Neminem enim habeo tam unani
I Thess. V, 5. — Sicut luminaria, (ç>oiC!xr\peç : des astres lumineux, comme ceux que Dieu créa pour éclairer le monde. Cf. Gen. i, 14, 16. — C'est une idée analogue qui est renfermée dans les mots verbum. ..continentes (vers. 17). La parole de vie ne diffère pas de l'évangile, qui annonce et procure la vraie vie en ce monde et dans l'autre. Cf. Joan. VI, 68; Act. v, 20; I Joan. l, 1. Le participe grec èTré'/ovxsç peut signifier : retenant (pour vous-mêmes), possédant; ou bien : présentant (au monde pour l'éclairer). — Ad gloriam meam. L'apôtre signale un avantage personnel qu'il retirera de la fidélité des Philippiens : aia jour du Christ (in die...; à l'accusatif dans le grec : eîç ri(jL£pav, en vue du jour), c.-à-d., au jugement général, il aura le droit de se glorifier saintement de leur salut, qui attestera qu'il aura été lui-même fidèle à sa mission : quia non in vacuum... — Cucurri : la métaphore accoutumée, empruntée aux courses du stade. Cf. Act. xx , 24 ; I Cor. ix, 24 ; II Tim. IV, 7, etc. — Laboravi. Le grec IxoTtiizcra suppose un travail très pénible.
17-18. L'apôtre sera peut-être bientôt Immolé pour la gloire du Christ ; il désire que ses lecteurs s'en réjouissent comme lui-même. — Sed... Non seulement Paul ne redoute pas le travail (comp. le vers. IG*»), mais il subira volontiers la mort elle-même, si Dieu le veut ainsi. — Immoler ne rend pas entièrement le sens du verbe (TTtivôotxai, qui signifie : Je suis versé en libation. Les mots fidei vcstrsc dépendent des deux substantifs sacrificium et obseqnium. Ce dernier est représenté dans le grec par Xctxoupyta, qui, dans le Nouveau Testament, désigne souvent une cérémonie du culte sacré, un acte sacerdotal (cf. Luc. i, 23 ; Act. xiii, 2 ; Rom. xtii, 6; Hebr. x, 11, etc.). L'apôtre emploie donc ici un langage métaphorique d'une grande beauté. Les Philippiens sont pour ainsi dire des prêtres, qui, en acceptant la foi, ont offert à Dieu un sacrifice d'agréable odeur : leur adhésion parfaite, voiHi la victime immolée par eux. Mais, d'après le rituel juif (cf. Num. xv, 1-10), les sacrifices sanglants étalent toujours accompagnés d'une libation de vin ; or, dans le cas présent, c'est le sang de Paul lui-même qui servira
pour la libation. Comp. II Tim. iv, 6. — Oaudeo et congratulor... Dans le grec, avec un jeu de mots : y^a.lç)(ti xaî (Tuyya^pw. Comp. i, 25». ~- Omnibus vobis. L'éventualité de son prochain martyre réjouit l'apôtre, parce qu'il sait que les Philippiens en tireront du profit. C'est pourquoi il désire qu'ils se réjouissent de leur côté (vers. 18) : idipsum (rb ôè aÙTO : de la même manière , pour la même raison)... et vos...
§ m. — Éloge de Tim,othée et d'Épaphrodite, que Paul a l'intention d'envoyer bientôt à Philippes. II, 19-30.
1° Timothée. II, 19-24.
