‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 249 sur 873 · non solum autem in adventu ejus · texte numérisé non relu

non solum autem in adventu ejus

2. Accueillez -nous. Nous n'avons fait tort à }>ersonne, nous n'avons nui à personne, nous n'avons exploité personne.

3. Je ne dis pas cela pour vous condamner, car j'ai déjà dit que vous êtes dans nos cœurs à la mort et à la vie.

4. J'ai une grande confiance en vous, je me glorifie beaucoup de vous ; je suis rempli de consolation, je surabonde de joie parmi toutes nos tribulations.

5. En effet, à notre arrivée en Macédoine, notre chair n'a eu aucun repos, mais nous avons souffert toute sorte de tribulations : au dehors des combats, au dedans des craintes.

6. Mais celui qui console les humbles, Dieu nous a consolés par l'arrivée dé Tite;

I 7. et non seulement par son arrivée,

lui et les Corinthiens ne redevînt pas ce qu'elle avait été.

1» Les vrais sentiments de Paul envers sa chère Église de Corinthe. VII, 2-7.

2-4. 11 n'a pas cessé d'aimer ses fils spirituels, d'avoir confiance en eux, d'être fier à leur sujet. — Ca/ite nos (-/œp-i^craTS fj(J-a;). Cette petite phPiSe a été diversement interprétée. Selon les une : Comprenez -moi bien. Selon d'autres : Donnez-moi toute votre attention. Mieux, à la suite des anciens commentateurs grecs : Faites -moi de la place (c'est le sens littéral du grec); c.-à-d., donnez-moi une lai'ge place dans votre cœur. Comp. vi, 12, où l'apôtre s'est précisément plaint de ne plus p04.>-éder cette place. — Neminem..., neminem... Répétition émue, énergique. Paul Insiste sur ce fait que les Corinthiens ne peuvent avoir aucun grief contre lui, puisqu'il n'a fait tort à aucun d'entre eux. Des trois verbes lœsimus, corrupirmis, circumvenimus , le premier paraît se rapporter à des préjudices personnels, le second à une mauvaise doctrine, le troisième à des gains illicites tirés de la prédication. — Non ad condemnationem... (vers. 3). En s'excusant ainsi, l'apôtre ne veut pas dire que les Corinthiens l'avaient cru coupable de ces fautes. L'amour qu'il a pour eux (in corâibus... estis...), la franchise avec laquelle il leur a parlé (multa fiducia..., vers. 4), la fierté qu'ils lui in-pirent (multa... gloriatio. ..) , la joie intense qu'il a ressentie en recevant de bonnes nouvelles à leur sujet (superabundo gaudio...), ne lui jif-r mettaient pas de les juger d'une manière si défavorable. — Le verbe prœdiximus (c.-à-d. « antt^a diximus ») fait allusion ù vi, 11-12\ Cf. ni, 2. — Par les mots ad commoriendum et ad... Paul veut dire que les Corinthiens sont entrés si avant dans son cœur, que ni la vie ni la mort ne pourraient dé.sormals les en arracher : qu'il vive ou qu'il meure, 11 les aimera toujours.

Moins bien, selon quelques interprètes : Je vous affectionne tellement, que je voudrais vive et mourir avec vous. — Fiducia (vers. 4). Le grec Tïappriata marque la sainte liberté de langage (voyez Marc, vin, 32; Act. ii, 19; iv, 13, etc. ) dont l'apôtre usait envers les Églises fondées par lui. Il leur déclarait toujours ouvertement les abus qu'il remarquait chez elles, et cela même était un signe de son affection apostolique. — Supprabundo...'Phrase célèbre, digne de saint Paul. Elle est développée dans les versets suivants.

5 -7. Tribulations et consolations. — Et cum... in Macedonia. La conjonction « et » (même, aussi) nous reporte à ii, 12. Paul avait beaucoup souffert, non seulement à Troas, avant de s'embarquer pour la Macédoine , mais encore après son arrivée dans cette province. — Le trait nullam requiem habuit... relève l'intensité de son aflliction. Caro vostra : l'homme naturel, envisagé dans la partie inférieure de son être. Plus haut, ii, 13, l'apôtre a déclaré qu'à Troas il avait souffert dans son esprit, son nveûfxa. D'où il suit qu'il avait été broyé tout entier par la peine. — Foris..., intus... Quelques détails pathétiques sur ses tribulations macédoniennes. Au dehors, des conflits perpétuels avec les ennemis du christianime, les Juifs et les païens; au dedans, des préoccupations sans nombre au sujet des jeunes chrétientés. — Sed qui... (vers. 6). Dieu n'avait pas abandonné son ministre dans ces clrcon-^tances douloureuses. — Humiles: ceux qui ne comptent pas sur euxmêmes, mais uniquement sur lo secours d'en haut. — In adventu... L'apôtre avait longuement attendu le retour de son cher dl.«ciple, qu'il avait envoyé à Corinthe pour juger de l'effet produit par sa première lettre. Cf. ii, 12-13. Enfin Tite le rejoignit et le mit au comble de la joie, grâce surtout aux excellentes nouvelles qu'il lui apportait : non solum... (vers. 7). —

Il Cor. VII, 8-11.

mais encore j'ar la consolation qu'il a reçue de vous ; car il m'a raconté voire (K'sir, vos i)leiirs, votre zèle pour moi, de sorte que ma joie a été plus grande.

8. En effet, bien que je vous aie attristés par ma lettre, je ne le regrette pas ; et si j'en ai eu du regret, en voyant que cette lettre vous avait attristés, quoique pour peu de temps,

9. maintenant j'ai de la joie, non de ce que vous avez été attristés, mais de ce que votre tristesse vous a portés à la pénitence. Vous avez été attristés selon Dieu , en sorte que vous n'avez reçu de nous aucim dommage.

