‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 380 sur 873 · Hoc enitn sentite in vobis, quod et in Christo Jesu · texte numérisé non relu

Hoc enitn sentite in vobis, quod et in Christo Jesu

6. qui cum in forma Dei esset, non rapinam arbitratus est esse se sequalem Deo ;

7. sed semetipsura exinanivit, forraara servi accipiens, in sirailitudinera homi-

vaine gloire, mais vous regardant par humilité comme supérieurs les uns aux autres ;

4. ne considérant pas chacun ses propres intérêts, n^ais ceux des autres.

5. Ayez en vous le même sentiment dont était animé Jésus- Christ,

6. lui qui, existant en forme de Dieu, n'a pas cru que ce fût pour lui une usurpation d'être égal à Dieu ;

7. mais il s'est anéanti lui-même, en prenant la forme d'un esclave, en deve-

comme très petit devant Dieu et même devant les hommes. De là il n'y a qu'un pas à ce que demande ensuite saint Paul : superiores sibi invicem... Voyez les excellents développements de Calmet, Comment, littéral., h, 1. — Arbitrantes (yjYoùfxevot) marque un jugement réfléchi, silr et conscient. — Non qu<e sua... (vers, 4). Par conséquent , l'oubli de soi et de ses intérêts personnels, l'entière abnégation : autre condition à l'unioii fraternelle entre chrétiens. — Considérantes ( axoTcouvTEt; ) suppose un regard attentif jeté sur les intérêts du prochain.

2» Jésus - Christ , modèle de l'abnégation et de l'humilité qui facilitent l'union. II, 5-11.

« Cet exemple, Paul le retrace aux yeux des Philippiens de façon à les entraîner, comme par une impulsion irrésistible, à la même manière de sentir et d'agir. » Ce passage est justement célèbre sous le rapport théologique. Il contient, malgré sa brièveté, un résumé complet de l'histoire de Jésus -Christ : après avoir jeté un coup d'œil rapide sur les splendeurs étemelles du Verbe, il nous le montre s'humiliant par l'incarnation et devenant homme comme nous, s'humiliant davantage encore par sa passion et par sa mort, puis remontant au ciel plein de gloire, et siégeant à la droite de son Père h tout jamais. Et c'est à propos d'une simple exhortation à la charité et à l'humilité que raj)ôtre fait appel aux vérités les plus relevées du dogme, parce qu'en fait la morale chrétienne ne saurait être séparée des grands exemples du Sauveur.

5-8. Les humiliations de Jésus. Le vers. 5 sert d'introduction. — Hoc {enim doit être supprimé d'après la meilleure leçon du grec) sentite (9pov£ÏT£)... Ayez chacun la même disposition mentale, les mômes sentiments que Jésus- Christ. D'après le contexte, cette recommandation 86 rapporte spécialement à l'humilité et à l'abnégation volontaires. — Qui... L'apôtre décrit d'a^bord en quelques mots (vers. 6) l'état du Verbe antérieurement à l'Incarnation. Comp. Joan. i, 1 et ss. — Cum... esset. Le grec a un participe très expressif : •J7td(p-/wv, subsistant. C'est la préexistence éternelle du Christ. — In forma Dei est une traduction aussi exacte q\ie possible des mots Iv fAop97) 0eoO. Le substantif p-op-piq désigne, non une forme quelconque, mais « la forme organique dans laquelle l'ess^ence. la vie intime d'un être se manifeste au dehors ». Dire