19-24. L'apôtre ani once qu'il l'enverra auprès dos Philippiens , dès qu'il verra la tournure que prendra son procès. — (Spero autem. . . Quoiqu'il puisse s'attendre à une mort prochaine, Paul ne voit pas sa situation comme entièrement désespérée, et il communique plusieurs projets qu'il espère pouvoir réaliser. — In Domino... Telle est la noble sphère dans laquelle se meut son espéi'ance. Cf. i, 8, 14; m, 1, etc. — Timetheum,... mittere. Sur Timothée, voyez i, 1 et les notes. — Et ego. Moi aussi, comme vous de votre côté. — Bono animo sim. Il n'y a qu'un seul mot dans le grec : ev'hvyCo, On ne le trouve nulle part ailleurs. — Cognitis qux... L'a[:ôtre suppose que son messager ne lui rapportera que d'excellentes nouvelles de Philippes. — Neminem enim... (vers, 20). Raison pour laquelle il envoie Timothée de préférence à tout autre. — Tam unanimem, \a6'h-j'/ov (pas ailleurs dans le Nouveau Testament). Locution expressive , qui marque une identité parfaite de sentiments. — Qui (oo-t'.ç, « quippe qui »)... pro vobis... Ce détail explique le précédent : c'est en particulier dans leur dévouement à l'égard des chrétiens de Philippes que le maître et le disciple se ressemblent. Timothée avait secondé l'apôtre dans la fondation de cette Église florissante. — Au lieu des mots sincera a.ffictione, le grec a seulement l'adverbe YvrjTifo;, « genui)ic », sincèrement, sans trace d'égoïsme. — Omnes enim... (vers, 21). Paul explique d'une autre manière pourquoi son choix s'est porté
Phil. II, 21-25.
mem, qui sincera affectione pro vobis sollicitus sit.
21. Omnes enim qune sua sunt quaeriint, non quse sunt Jesu Christi.
22. Experimentum autera ejus cognoscite, quia sicut patri tilius, mecum servivit in evangelio.
23. Hune igitur spero me mittere ad vos, mox ut vid^o quse circa me sunt.
24. Confido autem in Domino, quoniam et ipse veniam ad vos cite.
25. Necessarium autem existimavi Epaphroditum fratrem, et cooperatorem, et commilitonem meum, vestrum autem apostolum et ministrum necessitatis meae, mittere ad vos ;
comme lui mes sentiments, ni qui témoigne du zèle pour vous avec une affection plus sincère.
21. Car tous cherchent leurs propreis intérêts, non ceux de Jésus - Christ.
22. Vous savez qu'il a été mis à l'épreuve, et qu'il s'est mis avec moi au service de l'évangile , comme un fils avec son père.
23. J'espère donc vous l'envoyer, aussitôt que je verrai quelle tournure prendront mes affaires,
24. J'ai confiance dans le Seigneur que moi-même j'irai aussi bientôt chez vous.
25. Cependant j'ai estimé nécessaire de vous envoyer Êpaphrodite , mon frère, mon collaborateur, et mon compagnon de combat, député par vous pour subvenir à mes besoins.
Bur Tlmothée. Il ne pouvait compter que sur lui parmi ses collaborateurs actuels. A coup sûr, c'est de ceux-ci seulement que l'apôtre veut parler, et non des chrétiens de Rome en général. Le jugement demeure assez sévère malgré cette restriction. Les meilleurs aides de Paul, entre autres Luc et Arlstarque (comp. Col. iv, 11 et 8S.), n'étaient sans doute pas alors auprès de Inl ; car ce ne sont pas eux qui lui auraient été infidèles. Nous manquons de données suffisantes, pour voir Jusqu'où va la portée de cette triste réflexion; mais, indépendamment de Démas et d'autres disciples imparfaits (voyez Col. iv, 14 et le commentaire; II Tim. i, 15), saint Paul dut éprouver plus d'une déception dans ses collaborateurs. — Quœ sua..., non quse... : leurs Intérêts personnels, et non ceux de Jésus-Christ. Le contraire de ce que le devoir imposo aux pasteurs des âmes. — Experimentum autem....
(vers. 22). Le verbe ytvwo-xETe est à l'indicatif (vous connaissez), non à l'impératif (Vulg., cognoscite) : les Philippiens avaient fait pour ainsi dire l'expérience de ce qu'était Tiraothée, puisqu'ils l'avaient vu à l'œuvre chez eux avec son maître, ou plutôt avec son père (sicut patri fllius : trait délicat). — In evangelio. D'après le grec : « In evangelium ». Comme plus haut, I, 6 (voyez les notes). — Hune igitur... Paul reprend sa phrase du vers. 19, après avoir fait l'éloge de son futur messager. — Mox ut videro... Pour l'envoyer, il attendra que son propre sort soit plus nettement dessiné. — Confido autem. . . ( vers. 24 ). Douce espérance pour les Philippiens, comme pour l'apôtre lui-même.
