Nemo ergo vos judicet in cibo
C'est à Dieu le Père que se rapportent directement les divers actes décrits dans tout ce passage. — Cum illo : avec Jésus ressuscité. — Donans. Au temps passé dans le grec : /apio-a- [xsvoç . ayant pardonné. La rémission des péchés précède logiquement la régénération spirituelle. — Au lieu de vobis, il faut lire « nobis », qui est la leçon la mieux garantie. — Le mode du pardon est décrit sous une forme dramatique, saisissante : delens... (vers. 14.). A la lettre : effaçant, oblitérant. Çomp. Act. m, 19 et les notes. — Chirographum désigne à proprement parler un autographe; puis, la cédule d'un débiteur. Ce document était adversus nos entre les mains du créancier, puisqu'il constatait la dette. — Sa nature est indiquée par le mot decreti, ou plus exactement d'après le grec, « decretis » (êoyaaa-tv) : il figure la loi mosaïque, composée d'une multitude d'ordonnances
reprises les bons anges dans cette lettre (comp. le vers. 10 et i, le*"), servent ici h désigner les puissances Infernales. — In semetipso. La Vulgate a lu àv aÛTÔ). Si cette leçon était exacte, comme le pronom s'appliquerait à Jésus -Clirist, c'est le Sauveui' qui aurait accompli directement tous les actes décrits dans les vers. 14 et 15. Maie il faut lire èv aOtà), « in illo »; c.-à-d. dans le Christ, ou, d'après d'assez nombreux interprètes, sur la croix (Origène a lu : 8ur le bois). Peu importe d'ailleurs. L'idée principale, c'est le paradoxe du crucifiement de Jésus aboutissant à sa grande victoire, de l'instrument de son supplice devenant comme son char de triomphe.
16 - 23. Revenant à sa recommandation des vers. 4 et 8, et lui donnant cette fois une direction très pratique, Paul conjui'e les Colossiens de ne pas se soumettre aux prescriptions des
Les jours de la semaine. (D'après une peinture d'Herculanum.)
qui nous accusaient et nous condamnaient, parce qu'il nous était impossible de les accomplir Intégralement. — Le trait quod... contrarium... insiste sur la pensée déjà exprimée par « adversus nos ». — Tulit de medio. Dieu a mis de côté ce fâcheux document, comme un titre désormais sans valeur. — Affigens... cruel. Expression vraiment sublime. Pour la pensée, voyez Gai. m, 13. I>a loi juive a donc été abrogée par Jésus -Christ, et l'apôtre ne pouvait pas engager plus fortement les chrétiens de Colosses à résister de toute leur énergie aux docteurs hérétiques, qui prétendaient les astreindre aux observances légales. — Et expolians... (vers. 15). Magnifique trait final. Par l'intermédiaire de son Christ, Dieu a terrassé et désarmé les démons, et il a triomphé d'eux publiquemeat, les conduisant devant lui comme on faisait des ennemis vaincus (traduxit... trmmphans...). Nous n'avons donc plus rien à craindre d'eux , si nous demeurons unis à Jésus - Christ. Les mots prineipatus et potestates, qui ont représenté à deux
faux docteurs en ce qui concerne soit les aliments et la célébration de certains jours de fête, vers. 16-17, soit le culte exagéré des anges, vers. 18-19. Les vers. 20-23 servent de récapitulation et de conclusion. Ce passage est assez difficile en plusieurs endroits, l'apôtre se bornant à de simples allusions, là où nous aurions besoin d'explications très détaillées. — Nemo ergo... C'est la conséquence très logique de la déclaration qui précède : Puisque la loi mosaïque est abrogée, ne permettez à personne de vous juger, de vous critiquer (vos judicet) au sujet de ses ordonnances. Il est évident par là que les soi-disant philosophes de Colosses exigeaient l'observation des règles ascétiques de la religion juive. En cela ils ressemblaient aux judaisants; mais ils allaient plus loin qu'eux sur d'autres points, par exemple relativement au culte des anges. — In ciho. Sur les prescriptions mosaïques qui concernaient les mets, voyez Lev. XI et xvii; Dent. xiv. La loi est à peu près muette par rapport aux breuvages ( voyea
CcL. Il, 17-19.
aut in potu , aut in parte diei f esti , aut neomeniae, aut sabbatorum ;