du Logos qu'il est « in forma Dei », c'est donc affirmer implicitement qu'il possède l'essence divine, qu'il est Dieu. Comp. les expressions analogues « imago Dei invisibilis », Col. i, 15; « splendor gloriae et figura substantiae ( Dei ) », Hebr. i, 3 (voyez les notes). Si [J.opcpT] ne désigne pas l'être, il représente la manière d'être; or, « Dieu seul pouvait avoir la manière d'exister de Dieu. » — Non... arbitratus est... L'apôtre nous fait en quelque sorte lire dans les pensées éternelles du Verbe, ù propos de son incarnation, et des humiliations qui devaient lui servir de cortège. — Rapinam, àpTrayjxov. Ce substantif peut être pris, dans les deux langues, soit à l'actif, soit au passif : l'acte de voler, ou l'objet même du vol. La pensée est la même de part et d'autre. Le Logos no s'est pas approprié la divinité d'une manière illégitime, et II n'en a pas usurpé les droits ; elle lui appartenait comme une propriété personnelle incontestable. — Sed... ( vers. 7 ). Antithèse des plus frappantes. De la gloire éternelle du Verbe, nous passons à ses abaissements infinis sur la terre. Le langage de l'apôtre est d'une rare vigueur, en même temps que de la plus grande simplicité. — Semetipsum (pronom accentué) exinanivit. A la lettre : il s'est vidé (èxévoxxev ). Expression dramatique, pour marquer les anéantissements volontaires du Verbe incarné. Elle est développée par les détails qui suivent. Évidemment, ce n'est pas de sa nature divine que le Logos s'est dépouillé en se faisant homme, car c'eût été une chose impossible ; mais il se dépouilla pour un temjis, au dehors, des augustes prérogatives et des gloires extérieures de la divinité. — Formant servi ((xopcpriv ôoû^ou) : une forme d'esclave ; c.-à-d., comme il est ajouté ensuite, la nature humaine, qui, relativement à Dieu, Créateur et souverain Maître de toutes choses, est une nature servile. Les mots « formam servi » sont très visiblement opposés à « in forma Del » ; ils marquent la manifestation extérieure de l'état d'enclave. De même que le Christ s'est véritablement fait homme et esclave par l'incarnation, de même il était vraiment Dieu de toute éternité avant l'incarnation. — In similitudinem ( èv ôpLoiwixaTt ) hominum... D'où il s^uit que Jésus Christ était plus qu'un homme, autre chose qu'un homme ordinaire. Sa ressemblance avec les autres hommes était réelle; mais elle n'exprimait pan toute sa nature, puis.iir«lle laissait ua divinité dane l'ombre. Cf. Rom. vai, 3, ect.

PrriL. TT, 8-11.

nam semblable aux hommes, et en se montrant soùs l'apparence d'un homme.

8. Il s'est humilié lui-même, se faisant obéissant jusqu'à la mort, et la mort de la croix.

9. C'est pourquoi Dieu l'a exalté, et lui a donné un nom qui est au - dessus de tout nom,

10. afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et dans les enfers,

11. et que toute langue confesse que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père.

num factus, et habitu inventus ut homo.

8. Humiliavit semeti[)sum, factus obediens usque ad mortem, mortem autem crucis.

9. Propter quod et Deus exaltavit illum, et donavit illi nomen quod est super omne nomen ,

10. ut in nomine Jesu omne genu 3ectatur cselestiura , terrestrium , et inf ernorum ,

11. et om.nis lingua confiteatur quia Dominus Jésus Christus in gloria est Dei Patris.

— Factus (ysvôfxevo;, étant devenu) contraste avec ûndtpxwv, « cum esset ». Conip. le vers. 6».

— Hahiiu (rryrwx.aTi),.. ut homo. Ce trait complète le précédent. En effet, le crx^[xa représente l'aspect extérleiir, tel qu'il tombe sous les sens (la physionomie, la taille, les vêtements, les gostes, etc.). Sous ce rapport, les compatriotes du Sauveur ne voyaient « aucune différence entre lui et les autres enfants des hommes ». Tel était le résultat de leurs observations (inventus), — Le Fils de Dieu fait homme a voulu s'abaisser davantage encore : humiliavit semetipsum. (verset 8). Idée toute générale (comp. le vers. 7, où la même marche est suivie), qui est ensuite analysée en termes sublimes : factus obediens... L'humiliation du Christ s'est manifestée par son obéissance ; son obéissance est allée usque ad mortem, jusqu'à l'arceptation courageuse de la mort pour nous sauver ; cette mort a consisté dans le supplice infâme de la croix, moiiem... crucis. Cf. Gai. m, 13; Hebr. xn, 2, etc. •

