‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 234 sur 873 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

1. Nous savons, en effet, que si cette maison de terre où nous habitons est détruite, nous avons un édifice qui vient

1. Scimus enim quoniam si terrestris domus nostra hujus habitationis dissolvatur, quod aedificationem ex Deo habe-

C'est au fond la même idée qu'au passage Rom. VIII, 18; mais elle est plus accentuée ici, an moyen de vigoureux contrastes, saint Paul comparant tour à tour « les choses présentes aux futures, ce qui est momentané à ce qui est éternel, ce qui est léger à ce qui est lourd, l'affliction à la gloire » (saint Jean Chrys.). — Rien ne correspond à l'adjectif momentaneum dans un grand nombre de manuscrits grecs ; plusieurs l'insèrent cependant (Tcpodxatpov), et on le trouve aussi dans quelques manuscrits syriaques, dans l'arménien, etc. S'il n'est pas authentique, c'est du moins une glose excellente. — Pour mieux déterminer la différence en quelque sorte infinie qui existe entre les BOuSrances du temps présent et la gloire éternelle, Paul a inventé une locution énergique, qu'on ne rencontre pas ailleurs : xa6'u7rep6o- Xyjv etç UTTspêoXrjV ( Vulg. : supra modum in sublimitate ; d'après l'Itala : « juxta incredibilem modum et in iucredibilem modum »). — La formule gJoriœ pondus est très dramatique aussi. — Operatur... C'est donc la souffrance bien supportée qui produit pour nous, c.-à-d. , qui nous mérite, cette gloire et ce bonheur sans fin. Il faudrait « nobis » au lieu de in nobis. — Le vers. 18 exprime la cause pour laquelle de si petites choses sont capables d'effectuer un si grand résultat. L'ablatif absolu non contemplantibus (mieux : « non intuentibus ») nobis... équivaut, en effet, à « quia non intuemur... » Les apôtres seront récompensés dans le ciel parce qu'ils ne se sont point proposé comme but de leur pénible ministère les biens visibles iquse videntur), c.-à-d., les avantages terrestres, l'is richesses, les honneurs, etc., mais les biens Invisibles (quae non...), c.-à-d., la gloire et le bonheur du ciel, dont l'existence nous e^t attestée par la fol. — Quse enim... Il sufiBt de comparer entre eux ces deux espèces de biens, pour voir auxquels on doit donner la préférence.

3« Assuré qu'il participera un jour à la glo-

rieuse résurrection, l'apôtre s'efforce de plaire en toutes choses au Christ, son juge futur. V, 1-10.

« L'antithèse entre la vie présente et la vie à venir continue de préoccuper » saint Paul , et il la présente sous une nouvelle forme, en un beau et profond langage.

Chap. V. — 1-5. Gémissements qui sont un gage du bonheur futur. — Scimus... Comme il ressort de la particule enim , Paul désire d'abord confirmer, en l'expliquant, l'idée émise dans les lignes précédentes. Cf. iv, 17 et ss. Il est certain de ressusciter un jour ; c'est pourquoi il a pu dire que les misères présentes seront largement compensées dans le ciel. Cf. iv, 14. — Quoniam... quod... La phrase est inachevée dans notre version latine, non toutefois dans le grec. La Vulgate a traduit deux fois la conjonction ott : il n'y a qu'à supprimer le « quod » inutile, et la pensée devient plus claire. — L'expiession métaphorique terrestris domus... hujus... déaigne le corps humain , qui est en réalité comme l'habitation de l'âme. Les auteurs classiques emploient aussi cette figure. — Habitationis. Dans le grec : de cette tente (c.-à-d., notre maison terrestre qui consiste en une tente). Image ajoutée à la première, pour mieux mettre en relief la fragilité et le peu de durée de cette habitation. L'adjectif « terrestris » ne fait pas allusion à l'origine de notre corps , formé du limon de la terre ( cf. Gen. ii , 7 ) ; ainsi qu'on le voit par la seconde moitié du verset, elle le classe simplement dans la catégorie des choses qui sont l'i-bas, par opposition au ciel, notre future demeure. — Dissolvatur : par la mort et par la corruption du tombeau. — JEdificationem ex Deo. Contraste frappant : pour remplacer la petite tente fragile qu'est notre corps, nous aurons plus tard, comme lieu d'habitation de notre âme, une maison proprement dite (domum) , un édifice d'autant plus solide, qu'il aura été préi^aré par Dieu lui-même, et non par des mains d'hommes (non mamifaciam);

îl Cor. V, 2-4.

mu8,doraum non manufactam, œternam in caelis.

2. Nam et in hoc ingemiscimus, liabitationem nostram, quae de cœlo est, Buperindui cupientes ;

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