Ma salutation de ma propre main
Paul. Souvenez -vous de mes liens. Que la grâce soit avec vous ! Amen.
exégètes, la lettre aux Laodicéens ne serait autre, au fond, que l'épître aux Éphésiens, celle-ci n'étant, d'après les mêmes auteurs, qu'une sorte de circulaire destinée aux principales Églises de l'Asie proconsulaire. Nous n'avons pu nous ranger à ce sentiment , tout en lui reconnaissant une certaine valeur. Nous dirons donc, avec beaucoup d'autres interprètes, que la letti e mentionnée ici par saint Paul s'est malheureusement égarée de très bonne heure, et qu'on a bien peu de chance de la retrouver. — Ei dicite... (vers. 17). Troisième commission ou recommandation particulière. Archippus est assez généralement regardé comme le fils de Philémon. Voyez Philem. 2 et le commentaire. Il demeurait à Colosses, et on voit, d'après l'exhortation pressante que Paul lui fait transmettre ici , qu'il jouait un rôle officiel important dans l'Église de cette ville. — Vide, ^Xéire : considère attentivement, afin de faire passer ensuite la théorie dans les actes. — Ministerium. quod... Archippus était prêtre-évêque , et, d'après une conjecture admise par de nombreux comme<itateurs, remplaçait Épaphras à Colosses dans ses fonctions de pasteur suprême. Voyez les vers. 12-13. — In Domino. C'est seulement en vertu de sou union avec le Seigneur Jésus qu' Archippus avait reçu ses pouvoirs sacrés et
qu'il pouvait les mettre en œuvre. — Ut illnd... Ci. II Tim. IV,, 5, Il n'y a nullement ici un rappel h l'ordre, comme si Archippus s'était relâché dans son zèle. Mais il importait qu'il comprît bien toute la difficulté, toute l'importance de ses fonctions. C'est pour cela que l'apôtre l'invite à y revenir sans cesse dans ses médiiations. Les exhortations de ce genre al)ondent cans les épîtres pastorales.
4» Salutation finale. IV, 18.
18. Nous y trouvons 1" la « signature autographe » de l'auteur : Salutatio mea manu... Voyez I Cor. xvi, 21 et les notes; II Thess. I I, 18. — 2° Un toucliant appel : Memoreft... vinculorum... Paul ne demande directement ni des prières, ni de la sympathie pour la per.-onne du prisonnier; mais il savait qu'il suffirait do montrer tacitement ses chaînes à ses lecteurs, pour obtenir qu'ils priassent pour lui et qu'ils fussent fidèles à Jésus, dont il était devenu l'esclave en leur faveur. — 3° Une formule très courte de bénédiction : Gratia vobiscum. Cf. I Tim. VI, 21, et II Tim. iv, 22. D'ordinaire l'apôtre dit : Que la grâce du Seigneur Jésus, ou de Notre - Seigneur Jésus -Christ, soit avec vous. Cf. Rom. XVI, VO^; 1 Cor. xvi, 23; II Cor. XIII, 13; Gai. vi, 18; PhiL iv, 23, etc.
PREMIÈRE ÉPITRE
AUX THESSALONICIENS
INTRODUCTION
1o La ville et VÉglise âe Thessu Ionique. — La ville, appelée primitivement Thermé, avait été agrandie par le roi Gassandre, qui lui avait donné le nom de sa femme Thessaloniké, sœur d'Alexandre le Grand *. Elle était, à 1 époque de saint Paul, la capitale d'un des quatre districts dont la réunion formait la province romaine de Macédoine. Elle devait son importance et sa richesse à la situation très favorable qu'elle occupait, d'une part, sur le golfe Thermaïque, de l'autre, sur la célèbre « Via Eg-natia », qui reliait l'Orient à l'Occident ^, comme aussi aux autres routes nombreuses qui mettaient la noble et belle cité en communication avec les districts voisins. Sa population considérable ^ était grecque en majorité ; mais un certain nombre de colons romains s'étaient installés d;ins ses murs. Les Juifs abondaient à Thessalonique, comme dans toutes les villes commerciales de ces régions; ils y possédaient, non pas une simple « proseuque » ^, comme à Philippes ^, mais une synagogue proprement dite ^.
Paul vint pour la première fois à Thessalonique durant son second voyage de missions, accompagné de ses disciples Silas et Timothée, probablement en l'année 52'. Il y avait peu de temps qu'il s'était mis, sous l'inspiration directe de l'Esprit-Saint, à prêcher l'évangile en Europe ^, et Philippes avait été sa première conquête^; Thessalonique fut la seconde. La fondation de cette nouvelle chrétienté européenne, non moins florissante que la première, est brièvement racontée au livre des Actes, xvii, 4-10, et le récit de saint Luc est complété p;>r l'apôtre des Gentils lui-même dans sa première épître aux Thessaloniciens. Paul , selon sa coutume d'alors ^^, se mit d'abord à démontrer la foi chrétienne aux Juifs dans leur syn;igogue. Avec eux il eut peu de succès ; Ynais de nom-
* Slle se nomme aujourd'hui Saloniki.
* "Voyez VAU. géogr., pi. xvii.
^ Peu d'années avant notre ère, Strabon disait que Thessalonique était la ville la plus peuplée de Macédoine. On croit qu'elle contenait au moins 100000 habitants; Saloniki en a environ 70 000.
* Oratoire en plein air.
s Cf. Act. XVI , 14.
^ Act. XVII , 1. Actuellement, les Juifs forment plus du tiers de la population de Saloaiki, et ils y ont trente synagogues.
' Voyez l'iDtrod. gén., p. 6.
* Cf. Act. XVI, 8 et 88.
^ Act. xvT, 11 et 8S.
*° Cf. Act. xni, 14; XIV, 1, etc.