9-11. L'exaltation de Jésus envisagée comme le résultat de son humiliation. — Propter quod (6to) : en conséquence de l'anéantissement qui vient d'être décrit. L'apôtre passe à la troisième période de l'histoire de Notre - Seigneur Jésus- Christ. — Et Deus. La conjonction appuie sur la pensée : Dieu, de son côté. — Exaltavit. Le grec 'jTizpv^Mcrzv (pas ailleurs dans le Nouveau Testament) signifie à la lettre : a élevé d'une manière suprême, au-dessus de tout. Cette exaltation a eu lieu par l'ascension du Christ, lorsque Dieti le Père l'a placé à sa droite dans le ciel, et lui a donné tout pouvoir sur le monde. Cf. Rom. VIII , 34 et xiv, 1 9 ; Col. m , 1 ; Hebr. I, 13, etc. « Ce n'est pas l'Être divin qui a été élevé en lui; c'est l'être humain, à l'état duquel il s'était réduit, qui a été élevé en sa personne à la dignité de Souverain universel. » — Donavit illi (ÈyoLpiaoLTo; comme plus haut, i, 29) : à titre de i:écompense pour son abaissement , son obéissance et sa mort douloureuse. — Nomen... super omne... Avec l'article dans le grec, d'après les plus anciens manuscrits : le nom qui est nr!-dessu8 de tout nom. Pour l'expression, voyez Eph. I, 21. Quel est ce nom? Les commenta tenrs ne répondent pas de la mémo manière îi cette question. D'après les uns, c'est le nom de

Jésus; d'après d'autres, Jésus -Christ; ou bien, le Seigneur Jésus - Christ ; ou encore , Fils de Dieu. Plusieurs pensent même que l'apôtre n'aurait en vue dans ce passage aucun nom concret proprement dit, mais l'élévation du Christ audessus de toutes les créatures, sa dignité supérieure. Il nous semble que saint Paul donne luimême la réponse dans les vers. 10 et 11. L'appellation dont il s'agit, c'est « Dominus Jésus Christus » : appellation glorieuse, qui combine le nom humain et personnel , Jésus ; le nom messianique, Christ; le titre honorifique, Seigneur, lequel équivaut souvent à celui de Jéhovah. — Ut, "vx (verp. 10). But de la merveilleuse exaltation du. Christ : in nomine Jesu omne... Fléchir le genou au nom de Jésus (un des gestes de l'adoration chez les anciens; Atl. arch., pi xlv, fig, 3 ; pi. ciT, fig. 5 , etc. ; voyez aussi Eph. m, 14), c'est reconnaître la divinité du Sauveur et lui rendre hommage. Comp. Is. xlv, 23 , passage que l'apôtre avait certainement à la pensée lorsqu'il écrivit cette ligne. — Les mots cselestium, terrestrium , et... représentent « le corps entier des êtres intelligents dans toutes les parties de l'univers ». Les anges d'abord , dans les régions ce- ^ lestes; puis les hommes, sur la terre. On hésite sur la troisième expression, infernorum (xarax6ovÎ6ov : à la lettre, ceux qui sont sous terre), dans laquelle on a vu tantôt les démons, tantôt les morts en général, ce qui est plus vraisemblable. — Et omnis lingua... (vers. 11). Développement de la même pensée. Toute langue, dans le ciel, sur la terre et dans les régions inférieures. Ce passage aussi est une citation implicite d'Isaïe, XLV, 23. — Conflteat^ir : confesse ouvertement, avec joie et reconnaissance. — Quia Dominus... in gloria est... La traduction de la Vulgate n'est pas complètement exacte. Il faudrait : (Afin que toute langue confesse) que Jésus est Seigneur pour la gloire de Dieu le Père. L'objet direct de la confession, c'est que Jésus est Seigneur, c.-à-d. qu'il jouit de la souveraineté universelle (cf. Apoc. UT, 2, etc.), et son résultat final, c'est la gloire de son divin Père. L« texte de la Vulsrate signifierait que Jésus -Christ possède une gloire égnle à celle du Pè)-e.

3° Exhortation h la fidélité courageuse. II 12-18.

Phil. II, 12-15.

12. Itaqiie, carissirai mei (sicut semper obedistis), non ut in praesentia mei tantiim, sed multo magis nunc in absentia mea, cum metu et tremore vestram salutem operamini.

13. Deus est enim qui operatur in vobis et velle et perficere, pro bona Toluntate.

14. Omnia autem facite sine murmurationibus et haesitationibus ,

15. ut sitis sine querela, et simplices filii Dei, sine reprehensione, in medio nationis pravae et perversse, inter quos lucetis sicut luminaria in mundo ;

12. Ainsi, mes bien-aim^s, comme vous avez toujours été obéissants, ayez soin, non seulement en ma présence, mais beaucoup plus maintenant en mon absence, d'opérer votre salut avec crainte et tremblement.

13. Car c'est Dieu qui opère en vous et le vouloir et le faire, selon son bon plaisir.

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