2° Êpaphrodite. II, 25-30.
25 - 30. Cet autre messager partira bientôt , en toute hypothèse. — Necessarium autem... Contracte avec la simple possibilité des deux autres Tlsltes annoncées. Comp. les vers. 23 et 24. — Epaphroditum. Il n'est mentionné que dans oette épître. O'eit sans ralBon suffisante qu'on
l'a parfois Identifié avec Épaphras de Col. i, 7 et IV, 12. Celui-ci était un prêtre de Colosses, en Asie Mineure ; Êpaphrodite venait de Philippes en Macédoine, comme l'apôtre va le dire. — Fratrem, cooperatorem ((Tuvepyov), commilitonem (auvCTTpaTtojTYjv). Trois glorieux titres, qui à eux seuls sont une recommandation pressante : chrétien, collaborateur de Paul dans la prédication de l'évangile, son compagnon d'armes contre les ennemis de la foi. Cf. Rom. xvi, 3, 9 ; Philem. 2; II Tim. ii, 3, etc. — Vestrum... apostolum et ministrum... Le pronom retombe sur les deux substantifs : Votre apôtre et votre ministre en ce qui concerne mes besoins. « Apôtre » dans le sens primitif de l'expression : Votre messager. L'équivalent grec de « ministrum » est XetTOUpydv, qui désigne un ministre du culte (voyez le vers. 17 et les notes, et aussi le vers. 30). Paul traite donc ici les libéralités des Philippiens à son égard comme une offrande qu'ils avaient faite à Dieu lui-même. Voyez IV, 18, où cette pensée sera clairement exprimée. — Qux)niam quidem... (vers. 26). Raison de faire partir Êpaphrodite sans délai. — Desiderabat : £7ti7io6cov -^v, il était vivement désireux. Voyez I, 8 et les notes. — Mœstus erat. Le grec aoyifxovoiv, employé aussi à l'occasion de l'agonie de Jésus à Gethsémani (Matth.xxv, 37 et Marc. XIV, 33), exprime une profonde tristesse. — Propterea quod audieratis. Le chagrin d'Épaphrodite provenait donc de celui qu'avaient ressenti les Philippiens à son sujet. Détail plein de délicatesse. Les versets suivants en renferment plusieurs du mêue genre. — Usque ad mortem ( vers. 27 ). Dans le grec : près de la mort ; presque de façon à mourir. — Deus misertus est... Paul a dit plus haut, i, 21, que la mort est un gain pour ceux qui aiment Jésus- Christ par -dessus tout; mais il se place ici ù un autre point de vue : une fois qu'il a quitté ce monde, le prédicateur ne peut plus gagner
Phil. Il, 26-30 — III, 1.
26. Car il désirait vivement vous voir tous ; et il était en j)eine parce que vous aviez appris qu'il a été malade.
27. En effet, il a été malade jusqu'à la mort, mais Dieu a eu pitié de lui ; et non seulement de lui, mais aussi de moi , pour que je n'eusse pas tristesse sur tristesse.
28. J'ai donc mis plus d'empressement à l'envoyer, afin qu'en le voyant vous ayez de la joie , et que moi - même je sois Bans tristesse.
29. Accueillez -le donc avec une joie entière dans le Seigneur, et ayez en honneur de pareils hommes ;
30. car, pour l'œuvre du Christ, il s'est approché de la mort, exposant sa vie pour suppléer aux services que vous ne pouviez vous-mêmes me rendre.
26. quoniam quidem omnes vos desiderabat, et mœstus erat propterea quod audieratis illum infirmatum.
27. Nam et infirmatus est usque ad mortera , sed Deus misertus est ejus ; non solum autem ejus, verum etiam et mei , ne tristitiam super tristitiam haberem.
28. Festinantius ergo misi illum, ut viso eo iterum gaudeatis, et ego sine tristitia sim.
29. Excipite itaque illum cum omni gaudio in Domino, et ejusmodi cum honore habetote ;
30. quoniam propter opus Christi usque ad m.ortem accessit, tradens animam suam, ut impleret id quod ex vobis deerat erga meum obsequium.