‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 235 sur 873 · Car, pendant que nous sommes dans · texte numérisé non relu

Car, pendant que nous sommes dans

aussi cette construction durera -t -elle à jamais (.œternam). Ce palais glorieux et éternel de l'âme ne consiste point, comme le pensent quelques commentateurs , dans le séjour même du ciel (cf. Joan. xrv, 2), mais, d'après le contexte et la plupart des interprètes, dans notre corps ressuscité. — Eàbemiis. L'emploi du temps présent garantit la certitude absolue du fait en question. — Nam et (mieux : « etenim » , vers. 2),.. Sûr d'avoir part à la résurrection, l'apôtre confirme cette assurance par le désir ardent qu'il éprouve de posséder au plus tôt la demeure étemelle dont il a parlé au vers. 1. — La locution in hoc (èv toutw) n'a pas le sens de ; c'est pourquoi (Estius et d'autres). Le pronom grec retombe sur le substantif crxrivou; du verset précédent ( Vulg. a habitationem » ) et désigne notre corps mortel. Comp. le vers. 4 : « in hoc habitaculo ». — Ingemiscimus. Tandis que nous habitons dans cette misérable tente terrestre, nous gémissons, par suite d'un vio-

Tentes romaines.

(D'après la colonne d'Antonin.)

lent désir, dont l'objet est décrit au moyen d'une autre métaphore très expressive : habitationem... superindui... Le corps humain, d'abord comparé à une tente, est maintenant assimilé à un vêtement. Ces deux images sont mêlées ensemble , mais faciles à distinguer et à comprendre. Les rabbins aufsi et les néoplatoniciens appellent parfois le corps un vêtement de l'âme. Saint Paul ne dit pas « Indui », mais « superindui », être revêtu par -dessus. Il suppose donc deux vêtements superposés. Notre âme est déjà comme vêtue d'un corps mortel, et nous voudrions, mais sans être dépouillés de ce corps, c- à - d., sans passer par la mort , qui nous répugne, être recouverts, par -dessus ce corps mortel , du corps glorieux que nous fournira la résurrection. — Dans l'épitre aux Rom. viii.

19 et ss., Paul signale aussi les douloureux soupirs que pousse la nature entière, humiliée et affligée à cause des péchés de l'homme, et il en déduit la future transfiguration de tous les êtres créés ; il démontre de même ici notre résurrection à venir par le désir que nous en ressentons dès cette vie, ce désir ne pouvant provenir que de Dieu, qui l'a placé en nous comme un gage. — Le « superindui » mentionné ci - dessus suppose que le premier vêtement subsiste encore, c- à- d., que l'on n'a point passé par la mort. Saint Paul insiste sur ce point au vers. 3 : si tamen vestiti (revêtus de notre corps mortel), non nudi (non encore dépouillés de ce corps) inveniamur (mieux : « inventi f uerimus » ; à savoir, au Jour du second avènement de Jésus - Christ ). L'écrivain sacré indique donc ici quels sont ceux pour qui se réalisera le phénomène qu'il a comparé à un second vêtement mis par -dessus un autre. Il s'agit des hommes que la fin du monde trouvera encore vivants, et dont il a été déjà question I Cor. XV, 51 (voyez le commentaire). C'est pour eux seuls qu'aura lieu, sans la situation intermédiaire de la mort et du tombeau, le passage d'un corps mortel à un corps ressuscité : « Dieu les revêtira du nouveau corps, sans qu'auparavant ils aient eu besoin d'ôter l'ancien ». Leur chair subira seulement une soudaine et my&térleuse transfiguration (voyez le vers. 4»). Telle est l'explication la plus généralement admise de ce verset. Elle s'harmonise seule avec le texte et le contexte, comme aussi avec les passages parallèles de saint Paul ( I Cor. XV, 51 et I Thess. iv, 14-16). On s'écarterait de la pensée de l'apôtre, si l'on prenai' ^ans un sens spirituel les mots « vestiti » et « iit*di » : Nous jouirons de la gloire du ciel, « si nous en sommes trouvés dignes; c.-à-d., si nous sommes revêtus de la grâce , de la charité et des bonnes œuvres , non toutefois si nous en sommes dépouillés » (Corn, a Lap.). — La leçon èxSucrâ(Jievot , « expoliatl », au lieu de evSuaafxevoi , a vestiti », est Insuffisamment garantie. Elle est rejetée à juste titre par les critiques ; elle aboutit du reste à une tautologie. La Vulg. a pareillement suivi le texte le plus autorisé, en lisant « si tamen », pourvu que (eÎTiep), et non eiye, puisque, attendu que. La différence est d'ailleurs peu sensible cette fois. — Nam et qui... (vers. 4). C'est la répétition du vers. 2, avec un petit commentaire. Tant que nous habitons ce corps mortel , semblable à une tente pastagère (iw hoc tabernaaUo; comp. le vers. 1)

II Cor. V, 5-8.

cette tente, nous gémissons sous le fardeau , parce que nous ne voulons pas être cépouillés, mais être revêtus par-dessus, atin que ce qu'il y a de mortel soit absorbé par la vie.

5. Or, celui qui nous a formés pour cela même, c'est Dieu, qui nous a aussi donné les arrhes de l'Esprit.

6. Nous sommes donc toujours pleins de confiance, sachant que, pendant que nous habitons dans ce corps, nous demeurons loin du Seigneur

7. (car c'est par la foi que nous marchons, et non par la claire vue) ;

8. nous sommes, dis -je, pleins de confiance , et nous aimerions mieux sortir de ce corps ; et aller habiter auprès du Seigneur.

culo, ingemiscimus gravati, eo quod nolumus expoliari, sed supervestiri , ut absorbeatur quod mortale est a vita.

5. Qui autem efficit nos in hoc ipsum, Deus, qui dédit nobis pignus Spiritus.

6. Audentes igitur semper, scientea quoniam dum sumus in corpore, peregrinamur a Domino

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