10. Car la tristesse qui est selon Dieu produit pour le salut une pénitence stable ; mais la tristesse du siècle produit la mort.

11. Voyez, en effet : votre tristesse selon Dieu, quel empressement elle a produit en vous; bien plus, quelles

sed etiam in consolatione qua consolatus est in vobis, reforens nobis vestruin desiderium, vestrum fletum, vestram aernulationem pro nie, ita ut magis gauderem.

8. Quoniam etsi contristavi vos in epistola, non me pœnitet; etsi pœniteret, videns quod epistola illa, etsi ad horam, vos contristavit,

9. nunc gaudeo : non quia contristati estis, sed quia contristati estis ad {)oenitentiam. Contristati enim estis secundiim Deum, ut in nullo detrimentum patiaraini ex nobis.

10. Quai enim secundum Deum tristitia est, pœnitentiam in salutem stabilem operatur ; sseculi autem tristitia mortem operatur.

11. Ecce enim hoc ipsum, secundum Deum contristari vos , quantam in vobis operatur sollicitiidinem ; sed defensio-

Qua consolaius est. Tite, qui avait partagé les angoisses de son maîire, avait été le premier consolé en arrivant à Corinthe. — Referens. . . Petite description très vivante de ses récits enthousir.stes, à son retour auprès de Paul. — PesideriuTïi : l'ardent désir (è7HTio8Y]atv) quVprouvaient les Corinthiens de revoir leur père spiritue'. — Fletum : les larmes abondantes(ôSupt/,ov) par lesquelles Ils avaient manifesté leur regret de l'avoir offensé. — JEtnulntionem : leur zèle à prendre sa défense contre tes adversaires, à lui obéir ponctuelleraent , etc.

2» Explications amicales au sujet de la première épître. VII, 8-16.

Consolé par la conduite des Corinthiens, « Paul veut de son côté témoigner sa satisfaction et sa reconnaissance, et il est naturellement amené à parler du ton de sa précédente lettre ».

8-9. Cette lettre a centriste ceux auxquels elle était destinée ; mais cela même a tourné à leur plus grand bien. — Etsi contristavi. L'apôtre comprend aisément qu'un tel résultat ait été produit, et pourtant il avoue ne pas regretter maintenant d'avoir écrit sa lettre : non me pœnitet. — Au lieu de etsi pœniteret, mieux vaudrait : « etsi pœnitebat », bien que je l'aie regrett é. Saint Paul avait donc ressenti un mouvement réel de tiistespe, de regret, en composant et en envoyant aux fidèles de Corinthe cette lettre par laquelle il savait qu'il les aSiigtrait profondément. — Ad horam. Trait délicat ; l'apôtre aurait voulu, si cela avait été possible, ne pas même les attrister pour un moment. — Nunc gnu'Ieo (vers. 9). Il est actuellement tout à la jdie, sachant que sa lettre a produit les effets les })lns salutaires, — Non quia..., sed quia... Distinction pleine de finesse et d'amabilité. — Ad pœnltentiim. C.-à-d., de manière à éprouver

un repentir sincère de votre conduite antérieure. — Secundum Deum : d'une façon conforme à la volonté divine. C'est précisément pour cela que l'épître en question n'avait causé aucun désavantage spirituel : ut in nullo... Litote pour dire qu'elle leur avait procuré de précieux avantages. 10-13*. La bonne et la mauvaise tristesse, tt leurs effets bien différents. Sa dernière réflexion fournit à l'écrivain sacré l'occasion de s'étendre quelque peu sur les deux sortes de tristesses auxquelles le chrétien peut se livrer, pour son plus grand bien ou pour son plus grand mal : Qtise enim..., scecuU autem... — Pœniten'iam... operatur. Tel avait été précisément le cas p< ur les Corinthiens. Comp. le vers. 8''. « Tristitia de iniquitate propria pœnltentiam pariurit, » dit saint Augustin, Serm. ccuv, 2. — Jn f^aluirm... Le même Père traduit fort bien l'éplthète àuezx[i.eky]xov (stabilem) par « impœnitendam » : tin salut que l'on ne regrette pas, un salut éternel. La Vulgate donne exactement le sens. Il nous paraît moins bien de ratta her cet adjectif au substantif [xeràvotav (a pœnitcntiam )0:un repentir dont on no se repent pas, par conséquent, (-incère et qui conduit au salut. — SœcuH (roO xocrjxou, « mundi »). .. trii-titia. ( ette autre tristesse a sa source dans l'amour déréglé du monde et de ses faux biens; elle ne peut donc amener que des résultats funestes, résumés ici dans l'expression viortem, la mort éternelle, la damnation, par contraste avec le salut. — Ecce enim... (vers. 11). Revenant h la tristesse des i'orlnthiens, saint Paul signale plus complètement les avantages qu'ils lui doivent. La partiiule « ecce » fait appel à leur expérience personnelle. — Les mots hoc ipsum soulignent d'avance la formule secundum Deum contristari... (plus exactement : « contristatos esse

II Cor. VII, 12-15.

nem, sed indignationem, sed timorem, sed desiderium, sed aemidationem, sed vindictam. In omnibus exhibuistis vos incontaminatos esse negotio.

12. Igitur, etsi scripsi vobis, non propter eum qui fecit injuriam, nec propter eum qui passus est ; sed ad manifestandam soUicitudinem nostram, quam habemus pro vobis

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