nihil per contentionem , neque per
sécutions, il constitue un éloquent paradoxe. Ce passage est d'ailleurs remarquable en ce qui concerne la théologie de la souffrance chrétienne. Cf. II Thess. I, 4-10, etc. — Non solU'». ut... La foi est à elle seule une grâce immense; la souffrance pour Jésus-Christ et avec Jésus-Christ est une faveur très précieuse aussi , que l'on doit recevoir avec joie et reconnaissance : sed ut etiam pro illo... — Pour mieux caractériser les souffrances des Philippiens, Paul les rappi'oche de celles qu'il avait endurées lui aussi pour le Christ : idem certamen (àytova : à la lettre, une lutte dans l'arène; voyez les notes du verset 28*')... — Quale... vidistis... Parmi les lecteurs, il en était plus d'un qui avait vu flageller et emprisonner l'apôtre. Cf. Act. xvi, 19; II Thess. II, 2. — Et... audistis. Au présent dans le grec ; "Vous apprenez maintenant. Par cette lettre même et par le récit d'Épaphrodite (cf. IV, 18), les Philippiens allaient être instruits des souffrances de saint Paul à Rome.
Chap. II. — 1-4. La charité fraternelle basée sur l'humilité et sur l'abnégation. — Si... ergo... Après avoir fait appel à l'union qui procure la victoire, Paul en indique la condition absolue, l'amour réciproque des fldèles. — Si qua..., si quod... L'exhortation prend d'abord la forme d'une adjuration solenelle. « La rapide succession et la variété des appels, comme aussi la répétition des mots el' tcç (s'il y a quelque), sont particulièrement touchantes. >^ L'apôtre, avant même de faire sa recommandation, qui ne vient qu'au vers.- 7, l'appuie sur quatre puissants motifs, empruntés à ce que la religion a de plus sacré, (t. à ce que l'amitié a de plus tendre, à ce que la reconnaissance a de plus juste (Calmet, h. î ) ». — Consolatio ia Christo. T^e grec Tiapà7(X-/)CTi; désigne plutôt une parole d'exhortation, d'encouragement. Le sens est donc : Au nom des pieux encouragements que les chrétiens
peuvent se donner entre eux, grâce à leur union avec Jésus-Christ,... rendez ma joie complète. — SolutiuTfïi caritatis : un mot consolant, persuasif (TrapafxûOtov), inspiré par la charité.
— Societas (xoivwvta) spiritus. D'après les uns : l'union des esprits entre eux. Mieux , selon les autres : la participation à l'Esprit- Saint et à ses dons. — Viscert miserationis. Les substantifs sont indépendants l'un de l'autre dans le texte original : « Viscera et miserationes. » Sur le premier, voyez i, 8 et les notes : il représente l'organe de la compassion, tandis que le second exprime ce sentiment lui-même. — Impiété gaudium,... (vers. 2). C.-à-d. , comblez la mesure de ma joie, rendez mon bonheur parfait. Appel persinnel à l'affection des Philippiens, après les motifs d'ordre général qui précèdent.
— Ce qu'ils devront faire pour réjouir pleinement l'apôtre : ut idem... Le verbe sapiatis correspond à <ppovrjT£, qui signifie plutôt : « sentiatis ». Comp. i, 7. Ayez le même sentiment.
— Eamdem caritatem..'. En pratique : aimezvous tous les uns les autres. — Unanimes (aijv^'UXoO , idipsum (to e'v) sentientes. Comp. I, 27*>, où nous avons rencontré des expressions presque identiques. — Nihil per... (vers. 3). Après avoir fortement exhorté à l'union et à la concorde en termes positifs, l'apôtre développe sa recommandation au point de vue négatif, en signalant les défauts exclus par la vraie charité.
— Contentionem, èpiOcav. Comme plus haut, I, 17 : l'esprit de faction. — Inanem gloriam. La vaine gloire fait qu'on se préoccupe outrÇ mesure de ses propres droits, et elle rend toujours égoïste. — In humilitate. Sentiment inconnu des païens, tout aussi bien que le mot xaueivo^pocjuvif], qui sert à l'exprimer (on ne le rencontre nulle part dans la littérature antérieure au christianisme). L'humilité chrétienne fait qu'on s'estime à sa Juste valeur, o.-à-d*«
PHIL. Il, 4-7.
inanera gloriam, sed in humilitate superiores sibi inviceiii arbitranlcb ;
4. non qiue sua sunt singuli considérantes , sed ea quse alioriim.