Paul récapitule sa thèse dogmatique
— Mihi autem... Contraste entre ses sentiments Intimes et ceux des faux docteurs. Il ne veut, lui, se glorifier que dans la croix de Jésus-Christ, vraie cause de la justiflcation. — Per quem. Dans le grec (fit' oij), le pronom, qui est au masculin, peut se rapporter soit à la croix soit au Sauveur. La première connexion nous paraît aller mieux au contexte, quoique le sens demeure le même dans les deux cas : par la croix l'apôtre, uni à Jésus crucifié, est mort à ce monde périssable et coupable, avec lequel il n'a désormais aucun lien (mihi mundus... et ego...).
— Il est tout à fait dans l'ordre qu'il pense et parle ainsi, puisque in Christo... neque... (ver- Ibi 15). Parole déjà citée plus baut, v, 6, et lé-
COMMENT. — Viil.
gèrement modifiée. Nous lisons ici sed nova creatura , au lieu de « sed fldes quœ... ». Cette nouvelle créature, c'est l'homme régénéré par Notre -Seigneur Jésus -Christ (cf. II Cor. v, 17) et devenu enfant de Dieu, héritier du salut.
16-17. Un aimable souhait et un ordre sévère. — Le souhait est pour tous ceux qui demeureront fidèles au principe que Paul vient de rappeler dans le vers. 15 (hanc regulam). — Pax... et misericordia. Si l'on sous - entend « est » au lieu de « sit », avec de nombreux interprètes, la prière deviendra une promesse. — L'apôtre nomme Israël Dei , nar opposition à l'Israël selon la chair (cf. Rom. IX, 6; I Cor. x, 18), les chrétiens sincères qui forment, à quelque race qu'ils appartiennent, le véritable peuple de Dieu. — De cetero (vers. 17). Le grec signifie : désormais, à l'avenir. Comme au début de sa lettre, l'apôtre fait valoir son autorité d'un ton ferme. Il a discuté pleinement la question qui était en litige chez les Galates ; ce sera son dernier mot : il ne veut pas qu'on l'importune de nouveau sur un point si clair. L'accent est celui du sévère et légitime reproche. Cf. I Cor. xi, 16. — Ego enim... Paul a le droit de commander en cette matière, car il est le serviteur et l'apôtre du Christ, dont il porte extérieurement les marques : stigmata Domini... porto. Ce trait s'explique par l'ancien usage de graver au fer sur le corps des esclaves un signe qui indiquait à quel maître ils appartenaient. Paul fait évidemment allusicm, en employant cette figure, aux cicatrices des blessures qu'il avait si souvent reçues au service de son Maître bien -aimé. Cf. II Cor. xi, 23 et ss. Le mot stigmates n'a ici rien de commun avec le phénomène mystique et pathologique qu'il sert aussi à désigner depuis le moyen âge.
322 Gal. VI, 18.
18. Gratia Domini nostri Jesu Christi cum spiritu vestro , fratres. Amen.
18. Que la grâce de notre Seigneur Jésus -Christ soit avec votre esprit, mes frères. Amen.
2« Salutation finale, VI, 18.
18. Elle consiste en une bénédiction apostolique : Gratia Domini. . . - La formule cum spiritu vestro a quelque chose de plus Intime
que le simple pronom « vobiscum ». — La lettre, si sévère dans son ensemble, se termine par l'apostrophe affectueuse fratres.
ÉPITRE