gai. vi, 18, avec l'assurance de la paternelle affection <ie l'auteur (cariias mea..., vers. 24 ). — In Christo... : car Jésus- Christ est le vrai fondement de la charité qui unit entre eux tous les chrétiens.

DEUXIEME EPITRE

AUX CORINTHIENS

INTRODUCTION '

lo L'occasion et le but ^. — Selon II Cor. ii, 13 (cf. xii, 18), quelque temps après avoir adressé aux Corinthiens sa première épître, saint Paul avait envoyé d'Éphèse auprès d'eux son disciple Tite, pour se rendre compte de l'effet produit par ses graves remontrances. Tite devait le rejoindre à Troas et lui apporter les nouvelles, ardemment désirées, de ce qui se passait à Gorinthe. L'apôti'e se dirigea donc vers Troas. Mais comme Tite tardait à venir, il ne put résister, ainsi qu'il le dit lui-même, à l'anxiété qui le pressait ; car il craignait soit d'avoir blessé ses chers néophytes, soit d'apprendre que le désordre avait empiré. Il s'embarqua alors pour la Macédoine.

Son disciple le rejoignit enfin, et le consola par les nouvelles, excellentes sur bien des points, qu'il lui apportait de Gorinthe. Tite avait été accueilli avec beaucoup d'affection; la lecture de la lettre avait produit sur la plupart des membres de la communauté des impressions profondes de regret et de tristesse; ou désirait revoir au plus tôt l'apôtre bien-aimé et obtenir son pardon ^, L'incestueux, qu'on avait traité avec la sévérité exigée par saint Paul, était revenu à résipiscence et avait manifesté une grande douleur de sa conduite passée^. Néanmoins, tout n'était pas encore parfait dans l'Église de Gorinthe. Paul apprit de son disciple que ses ennemis acharnés, les judaisants, étaient demeurés inflexibles. Exaspérés par l'énergie de l'apôtre, ils critiquaient de plus en plus sa manière de faire , et osaient même contester et attaquer son autorité apostolique ; ils lui reprochaient sa prétendue versatilité ^, sa dureté, son orgueil. De plus, la collecte pour les pauvres de Jérusalem (cf. I Gor.xvi, i et ss.) n'avait

^ Pour les commentaires catholiques, voyez la p. 12. JTous ajouterons : A. Maier, Commeniar iiber Oen ziveiten Briefe an die Korinther, Fribourg en Brisgau , 1865 ; Cornely, Epistola ad Corinthios altéra, Paris, 1892.

2 Pour l'authenticité, voyez l'Introd- gén., p. 8-9. C'est sans raison que, de nos jours, quelques faux critiques ont contesté l'unité de cette épitre, et prétendu qu'elle a été formée

au moyen de deux ou trois lettres de saint Paul, combinées après coup en une seule. Leur motif est que le ton n'est pas le même partout; mais cette raison n'a aucune valeur, puisque la variété du ton tient à la diversité des sujets traités.

3 Cf. II Cor. VII, 7 et ss.

^ Cf. ir, 6 et ss.

^ Cf. II Cor. I, 17 et ss.

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pas encore été suffisamment orgciniséc *. Les détails qui concernaient la perversité des judaïsants allèrent droit au cœur de Paul, car ils lui firent craindre que l'on ne réussît à lui enlever la confiance des chrétiens de Gorinthe, pour leur plus grand malheur.

Ces nouvelles, bonnes et fâcheuses, furent l'occasion de la seconde épitre aux Corinthiens. Écrite sous le coup de vives émotions, soit tristes, soit joyeuses, il n'est pas étonnant qu'elle les reflète tout du long : on y sent vibrer plus qu'ailleurs l'âme ardente de l'apôtre.

Le but de l'épître ressort directement des circonstances de son origine. Il semblerait que l'écrivain sacré a voulu le marquer lui-même, xiii, 10, lorsqu'il dit : « J'écris ces choses étant absent, afin que, présent, je n'aie pas à user de rigueur, selon l'autorité que le Seigneur m'a donnée pour l'édification et non pour la destruction. » Par cette autre lettre, il voulait donc impressionner de telle sorte les fidèles de Corinthe, rétablir si complètement avec eux l'intimité des relations premières, que, toute froideur et toute gêne ayant disparu, il pût travailler efficacement à leur bien durant la visite qu'il se préparait à leur faire. Pour cela, il cherche aimablement, délicatement, à atténuer certains passages de sa précédente lettre, en mettant à découvert, devant ses amis qu'il croyait avoir froissés, la tendresse de son affection paternelle. Mais, d'un autre GÔté, comme il comprenait que les judaïsants étaient des adversaires acharnés et sans conscience, dont les menées audacieuses finiraient par ruiner sa réputation et son autorité d'apôtre, il les démasque ouvertement et fait une apologie en règle de sa conduite, un vrai plaidoyer « pro domo sua », dans l'intérêt non seulement de sa dignité, mais aussi du christianisme, qui aurait péri à tout jamais, si l'erreur des judaïsants eût prévalu ^.

1^ Le sujet et la division. — De ce qui a été dit plus haut, il résulte que le thème traité dans la seconde épître aux Corinthiens est en grande partie personnel : Paul y fait son apologie comme prédicateur de l'évangile; il y justifie ses droits à l'apostolat. Ce qui ne se rapporte pas directement à ce sujet est accessoire, ou introduit par manière de digression. C'est le cas pour les chapitres VIII et IX, qui parlent assez longuement de la quête déjà mentionnée dans la première lettre ^.

Nous n'aurons donc pas ici dès pages dogmatiques, comme dans les épîtres aux Romains, aux Galates, aux Ephésiens, etc., ni des pages morales et pratiques, comme dans la première aux Corintliiens. En échange, nous trouverons dans cet écrit, comme on l'a très bien dit, le « pectus paulinum » tout entier, en même temps que nous y lirons de très intéressants détails sur sa vie extérieure ou spirituelle ^.

Quoique saint Paul eût reçu d'excellentes nouvelles de Corinthe lorsqu'il la composa, il était tellement sous l'impression des fâcheux messages qu'on lui avait communiqués au sujet des judaïsants et de leurs indignes manœuvres, que la tristesse enveloppe la lettre presque tout entière. « Si l'espérance est la note dominante des épîtres aux Thessaloniciens, la joie la note dominante de l'épître aux Philippiens, la foi celle de l'épître aux Romains, les choses célestes celle de l'épître aux Ephésiens, l'affliction est le sentiment qui prédomine dans la seconde épître aux Corinthiens ^. »

L'analyse détaillée de cette lettre est assez difficile^', tant le va-et-vient des

* ■Vo3-ez II Cor. viii, 1 et ss.

2 Voyez Act. xv, 1 et le commentaire.

3 Cf. I Cor. XVI, 1-4.

* Voyez XI, 22-23; xu, 1-10,

^ Les mots b).i'hic, « trlbnlatlo », et 0/ têofiai, a tribulor », y leviennent souvent.

^ Vo3'ez le commentaire, et notre Biblia idr cra, p. 1276-1283.

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